Ce vibrant cri du coeur parle de lui-même et m'interpèle au plus haut point. Je crois qu'il mérite d'être entendu parce qu'il porte un sens. Bien sûr, je ne partage pas tout ce qui est écrit sur le plan très stricte —trop stricte— de la documentation historique qui n'est pas toujours porteuse de vérité. Cet Attikamekw parle la langue du coeur et c'est ce qui m'inporte au premier plan. Nous avons besoin de tels témoignages pour tisser des ponts que l'histoire et les conquérants ont brisés entre nous, entre Attikamekw, Abénakis, Canadiens, Hurons, Ilnutsh, Iroquois, Micmacs, Métis, et tous les autres dont les noms sont toujours gravés dans le grand coeur de l'Amérique.
Nous sommes, chacun à notre manière, le fruit d'une rencontre. Il faut le reconnaître et le savoir apprécier.
Je suis farouchement d'avis que notre chance de survie, je parle de celle des Autochones d'Amérique, tant du Nord que du Sud, tant Indiens et Inuits que Métis, est dans l'unicité et le respect de nos différences. S'il n'y en a qu'un seul qui gagne, il gagne sur le dos des autres et c'est ce que le conquérant a planifié dans ses lois, dans ses traités, et dans l'histoire imposée à son unique avantage. Il faut briser ce moule qui n'est pas sorti de nos songes. Il faut éliminer entre nous toutes ces frontières imposées par l'esprit des derniers arrivants...
Lisez plutôt, et appréciez avec l'esprit ouvert.
Russel Bouchard,
Le Métis
« Je ne sais pas vraiment qui je vois dans la banlieue de Québec. Je ne sais pas à qui je m' adresse. Ils disent [qu'ils] sont les Huron. (Je ne met pas de S car moi, dans notre langue, y a pas de « S » au pluriel). Je veux raconter un peu d'histoire, car tu es un historien. Quand Jacques Cartier a débarqué ici en mai 1534,il a écrit Attigamegues iriniwak et ça c'était à Québec. En français, ça veut dire les hommes Atikamekw. C'est la preuve que nous notre territoire se situait jusqu'à Québec. Ils savaient qu'il y avait d'autres peuples à l'est comme Wapanaki iriniwok (qui veut dire les hommes de l'est), et la terre où le soleil se lève). Les Mikmak, Malisset, Penobscot sont des amérindiens des provinces maritimes et des États-Unis. Les innu étaient au nord est, les Abinaki sud-est.
Je sais que mon peuple a tout gardé les arts chez nous(canot d'écorces, aviron, raquette, confection de la peau d'orignal, castor, paniers d'écorces, mocassins, sacs en peau d'animal,le cône pour le calage d'orignal. Mon grand-père nomade et ainsi de suite devaient marcher sur la neige durant l'hiver pour aller chercher de la nourriture. Jusqu'au temps que les missionnaires viennent chercher leurs enfants chez eux à Manawan en été 1950 jusqu'à 1983. Ça c'est l'histoire de mon peuple et non celle des Huron. Heureusement que les anciens ont travaillé très fort pour garder tout nous traditions et cultures. Ils ont montré ça à leurs fils les plus âgés parce qu'ils étaient trop vieux pour aller apprendre à se faire violer et mal traiter. La tradition sait parler notre langue à tout les jours, également de faire des raquettes, pêcher au filet et sous la glace, qui est rare maintenant, faire le sirop d' érable, choisir et enlever l'écorce de bouleau pour remplir l'eau d'érable. Sans oublier le plus grand héritage d'un grand nomade la fabrication de canot d'écorce de bouleau César Newashish qui a tout montré à ses fils et eux à leurs amis de Manawan.
En 2001, c'était la fête du 300ième anniversaire de la grande paix de 1701 à Montréal, et seul mon peuple Atikamekw sont retourné à Montréal en canot d'écorce de bouleau Rabaska. Ils étaient partis de Trois-Rivières et, après une journée et demi, ils étaient rendus à Montréal. Chasser, trapper, cueillir le bleuet, et faire la pâte de bleuets comme ma famille. C'est un héritage des grand chasseurs et trappeurs nomades. Je pense que s'ils étaient un peuple sédentaire on aurait tout perdu. Aujourd'hui, je vois ce qu'ils voulaient faire [et] vivre en territoire. Je crois qu'ils s'exilaient dans leurs territoire le plus loin possible à cause de la guerre contre les mauvais homme(matcinatwekw, iroquois).Tous les peuples venaient en été au bord du fleuve,même les Algonquin et les villages innus actuels. C'est pour ça qu'on est pas à Québec,nous les Atikamekw parce que vers 1620 à 1701 il y avait des guerres au bord du fleuve. En 1661,une trentaine d'Atikamekw et quelques Français furent tués pas les d'iroquois, selon les historiens de l'époque. Montréal à Tadoussac, on ne voyait que des traces sanglantes de passages des ces fiers ennemis.
Dans ces années là, ont ne connaissait pas encore Jésus. Un peu d'histoire. En 2006 de juin à août il y a un Atikamekw qui est allé tout vendre ses savoir faire traditionnel à Wendake, en banlieue de Québec. Je pense qu'il n'a pas réfléchi en faisant ça. Je pense à toutes les retombées économiques. Les touristes qui vont aller apprécier l'héritage de Cesar Newashish, comme au Musée de la Civilisation de Québec, et de remplir les coffres des huron. Pour moi il n'a pas pensé à l'impact que cela aurait pu faire, il a juste pensé à ses poches (faire de l'argent). Il empêche sa nation (Atikamekw) de se faire connaître mondialement,tout en donnant la chance aux huron de eux se faire connaître mondialement ! Pourtant c'est eux qui ont tout perdu leurs traditions, soit depuis près de 400 ans(les huron). C'est pour ça qu'ils ont engagé quelqu'un qui a un bagage de tradition, mais qui ne s'est pas aperçu qu'il se faisait profiter. Chez nous (chez les Atikamekw), c'est une culture sans interruption, sans arrêt. Pour les Huron c'est une troisième chance : 1, par leurs ancêtres ; 2, déménagement à Québec ; et 3, par le service d'un Atikamekw, Edmond Dubé. Moi j'appelle ça le cadeau du 21è siècle. Pour le peuple qui tous perdu même son attachement envers le territoire en gros, ce que je veux dire c'est que je considère la nation Atikamekw qui a faite un exploit exceptionnel en conservant cette connaissance depuis des millénaires.
M. Bouchard, N'oubliez pas que je suis dans votre canot, je vous soutiens. Je suis entièrement en accord avec vous. Sur ce, je vous laisse.»
[Non signé. Hélas !]
lundi, janvier 08, 2007
lundi, janvier 01, 2007
Détournement de la Rivière Rupert et problématique autochtone au Québec — Entretien avec Russel Bouchard
Mikaël Lalancette, l'initiateur de cette rencontre, est étudiant en Communication publique à l'Université Laval, option journalisme. Il a monté cet entretien dans le cadre de son cours (« réaliser un entretien avec un intellectuel sur un sujet d'actualité ») et il a choisi de questionner l'auteur d'Akakia sur le projet de la dérivation de la rivière Rupert.
Ce dossier controversé est loin d'être sans intérêt et mérite toute notre attention. Il est à l'image de notre temps ! Il témoigne de l'ampleur des défis qui divisent la société québécoise aujourd'hui ; il questionne la logique d'un sous-développement durable qui confine les régions « ressources » du Québec à un triste rôle d'entrepôts à matières premières ; et il contraint les populations autochtones de ces régions délibérément affamées à la plus dégradante des mendicités, présage déshumanisant d'un patrimoine humain poussé au seuil de l'extinction.
Akakia
La Rupert et les grands projets hydroélectriques
Question :
Que pensez-vous au sujet du projet de la déviation de la rivière Rupert qui permettra au Québec de développer un nouveau bloc énergétique dans les prochaines années ?
Russel Bouchard : C'est là un projet complètement insensé ! Non parce qu'il ne faut pas faire du développement hydroélectrique, mais parce que le Québec, malgré tout ce que nos gouvernements en disent, n'a pas de —vrai— plan de gestion de ses ressources hydrauliques. Bien sûr, le fait de briser une nature si belle est déjà quelque chose qui me heurte au plus haut point. Mais le pire n'est pas là ! Le pire, c'est de voir que ce gouvernement, comme tous les précédents du reste, refuse de soumettre au peuple québécois un projet de développement hydroélectrique cohérent et conséquent... à court, à moyen et à long termes, ce qui en ferait un projet de société où tous les groupes d'intérêts seraient partie prenante.
Tout ça est affaire d'équation et de logique. Je m'explique. Nous connaissons parfaitement bien le potentiel hydraulique du Québec ; nous savons ce que nous avons déjà utilisé et nous savons ce qui nous reste. Si nous étions un peuple sensé et que nos gouvernements écoutaient la voie de la raison, ils nous diraient : voilà ce que nous avons ; voilà ce qui est déjà utilisé ; voilà ce qui reste. Que faisons-nous avec ce potentiel en réserve ? Que prenons-nous pour satisfaire à nos besoins ? Que réservons-nous pour les besoins de nos petits-enfants ? Et que gardons-nous sous clé pour notre sécurité, notre qualité environnementale, notre bien-être et notre équilibre ?
Si, après y avoir bien réfléchi et bien discuté, nous décidons que la rivière Rupert doit être sacrifiée pour nos besoins énergétiques, alors soit, utilisons-là en tâchant de limiter le plus possible les conséquences environnementales. Et faisons-nous devoir sacré de préserver dans la meilleure condition possible ce que nous avons décidé de préserver. Mais voilà, les gouvernements n'agissent pas ainsi. Ils n'ont qu'une seule idée, turbiner, coûte que coûte et tant qu'il y en a.
Et ce qui ajoute à cette incohérence érigée en système, chaque projet de développement est présenté à la pièce, alors qu'il devrait être partie prenante d'un tout. C'est une manière de faire complètement folle et totalement irresponsable ! Je suis d'avis qu'un mouvement de pression environnemental conséquent devrait cesser d'être en réaction. Pour être efficace, ce mouvement de pression devrait : primo, exiger la mise en veilleuse de tous projets de développement hydroélectrique au Québec tant que nous ne disposerons pas de ce plan de gestion ; et, secundo, proposer lui-même sur l'arène publique son propre plan de gestion, ce qui obligerait le gouvernement à s'expliquer, à justifier la voie qu'il a prise, et à proposer un compromis mariant la nécessité économique aux impératifs écologiques.
Question :
Les groupes environnementalistes et les Cris ne se sont pas gênés pour critiquer le projet, qu’ils qualifient en bloc de destructeur, de néfaste et comportant des conséquences négatives nombreuses. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : La réponse se trouve partiellement dans la précédente, à une exception près : elle ne tient pas en considération le fait que cette question ne relève pas seulement des Cris et des environnementalistes, mais de tous les québécois, tant autochtones qu'allochtones. Encore là, le vice vient du fait que ces défenseurs, malgré leur bonne volonté, tentent de sauver une rivière, à la pièce, comme cela a toujours été le cas, et qu'ils s'accrochent au principe que ce projet met en péril leur culture et leur mode de vie, ce qui est une raison des plus discutables compte tenu du fait que la très grande majorité des Indiens ne sait même pas comment on prend un castor au piège. C'est brutal comme constat, mais c'est comme ça ! La Rupert n'est pas que le patrimoine des Cris, mais portion d'un tout qui relève des Québécois, gardiens de ce patrimoine planétaire.
Question :
Les trois-quarts des Cris du nord ont dit non au projet de déviation de la rivière Rupert lors de la consultation publique tenue il y a quelques jours. Selon vous, quels sont les arguments majeurs qui rendent le projet inintéressant pour la communauté cris du nord ?
Russel Bouchard : D'où prenez-vous ces chiffres ? Prenez attention avant de vous compromettre avec ces données que je trouve très évasives.
Question :
Personnellement, que pensez-vous des réclamations des Cris dans ce dossier ?
Russel Bouchard : Je ne les ai pas étudiées dans le détail.
Question :
Bien qu’il y ait trois-quart des Cris qui disent non au projet, il reste un 25% qui l’ont appuyé. Quelles sont leurs motivations ?
Russel Bouchard : L'argent ! Rien que l'argent. Je vois une faiblesse dans votre question : vous mettez tous les cris dans le même panier. Il y a assurément, chez ces gens, un clivage des positions en fonction des différents groupes d'intérêts et de pression qui s'affrontent. J'imagine que dans le 25%, vous retrouverez Ted Mooses (qui, maintenant, vit à Montréal !), une part de sa famille et toute cette clique, qui en retirent les bénéfices ; et que vous retrouverez, dans le 75%, la base populaire qui n'a pas encore touché sa part du sac de trente deniers, qui l'a dilapidée ou qui la trouve encore trop petite. Prenez attention de ne pas sombrer dans le mythe facile du bon Indien. Une part importante d'entre eux n'a aucune conscience sociale et utilise ces mythes urbains pour promouvoir sa lutte.
Question :
Pensez-vous qu’un projet hydroélectrique est avantageux pour les Cris du nord ?
Russel Bouchard : Sans doute, mais tous ne le vivent pas de la même manière. Bien qu'ils ne soient pas le gros du lot, ceux qui vivent encore selon un certain mode ancestral (bien qu'ils soient une minorité et qu'ils comptent parmi les plus âgés) ne doivent certainement pas être d'accord.
Question :
Selon vous, est-ce que les projets de développement hydroélectrique ont donné de l’emploi aux Cris depuis l’émergence de grands projets ?
Russel Bouchard : Absolument ! Ils ont reçu ce qui leur a été promis, n'en doutez surtout pas. Mais construire une série de barrages et détourner des rivières ne procurent qu'une illusion de prospérité puisque cela ne dure que le temps des travaux. Après, c'est le désert ? C'est le sous-développement durable, et il y en a qui l'ont compris. Mais trop tard.
Question :
Le projet d’Hydro-Québec exigera un investissement de quatre milliards de dollars et devrait, selon les prédictions, créer plusieurs milliers d’emplois selon le ministère du Développement durable. Selon vous, comment un projet de cette envergure peut conjuguer les intérêts de la société québécoise et du peuple cris dans son ensemble ?
Russel Bouchard : Foutaise ! L'électricité produite est vendue sur les marchés d'exportation. Elle permet aux Américains, à nos voisins des autres provinces... et aux Montréalais de faire tourner leurs propres usines. Le nord n'est qu'une immense turbine et ce n'est surtout pas les Cris, peu instruits, qui vont en profiter.
Question :
Un projet comme celui-ci peut-il aider au développement des structures économiques présentes chez les Cris ? Développement de créneaux économiques, d’entreprises, de PME ?
Russel Bouchard : À part quelques services utiles aux communautés autochtones et quelques trous de mines, quel industriel, quel commerçant voudrait aller investir dans ces contrées excentriques et hors des circuits commerciaux ?
Question :
Considérez-vous l’attitude gouvernementale comme écrasante pour le peuple cris depuis l’émergence de grands projets hydroélectriques ?
Russel Bouchard : Écrasante partout où ces gouvernements se commettent. Pour eux, Montréal est le « Québec de Base ». Le reste (95% du territoire) n'est qu'un immense entrepôt à matières premières et la cour arrière de Montréal.
Question :
Selon vous, comment devrait se faire le partage des terres au nord du Québec ? À qui appartiennent-elles vraiment ? Quelles sont les solutions pour régler un conflit qui refait surface chaque fois que l’on parle de développement, d’exploitation hydroélectrique ?
Russel Bouchard : Ce territoire appartient aux Autochtones (Indiens, Inuits et Métis —Pas Seulement aux Cris). Le premier problème pour les Cris, c'est que dans la Convention de la Baie James ils ont abandonné leur titre aborigène (ce titre donne droit au territoire, le droit ancestral le plus important).Le deuxième problème vient du fait que les non-Cris ne sont pas considérés comme des ayant droits et ne disposent d'aucune considération citoyenne par rapport aux Cris. Idem pour les Métis qui ne sont pas reconnus par les Cris.
La solution pour régler ce problème ? Je n'en vois pas tant que les Cris, comme tous les Indiens du Québec du reste, ne modifieront pas leur manière de penser (ils sont une nation ethnique, quoiqu'ils en disent ; ce qui, par son essence même, exclut tous les autres qui n'appartiennent pas à cette intimité raciale ; en se percevant ainsi, ils s'excluent eux-mêmes du principe universel voulant que tous les humains naissent égaux en droits. Et, tôt ou tard, ils vont en payer le prix !).
Question :
En avril 2006, on apprenait qu’Hydro-Québec avait déjà entrepris des travaux aux abords de la rivière Rupert dans le Nouveau-Québec, avant même l’examen de projet de déviation de ce cours d’eau. Comment qualifiez-vous ce genre de stratégie ?
Est-ce que c’est significatif des expériences passées entre Hydro-Québec et les peuples Cris ?
Russel Bouchard : Typique de tous les gouvernements du Québec qui se sont succédés depuis Parizeau. (Vous devriez lire mon texte sur « L'hydro-Québec et la filière autochtone ».)
Question :
Le 23 octobre 2001, le projet de déviation de la rivière Rupert et de la construction de barrages hydroélectriques à cet endroit est officialisé par un accord entre le gouvernement et les Cris. Cette entente se fera connaître sous la Paix des braves. On ne s’est pas gênés pour célébrer cette entente historique. Depuis, jugez-vous que la signature de cette entente a fait avancer les choses dans les réclamations des Cris ?
De quelle façon, s’il y a lieu, que la signature de cette entente aurait-elle du faciliter les discussions et développer de nouveaux partenariat. Qu’est-ce qui ne tient plus qui tenait en 2001?
Réponse R.B. : Vous devriez lire mon texte « L’alliance électorale Moses–Landry : un guignol au pays des hommes blancs ! »
Question :
Selon Jean-François Samray, président directeur-général de l’Association de l’industrie du Québec, en choisissant de signer la paix des braves, les Cris ont accepté la possibilité que ce projet puisse être approuvé à la suite du processus d'examen. Il s'agissait en fait d'une décision courageuse qui montrait leur aptitude ancestrale à prendre des risques pour le mieux-être de leur collectivité. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : Ce ne sont pas les Cris qui ont accepté de signer la paix des braves, ce sont les chefs cris d'alors. Ce qui fait toute la différence. Comment ont-ils informé leurs gens ? Comment les ont-ils consultés ? Cherchez au-delà des réponses déjà formulées et préfabriquées. Dépassez l'objet de votre propre questionnaire, libérez-vous de votre peur de remettre en doute la réalité autochtone telle qu'elle vous est soumise par cette sorte de consensus de la facilité, et vous allez probablement découvrir que là, plus qu'ailleurs peut-être, les principes de la démocratie ont été radicalement bafoués. Chez les Cris comme chez les Québécois, se pourrait-il qu'il n'y ait qu'une apparence de démocratie ?
Les Cris, les Métis et la réalité autochtone québécoise
Question :
Selon vous, quels défis majeurs attendent maintenant les populations autochtones du Québec dans les prochaines années ?
Russel Bouchard : Fondamental, dans le vrai sens du terme ! Vous ouvrez là une porte qui débouche vers le plus grand inconnu les concernant, et je dois vous avouer, modestement, que je n'ai pas la réponse qui me demanderait une autre vie de réflexion. Cependant, pour survivre en tant que société homogène (appelons-là nation), je sais qu'ils devront se resituer face à l'univers physique et métaphysique, ou qu'ils périront d'ici peu. Ils affrontent actuellement le pire défi de leur existence en tant que peuple. À mon sens, leur plus grande difficulté consiste à redécouvrir le sens de leur propre existence, à se réconcilier avec leurs mythes fondateurs, à se libérer du regard qu'ils portent sur eux-mêmes (un regard totalement captif du passé) et à se tourner vers l'avenir.
Posez-vous simplement la question : Pourquoi cette violence qu'ils se font à eux-mêmes ? Pourquoi cette drogue et cette propension à l'alcoolisme ? Pourquoi tant de suicides ??? Car battre les siens, se droguer, abuser de ses enfants, n'est-ce pas s'automutiler soi-même, se suicider mentalement avant de passer à l'acte physique ? Il y a là, dans cette déchéance sociétale, l'indice d'un suicide collectif et d'un malaise fondamental.
Question :
Le débat sur la nation québécoise fait couler beaucoup d’encre. Mais celui sur les nations autochtones ne semble pas susciter de réactions. Pour vois, qu’elle est la réalité autochtone au Québec ?
Russel Bouchard : Votre question est mal formulée. Je trouve que c'est un faux débat de part et d'autre. Nous sommes une nation quand nous décidons que nous en sommes une. C'est un regard que l'on porte sur soi d'abord. Ce que les autres en disent n'est que le reflet de ce que nous en pensons nous-mêmes. On ne doit pas demander que l'autre nous reconnaisse ; on doit l'exiger car cela n'est que justice. On doit s'affirmer. Mais pour s'affirmer on doit en avoir le cran, la détermination et l'absolue conviction.
Question :
Et les métis dans tout cela ?
Russel Bouchard : Idem pour les Métis. Regardez toute la distance parcourue depuis l'automne 2003 (jugement Powley), où la Cour suprême a déjà exprimé que cette réalité collective était incontournable. Les Métis forment un des trois peuples fondateurs reconnus par la Constitution. Il suffit à ceux qui s'identifient Métis de s'affirmer de ce Peuple, comme je le fais depuis au moins vingt ans. Le reste n'est qu'une question de reconnaissance de cette réalité historique par ceux qui ne partagent pas cette identité, qu'une question de respect des Parlements dont la mission est d'abord et avant tout d'assurer la représentation et l'épanouissement de toutes les collectivités ethno-culturelles qui participent à la vie du pays, de la nation canadienne, de la nation québécoise.
Question :
Des leaders amérindiens du Manitoba considèrent que la motion sur la nation québécoise est un manque de respect du pays envers les premières nations. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : Bien peu ! Je ne vois pas où est le problème ?
Quoiqu'en disent les chefs, les nations indiennes du Canada (j'ai bien dit indiennes et non pas métisses ou inuits) sont des « nations ethno-culturelles » et sont, de ce fait, exclusives. Elles le sont d'abord par la loi suprême et la jurisprudence de ce pays, et elles le sont ensuite par leur propre attitude culturelle et politique qui consiste à se fermer radicalement à tout apport exogène. Si vous n'avez pas été statué selon C-31, vous ne pouvez être de ces nations ; le sang détermine l'appartenance ; l'adoption est un fait exceptionnel chez elles aujourd'hui, alors qu'elles (les adoptions) étaient un trait de caractère fondamental de ces sociétés tribales à l'époque de la colonisation. C'est la vision la plus raciste qui soit d'une nation, et les leaders indiens autant que les gouvernements canadien et provinciaux entretiennent cette ambiguïté. Ces « petites nations » portent ainsi donc le gène (si je puis m'exprimer ainsi) de leur propre mort, car une société, une culture, un peuple ne peut survivre s'il n'est pas en expansion à ces égards.
C'est tout le contraire du comportement sociétal historique et contemporain des Métis. Ce peuple est le fruit d'une cohésion, des contacts, des apports exogènes, tant culturels que démographiques. Ce sont des peuples en expansion, a contrario des peuples indiens qui sont en régression dans la réalité.
Question :
La population mêle plusieurs réalités sans y voir de nuances. Y-a-t-il une réelle différence entre indien, autochtone, métis, Inuits et innus ? Quelle(s) est (sont)-elle(s) ?
Russel Bouchard : Retour à la réponse précédente. Il vous faut lire mon livre « La longue marche du Peuple oublié », publié cet automne.
Avant de fermer cette parenthèse, je vois que vous faites la même erreur tenace que les journalistes et la population en général : vous confondez autochtone avec indien, inuit et métis. Autochtone est un terme générique qui englobe les trois spécificités ethno-culturelles. On est « autochtone » canadien, en vertu de l'article 35 de la Constitution, quand on est Indien, Inuit ou Métis.
Question :
Vous dites que le peuple métis redécouvre sa fierté d’être. Ça se traduit comment ?
Russel Bouchard : Lisez mes trois livres publiés depuis le 21 juin 2005, et vous allez tout comprendre. Vous avez un effort intellectuel à faire pour comprendre cela, et je me refuse à vous donner tout cuit dans le bec.
Question :
Dernièrement, lors de la sortie d’une nouvelle affirmant que Québec est une terre huronne, vous avez affirmé que les historiens québécois ont mal fait leur travail dans ce dossier. Concrètement, que pensez-vous de ce dossier ?
Russel Bouchard : Complètement pourri !
Depuis le dernier quart de siècle le courant historiographique québécois a imposé une vision sectaire de l'amérindianité. Les plumes et les penseurs qui le dominent sont presque tous institutionnalisés. Ils se complaisent dans la facilité sécurisante d'un consensus à l'effet que l'histoire a été injuste à leur égard et qu'ils doivent corriger cette situation pour favoriser la signature de traités généreux à leur égard, même au prix de la vérité ; ce qui est totalement inexcusable car l'histoire n'est pas question d'équité mais de vérité comme je l'ai déjà écrit. Les faits ont été déformés pour répondre à ce consensus inacceptable. Pour une raison et pour une autre qui vous restent à évaluer, ces professionnels se sont accrochés à la pensée de Rousseau, qui est également celle du XVIIIe siècle, et qui se traduit par celui « du beau et bon sauvage qui vit en parfaite harmonie avec la nature », ce qui est un mensonge de la plus belle eau et ce qui mérite d'être remis dans son contexte. Voilà ce que je dis.
Je vous suggère de lire le livre que je vous ai gracieusement envoyé ces derniers jours (« La fin de l'Histoire par un témoin oculaire ! »). Tout y est. Vous avec le devoir de vous informer adéquatement et vous devez vous extirper de tout courant de pensée qui ne soit pas conforme à votre propre démarche intellectuelle.
Question :
Les Métis de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont signifié leur intention de s’adresser aux tribunaux car ils affirment que le gouvernement refuse de reconnaître la communauté métisse qui, selon eux, fait partie de l’Approche commune. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : C'est exactement ce qu'il faut faire. Contester l'injustice qui se crée sous nos yeux, par la voie des tribunaux, celle que je privilégie. C'est la manière la plus civilisée qui soit pour régler un contentieux. Selon les jugements de la Cour suprême, le titre aborigène (qui est l'enjeu principal de ce débat) est exclusif. Il peut être partagé entre deux communautés autochtones distinctives sur un même territoire, mais il faut pour cela que ce soit textuellement établi dans le traité. Si les Métis n'obtiennent pas cette reconnaissance explicite dans ledit traité, ils perdent tous leurs droits autochtones jusqu'à la fin des temps. Pour nous, cette reconnaissance est donc une question de vie ou de mort.
Question :
Vous dites qu’après les constructions de barrages, c’est le désert. Que cette prospérité n’est qu’éphémère. Comment développer ce sous-développement durable en réel développement ?
De quelle façon les Cris, par exemple, pourraient profiter à long terme de la production hydroélectrique dans le nord de la province ?
Russel Bouchard : Un barrage et une centrale ne créent aucune richesse sur place. Même pas en terme d'emplois pour l'entretien car tout cela est dirigé de Québec et de Montréal. Les Cris, comme les Saguenéens et les Métis du reste, devraient, dans un premier temps, obtenir pour leur propre développement un bloc d'énergie (mettons 20%, plus ou moins et selon leurs vrais besoins) qu'ils utiliseront pour développer leur propre économie. Les chefs n'ont strictement rien prévu à cet effet dans leurs ententes. C'est totalement insensé. Idem pour les autres ressources naturelles, comme le bois, les mines, etc. ; ils doivent avoir en main les outils de leur développement, c'est-à-dire posséder en propre les moyens de productions nécessaires à leur propre prise en charge et à leur épanouissement. C'est l'abécédaire d'une prospérité économique et d'une société en marche. C'est là l'étape à franchir avant d'accéder à l'autonomie qui est un miroir aux alouettes.
Question :
Vous dites qu’il y a un prix à payer pour les Cris à s’exclure eux-mêmes du principe universel voulant que tout les humains naissent égaux en droits. Quel est-il et surtout, qu’est-ce qui les mène à renoncer à ce droit fondamental ?
Russel Bouchard : Je crois qu'ils n'y ont pas réfléchi. Ils n'admettent pas que ce malaise est fondamental, d'ordre spirituel, qu'il est l'indice d'une perte de conscience collective profonde. Et comme ils sont incapables de faire cet examen en profondeur, ils se recroquevillent dans une vision folklorique de ce qu'ils sont. Ils sont prisonniers de leur passé.
Question :
Vous affirmez que des intérêts différents guident les chefs Cris versus la population crie. Quels sont-ils ?
Russel Bouchard : Comme les chefs et l'élite québécoise, une part des leurs se vendent au plus offrant. Ils ne pensent qu'en fonction du présent. Leur discours réquisitionnent l'idée du droit commun, mais dans leurs têtes ils sont individualistes, désolidarisés des vrais intérêts du groupe dont ils ont la responsabilité. Comme les Canadiens français, ils errent sur une terre qui ne leur appartient plus dans la réalité. Ils ont vendu leur droit d'aînesse. Plusieurs vont finir leurs jours dans le sud, dans des condos achetés en partenariat avec nos chefs à nous.
Question :
De quelle façon concrète la population peut-elle faire réellement entendre leurs réclamations ?
Russel Bouchard : Il n'y a pas de vrai dialogue. Personne n'est réellement à l'écoute. Il n'y a pas de vraie rencontre entre les peuples fondateurs, la « nation québécoise » et la « nation canadienne ».
Question:
Vous parlez de suicide collectif et d’un malaise fondamental. Comment renverser la vapeur ?
Est-ce que ça ne passe pas inévitablement par les mœurs des jeunes ?
Russel Bouchard : Je n'ai aucune réponse. Ou plutôt, vous n'y êtes pas du tout par votre manière de poser la question. Les moeurs sont un symptôme d'un enrichissement ou d'une dégradation de la moralité d'une société quelle qu'elle soit, non une cause. Je constate simplement ce fait. Je suis très inquiet pour eux. Ils doivent s'ouvrir, se libérer l'esprit de cette histoire qui les entrave, ils doivent penser avenir. Ils ont un travail de fond à faire sur eux. Ils doivent s'ajuster sur le plan spirituel, dans le sens qu'ils doivent ajuster leurs croyances à la réalité de ce temps. Cela est incontournable. C'est tout ce que je peux dire pour l'instant. Il leur incombe totalement de prendre cette voie, de se redécouvrir un sens, ce qui est une prise en charge existentielle individuelle et collective. Le défi, bien qu'il ne soit pas insurmontable, est énorme. Pour trouver une solution, ils doivent comprendre les vraies causes de leurs malheurs.
Question :
Lorsque vous dites qu’à part quelques services utiles aux communautés autochtones et quelques trous de mines […] et hors des circuits commerciaux, croyez-vous donc impossible le développement d’une réelle base économique et d’affaires sur ces territoires ?
Russel Bouchard : Tout est toujours possible. Même dans un milieu aussi éloigné, hors des circuits traditionnels de commerce, sans infrastructures et aussi rude sur le plan environnemental. Mais pour y arriver, il faudrait, en plus de développer les infrastructures adéquates minimales (ce qui prend de l'argent et du temps), des conditions sociales, économiques et politiques qui n'y sont manifestement pas. Historiquement parlant, ces populations n'ont pas de traditions commerciales, dans le sens moderne du terme ; sur le plan social, je l'ai expliqué précédemment, ce n'est pas la grande forme, loin s'en faut ; sur le plan éducationnel, force nous est de reconnaître que dans l'ensemble, ces gens sont peu instruits, et quand il y en a un qui sort du rang il migre au sud ; et sur le plan économique, elles sont emprisonnées dans un économie de totale dépendance.
Tout ça est lié et forme une système en lui-même. Pour briser ce carcan, il faudrait non seulement des investissements majeurs, il faudrait également du temps, de la volonté, de la détermination et une transformation fondamentale de leur structure de pensée. Ces sociétés sont malades, et l'esprit n'est pas à la guérison.
Conclusion Russel Bouchard
C'est un peu dru comme manière de constater les faits, cela pourrait en choquer plus d'un s'ils leurs étaient exposés brutalement sur la place publique sans une sérieuse mise en contexte (et même avec), et les quêteux de subventions et de diplômes honoris causa qui crèchent dans nos universités crieraient encore une fois au racisme. Mais ces cris outrés ne changeraient rien à la réalité criante : Quoiqu'ils en disent et diront, ces peuples n'auront jamais été autant menacés d'extinction depuis les pestes et les épidémies qui les ont décimées au XVIIe siècle. Leur situation ressemble un peu à celles des ours polaires, dont la survie de l'espèce est menacée par la fonte des glaces que l'on impute aujourd'hui au phénomène du réchauffement de la planète par l'effet de serre. Ils attendent sur la même banquise du temps, que tout se replace, ce qui est loin d'être dans les projets immédiats de Mère Nature...
Ce dossier controversé est loin d'être sans intérêt et mérite toute notre attention. Il est à l'image de notre temps ! Il témoigne de l'ampleur des défis qui divisent la société québécoise aujourd'hui ; il questionne la logique d'un sous-développement durable qui confine les régions « ressources » du Québec à un triste rôle d'entrepôts à matières premières ; et il contraint les populations autochtones de ces régions délibérément affamées à la plus dégradante des mendicités, présage déshumanisant d'un patrimoine humain poussé au seuil de l'extinction.
Akakia
La Rupert et les grands projets hydroélectriques
Question :
Que pensez-vous au sujet du projet de la déviation de la rivière Rupert qui permettra au Québec de développer un nouveau bloc énergétique dans les prochaines années ?
Russel Bouchard : C'est là un projet complètement insensé ! Non parce qu'il ne faut pas faire du développement hydroélectrique, mais parce que le Québec, malgré tout ce que nos gouvernements en disent, n'a pas de —vrai— plan de gestion de ses ressources hydrauliques. Bien sûr, le fait de briser une nature si belle est déjà quelque chose qui me heurte au plus haut point. Mais le pire n'est pas là ! Le pire, c'est de voir que ce gouvernement, comme tous les précédents du reste, refuse de soumettre au peuple québécois un projet de développement hydroélectrique cohérent et conséquent... à court, à moyen et à long termes, ce qui en ferait un projet de société où tous les groupes d'intérêts seraient partie prenante.
Tout ça est affaire d'équation et de logique. Je m'explique. Nous connaissons parfaitement bien le potentiel hydraulique du Québec ; nous savons ce que nous avons déjà utilisé et nous savons ce qui nous reste. Si nous étions un peuple sensé et que nos gouvernements écoutaient la voie de la raison, ils nous diraient : voilà ce que nous avons ; voilà ce qui est déjà utilisé ; voilà ce qui reste. Que faisons-nous avec ce potentiel en réserve ? Que prenons-nous pour satisfaire à nos besoins ? Que réservons-nous pour les besoins de nos petits-enfants ? Et que gardons-nous sous clé pour notre sécurité, notre qualité environnementale, notre bien-être et notre équilibre ?
Si, après y avoir bien réfléchi et bien discuté, nous décidons que la rivière Rupert doit être sacrifiée pour nos besoins énergétiques, alors soit, utilisons-là en tâchant de limiter le plus possible les conséquences environnementales. Et faisons-nous devoir sacré de préserver dans la meilleure condition possible ce que nous avons décidé de préserver. Mais voilà, les gouvernements n'agissent pas ainsi. Ils n'ont qu'une seule idée, turbiner, coûte que coûte et tant qu'il y en a.
Et ce qui ajoute à cette incohérence érigée en système, chaque projet de développement est présenté à la pièce, alors qu'il devrait être partie prenante d'un tout. C'est une manière de faire complètement folle et totalement irresponsable ! Je suis d'avis qu'un mouvement de pression environnemental conséquent devrait cesser d'être en réaction. Pour être efficace, ce mouvement de pression devrait : primo, exiger la mise en veilleuse de tous projets de développement hydroélectrique au Québec tant que nous ne disposerons pas de ce plan de gestion ; et, secundo, proposer lui-même sur l'arène publique son propre plan de gestion, ce qui obligerait le gouvernement à s'expliquer, à justifier la voie qu'il a prise, et à proposer un compromis mariant la nécessité économique aux impératifs écologiques.
Question :
Les groupes environnementalistes et les Cris ne se sont pas gênés pour critiquer le projet, qu’ils qualifient en bloc de destructeur, de néfaste et comportant des conséquences négatives nombreuses. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : La réponse se trouve partiellement dans la précédente, à une exception près : elle ne tient pas en considération le fait que cette question ne relève pas seulement des Cris et des environnementalistes, mais de tous les québécois, tant autochtones qu'allochtones. Encore là, le vice vient du fait que ces défenseurs, malgré leur bonne volonté, tentent de sauver une rivière, à la pièce, comme cela a toujours été le cas, et qu'ils s'accrochent au principe que ce projet met en péril leur culture et leur mode de vie, ce qui est une raison des plus discutables compte tenu du fait que la très grande majorité des Indiens ne sait même pas comment on prend un castor au piège. C'est brutal comme constat, mais c'est comme ça ! La Rupert n'est pas que le patrimoine des Cris, mais portion d'un tout qui relève des Québécois, gardiens de ce patrimoine planétaire.
Question :
Les trois-quarts des Cris du nord ont dit non au projet de déviation de la rivière Rupert lors de la consultation publique tenue il y a quelques jours. Selon vous, quels sont les arguments majeurs qui rendent le projet inintéressant pour la communauté cris du nord ?
Russel Bouchard : D'où prenez-vous ces chiffres ? Prenez attention avant de vous compromettre avec ces données que je trouve très évasives.
Question :
Personnellement, que pensez-vous des réclamations des Cris dans ce dossier ?
Russel Bouchard : Je ne les ai pas étudiées dans le détail.
Question :
Bien qu’il y ait trois-quart des Cris qui disent non au projet, il reste un 25% qui l’ont appuyé. Quelles sont leurs motivations ?
Russel Bouchard : L'argent ! Rien que l'argent. Je vois une faiblesse dans votre question : vous mettez tous les cris dans le même panier. Il y a assurément, chez ces gens, un clivage des positions en fonction des différents groupes d'intérêts et de pression qui s'affrontent. J'imagine que dans le 25%, vous retrouverez Ted Mooses (qui, maintenant, vit à Montréal !), une part de sa famille et toute cette clique, qui en retirent les bénéfices ; et que vous retrouverez, dans le 75%, la base populaire qui n'a pas encore touché sa part du sac de trente deniers, qui l'a dilapidée ou qui la trouve encore trop petite. Prenez attention de ne pas sombrer dans le mythe facile du bon Indien. Une part importante d'entre eux n'a aucune conscience sociale et utilise ces mythes urbains pour promouvoir sa lutte.
Question :
Pensez-vous qu’un projet hydroélectrique est avantageux pour les Cris du nord ?
Russel Bouchard : Sans doute, mais tous ne le vivent pas de la même manière. Bien qu'ils ne soient pas le gros du lot, ceux qui vivent encore selon un certain mode ancestral (bien qu'ils soient une minorité et qu'ils comptent parmi les plus âgés) ne doivent certainement pas être d'accord.
Question :
Selon vous, est-ce que les projets de développement hydroélectrique ont donné de l’emploi aux Cris depuis l’émergence de grands projets ?
Russel Bouchard : Absolument ! Ils ont reçu ce qui leur a été promis, n'en doutez surtout pas. Mais construire une série de barrages et détourner des rivières ne procurent qu'une illusion de prospérité puisque cela ne dure que le temps des travaux. Après, c'est le désert ? C'est le sous-développement durable, et il y en a qui l'ont compris. Mais trop tard.
Question :
Le projet d’Hydro-Québec exigera un investissement de quatre milliards de dollars et devrait, selon les prédictions, créer plusieurs milliers d’emplois selon le ministère du Développement durable. Selon vous, comment un projet de cette envergure peut conjuguer les intérêts de la société québécoise et du peuple cris dans son ensemble ?
Russel Bouchard : Foutaise ! L'électricité produite est vendue sur les marchés d'exportation. Elle permet aux Américains, à nos voisins des autres provinces... et aux Montréalais de faire tourner leurs propres usines. Le nord n'est qu'une immense turbine et ce n'est surtout pas les Cris, peu instruits, qui vont en profiter.
Question :
Un projet comme celui-ci peut-il aider au développement des structures économiques présentes chez les Cris ? Développement de créneaux économiques, d’entreprises, de PME ?
Russel Bouchard : À part quelques services utiles aux communautés autochtones et quelques trous de mines, quel industriel, quel commerçant voudrait aller investir dans ces contrées excentriques et hors des circuits commerciaux ?
Question :
Considérez-vous l’attitude gouvernementale comme écrasante pour le peuple cris depuis l’émergence de grands projets hydroélectriques ?
Russel Bouchard : Écrasante partout où ces gouvernements se commettent. Pour eux, Montréal est le « Québec de Base ». Le reste (95% du territoire) n'est qu'un immense entrepôt à matières premières et la cour arrière de Montréal.
Question :
Selon vous, comment devrait se faire le partage des terres au nord du Québec ? À qui appartiennent-elles vraiment ? Quelles sont les solutions pour régler un conflit qui refait surface chaque fois que l’on parle de développement, d’exploitation hydroélectrique ?
Russel Bouchard : Ce territoire appartient aux Autochtones (Indiens, Inuits et Métis —Pas Seulement aux Cris). Le premier problème pour les Cris, c'est que dans la Convention de la Baie James ils ont abandonné leur titre aborigène (ce titre donne droit au territoire, le droit ancestral le plus important).Le deuxième problème vient du fait que les non-Cris ne sont pas considérés comme des ayant droits et ne disposent d'aucune considération citoyenne par rapport aux Cris. Idem pour les Métis qui ne sont pas reconnus par les Cris.
La solution pour régler ce problème ? Je n'en vois pas tant que les Cris, comme tous les Indiens du Québec du reste, ne modifieront pas leur manière de penser (ils sont une nation ethnique, quoiqu'ils en disent ; ce qui, par son essence même, exclut tous les autres qui n'appartiennent pas à cette intimité raciale ; en se percevant ainsi, ils s'excluent eux-mêmes du principe universel voulant que tous les humains naissent égaux en droits. Et, tôt ou tard, ils vont en payer le prix !).
Question :
En avril 2006, on apprenait qu’Hydro-Québec avait déjà entrepris des travaux aux abords de la rivière Rupert dans le Nouveau-Québec, avant même l’examen de projet de déviation de ce cours d’eau. Comment qualifiez-vous ce genre de stratégie ?
Est-ce que c’est significatif des expériences passées entre Hydro-Québec et les peuples Cris ?
Russel Bouchard : Typique de tous les gouvernements du Québec qui se sont succédés depuis Parizeau. (Vous devriez lire mon texte sur « L'hydro-Québec et la filière autochtone ».)
Question :
Le 23 octobre 2001, le projet de déviation de la rivière Rupert et de la construction de barrages hydroélectriques à cet endroit est officialisé par un accord entre le gouvernement et les Cris. Cette entente se fera connaître sous la Paix des braves. On ne s’est pas gênés pour célébrer cette entente historique. Depuis, jugez-vous que la signature de cette entente a fait avancer les choses dans les réclamations des Cris ?
De quelle façon, s’il y a lieu, que la signature de cette entente aurait-elle du faciliter les discussions et développer de nouveaux partenariat. Qu’est-ce qui ne tient plus qui tenait en 2001?
Réponse R.B. : Vous devriez lire mon texte « L’alliance électorale Moses–Landry : un guignol au pays des hommes blancs ! »
Question :
Selon Jean-François Samray, président directeur-général de l’Association de l’industrie du Québec, en choisissant de signer la paix des braves, les Cris ont accepté la possibilité que ce projet puisse être approuvé à la suite du processus d'examen. Il s'agissait en fait d'une décision courageuse qui montrait leur aptitude ancestrale à prendre des risques pour le mieux-être de leur collectivité. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : Ce ne sont pas les Cris qui ont accepté de signer la paix des braves, ce sont les chefs cris d'alors. Ce qui fait toute la différence. Comment ont-ils informé leurs gens ? Comment les ont-ils consultés ? Cherchez au-delà des réponses déjà formulées et préfabriquées. Dépassez l'objet de votre propre questionnaire, libérez-vous de votre peur de remettre en doute la réalité autochtone telle qu'elle vous est soumise par cette sorte de consensus de la facilité, et vous allez probablement découvrir que là, plus qu'ailleurs peut-être, les principes de la démocratie ont été radicalement bafoués. Chez les Cris comme chez les Québécois, se pourrait-il qu'il n'y ait qu'une apparence de démocratie ?
Les Cris, les Métis et la réalité autochtone québécoise
Question :
Selon vous, quels défis majeurs attendent maintenant les populations autochtones du Québec dans les prochaines années ?
Russel Bouchard : Fondamental, dans le vrai sens du terme ! Vous ouvrez là une porte qui débouche vers le plus grand inconnu les concernant, et je dois vous avouer, modestement, que je n'ai pas la réponse qui me demanderait une autre vie de réflexion. Cependant, pour survivre en tant que société homogène (appelons-là nation), je sais qu'ils devront se resituer face à l'univers physique et métaphysique, ou qu'ils périront d'ici peu. Ils affrontent actuellement le pire défi de leur existence en tant que peuple. À mon sens, leur plus grande difficulté consiste à redécouvrir le sens de leur propre existence, à se réconcilier avec leurs mythes fondateurs, à se libérer du regard qu'ils portent sur eux-mêmes (un regard totalement captif du passé) et à se tourner vers l'avenir.
Posez-vous simplement la question : Pourquoi cette violence qu'ils se font à eux-mêmes ? Pourquoi cette drogue et cette propension à l'alcoolisme ? Pourquoi tant de suicides ??? Car battre les siens, se droguer, abuser de ses enfants, n'est-ce pas s'automutiler soi-même, se suicider mentalement avant de passer à l'acte physique ? Il y a là, dans cette déchéance sociétale, l'indice d'un suicide collectif et d'un malaise fondamental.
Question :
Le débat sur la nation québécoise fait couler beaucoup d’encre. Mais celui sur les nations autochtones ne semble pas susciter de réactions. Pour vois, qu’elle est la réalité autochtone au Québec ?
Russel Bouchard : Votre question est mal formulée. Je trouve que c'est un faux débat de part et d'autre. Nous sommes une nation quand nous décidons que nous en sommes une. C'est un regard que l'on porte sur soi d'abord. Ce que les autres en disent n'est que le reflet de ce que nous en pensons nous-mêmes. On ne doit pas demander que l'autre nous reconnaisse ; on doit l'exiger car cela n'est que justice. On doit s'affirmer. Mais pour s'affirmer on doit en avoir le cran, la détermination et l'absolue conviction.
Question :
Et les métis dans tout cela ?
Russel Bouchard : Idem pour les Métis. Regardez toute la distance parcourue depuis l'automne 2003 (jugement Powley), où la Cour suprême a déjà exprimé que cette réalité collective était incontournable. Les Métis forment un des trois peuples fondateurs reconnus par la Constitution. Il suffit à ceux qui s'identifient Métis de s'affirmer de ce Peuple, comme je le fais depuis au moins vingt ans. Le reste n'est qu'une question de reconnaissance de cette réalité historique par ceux qui ne partagent pas cette identité, qu'une question de respect des Parlements dont la mission est d'abord et avant tout d'assurer la représentation et l'épanouissement de toutes les collectivités ethno-culturelles qui participent à la vie du pays, de la nation canadienne, de la nation québécoise.
Question :
Des leaders amérindiens du Manitoba considèrent que la motion sur la nation québécoise est un manque de respect du pays envers les premières nations. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : Bien peu ! Je ne vois pas où est le problème ?
Quoiqu'en disent les chefs, les nations indiennes du Canada (j'ai bien dit indiennes et non pas métisses ou inuits) sont des « nations ethno-culturelles » et sont, de ce fait, exclusives. Elles le sont d'abord par la loi suprême et la jurisprudence de ce pays, et elles le sont ensuite par leur propre attitude culturelle et politique qui consiste à se fermer radicalement à tout apport exogène. Si vous n'avez pas été statué selon C-31, vous ne pouvez être de ces nations ; le sang détermine l'appartenance ; l'adoption est un fait exceptionnel chez elles aujourd'hui, alors qu'elles (les adoptions) étaient un trait de caractère fondamental de ces sociétés tribales à l'époque de la colonisation. C'est la vision la plus raciste qui soit d'une nation, et les leaders indiens autant que les gouvernements canadien et provinciaux entretiennent cette ambiguïté. Ces « petites nations » portent ainsi donc le gène (si je puis m'exprimer ainsi) de leur propre mort, car une société, une culture, un peuple ne peut survivre s'il n'est pas en expansion à ces égards.
C'est tout le contraire du comportement sociétal historique et contemporain des Métis. Ce peuple est le fruit d'une cohésion, des contacts, des apports exogènes, tant culturels que démographiques. Ce sont des peuples en expansion, a contrario des peuples indiens qui sont en régression dans la réalité.
Question :
La population mêle plusieurs réalités sans y voir de nuances. Y-a-t-il une réelle différence entre indien, autochtone, métis, Inuits et innus ? Quelle(s) est (sont)-elle(s) ?
Russel Bouchard : Retour à la réponse précédente. Il vous faut lire mon livre « La longue marche du Peuple oublié », publié cet automne.
Avant de fermer cette parenthèse, je vois que vous faites la même erreur tenace que les journalistes et la population en général : vous confondez autochtone avec indien, inuit et métis. Autochtone est un terme générique qui englobe les trois spécificités ethno-culturelles. On est « autochtone » canadien, en vertu de l'article 35 de la Constitution, quand on est Indien, Inuit ou Métis.
Question :
Vous dites que le peuple métis redécouvre sa fierté d’être. Ça se traduit comment ?
Russel Bouchard : Lisez mes trois livres publiés depuis le 21 juin 2005, et vous allez tout comprendre. Vous avez un effort intellectuel à faire pour comprendre cela, et je me refuse à vous donner tout cuit dans le bec.
Question :
Dernièrement, lors de la sortie d’une nouvelle affirmant que Québec est une terre huronne, vous avez affirmé que les historiens québécois ont mal fait leur travail dans ce dossier. Concrètement, que pensez-vous de ce dossier ?
Russel Bouchard : Complètement pourri !
Depuis le dernier quart de siècle le courant historiographique québécois a imposé une vision sectaire de l'amérindianité. Les plumes et les penseurs qui le dominent sont presque tous institutionnalisés. Ils se complaisent dans la facilité sécurisante d'un consensus à l'effet que l'histoire a été injuste à leur égard et qu'ils doivent corriger cette situation pour favoriser la signature de traités généreux à leur égard, même au prix de la vérité ; ce qui est totalement inexcusable car l'histoire n'est pas question d'équité mais de vérité comme je l'ai déjà écrit. Les faits ont été déformés pour répondre à ce consensus inacceptable. Pour une raison et pour une autre qui vous restent à évaluer, ces professionnels se sont accrochés à la pensée de Rousseau, qui est également celle du XVIIIe siècle, et qui se traduit par celui « du beau et bon sauvage qui vit en parfaite harmonie avec la nature », ce qui est un mensonge de la plus belle eau et ce qui mérite d'être remis dans son contexte. Voilà ce que je dis.
Je vous suggère de lire le livre que je vous ai gracieusement envoyé ces derniers jours (« La fin de l'Histoire par un témoin oculaire ! »). Tout y est. Vous avec le devoir de vous informer adéquatement et vous devez vous extirper de tout courant de pensée qui ne soit pas conforme à votre propre démarche intellectuelle.
Question :
Les Métis de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont signifié leur intention de s’adresser aux tribunaux car ils affirment que le gouvernement refuse de reconnaître la communauté métisse qui, selon eux, fait partie de l’Approche commune. Qu’en pensez-vous ?
Russel Bouchard : C'est exactement ce qu'il faut faire. Contester l'injustice qui se crée sous nos yeux, par la voie des tribunaux, celle que je privilégie. C'est la manière la plus civilisée qui soit pour régler un contentieux. Selon les jugements de la Cour suprême, le titre aborigène (qui est l'enjeu principal de ce débat) est exclusif. Il peut être partagé entre deux communautés autochtones distinctives sur un même territoire, mais il faut pour cela que ce soit textuellement établi dans le traité. Si les Métis n'obtiennent pas cette reconnaissance explicite dans ledit traité, ils perdent tous leurs droits autochtones jusqu'à la fin des temps. Pour nous, cette reconnaissance est donc une question de vie ou de mort.
Question :
Vous dites qu’après les constructions de barrages, c’est le désert. Que cette prospérité n’est qu’éphémère. Comment développer ce sous-développement durable en réel développement ?
De quelle façon les Cris, par exemple, pourraient profiter à long terme de la production hydroélectrique dans le nord de la province ?
Russel Bouchard : Un barrage et une centrale ne créent aucune richesse sur place. Même pas en terme d'emplois pour l'entretien car tout cela est dirigé de Québec et de Montréal. Les Cris, comme les Saguenéens et les Métis du reste, devraient, dans un premier temps, obtenir pour leur propre développement un bloc d'énergie (mettons 20%, plus ou moins et selon leurs vrais besoins) qu'ils utiliseront pour développer leur propre économie. Les chefs n'ont strictement rien prévu à cet effet dans leurs ententes. C'est totalement insensé. Idem pour les autres ressources naturelles, comme le bois, les mines, etc. ; ils doivent avoir en main les outils de leur développement, c'est-à-dire posséder en propre les moyens de productions nécessaires à leur propre prise en charge et à leur épanouissement. C'est l'abécédaire d'une prospérité économique et d'une société en marche. C'est là l'étape à franchir avant d'accéder à l'autonomie qui est un miroir aux alouettes.
Question :
Vous dites qu’il y a un prix à payer pour les Cris à s’exclure eux-mêmes du principe universel voulant que tout les humains naissent égaux en droits. Quel est-il et surtout, qu’est-ce qui les mène à renoncer à ce droit fondamental ?
Russel Bouchard : Je crois qu'ils n'y ont pas réfléchi. Ils n'admettent pas que ce malaise est fondamental, d'ordre spirituel, qu'il est l'indice d'une perte de conscience collective profonde. Et comme ils sont incapables de faire cet examen en profondeur, ils se recroquevillent dans une vision folklorique de ce qu'ils sont. Ils sont prisonniers de leur passé.
Question :
Vous affirmez que des intérêts différents guident les chefs Cris versus la population crie. Quels sont-ils ?
Russel Bouchard : Comme les chefs et l'élite québécoise, une part des leurs se vendent au plus offrant. Ils ne pensent qu'en fonction du présent. Leur discours réquisitionnent l'idée du droit commun, mais dans leurs têtes ils sont individualistes, désolidarisés des vrais intérêts du groupe dont ils ont la responsabilité. Comme les Canadiens français, ils errent sur une terre qui ne leur appartient plus dans la réalité. Ils ont vendu leur droit d'aînesse. Plusieurs vont finir leurs jours dans le sud, dans des condos achetés en partenariat avec nos chefs à nous.
Question :
De quelle façon concrète la population peut-elle faire réellement entendre leurs réclamations ?
Russel Bouchard : Il n'y a pas de vrai dialogue. Personne n'est réellement à l'écoute. Il n'y a pas de vraie rencontre entre les peuples fondateurs, la « nation québécoise » et la « nation canadienne ».
Question:
Vous parlez de suicide collectif et d’un malaise fondamental. Comment renverser la vapeur ?
Est-ce que ça ne passe pas inévitablement par les mœurs des jeunes ?
Russel Bouchard : Je n'ai aucune réponse. Ou plutôt, vous n'y êtes pas du tout par votre manière de poser la question. Les moeurs sont un symptôme d'un enrichissement ou d'une dégradation de la moralité d'une société quelle qu'elle soit, non une cause. Je constate simplement ce fait. Je suis très inquiet pour eux. Ils doivent s'ouvrir, se libérer l'esprit de cette histoire qui les entrave, ils doivent penser avenir. Ils ont un travail de fond à faire sur eux. Ils doivent s'ajuster sur le plan spirituel, dans le sens qu'ils doivent ajuster leurs croyances à la réalité de ce temps. Cela est incontournable. C'est tout ce que je peux dire pour l'instant. Il leur incombe totalement de prendre cette voie, de se redécouvrir un sens, ce qui est une prise en charge existentielle individuelle et collective. Le défi, bien qu'il ne soit pas insurmontable, est énorme. Pour trouver une solution, ils doivent comprendre les vraies causes de leurs malheurs.
Question :
Lorsque vous dites qu’à part quelques services utiles aux communautés autochtones et quelques trous de mines […] et hors des circuits commerciaux, croyez-vous donc impossible le développement d’une réelle base économique et d’affaires sur ces territoires ?
Russel Bouchard : Tout est toujours possible. Même dans un milieu aussi éloigné, hors des circuits traditionnels de commerce, sans infrastructures et aussi rude sur le plan environnemental. Mais pour y arriver, il faudrait, en plus de développer les infrastructures adéquates minimales (ce qui prend de l'argent et du temps), des conditions sociales, économiques et politiques qui n'y sont manifestement pas. Historiquement parlant, ces populations n'ont pas de traditions commerciales, dans le sens moderne du terme ; sur le plan social, je l'ai expliqué précédemment, ce n'est pas la grande forme, loin s'en faut ; sur le plan éducationnel, force nous est de reconnaître que dans l'ensemble, ces gens sont peu instruits, et quand il y en a un qui sort du rang il migre au sud ; et sur le plan économique, elles sont emprisonnées dans un économie de totale dépendance.
Tout ça est lié et forme une système en lui-même. Pour briser ce carcan, il faudrait non seulement des investissements majeurs, il faudrait également du temps, de la volonté, de la détermination et une transformation fondamentale de leur structure de pensée. Ces sociétés sont malades, et l'esprit n'est pas à la guérison.
Conclusion Russel Bouchard
C'est un peu dru comme manière de constater les faits, cela pourrait en choquer plus d'un s'ils leurs étaient exposés brutalement sur la place publique sans une sérieuse mise en contexte (et même avec), et les quêteux de subventions et de diplômes honoris causa qui crèchent dans nos universités crieraient encore une fois au racisme. Mais ces cris outrés ne changeraient rien à la réalité criante : Quoiqu'ils en disent et diront, ces peuples n'auront jamais été autant menacés d'extinction depuis les pestes et les épidémies qui les ont décimées au XVIIe siècle. Leur situation ressemble un peu à celles des ours polaires, dont la survie de l'espèce est menacée par la fonte des glaces que l'on impute aujourd'hui au phénomène du réchauffement de la planète par l'effet de serre. Ils attendent sur la même banquise du temps, que tout se replace, ce qui est loin d'être dans les projets immédiats de Mère Nature...
jeudi, décembre 21, 2006
« Détournement de la rivière Rupert et question autochtone au Québec » – À lire sur ce blogue, le 1er janvier 2007
À ne pas manquer, le 1er janvier 2007, « Détournement de la rivière Rupert et la question autochtone au Québec ». À coeur ouvert avec l'auteur de ce blogue, un jeu de questions (Mikaël Lalancette) et réponses (Russel Bouchard) qui a l'avantage d'éviter la langue de bois et d'aller droit au but sur la double question controversée, environnement et autochtones au Québec.
Bonne année 2007
Russel Bouchard
« LE TEMPS », Opinion Publique, 1880.
Bonne année 2007
Russel Bouchard
« LE TEMPS », Opinion Publique, 1880.
samedi, décembre 16, 2006
Joyeux Noël à nos visiteurs, à nos collaborateurs de la francophonie, aux Métis, aux Canadiens français et à tous les Autochtones d'Amérique
Notre premier devoir est celui de la mémoire. Nos pères étaient « voyageurs » qui étaient pour l'essentiel des Canadiens français, et nos mères étaient Indiennes ; ce qui fait de nous tous des « Sauvages » dans le sens le plus noble du terme, c'est-à-dire des MÉTIS ! Soyons-en fiers et méritons le respect. Méritons de vivre longtemps et pour le plus grand bien de l'humanité qui nous accompagne. Car si le sang s'hérite et que la vertu s'acquiert, comme le disait avec autant d'éloquence l'auteur de Don Cuichotte, « la vertu [entendons l'honneur] vaut par elle-seule ce que le sang ne peut valoir ».JOYEUX NOËL !
Et c'est signé : Le Fils de l'Étoile du Matin, qui pourrait tout aussi bien être Le Métis, Akakia ou Russel Bouchard
La suite est un Poème épique, en l'honneur d'Octave Crémazie, poète nationaliste et figure mythique des Canadiens français. Il est né à Québec le 16 avril 1827 et est mort en exil, au Havre (France), le 16 janvier 1879. Comme Riel, Chénier, Groulx et tous ces autres, ce pays est comme une veuve noire ; il a la curieuse manie de tuer ses héros, ceux qui essaiment en lui et ceux qui réchauffent son âme. Merci à la France de l'avoir si bien accueilli.
« Le Chant des voyageurs »
A nous les bois et leurs mystères,
Qui pour nous n'ont plus de secrets !
A nous le fleuve aux ondes claires
Où se reflète la forêt,
A nous l'existence sauvage
Pleine d'attraits et de douleurs !
A nous les sapins dont l'ombrage,
Nous rafraîchit dans nos labeurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
Bravant la foudre et les tempêtes
Avec leur aspect solennel,
Qu'ils sont beaux ces pins dont les têtes
Semblent les colonnes du ciel !
Lorsque privés de leur feuillage
Ils tombent sous nos coups vainqueurs,
On dirait que dans le nuage
L'esprit des bois verse des pleurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
Quand la nuit de ses voiles sombres
Couvre nos cabanes de bois,
Nous regardons passer les ombres
Des Algonquins, des Iroquois.
Ils viennent ces rois d'un autre âge,
Conter leurs antiques grandeurs
A ces vieux chênes que l'orage
N'a pu briser dans ses fureurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
Puis sur la cage qui s'avance
Avec les flots du Saint-Laurent,
Nous rappelons de notre enfance
Le souvenir doux et charmant.
La blonde laissée au village,
Nos mères et nos jeunes soeurs,
Qui nous attendent au rivage,
Tour à tour font battre nos coeurs.
Dans la forêt et sur la cage
Nous sommes trente voyageurs.
Quand viendra la triste vieillesse
Affaiblir nos bras et nos voix,
Nous conterons à la jeunesse
Nos aventures d'autrefois.
Quand enfin pour ce grand voyage,
Où tous les hommes sont rameurs,
La mort viendra nous crier : Nage !
Nous dirons bravant ses terreurs :
Dans la forêt et sur la cage
Nous étions trente voyageurs.
OCTAVE CRÉMAZIE, Québec, janvier 1862.
mercredi, décembre 13, 2006
Les fraudes amérindiennes en France – Refusez de vous faire plumer !
Les fraudes amérindiennes en France
Refusez de vous faire plumer !
Une discussion initiée par le chef Métis Archie Martin, qui mérite toute notre attention dans le site « La Nation Autochtone du Québec ». Pour prendre connaissance et participer : < http://www.autochtones.ca/forum/viewtopic.php?t=2066&postdays=0&postorder=asc&start=0 >
*Archie Martin est membre de la Communauté 12-Montréal-Hochelaga de l'Alliance Autochtone du Québec. Il est le représentant culturel des Métis de l'Est dans les Maritimes et le représentant Acadien de l'Union des Métis Est-Ouest.
Mise en situation de notre ami et congénère Archie :
« Depuis une dizaine d’années en France le phénomène Amérindien prends de plus en plus d’ampleur. Village Indianistes, week-ends Ouest Américains, Festivals Country et Rodéo Shows permettent à un certain nombre d’individus de se faire connaître en tant que Véritables et Authentiques Indiens d’Amérique. Capables de pouvoir vous faire participer à des cérémonies ancestrales ou de danser pour vous et cela moyennant un certain prix.
Ce que beaucoup ignorent ou/et veulent continuer à ignorer, c’est que malheureusement étant en Europe, ces personnages sont souvent des Blancs qui ne cherchent qu’à profiter de l’admiration des gens pour une culture et des traditions méconnues en France. Ceci dans le but de se faire un revenu mensuel très substantiel et/ou de satisfaire un égo démesuré qu’une vie normale ne pourrait pas.
Or, souvent ils sont amérincains et non amérindiens, voir allemands et même belge si ce n'est tout simplement français et intéressés.
COMMENT RECONNAITRE UNE FRAUDE
1. Les propriétaires de l'emplacement payent pour construire un site Web. Ils n'emploient pas un des fournisseurs libres tels que Geocities, mais utilisent un emplacement légitime possédé par une nation indigène légitime, ou un emplacement fourni par une université. Moins de 1% d'Américains indigènes ont accès à des ressources informatiques.
2. L'utilisation de mots Européens pour décrire des cérémonies comme "danse du Soleil", "loge de sudation" afin de les vendre via l'Internet. Les références aux prédictions hopis, des accusations décrivant les Aînés Amérindiens traditionnels comme égoïstes, avides, ou idiots, alors que le propriétaire du site se dépeint en comparaison comme généreux, partageant sa spiritualité avec tous ceux qui le souhaitent.
3. L'utilisation d'images indiennes stéréotypées et/ou occidentales indique la fraude. Les Loups, les demoiselles indiennes à moitié nues sont des signes de sites irrespectueux. Les femmes amérindiennes sont modestes et la plupart des autochtones désapprouvent la pornographie et les pratiques sadomasochistes. Les sites qui préconisent le sexe tantrique comme une pratique spirituelle amérindienne, sont dangereux aussi bien qu' humiliant aux yeux des Natifs. Soyez vigilant lorsque vous voyiez des utilisations de phrases du type : « Sauvez Mere Terre » ou « Frere Soleil - Frere Loup ou encore Sœur Lune ».Ce sont des appellations vides de sens qui ne font référence qu'à une sorte d'activisme. Un autre signe sûr de fraude est la référence à d'autres sites Internet en tant que "loges", "clans", ou "repaires" de même que l'utilisation trés cliché du fameux, "nous sommes tous reliés - Mitakuye Oyasin".
4. Des chefs qui exigent des honoraires exorbitants et se portent volontaire pour faire des conférences afin de voyager partout dans le monde afin de partager leur 'connaissance 'spirituelle doivent être évités à tout prix. Les pratiques spirituelles amérindiennes sont spécifiquement liées à leur géographie. Ceux désignés comme hommes-médecine légitimes NE QUITTENT PAS LEURS COMMUNAUTÉS. Nos pratiques spirituelles varient considérablement de région en région aussi un chef spirituel reconnu reste dans une communauté vivante et prospère. Les Shamans de plastique qui voyagent partout dans le monde sont habituellement des leaders de cultes. Ils ne peuvent que nuire religieusement, émotionnellement et financièrement.
5. L'utilisation du terme "Shaman" à lui seul est une bonne indication de fraude. En fait c'est la contraction des deux mots «Shame (honte) et « Man » (homme). Un Shaman est donc un « homme de la honte ». Les chefs spirituels n'emploient pas ce terme. Les vrais chefs spirituels ne fument pas de cigarettes, ne boivent pas d'alcool, et également ne touchent pas à la drogue. N'IMPORTE QUI s'engageant dans ce genre de pratiques tout en prétendant être un 'Shaman 'est une fraude, POINT ! ! ! ! Les Chefs Spirituels ne le deviennent pas en passant des diplômes Universitaires. De plus, ceux d'entre nous qui ont reçu une éducation Universitaire savent trés bien qu'il aurait fallu renoncer à nos études pour pouvoir atteindre un tel niveau de spiritualité. Donc si votre « Shaman » est diplômé, c'est un fraude. Garanti.
6. Les livres d'or remplis de témoignages élogieux laissés par des personnes avec des noms aux allures Indiennes et trés clichés du style Loup Gris, Aigle Bleu et Coyote ou n'importe quel nom commençant par « femme » comme Femme-Oiseau est par définition TRÉS SUSPICIEUX. Un commentaire élogieux laissé par des Européens, particulièrement des Allemands, indique presque toujours un site frauduleux.
7. Le mélange des traditions spirituelles Amérindiennes aux cartes de tarot, aux runes, au reiki, aux totems Australiens, à l'astrologie, à la numérologie, à la réflexologie ou à tout autre "- ologies". N'importe quelle tentative d'assimiler des pratiques indigènes avec de nouvelles philosophies New Age n'est rien d'autre que de la censure ! Si vous nous respectez vraiment, ne contribuez pas à l'assimilation des pratiques spirituelles américaines indigènes avec le New Age!
8. Le clické gauche de votre souris est-il neutralisé pour vous empêcher de 'voler 'les graphismes d'un site? Y a-t-il des programmes Java pour les faire onduler comme de l'eau? C'est un autre bon indicateur que vous pourriez avoir à faire à des fraudes. La plupart des Amérindiens sont toujours trés pauvres et habituellement n'ont pas accès aux graphismes ou aux logiciels chers (il y a quelques exceptions avec les universités tribales LÉGITIMES). Si le site est vraiment trés beau, s'il accepte les cartes de crédit via PayPal, c'est probablement une escroquerie. Ne jugez jamais un site Web par ses graphismes. En outre, une combine pour protéger les intérêts des concepteurs ne fais pas partie des valeurs amérindiennes traditionnelles.
9. Comme tous les escrocs, les Shamans de plastique ou les faux Amerindiens font preuve de beaucoup de paranoïa. Ils exprimeront fréquemment des craintes qu'ils ont des "ennemis" partout qui sont "prêt à tout pour les avoir". (les ennemis sont habituellement les gens comme nous, les véritables Amérindiens ou les Indiannistes ou Wanabees qui pourraient leur chiper de la clientèle) les craintes de conspirations les amènent à menacer parfois violemment . Nous-même avons été menacés de mort. L'utilisation de technologie ou programme d'espionnage cachés dans des Cookies sur les sites, est pratique courante. C'est une attitude très européenne. Les Aînés légitimes n'ont pas accès aux technologies de sécurité sophistiquées.
10. Souvent les Shamans de Plastique font références à Chief Seattle, Archie Lame-Deer, Grace Spotted Eagle, Rolling Thunder, Wallace Black Elk, Ed Eagleman McGaa, Black Elk. Ces personnes ont été discréditées par leurs tribus respectives. Beaucoup de sites Amerindiens ont publie des avertissements contre eux.
11. Les faux Danseurs ou Amerindiens trouveront toujours une raison pour expliquer pourquoi ils ne sont pas de peau « rouge » ou ne parle pas l'Americain. Ils ont grandi en Europe, ils sont en fait métissés.
12. Les fraudes Américaines vivant en France doivent porter une carte de séjour, leur véritable nom est inscrit dessus. Nous parions tout ce que vous voulez que cela n'est pas « LittleBear» ou « Blackbear ». De même, s'ils peuvent se procurer un compte en banque avec un de ces noms, puisqu'ils s'en servent comme nom de scène, cela ne veut pas dire que ce nom soit amérindien.
ARCHIE MARTIN »
Une réplique parmi d'autres à propos des chamans :
Le terme « chaman » (shamman ») est déjà une erreur en soi lorsqu'il est appliqué aux Indiens d'Amérique. Regardez bien dans tous les dictionnaires et il est relatif —exclusivement— à une religion ancienne qui se pratiquait en Asie (le chamannisme). Ce sont, encore une fois, les Européens qui l'ont erronément appliqué à la spiritualité des Indiens d'Amérique. Chez les Indiens de l'époque missionnaire de l'Amérique du Nord, on parlait alors de « sorcier » et de « jongleur ».
Qualifier quelqu'un de chaman chez nous est une aberrance en soi. Le chamannisme asiatique était une religion idolâtre, alors que les Indiens du nord-est de l'Amérique étaient plutôt « animistes », c'est-à-dire qu'ils croyaient que toutes les choses ont une âme. Leurs sorciers savaient interpréter les songes, incantaient les esprits bons et mauvais, utilisaient des amulettes parce qu'elles avaient une âme ; ils disaient pouvoir commander à l'âme du vent, à l'âme de la pluie, à l'âme de la neige, à l'âme des ombres, etc., qui les visitaient du reste dans les songes afin d'être interprétées. Pour y arriver, ils avaient régulièrement recours à la tente tremblante, la suerie (ce que les Européens appellent tente à sudation)
Je ne saurais trop vous inviter à fouiller davantage et à en discuter. Faites-nous avancer par vos découvertes et vos commentaires et n'hésitez surtout pas à tout remettre en question (avec élégance et respect cependant). À commencer par ce que je viens de vous dire, si jamais vous découvrez que j'ai erré, ce qui est toujours du domaine du possible puisque nous interprétons l'histoire chacun à notre façon. La liberté et l'affirmation de l'être commencent par là : remettre en question les acquis, faire l'effort de bien s'informer et savoir ce que l'on dit.
Allez-y ! Faites-nous avancer...
Russel Bouchard
Le lien de mémoire de la CMDRSM (qui pourrait être en quelque sorte un... chaman, ce dont je me refuse car chez les Métis canadiens il n'y a jamais eu de chaman.
Une réplique concernant la culture distinctive des Métis et des dreams catchers :
Même chez nous, au Québec, le dream catcher est un emprunt. Cet objet symbolique appartient à la culture des Indiens des plaines. Face à tous ces emprunts, à cette récupération mercantile et à cette dérive, il n'y a qu'une parade : RESTER SOI-MÊME ! Et pour rester soi-même, il vous suffit de ne pas en mettre plus qu'e vous en avez. Plongez à l'intérieur de vous, questionnez votre propre vécu culturel, et vous verrez à quel point vos comportements, vos émotions, vos apprentissages sont des indicateurs originaux par rapport à toutes les autres cultures de l'humanité.
Bref, ayez confiance en ce que vous êtes et sachez vous apprécier. Partez à la découverte de votre spécificité, ce qui est, à mon avis, le rapport intime entre la personnalité de l'individu et celle du groupe à lequel vous dites appartenir. C'est une question d'identité. Sortez des livres et des modèles à la mode ; soyez vous-mêmes, et vous verrez à quel point vous êtes « distinctifs ». Il y a un corps communautaire ethno-culturel que l'on appelle le peuple Métis, et chacun de vous, chacun de nous a quelque chose de différent qui forme un tout, un peu comme les empreintes d'un doigt dans l'ensemble du corps. Vous êtes uniques et distinctifs, donc partie originale d'un tout spécifique...
J'essaie d'être le plus simple possible pour vous expliquer des codes d'initiés qui permettent aux « spécialistes » de vous observer et de vous comparer pour vous évaluer afin de vous renvoyer une image plus ou moins fidèle de vous. Ne vous laissez pas berner. Restez vous-mêmes...
Russel Bouchard
Une belle discussion en cours donc, avec plusieurs participants, une discussion bien menée, polie et surprenante par la qualité des interventions...
Refusez de vous faire plumer !
Une discussion initiée par le chef Métis Archie Martin, qui mérite toute notre attention dans le site « La Nation Autochtone du Québec ». Pour prendre connaissance et participer : < http://www.autochtones.ca/forum/viewtopic.php?t=2066&postdays=0&postorder=asc&start=0 >
*Archie Martin est membre de la Communauté 12-Montréal-Hochelaga de l'Alliance Autochtone du Québec. Il est le représentant culturel des Métis de l'Est dans les Maritimes et le représentant Acadien de l'Union des Métis Est-Ouest.
Mise en situation de notre ami et congénère Archie :
« Depuis une dizaine d’années en France le phénomène Amérindien prends de plus en plus d’ampleur. Village Indianistes, week-ends Ouest Américains, Festivals Country et Rodéo Shows permettent à un certain nombre d’individus de se faire connaître en tant que Véritables et Authentiques Indiens d’Amérique. Capables de pouvoir vous faire participer à des cérémonies ancestrales ou de danser pour vous et cela moyennant un certain prix.
Ce que beaucoup ignorent ou/et veulent continuer à ignorer, c’est que malheureusement étant en Europe, ces personnages sont souvent des Blancs qui ne cherchent qu’à profiter de l’admiration des gens pour une culture et des traditions méconnues en France. Ceci dans le but de se faire un revenu mensuel très substantiel et/ou de satisfaire un égo démesuré qu’une vie normale ne pourrait pas.
Or, souvent ils sont amérincains et non amérindiens, voir allemands et même belge si ce n'est tout simplement français et intéressés.
COMMENT RECONNAITRE UNE FRAUDE
1. Les propriétaires de l'emplacement payent pour construire un site Web. Ils n'emploient pas un des fournisseurs libres tels que Geocities, mais utilisent un emplacement légitime possédé par une nation indigène légitime, ou un emplacement fourni par une université. Moins de 1% d'Américains indigènes ont accès à des ressources informatiques.
2. L'utilisation de mots Européens pour décrire des cérémonies comme "danse du Soleil", "loge de sudation" afin de les vendre via l'Internet. Les références aux prédictions hopis, des accusations décrivant les Aînés Amérindiens traditionnels comme égoïstes, avides, ou idiots, alors que le propriétaire du site se dépeint en comparaison comme généreux, partageant sa spiritualité avec tous ceux qui le souhaitent.
3. L'utilisation d'images indiennes stéréotypées et/ou occidentales indique la fraude. Les Loups, les demoiselles indiennes à moitié nues sont des signes de sites irrespectueux. Les femmes amérindiennes sont modestes et la plupart des autochtones désapprouvent la pornographie et les pratiques sadomasochistes. Les sites qui préconisent le sexe tantrique comme une pratique spirituelle amérindienne, sont dangereux aussi bien qu' humiliant aux yeux des Natifs. Soyez vigilant lorsque vous voyiez des utilisations de phrases du type : « Sauvez Mere Terre » ou « Frere Soleil - Frere Loup ou encore Sœur Lune ».Ce sont des appellations vides de sens qui ne font référence qu'à une sorte d'activisme. Un autre signe sûr de fraude est la référence à d'autres sites Internet en tant que "loges", "clans", ou "repaires" de même que l'utilisation trés cliché du fameux, "nous sommes tous reliés - Mitakuye Oyasin".
4. Des chefs qui exigent des honoraires exorbitants et se portent volontaire pour faire des conférences afin de voyager partout dans le monde afin de partager leur 'connaissance 'spirituelle doivent être évités à tout prix. Les pratiques spirituelles amérindiennes sont spécifiquement liées à leur géographie. Ceux désignés comme hommes-médecine légitimes NE QUITTENT PAS LEURS COMMUNAUTÉS. Nos pratiques spirituelles varient considérablement de région en région aussi un chef spirituel reconnu reste dans une communauté vivante et prospère. Les Shamans de plastique qui voyagent partout dans le monde sont habituellement des leaders de cultes. Ils ne peuvent que nuire religieusement, émotionnellement et financièrement.
5. L'utilisation du terme "Shaman" à lui seul est une bonne indication de fraude. En fait c'est la contraction des deux mots «Shame (honte) et « Man » (homme). Un Shaman est donc un « homme de la honte ». Les chefs spirituels n'emploient pas ce terme. Les vrais chefs spirituels ne fument pas de cigarettes, ne boivent pas d'alcool, et également ne touchent pas à la drogue. N'IMPORTE QUI s'engageant dans ce genre de pratiques tout en prétendant être un 'Shaman 'est une fraude, POINT ! ! ! ! Les Chefs Spirituels ne le deviennent pas en passant des diplômes Universitaires. De plus, ceux d'entre nous qui ont reçu une éducation Universitaire savent trés bien qu'il aurait fallu renoncer à nos études pour pouvoir atteindre un tel niveau de spiritualité. Donc si votre « Shaman » est diplômé, c'est un fraude. Garanti.
6. Les livres d'or remplis de témoignages élogieux laissés par des personnes avec des noms aux allures Indiennes et trés clichés du style Loup Gris, Aigle Bleu et Coyote ou n'importe quel nom commençant par « femme » comme Femme-Oiseau est par définition TRÉS SUSPICIEUX. Un commentaire élogieux laissé par des Européens, particulièrement des Allemands, indique presque toujours un site frauduleux.
7. Le mélange des traditions spirituelles Amérindiennes aux cartes de tarot, aux runes, au reiki, aux totems Australiens, à l'astrologie, à la numérologie, à la réflexologie ou à tout autre "- ologies". N'importe quelle tentative d'assimiler des pratiques indigènes avec de nouvelles philosophies New Age n'est rien d'autre que de la censure ! Si vous nous respectez vraiment, ne contribuez pas à l'assimilation des pratiques spirituelles américaines indigènes avec le New Age!
8. Le clické gauche de votre souris est-il neutralisé pour vous empêcher de 'voler 'les graphismes d'un site? Y a-t-il des programmes Java pour les faire onduler comme de l'eau? C'est un autre bon indicateur que vous pourriez avoir à faire à des fraudes. La plupart des Amérindiens sont toujours trés pauvres et habituellement n'ont pas accès aux graphismes ou aux logiciels chers (il y a quelques exceptions avec les universités tribales LÉGITIMES). Si le site est vraiment trés beau, s'il accepte les cartes de crédit via PayPal, c'est probablement une escroquerie. Ne jugez jamais un site Web par ses graphismes. En outre, une combine pour protéger les intérêts des concepteurs ne fais pas partie des valeurs amérindiennes traditionnelles.
9. Comme tous les escrocs, les Shamans de plastique ou les faux Amerindiens font preuve de beaucoup de paranoïa. Ils exprimeront fréquemment des craintes qu'ils ont des "ennemis" partout qui sont "prêt à tout pour les avoir". (les ennemis sont habituellement les gens comme nous, les véritables Amérindiens ou les Indiannistes ou Wanabees qui pourraient leur chiper de la clientèle) les craintes de conspirations les amènent à menacer parfois violemment . Nous-même avons été menacés de mort. L'utilisation de technologie ou programme d'espionnage cachés dans des Cookies sur les sites, est pratique courante. C'est une attitude très européenne. Les Aînés légitimes n'ont pas accès aux technologies de sécurité sophistiquées.
10. Souvent les Shamans de Plastique font références à Chief Seattle, Archie Lame-Deer, Grace Spotted Eagle, Rolling Thunder, Wallace Black Elk, Ed Eagleman McGaa, Black Elk. Ces personnes ont été discréditées par leurs tribus respectives. Beaucoup de sites Amerindiens ont publie des avertissements contre eux.
11. Les faux Danseurs ou Amerindiens trouveront toujours une raison pour expliquer pourquoi ils ne sont pas de peau « rouge » ou ne parle pas l'Americain. Ils ont grandi en Europe, ils sont en fait métissés.
12. Les fraudes Américaines vivant en France doivent porter une carte de séjour, leur véritable nom est inscrit dessus. Nous parions tout ce que vous voulez que cela n'est pas « LittleBear» ou « Blackbear ». De même, s'ils peuvent se procurer un compte en banque avec un de ces noms, puisqu'ils s'en servent comme nom de scène, cela ne veut pas dire que ce nom soit amérindien.
ARCHIE MARTIN »
Une réplique parmi d'autres à propos des chamans :
Le terme « chaman » (shamman ») est déjà une erreur en soi lorsqu'il est appliqué aux Indiens d'Amérique. Regardez bien dans tous les dictionnaires et il est relatif —exclusivement— à une religion ancienne qui se pratiquait en Asie (le chamannisme). Ce sont, encore une fois, les Européens qui l'ont erronément appliqué à la spiritualité des Indiens d'Amérique. Chez les Indiens de l'époque missionnaire de l'Amérique du Nord, on parlait alors de « sorcier » et de « jongleur ».
Qualifier quelqu'un de chaman chez nous est une aberrance en soi. Le chamannisme asiatique était une religion idolâtre, alors que les Indiens du nord-est de l'Amérique étaient plutôt « animistes », c'est-à-dire qu'ils croyaient que toutes les choses ont une âme. Leurs sorciers savaient interpréter les songes, incantaient les esprits bons et mauvais, utilisaient des amulettes parce qu'elles avaient une âme ; ils disaient pouvoir commander à l'âme du vent, à l'âme de la pluie, à l'âme de la neige, à l'âme des ombres, etc., qui les visitaient du reste dans les songes afin d'être interprétées. Pour y arriver, ils avaient régulièrement recours à la tente tremblante, la suerie (ce que les Européens appellent tente à sudation)
Je ne saurais trop vous inviter à fouiller davantage et à en discuter. Faites-nous avancer par vos découvertes et vos commentaires et n'hésitez surtout pas à tout remettre en question (avec élégance et respect cependant). À commencer par ce que je viens de vous dire, si jamais vous découvrez que j'ai erré, ce qui est toujours du domaine du possible puisque nous interprétons l'histoire chacun à notre façon. La liberté et l'affirmation de l'être commencent par là : remettre en question les acquis, faire l'effort de bien s'informer et savoir ce que l'on dit.
Allez-y ! Faites-nous avancer...
Russel Bouchard
Le lien de mémoire de la CMDRSM (qui pourrait être en quelque sorte un... chaman, ce dont je me refuse car chez les Métis canadiens il n'y a jamais eu de chaman.
Une réplique concernant la culture distinctive des Métis et des dreams catchers :
Même chez nous, au Québec, le dream catcher est un emprunt. Cet objet symbolique appartient à la culture des Indiens des plaines. Face à tous ces emprunts, à cette récupération mercantile et à cette dérive, il n'y a qu'une parade : RESTER SOI-MÊME ! Et pour rester soi-même, il vous suffit de ne pas en mettre plus qu'e vous en avez. Plongez à l'intérieur de vous, questionnez votre propre vécu culturel, et vous verrez à quel point vos comportements, vos émotions, vos apprentissages sont des indicateurs originaux par rapport à toutes les autres cultures de l'humanité.
Bref, ayez confiance en ce que vous êtes et sachez vous apprécier. Partez à la découverte de votre spécificité, ce qui est, à mon avis, le rapport intime entre la personnalité de l'individu et celle du groupe à lequel vous dites appartenir. C'est une question d'identité. Sortez des livres et des modèles à la mode ; soyez vous-mêmes, et vous verrez à quel point vous êtes « distinctifs ». Il y a un corps communautaire ethno-culturel que l'on appelle le peuple Métis, et chacun de vous, chacun de nous a quelque chose de différent qui forme un tout, un peu comme les empreintes d'un doigt dans l'ensemble du corps. Vous êtes uniques et distinctifs, donc partie originale d'un tout spécifique...
J'essaie d'être le plus simple possible pour vous expliquer des codes d'initiés qui permettent aux « spécialistes » de vous observer et de vous comparer pour vous évaluer afin de vous renvoyer une image plus ou moins fidèle de vous. Ne vous laissez pas berner. Restez vous-mêmes...
Russel Bouchard
Une belle discussion en cours donc, avec plusieurs participants, une discussion bien menée, polie et surprenante par la qualité des interventions...
mardi, décembre 12, 2006
Nouvelle loi sur la forêt - Cri du coeur d'un Métis de la Côte-Nord
« Le ministre Corbeil (Gouv. du Québec) *_Libéral_* veux se donner des droits et jouir avec ses amis de notre ressource forestière à notre détriment dans l'intimité avec la complicité du patronat forestier. Nous ne devons jamais laisser une telle chose se faire. Depuis trop longtemps nous laissons les politiciens assouvir leurs soifs de pouvoir et jouir d'une trop grande liberté. Je suis Métis et jamais je ne laisserai faire une tel chose ; la Côte-Nord est l'un des plus grands territoires forestiers du Québec, une ressource déjà très mal administrée par les gouvernements actuel et passé ; nous ne comptons plus les gaspillages, les cafouillages, les manigances de toutes sortes, et pour votre information je vous envois quelques photos très récentes de grande quantité de bois qui est en train de pourrir et qui ne servira même pas à la communauté locale et en plus il faudrait que nous le regardions passer sous notre nez sans rien dire !!! Attention ! Soyez prudents M. Corbeil. Nous sommes très attentif à vos manoeuvres sournoises. Vous êtes sous bonne surveillance. Sachez que pour notre part les Métis sont là et nous avons des yeux et des oreilles partout. Le gouvernement met tout en oeuvre pour faire taire, même anéantir les Métiss, mais ils ne pourront jamais y parvenir nous sommes là et nous veillons sur notre territoire.
Note pour les journaux... Je vous écris souvent mais vous ne me publier jamais. Pourquoi?
Marco Gauthier Métis
Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan
Rivière-Pentecôte, Qué.
418-799-2241
J'ai joint à mon écrit une réfférence et des photos;
Carte du site: Accueil arrow Bulletin du lundi arrow série 2006 arrow L'art de passer un sapin
L'art de passer un sapin Version imprimable
Robert Laplante
11-12-2006
C'est un vieux truc de la joute parlementaire, il n'y a pas de meilleur moment que la fin de session pour passer les projets de lois qui pourraient, en temps normal, valoir un mauvais quart d'heure à leurs promoteurs. C'est ce que tente de faire Pierre Corbeil, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, avec le projet de loi 49.
Bien enrobée dans les considérations techniques, la modification proposée à la Loi sur les forêts constitue en fait une manœuvre sournoise pour paver la voie à une réforme en profondeur de notre régime forestier. Sous prétexte de jouer les accommodants et de fournir à l'industrie la souplesse qu'elle réclame pour tenter de sortir de la crise, le ministre propose rien de moins que de céder sur le point essentiel de la revendication de Guy Chevrette et de ses employeurs, le Conseil de l'industrie forestière du Québec : la délocalisation des Contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF).
La loi actuelle, on le sait, prévoit que le CAAF rattache un volume de bois à une usine. Les industriels réclament désormais de pouvoir fermer les usines tout en continuant de bénéficier des approvisionnements qu'ils souhaitent diriger là où bon leur semble. Ils veulent passer du lien CAAF/usine au lien CAAF/entreprise. Dans cette perspective, il n'y a plus aucune garantie que les communautés forestières puissent profiter de l'exploitation de la forêt. Ce sont les plans d'affaires des compagnies qui vont décider du sort des collectivités. Pour les villages mono-industriels, on voit la catastrophe : cette revendication condamne les populations locales à se bercer sur les perrons en regardant passer les camions qui transportent ailleurs le bois récolté dans leur région. Ou à déménager avant que leur village ne soit complètement mort et que leurs maisons ne valent plus rien.
Le projet de loi 49 ouvre la porte à un transfert de bois d'une usine à l'autre. Il va autoriser les pratiques qui serviront à invoquer le précédent. C'est l'annonce de la capitulation : les grands industriels vont faire et défaire la structure du peuplement et l'organisation du territoire.
C'est un beau cadeau de Noël qu'on prépare aux communautés forestières. Les décisions que vont prendre les compagnies avec le bois qui appartient à la collectivité québécoise vont servir à attiser les conflits entre les villes et villages qui vont s'affronter pour savoir si Pierre va profiter des vêtements qu'on arrachera à Paul. Tout le monde va danser sur une plaque chauffée à blanc par les plans de restructuration. C'est indécent de laisser ainsi le chantage à l'emploi servir de philosophie de gestion d'un bien public. C'est un pur scandale de laisser les populations à la totale merci de décisions privées qui n'ont aucunement à prendre en compte l'intérêt public, le tout avec des ressources forestières qui appartiennent à l'ensemble des Québécois. Cela s'appelle la démission politique.
Les choses seraient déjà suffisamment navrantes pour que ce projet de loi meure au feuilleton. Mais comme c'est Noël, il y aura donc un dindon autour de la farce. Le projet de loi 49 confère au ministre des Ressources naturelles et de la Faune des pouvoirs qui, dans la loi actuelle, relèvent de l'Assemblée nationale. Passant du législatif à l'exécutif, plusieurs dispositions du projet de loi vont donc conférer au ministre un pouvoir exorbitant, le pouvoir de façonner, par ses décisions sur l'utilisation des ressources forestières, les conditions environnementales, économiques et sociales avec lesquelles les collectivités locales devront composer et ce, à l'échelle de tout le Québec forestier. Ces dispositions permettront au ministre de disposer comme il l'entend des vœux pieux qui pourront être exprimés sur la ruralité, l'occupation du territoire et le développement régional. Il aura tout ce qu'il faut pour s'entendre avec les grands industriels pour agir sur les déterminants de la mise en valeur d'une ressource stratégique.
Ceux-là qui s'inquiètent déjà de la culture du copinage entre le ministère et l'industrie n'ont pas fini de frémir. Ce ne sera pas seulement la loi du silence qui prévaudra désormais, ce sera la ruine du langage. Car adopter ce projet de loi avant la tenue du Sommet forestier qu'on nous annonce pour le printemps prochain, c'est condamner l'ensemble des participants au babillage inoffensif.
Ce projet de loi constitue le premier mouvement d'une réforme inavouée. C'est une manœuvre anti-démocratique qui tente de présenter comme des accommodements des mesures qui dénaturent l'esprit et la lettre du régime forestier actuel. Ce projet de loi trahit également la philosophie du rapport Coulombe en plus de rendre inapplicables certaines de ses recommandations les plus importantes. Ce rapport plaidait pour une plus grande transparence dans la gestion, le ministre y répond par une manœuvre qui va rendre la gestion encore plus opaque et accentuer la crise de confiance des citoyens à l'égard de la façon dont notre État s'acquitte de sa responsabilité. Quant à l'élargissement du rôle des autorités locales et régionales, il pourrait bien n'être plus réduit qu'à la multiplication des occasions de joindre les chorales de lamentations.
C'est pitoyable mais il faut bien le constater, ce gouvernement s'apprête à utiliser notre Assemblée nationale contre l'intérêt national. La forêt nous appartient à tous. Elle constitue un patrimoine fabuleux qu'aucun politicien ne devrait avoir le droit laisser à la merci de l'intérêt privé. La forêt doit servir à la prospérité du Québec avant d'être un instrument dans les mains des actionnaires des grandes sociétés. Le ministre Corbeil s'apprête à nous passer un sapin.
Le projet de loi 49 ne doit pas être accepté. Le PQ et l'ADQ seront-ils à la hauteur et sauront-ils trouver les moyens d'utiliser les règles parlementaires pour faire obstruction et pour éviter un tel affront à la démocratie ? Il faut l'exiger d'eux. Autrement le Québec forestier n'est pas sorti du bois.
Note pour les journaux... Je vous écris souvent mais vous ne me publier jamais. Pourquoi?
Marco Gauthier Métis
Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan
Rivière-Pentecôte, Qué.
418-799-2241
J'ai joint à mon écrit une réfférence et des photos;
Carte du site: Accueil arrow Bulletin du lundi arrow série 2006 arrow L'art de passer un sapin
L'art de passer un sapin Version imprimable
Robert Laplante
11-12-2006
C'est un vieux truc de la joute parlementaire, il n'y a pas de meilleur moment que la fin de session pour passer les projets de lois qui pourraient, en temps normal, valoir un mauvais quart d'heure à leurs promoteurs. C'est ce que tente de faire Pierre Corbeil, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, avec le projet de loi 49.
Bien enrobée dans les considérations techniques, la modification proposée à la Loi sur les forêts constitue en fait une manœuvre sournoise pour paver la voie à une réforme en profondeur de notre régime forestier. Sous prétexte de jouer les accommodants et de fournir à l'industrie la souplesse qu'elle réclame pour tenter de sortir de la crise, le ministre propose rien de moins que de céder sur le point essentiel de la revendication de Guy Chevrette et de ses employeurs, le Conseil de l'industrie forestière du Québec : la délocalisation des Contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF).
La loi actuelle, on le sait, prévoit que le CAAF rattache un volume de bois à une usine. Les industriels réclament désormais de pouvoir fermer les usines tout en continuant de bénéficier des approvisionnements qu'ils souhaitent diriger là où bon leur semble. Ils veulent passer du lien CAAF/usine au lien CAAF/entreprise. Dans cette perspective, il n'y a plus aucune garantie que les communautés forestières puissent profiter de l'exploitation de la forêt. Ce sont les plans d'affaires des compagnies qui vont décider du sort des collectivités. Pour les villages mono-industriels, on voit la catastrophe : cette revendication condamne les populations locales à se bercer sur les perrons en regardant passer les camions qui transportent ailleurs le bois récolté dans leur région. Ou à déménager avant que leur village ne soit complètement mort et que leurs maisons ne valent plus rien.
Le projet de loi 49 ouvre la porte à un transfert de bois d'une usine à l'autre. Il va autoriser les pratiques qui serviront à invoquer le précédent. C'est l'annonce de la capitulation : les grands industriels vont faire et défaire la structure du peuplement et l'organisation du territoire.
C'est un beau cadeau de Noël qu'on prépare aux communautés forestières. Les décisions que vont prendre les compagnies avec le bois qui appartient à la collectivité québécoise vont servir à attiser les conflits entre les villes et villages qui vont s'affronter pour savoir si Pierre va profiter des vêtements qu'on arrachera à Paul. Tout le monde va danser sur une plaque chauffée à blanc par les plans de restructuration. C'est indécent de laisser ainsi le chantage à l'emploi servir de philosophie de gestion d'un bien public. C'est un pur scandale de laisser les populations à la totale merci de décisions privées qui n'ont aucunement à prendre en compte l'intérêt public, le tout avec des ressources forestières qui appartiennent à l'ensemble des Québécois. Cela s'appelle la démission politique.
Les choses seraient déjà suffisamment navrantes pour que ce projet de loi meure au feuilleton. Mais comme c'est Noël, il y aura donc un dindon autour de la farce. Le projet de loi 49 confère au ministre des Ressources naturelles et de la Faune des pouvoirs qui, dans la loi actuelle, relèvent de l'Assemblée nationale. Passant du législatif à l'exécutif, plusieurs dispositions du projet de loi vont donc conférer au ministre un pouvoir exorbitant, le pouvoir de façonner, par ses décisions sur l'utilisation des ressources forestières, les conditions environnementales, économiques et sociales avec lesquelles les collectivités locales devront composer et ce, à l'échelle de tout le Québec forestier. Ces dispositions permettront au ministre de disposer comme il l'entend des vœux pieux qui pourront être exprimés sur la ruralité, l'occupation du territoire et le développement régional. Il aura tout ce qu'il faut pour s'entendre avec les grands industriels pour agir sur les déterminants de la mise en valeur d'une ressource stratégique.
Ceux-là qui s'inquiètent déjà de la culture du copinage entre le ministère et l'industrie n'ont pas fini de frémir. Ce ne sera pas seulement la loi du silence qui prévaudra désormais, ce sera la ruine du langage. Car adopter ce projet de loi avant la tenue du Sommet forestier qu'on nous annonce pour le printemps prochain, c'est condamner l'ensemble des participants au babillage inoffensif.
Ce projet de loi constitue le premier mouvement d'une réforme inavouée. C'est une manœuvre anti-démocratique qui tente de présenter comme des accommodements des mesures qui dénaturent l'esprit et la lettre du régime forestier actuel. Ce projet de loi trahit également la philosophie du rapport Coulombe en plus de rendre inapplicables certaines de ses recommandations les plus importantes. Ce rapport plaidait pour une plus grande transparence dans la gestion, le ministre y répond par une manœuvre qui va rendre la gestion encore plus opaque et accentuer la crise de confiance des citoyens à l'égard de la façon dont notre État s'acquitte de sa responsabilité. Quant à l'élargissement du rôle des autorités locales et régionales, il pourrait bien n'être plus réduit qu'à la multiplication des occasions de joindre les chorales de lamentations.
C'est pitoyable mais il faut bien le constater, ce gouvernement s'apprête à utiliser notre Assemblée nationale contre l'intérêt national. La forêt nous appartient à tous. Elle constitue un patrimoine fabuleux qu'aucun politicien ne devrait avoir le droit laisser à la merci de l'intérêt privé. La forêt doit servir à la prospérité du Québec avant d'être un instrument dans les mains des actionnaires des grandes sociétés. Le ministre Corbeil s'apprête à nous passer un sapin.
Le projet de loi 49 ne doit pas être accepté. Le PQ et l'ADQ seront-ils à la hauteur et sauront-ils trouver les moyens d'utiliser les règles parlementaires pour faire obstruction et pour éviter un tel affront à la démocratie ? Il faut l'exiger d'eux. Autrement le Québec forestier n'est pas sorti du bois.
vendredi, décembre 01, 2006
Reconnaissance de la nation québécoise - Des chefs amérindiens y voient un affront
Reconnaissance de la nation québécoise
Des chefs amérindiens y voient un affront
Presse Canadienne (PC)
01/12/2006 07h33
Des leaders amérindiens du Manitoba considèrent que la résolution du gouvernement fédéral à propos de la nation québécoise est une autre preuve du manque de respect du pays envers les premières nations.
Chris Henderson, grand chef de la «Southern Chiefs Organization», a qualifié la motion, adoptée cette semaine à la Chambre des Communes, de claque au visage.
Il a dit que c'était encore plus blessant que cette motion eut été adoptée la même semaine que le Canada eut voté contre l'adoption d'une Déclaration des droits des peuples indigènes, proposée par les Nation unies.
Ron Evans, grand chef du «Assembly of Manitoba Chiefs», a fait parvenir une lettre au Winnipeg Free Press déclarant que cette motion n'apportait pas grand chose.
«Le gouvernement du Canada vient de prouver à nouveau, a-t-il écrit, qu'il ne possédait pas l'intégrité ou la volonté politique - au-delà d'un geste symbolique - de répondre aux inquiétudes des Québécois, comme il n'ont pas la volonté ou l'honneur d'attribuer aux peuples indigènes la place qui leur revient.»
Oscar Lathlin, le ministre des Affaires aborigènes et du Nord du Manitoba, a déclaré qu'il était d'accord que le rôle joué dans l'histoire du pays par les peuples des premières nations devait être reconnu à sa juste valeur.
Cependant, il croit que les Amérindiens devraient se préoccuper tout d'abord de problèmes urgents, comme la santé et le logement.
Des chefs amérindiens y voient un affront
Presse Canadienne (PC)
01/12/2006 07h33
Des leaders amérindiens du Manitoba considèrent que la résolution du gouvernement fédéral à propos de la nation québécoise est une autre preuve du manque de respect du pays envers les premières nations.
Chris Henderson, grand chef de la «Southern Chiefs Organization», a qualifié la motion, adoptée cette semaine à la Chambre des Communes, de claque au visage.
Il a dit que c'était encore plus blessant que cette motion eut été adoptée la même semaine que le Canada eut voté contre l'adoption d'une Déclaration des droits des peuples indigènes, proposée par les Nation unies.
Ron Evans, grand chef du «Assembly of Manitoba Chiefs», a fait parvenir une lettre au Winnipeg Free Press déclarant que cette motion n'apportait pas grand chose.
«Le gouvernement du Canada vient de prouver à nouveau, a-t-il écrit, qu'il ne possédait pas l'intégrité ou la volonté politique - au-delà d'un geste symbolique - de répondre aux inquiétudes des Québécois, comme il n'ont pas la volonté ou l'honneur d'attribuer aux peuples indigènes la place qui leur revient.»
Oscar Lathlin, le ministre des Affaires aborigènes et du Nord du Manitoba, a déclaré qu'il était d'accord que le rôle joué dans l'histoire du pays par les peuples des premières nations devait être reconnu à sa juste valeur.
Cependant, il croit que les Amérindiens devraient se préoccuper tout d'abord de problèmes urgents, comme la santé et le logement.
vendredi, novembre 24, 2006
« Au Canada il y a de la place pour tous » assurent Stephen Harper et les chefs Indiens... sauf pour les Métis et les C.F. !!!
À mettre au dossier des Métis avec un gros tag rouge ! Surtout en ce qui concerne la récrimination du grand chef Ghislain Picard qui dit textuellement :
« Les Premières Nations du Québec se réservent le doit d'affirmer leur statut de nations, quoi que tout autre gouvernement puisse laisser entendre. » « La reconnaissance d'un gouvernement par un autre gouvernement ne peut avoir de sens que grâce à des négociations qui permettent de confirmer la compréhension mutuelle de la nouvelle relation.» « Les droits ancestraux et les droits issus de traités des Autochtones, cités dans la Loi constitutionnelle de 1982, octroient juridiquement un statut unique aux Premières Nations. La Commission royale sur les peuples autochtones, qui a publié son rapport final il y a 10 ans cette semaine, a largement entériné nos droits et titres et a montré la voie aux Premières Nations et à tous les Canadiens. Cependant, le Canada n'a pas agi conformément aux droits ancestraux et issus de traités des Autochtones.»
Voilà qui est dit, fort bien dit et affirmé sans ambages à la face du pays. Que les Métis du Québec la retiennent bien celle-là. Parce qu'elle exprime une évidence criante à laquelle nous nous accrochons mordicus, cette bonne parole du représentant des Indiens du Québec marque aussi toute l'incohérence du discours de ces mêmes chefs indiens qui nous refusent ce qu'ils reprochent au gouvernement fédéral.
À mettre en exergue dans notre requête d'injonction appelée à être déposée d'ici peu pour intégrer —pleinement— la table de pourparlers sur l'Approche commune...
Russel Bouchard
Les Premières Nations veulent plus de clarté quant à la motion sur la "nation" présentée par M. Harper
http://www.newswire.ca/en/releases/archive/November2006/23/c8196.html
OTTAWA, le 23 nov. /CNW Telbec/ - Faisant référence à la motion présentée hier par le premier ministre Harper, l'Assemblée des Premières Nations demande au premier ministre de préciser sa position de façon à rendre justice au statut et au rôle des Premières Nations au Québec et dans l'ensemble du Canada.
Le chef national Phil Fontaine a déclaré : "Conscients comme nous le sommes de notre propre histoire et de notre identité, nous désirons respecter les autres collectivités et les autres traditions au Canada. L'APN a été et reste ouverte à la reconnaissance de la nature de la société québécoise, reconnaissance qui tient compte de caractéristiques uniques comme le français langue majoritaire dans cette province. Il est important toutefois qu'une telle reconnaissance soit accordée d'une façon qui ne rejette ni ne réduise d'aucune façon l'identité nationale des Premières Nations, au Québec comme partout au Canada."
Le chef régional de l'APN pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, a ajouté que : "Les Premières Nations du Québec se réservent le doit d'affirmer leur statut de nations, quoi que tout autre gouvernement puisse laisser entendre." M. Picard a ajouté que : "La reconnaissance d'un gouvernement par un autre gouvernement ne peut avoir de sens que grâce à des négociations qui permettent de confirmer la compréhension mutuelle de la nouvelle relation." Les droits ancestraux et les droits issus de traités des Autochtones, cités dans la Loi constitutionnelle de 1982, octroient juridiquement un statut unique aux Premières Nations. La Commission royale sur les peuples autochtones, qui a publié son rapport final il y a 10 ans cette semaine, a largement entériné nos droits et titres et a montré la voie aux Premières Nations et à tous les Canadiens. Cependant, le Canada n'a pas agi conformément aux droits ancestraux et issus de traités des Autochtones.
En fait, les Premières Nations de tout le Canada sont frustrées du manque d'attention et d'action que suscitent les questions les intéressant. Au moment même où le gouvernement du Canada dépose cette motion, il s'oppose catégoriquement à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes. L'opposition du Canada à cette déclaration non exécutoire, qui n'établirait que des normes minimales quant à la dignité, à la survie et au bien-être des peuples autochtones, est peu scrupuleuse et contradictoire.
"L'annonce d'un surplus plus important que prévu et de réductions d'impôts additionnelles par le ministre Flaherty représente également un autre coup dur pour les Premières Nations", a fait remarquer le chef national. "Malgré que les crises croissantes sur le plan socio-économique au sein des Premières Nations dans l'ensemble du Canada soient bien connues, nous ne recevons ni reconnaissance ni investissement."
"Nous croyons toutefois que les Canadiens se soucient de ce fait et que, si l'occasion leur était offerte, ils appuieraient nos programmes visant à corriger les problèmes disproportionnés auxquels font face nos collectivités en matière de santé, d'éducation et de logement", a ajouté le chef national. "Le défi est que le gouvernement du Canada agisse concrètement, reconnaisse les Premières Nations et travaille finalement avec nous dans le meilleur intérêt des membres des Premières Nations et de tous les Canadiens. Il serait très triste que, à moins de constituer un bloc de circonscriptions girouettes
potentielles, votre voix, peu importe vos droits, soit sans valeur dans ce
pays."
"Au Canada, il y a de la place pour tous", a déclaré le chef national en concluant. "Le premier ministre, Stephen Harper, et tous les gouvernements qui suivront devront chercher un équilibre en matière de droits des Québécois, des Premières Nations et des autres Canadiens afin d'assurer la prospérité de ce pays que nous partageons tous."
« Les Premières Nations du Québec se réservent le doit d'affirmer leur statut de nations, quoi que tout autre gouvernement puisse laisser entendre. » « La reconnaissance d'un gouvernement par un autre gouvernement ne peut avoir de sens que grâce à des négociations qui permettent de confirmer la compréhension mutuelle de la nouvelle relation.» « Les droits ancestraux et les droits issus de traités des Autochtones, cités dans la Loi constitutionnelle de 1982, octroient juridiquement un statut unique aux Premières Nations. La Commission royale sur les peuples autochtones, qui a publié son rapport final il y a 10 ans cette semaine, a largement entériné nos droits et titres et a montré la voie aux Premières Nations et à tous les Canadiens. Cependant, le Canada n'a pas agi conformément aux droits ancestraux et issus de traités des Autochtones.»
Voilà qui est dit, fort bien dit et affirmé sans ambages à la face du pays. Que les Métis du Québec la retiennent bien celle-là. Parce qu'elle exprime une évidence criante à laquelle nous nous accrochons mordicus, cette bonne parole du représentant des Indiens du Québec marque aussi toute l'incohérence du discours de ces mêmes chefs indiens qui nous refusent ce qu'ils reprochent au gouvernement fédéral.
À mettre en exergue dans notre requête d'injonction appelée à être déposée d'ici peu pour intégrer —pleinement— la table de pourparlers sur l'Approche commune...
Russel Bouchard
Les Premières Nations veulent plus de clarté quant à la motion sur la "nation" présentée par M. Harper
http://www.newswire.ca/en/releases/archive/November2006/23/c8196.html
OTTAWA, le 23 nov. /CNW Telbec/ - Faisant référence à la motion présentée hier par le premier ministre Harper, l'Assemblée des Premières Nations demande au premier ministre de préciser sa position de façon à rendre justice au statut et au rôle des Premières Nations au Québec et dans l'ensemble du Canada.
Le chef national Phil Fontaine a déclaré : "Conscients comme nous le sommes de notre propre histoire et de notre identité, nous désirons respecter les autres collectivités et les autres traditions au Canada. L'APN a été et reste ouverte à la reconnaissance de la nature de la société québécoise, reconnaissance qui tient compte de caractéristiques uniques comme le français langue majoritaire dans cette province. Il est important toutefois qu'une telle reconnaissance soit accordée d'une façon qui ne rejette ni ne réduise d'aucune façon l'identité nationale des Premières Nations, au Québec comme partout au Canada."
Le chef régional de l'APN pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, a ajouté que : "Les Premières Nations du Québec se réservent le doit d'affirmer leur statut de nations, quoi que tout autre gouvernement puisse laisser entendre." M. Picard a ajouté que : "La reconnaissance d'un gouvernement par un autre gouvernement ne peut avoir de sens que grâce à des négociations qui permettent de confirmer la compréhension mutuelle de la nouvelle relation." Les droits ancestraux et les droits issus de traités des Autochtones, cités dans la Loi constitutionnelle de 1982, octroient juridiquement un statut unique aux Premières Nations. La Commission royale sur les peuples autochtones, qui a publié son rapport final il y a 10 ans cette semaine, a largement entériné nos droits et titres et a montré la voie aux Premières Nations et à tous les Canadiens. Cependant, le Canada n'a pas agi conformément aux droits ancestraux et issus de traités des Autochtones.
En fait, les Premières Nations de tout le Canada sont frustrées du manque d'attention et d'action que suscitent les questions les intéressant. Au moment même où le gouvernement du Canada dépose cette motion, il s'oppose catégoriquement à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes. L'opposition du Canada à cette déclaration non exécutoire, qui n'établirait que des normes minimales quant à la dignité, à la survie et au bien-être des peuples autochtones, est peu scrupuleuse et contradictoire.
"L'annonce d'un surplus plus important que prévu et de réductions d'impôts additionnelles par le ministre Flaherty représente également un autre coup dur pour les Premières Nations", a fait remarquer le chef national. "Malgré que les crises croissantes sur le plan socio-économique au sein des Premières Nations dans l'ensemble du Canada soient bien connues, nous ne recevons ni reconnaissance ni investissement."
"Nous croyons toutefois que les Canadiens se soucient de ce fait et que, si l'occasion leur était offerte, ils appuieraient nos programmes visant à corriger les problèmes disproportionnés auxquels font face nos collectivités en matière de santé, d'éducation et de logement", a ajouté le chef national. "Le défi est que le gouvernement du Canada agisse concrètement, reconnaisse les Premières Nations et travaille finalement avec nous dans le meilleur intérêt des membres des Premières Nations et de tous les Canadiens. Il serait très triste que, à moins de constituer un bloc de circonscriptions girouettes
potentielles, votre voix, peu importe vos droits, soit sans valeur dans ce
pays."
"Au Canada, il y a de la place pour tous", a déclaré le chef national en concluant. "Le premier ministre, Stephen Harper, et tous les gouvernements qui suivront devront chercher un équilibre en matière de droits des Québécois, des Premières Nations et des autres Canadiens afin d'assurer la prospérité de ce pays que nous partageons tous."
mercredi, novembre 22, 2006
Baux de villégiateurs - « Des Blancs inquiets ».
Bien que cette nouvelle du journaliste Marc St-Hilaire dit bien ce qu'elle doit dire, il faut déplorer le fait conséquent que les Indiens sont encore une fois confondus dans « Autochtones ». Comme si l'un et l'autre étaient synonymes, ce qui n'est absolument pas le cas !
Si « des Blancs sont inquiets », c'est plus précisément en raison de l'Approche commune qui, même si le traité n'est pas encore signé avec les Ilnutsh, accorde déjà, dans l'illégalité gouvernemantale la plus absolue, tous les droits ancestraux de ces territoires aux Indiens alors que les Métis, eux aussi, en sont les ayant droits naturels. Selon l'article 35 de la Constitution canadienne de 1982 « peuples autochtones du Canada : s'entend notamment des Indiens, des Inuits et des Métis ».
Pourtant pas compliqué...
Russel Bouchard
Des Blancs inquiets
Marc St-Hilaire
Le Quotidien
L'accès à la forêt publique québécoise sera de plus en plus difficile pour les Blancs, selon les dirigeants du Regroupement des locataires de terres publiques (RLTP).
Vice-président régional du Regroupement, une organisation de 1400 membres dans la région et 5500 au Québec, et responsable du dossier de l'Approche commune, Réjean Thibeault entretient en effet de multiples craintes quant aux pouvoirs qui seront accordés au peuple Innu en matière de gestion du territoire.
Déjà, analyse-il, les Autochtones ont utilisé le système en leur faveur pour fins de négociation, paralysant ainsi l'octroi ministériel de sites de villégiature dits au premier requérant (au Nord du 50e parallèle). Sur plus d'une centaine de demandes de bail de villégiature au premier requérant effectuées depuis mars dernier, seulement 27 ont reçu une réponse gouvernementale. Sept d'entre elles ont été rejetées.
"L'octroi des baux de villégiature au premier requérant a été paralysé par les Autochtones qui ne se sentent pas suffisamment consultés et qui considèrent qu'il y a non-respect des règles de densité. Ils ont apporté le dossier à la table de négociation. De notre côté, on interprète cela comme un droit de veto auquel les Innus n'ont pas droit. Mais comme ce genre d'affaire est très politique, dès que les Autochtones s'offusquent, tout arrête", martèle le vice-président.
Appuyé de son président, Claude Boudreault, Réjean Thibeault maintient par ailleurs que les négociations entre les gouvernements et la nation innue se déroulent en vase clos, à l'insu de ceux qui profitent depuis toujours de la forêt.
Qui plus est, exprime-t-il, les négociateurs blancs affectés à la table de négociation n'ont aucune idée des réalités qui définissent la culture régionale concernant l'accès au territoire forestier.
"Ces négociations sont très inquiétantes puisque, au cours de l'histoire canadienne et québécoise, nos élus ont toujours acquiescé aux demandes des Autochtones. Nous avons été habitués à ce phénomène. La question se pose : pouvons-nous avoir confiance, aujourd'hui, en nos représentants politiques?", questionne Réjean Thibeault.
Si « des Blancs sont inquiets », c'est plus précisément en raison de l'Approche commune qui, même si le traité n'est pas encore signé avec les Ilnutsh, accorde déjà, dans l'illégalité gouvernemantale la plus absolue, tous les droits ancestraux de ces territoires aux Indiens alors que les Métis, eux aussi, en sont les ayant droits naturels. Selon l'article 35 de la Constitution canadienne de 1982 « peuples autochtones du Canada : s'entend notamment des Indiens, des Inuits et des Métis ».
Pourtant pas compliqué...
Russel Bouchard
Des Blancs inquiets
Marc St-Hilaire
Le Quotidien
L'accès à la forêt publique québécoise sera de plus en plus difficile pour les Blancs, selon les dirigeants du Regroupement des locataires de terres publiques (RLTP).
Vice-président régional du Regroupement, une organisation de 1400 membres dans la région et 5500 au Québec, et responsable du dossier de l'Approche commune, Réjean Thibeault entretient en effet de multiples craintes quant aux pouvoirs qui seront accordés au peuple Innu en matière de gestion du territoire.
Déjà, analyse-il, les Autochtones ont utilisé le système en leur faveur pour fins de négociation, paralysant ainsi l'octroi ministériel de sites de villégiature dits au premier requérant (au Nord du 50e parallèle). Sur plus d'une centaine de demandes de bail de villégiature au premier requérant effectuées depuis mars dernier, seulement 27 ont reçu une réponse gouvernementale. Sept d'entre elles ont été rejetées.
"L'octroi des baux de villégiature au premier requérant a été paralysé par les Autochtones qui ne se sentent pas suffisamment consultés et qui considèrent qu'il y a non-respect des règles de densité. Ils ont apporté le dossier à la table de négociation. De notre côté, on interprète cela comme un droit de veto auquel les Innus n'ont pas droit. Mais comme ce genre d'affaire est très politique, dès que les Autochtones s'offusquent, tout arrête", martèle le vice-président.
Appuyé de son président, Claude Boudreault, Réjean Thibeault maintient par ailleurs que les négociations entre les gouvernements et la nation innue se déroulent en vase clos, à l'insu de ceux qui profitent depuis toujours de la forêt.
Qui plus est, exprime-t-il, les négociateurs blancs affectés à la table de négociation n'ont aucune idée des réalités qui définissent la culture régionale concernant l'accès au territoire forestier.
"Ces négociations sont très inquiétantes puisque, au cours de l'histoire canadienne et québécoise, nos élus ont toujours acquiescé aux demandes des Autochtones. Nous avons été habitués à ce phénomène. La question se pose : pouvons-nous avoir confiance, aujourd'hui, en nos représentants politiques?", questionne Réjean Thibeault.
Dans la suite de la triste affaire Mignot (Alfred !) - Les Métis de la CMDRSM se désafilient du FFI
* FFI (Forum International de la Francophonie)
Madame Vallée,
Devant l’immobilisme caractériel de certains protagonistes dans l’affaire qui nous concerne je vous fais part, par la présente, de notre décision après consultation avec l’exécutif du Conseil et à ma demande expresse, quant à notre participation au Forum-Internalitional-Francophone.
Vous n’êtes pas sans savoir Madame Vallée que nous avons emprunté la voie des tribunaux pour que soient reconnues nos prétentions quant au registre de nos droits ancestraux et territoriaux sur l’ensemble du territoire du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan. Cette démarche nous met à l’abri pour un temps des « discoureurs » institutionnalisés , universitaires, journalistes et politiciens qui peuvent maintenant dire ce qu’ils veulent, seuls, sur la Place de la Cité, comme ils le souhaitent. Cependant par respect pour le processus juridique et les cours de justice, il serait inconvenant de notre part d’aller plus avant dans ces dérapages idéologiques dont nous sommes aujourd’hui les témoins et victimes. Aussi je vous demande incessamment, tout en étant conscient de votre tristesse à cet égard de bien vouloir aviser les gens du FFI-Québec de notre retrait comme membre corporatif.
Si le Forum Francophone International- Québec existe pour « servir la cause nationale du Québec (sic !), nous considérons que c’est un dérapage majeur, une usurpation, de la fausse représentation auxquels nous ne voulons souscrire d’aucune manière. Nous y étions pour la langue française ! C’était là l’expression de notre solidarité, comme peuple, envers LA francophonie. Non pas UNE francophonie récupérée et rapetissée à la dimension de quelques retraités émérites nostalgiques des « Etats généraux de 68», porteurs des germes nihilistes qui ont abouti en quatre décennies à peine à la désintégration du Québec et qui ont ouvert la voie au pillage systématique des ressources de l’arrière-pays au seuls bénéfices des centralisateurs « montréalistes ». Les « vrais » responsables de la « libanisation » (sic !) des territoires québécois et pire encore de « l’africanisation » de l’économie du Québec ne seront-ils pas ces gens qui ont ces-jours-ci la gâchette rapide du haut de leur chaire de certitudes? Cette génération d’intellectuels qui se croit à l’abri de tout...sous le parapluie idéologique de l’oubli (sic !), comme si l’hyper tolérante nation civique était devenue une panacée, une thérapie à leur faiblesse et leurs tares ou pire encore un avenir envisageable pour les autochtones de ce pays, les Indiens , les Métis, les Inuits...et les Canadiens-français?
Les Métis sont des gens pragmatiques aussi, que la magie des mots, s’ils ne sont imprégnés d’authenticité, de respect et de partage, n’impressionne guère. Nous aussi avons nos rêves, nos légendes et nos fables. C’est pourquoi nous pensons que notre solidarité et notre désir de construire dans la francophonie s’exprimera sans doute mieux et de façon plus cordiale vers l’ouest avec nos frères du Manitoba entre autres ou plus à l’est au Nouveau-Brunswick et dans l’Acadie française où bon nombre parmi nous ont des racines vivaces et productives.
En terminant je voudrait vous dire toute ma gratitude et mon admiration pour votre ténacité, votre loyauté et votre authenticité. Vous avez été pour tout le monde, dans cette aventure un lien efficace et ouvert. Merci encore et à bientôt.
Richard Harvey
Administrateur de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan.
P.S Je laisse à votre discrétion le soin de faire cheminer ce document comme bon vous semble.
Madame Vallée,
Devant l’immobilisme caractériel de certains protagonistes dans l’affaire qui nous concerne je vous fais part, par la présente, de notre décision après consultation avec l’exécutif du Conseil et à ma demande expresse, quant à notre participation au Forum-Internalitional-Francophone.
Vous n’êtes pas sans savoir Madame Vallée que nous avons emprunté la voie des tribunaux pour que soient reconnues nos prétentions quant au registre de nos droits ancestraux et territoriaux sur l’ensemble du territoire du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan. Cette démarche nous met à l’abri pour un temps des « discoureurs » institutionnalisés , universitaires, journalistes et politiciens qui peuvent maintenant dire ce qu’ils veulent, seuls, sur la Place de la Cité, comme ils le souhaitent. Cependant par respect pour le processus juridique et les cours de justice, il serait inconvenant de notre part d’aller plus avant dans ces dérapages idéologiques dont nous sommes aujourd’hui les témoins et victimes. Aussi je vous demande incessamment, tout en étant conscient de votre tristesse à cet égard de bien vouloir aviser les gens du FFI-Québec de notre retrait comme membre corporatif.
Si le Forum Francophone International- Québec existe pour « servir la cause nationale du Québec (sic !), nous considérons que c’est un dérapage majeur, une usurpation, de la fausse représentation auxquels nous ne voulons souscrire d’aucune manière. Nous y étions pour la langue française ! C’était là l’expression de notre solidarité, comme peuple, envers LA francophonie. Non pas UNE francophonie récupérée et rapetissée à la dimension de quelques retraités émérites nostalgiques des « Etats généraux de 68», porteurs des germes nihilistes qui ont abouti en quatre décennies à peine à la désintégration du Québec et qui ont ouvert la voie au pillage systématique des ressources de l’arrière-pays au seuls bénéfices des centralisateurs « montréalistes ». Les « vrais » responsables de la « libanisation » (sic !) des territoires québécois et pire encore de « l’africanisation » de l’économie du Québec ne seront-ils pas ces gens qui ont ces-jours-ci la gâchette rapide du haut de leur chaire de certitudes? Cette génération d’intellectuels qui se croit à l’abri de tout...sous le parapluie idéologique de l’oubli (sic !), comme si l’hyper tolérante nation civique était devenue une panacée, une thérapie à leur faiblesse et leurs tares ou pire encore un avenir envisageable pour les autochtones de ce pays, les Indiens , les Métis, les Inuits...et les Canadiens-français?
Les Métis sont des gens pragmatiques aussi, que la magie des mots, s’ils ne sont imprégnés d’authenticité, de respect et de partage, n’impressionne guère. Nous aussi avons nos rêves, nos légendes et nos fables. C’est pourquoi nous pensons que notre solidarité et notre désir de construire dans la francophonie s’exprimera sans doute mieux et de façon plus cordiale vers l’ouest avec nos frères du Manitoba entre autres ou plus à l’est au Nouveau-Brunswick et dans l’Acadie française où bon nombre parmi nous ont des racines vivaces et productives.
En terminant je voudrait vous dire toute ma gratitude et mon admiration pour votre ténacité, votre loyauté et votre authenticité. Vous avez été pour tout le monde, dans cette aventure un lien efficace et ouvert. Merci encore et à bientôt.
Richard Harvey
Administrateur de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan.
P.S Je laisse à votre discrétion le soin de faire cheminer ce document comme bon vous semble.
samedi, novembre 18, 2006
Pour commander mon dernier livre, « La longue marche du peuple oublié »...
jeudi, novembre 16, 2006
Le Peuple Métis attaqué sur son flanc gauche par la droite néolibérale et néocoloniale française — Inacceptable !!!
L'encre de mon dernier livre, « La longue marche du peuple oublié », n'est pas encore sèche, et voilà que la droite néolibérale et néocolonialiste française, et son chapitre néonationaliste québécois, ont pris prétexte ces derniers jours pour torpiller les aspirations d'un peuple qui a décidé de se remettre en marche après un siècle et demi d'écrasement. À ce que je peux comprendre, par la rudesse des coups d'ergots carabinés sur le renom de son auteur par quelques mentors de cette frange aux accointances bien obscures, cette remise en route de l'ours métis boréalien dérange pour la peine des plans dans lesquels notre pierre tombale semble être déjà taillée, burinée et posée par ces gens dans le grand cimetière des peuples disparus. (voir les commentaires publiés dans les textes précédents)
L'un d'eux, M. Alfred Mignot, du journal virtuel Vox Latina, une personnalité parisienne fort connue de la francophonie néolibérale, dans une série de lettres ouvertes adressées ce 11 novembre 2006 à plusieurs Québécois, que : « Les logorrhées verbales du métis graphomane ne me semblent guère servir la cause nationale du Québec. Et cette approche ethniciste de l’identité relève plus d’un tropisme anglo que de la culture que nous, Français de France et du Québec, avons de la Nation. Une Nation bien métissée par sa longue Histoire et les vagues successives de migrants, nous le savons bien. Pour autant, se revendiquer en tant que métis ne me paraît guère inclusif, mais une posture essentiellement inspirée par le ressentiment, plus prisonnière du passé que porteuse d’avenir. » « Au risque de vous heurter encore, écrit-il dans une autre lettre adressée cette fois-ci à notre amie Marie-Mance Vallée, j’aimerais vous dire que je vous considère Française, comme vous l’avez d’ailleurs justement revendiqué dans d’autres courriels et articles ; [...] [ce qui veux dire] Française du Canada, comme d’autres le sont de Bretagne, du Perche, du Poitou ou d’ailleurs, qu’importe. »
Pour répondre à ce monsieur qui vit de l'autre côte de la grande marre atlantique, prenons le temps de préciser qu'il est au seuil de l'ingérence étrangère dans mon pays en plaidant ainsi en faveur d'un certain néonationalisme devenu rétrograde chez nous, et que nous nous disons Métis comme on se dit Indien, Inuit, Québécois, voire... Français, ce qui, au demeurant, est une attitude fort noble et fort acceptable en soi. S'il y a un peuple qui est ouvert aux autres peuples de la Terre, partout au Canada, c'est bien le peuple Métis, justement né de la rencontre des peuples et des continents. Nous acceptons en notre sein tous ceux et celles qui veulent y entrer pour construire quelque chose de sain en terme de société. Si nous avons décidé de nous affirmer collectivement, c'est justement pour ne pas mourir sous la houlette, les foulages au pied et les faux traités d'alliances des gouvernements coloniaux québécois et canadiens qui ont entrepris, voilà 150 ans, et qui s'y activent, à coups redoublés aujourd'hui, de nous faire disparaître de la mémoire collective planétaire, un crime contre l'humanité.
Que M. Mignot et ceux qui pensent comme lui comprennent bien que si les néocolonialistes québécois l'entendent ainsi —c'est-à-dire « Française du Canada, comme d’autres le sont de Bretagne, du Perche, du Poitou ou d’ailleurs, qu’importe. » (sic)— il est hors de question que les Métis du Québec acceptent de devenir ainsi et à nouveau une province de cette partie de la France, métropolitaine, anachronique, rétrograde et colonialiste qui a déjà prélevé plus que son dû de l'Amérique française et des Métis qui l'ont servie comme on sert un père qui aime mal ses enfants. À défaut de l'accepter, qu'il comprenne bien que, peu à peu, comme les anciens descendants d'esclaves des États-Unis, d'Angleterre et... de France, le Peuple Métis redécouvre sa fierté d'être. Qu'il se veut unique et solidaire et qu'il en a fini avec les maîtres, furent-il de Québec, de Montréal, d'Ottawa ou de Paris qui est cette partie de la France qui avait justement obligé Voltaire à l'exil après l'avoir par deux fois embastillé pour ses idées et pour avoir combattu la tyrannie. Et que si Voltaire aimait tout autant l'Angleterre que la Prusse de Frédéric II, comme il le lui a reproché, c'est justement pour fuir la tyrannie de salons qui logeait à Paris et à Versailles, cette même tyrannie que les Français durent placer sous la guillotine pour s'en libérer...
Russel Bouchard
Le Métis
(Adaptation d'une chronique rédigée le 11 novembre 2006)
L'un d'eux, M. Alfred Mignot, du journal virtuel Vox Latina, une personnalité parisienne fort connue de la francophonie néolibérale, dans une série de lettres ouvertes adressées ce 11 novembre 2006 à plusieurs Québécois, que : « Les logorrhées verbales du métis graphomane ne me semblent guère servir la cause nationale du Québec. Et cette approche ethniciste de l’identité relève plus d’un tropisme anglo que de la culture que nous, Français de France et du Québec, avons de la Nation. Une Nation bien métissée par sa longue Histoire et les vagues successives de migrants, nous le savons bien. Pour autant, se revendiquer en tant que métis ne me paraît guère inclusif, mais une posture essentiellement inspirée par le ressentiment, plus prisonnière du passé que porteuse d’avenir. » « Au risque de vous heurter encore, écrit-il dans une autre lettre adressée cette fois-ci à notre amie Marie-Mance Vallée, j’aimerais vous dire que je vous considère Française, comme vous l’avez d’ailleurs justement revendiqué dans d’autres courriels et articles ; [...] [ce qui veux dire] Française du Canada, comme d’autres le sont de Bretagne, du Perche, du Poitou ou d’ailleurs, qu’importe. »
Pour répondre à ce monsieur qui vit de l'autre côte de la grande marre atlantique, prenons le temps de préciser qu'il est au seuil de l'ingérence étrangère dans mon pays en plaidant ainsi en faveur d'un certain néonationalisme devenu rétrograde chez nous, et que nous nous disons Métis comme on se dit Indien, Inuit, Québécois, voire... Français, ce qui, au demeurant, est une attitude fort noble et fort acceptable en soi. S'il y a un peuple qui est ouvert aux autres peuples de la Terre, partout au Canada, c'est bien le peuple Métis, justement né de la rencontre des peuples et des continents. Nous acceptons en notre sein tous ceux et celles qui veulent y entrer pour construire quelque chose de sain en terme de société. Si nous avons décidé de nous affirmer collectivement, c'est justement pour ne pas mourir sous la houlette, les foulages au pied et les faux traités d'alliances des gouvernements coloniaux québécois et canadiens qui ont entrepris, voilà 150 ans, et qui s'y activent, à coups redoublés aujourd'hui, de nous faire disparaître de la mémoire collective planétaire, un crime contre l'humanité.
Que M. Mignot et ceux qui pensent comme lui comprennent bien que si les néocolonialistes québécois l'entendent ainsi —c'est-à-dire « Française du Canada, comme d’autres le sont de Bretagne, du Perche, du Poitou ou d’ailleurs, qu’importe. » (sic)— il est hors de question que les Métis du Québec acceptent de devenir ainsi et à nouveau une province de cette partie de la France, métropolitaine, anachronique, rétrograde et colonialiste qui a déjà prélevé plus que son dû de l'Amérique française et des Métis qui l'ont servie comme on sert un père qui aime mal ses enfants. À défaut de l'accepter, qu'il comprenne bien que, peu à peu, comme les anciens descendants d'esclaves des États-Unis, d'Angleterre et... de France, le Peuple Métis redécouvre sa fierté d'être. Qu'il se veut unique et solidaire et qu'il en a fini avec les maîtres, furent-il de Québec, de Montréal, d'Ottawa ou de Paris qui est cette partie de la France qui avait justement obligé Voltaire à l'exil après l'avoir par deux fois embastillé pour ses idées et pour avoir combattu la tyrannie. Et que si Voltaire aimait tout autant l'Angleterre que la Prusse de Frédéric II, comme il le lui a reproché, c'est justement pour fuir la tyrannie de salons qui logeait à Paris et à Versailles, cette même tyrannie que les Français durent placer sous la guillotine pour s'en libérer...
Russel Bouchard
Le Métis
(Adaptation d'une chronique rédigée le 11 novembre 2006)
mercredi, novembre 15, 2006
Métis et métis, une majuscule qui fait toute la différence ! Coupons court de suite à la banalisation des premiers dans la confusion du rien du tout
Une dernière lettre pour fermer ce dossier ; celle de notre concitoyen Richard Harvey (CMDRSM) adressée à M. Albert Salon (FFI)
Monsieur Salon,
Je vous remercie de l’attention que vous nous portez. Aussi me permettrez-vous de soumettre ces éléments à votre attention en guise de réponse, bien incomplète j’en conviens, mais qui n’en constituent pas moins une tentative honnête pour clarifier un tant soit peu, notre "distinction".
Je ne suis pas de ceux qui banalisent les différences au point de les éteindre. Je ne suis pas ce « québécois » que vous semblez chercher en moi, ni ce Canadien ostracisé systématiquement par les différentes factions nationalistes qui se réclament de tous les métissages de la planète sauf de l’anglo-saxon « Canadian » bien sûr, qu’ils considèrent comme une tare, et qui se trouve dans la grande majorité des lignées généalogiques dites de « souche » au Québec et même ailleurs ; je suis simplement Métis. Métis dont les droits ancestraux et territoriaux sont garantis de protection, selon le sens de l’article 35 de la loi constitutionnelle canadienne confirmés par la jurisprudence du droit autochtone canadien. Je suis du même bord que Max Gros-Louis, chef de Wendake, que Gilbert Dominique, chef de Mashteuiash et que Ghislain Picard Grand Chef des premières Nations du Québec. Je ne suis ni québécois, ni canadien. Je suis Métis! Est-ce que ce sera pire parce que c’est moi qui l’affirme aujourd’hui ? Sans doute puisqu’on veut nous ( les Métis de la CMDRSM) faire porter l’odieux de l’échec de la mise à mort des peuples fondateurs de ce pays. Sans doute aussi parce que nous refusons de mourir pour que naisse l’Autre, cette utopique nation civique rêvée par les néo nationalistes québécois particulièrement depuis le dernier échec référendaire.
Elle est là la frontière entre un Métis et un non-Métis monsieur, pas ailleurs. Se proclamer Métis c’est prendre conscience que nous sommes un peuple avec une culture « distinctive » avec des droits que d’aucuns voudraient voir s’éteindre à tout prix. C’est refuser de s’en remettre encore une fois à ceux qui nous ont trahi deux fois plutôt qu’une, ces politiciens, ces clercs, ces idéologues institutionnalisés, ces élites médaillés de l’histoire sociale et tous ces « honoris causa » patentés qui sont entrés dans le vingt-et-unième siècle à reculons. Les Métis sont des gens pacifiques, conscients du caractère universel de la différence, qui respectent ce principe, qui entendent être respectés en vertu de ce même principe, et qui sont systématiquement pour l’égalité des chances pour tous, dans le respect de la différence de chacun. Quoi dire de plus ?
Que nous sommes francophones ? Bien sûr que nous le sommes. Et cet attachement – cet amour devrais-je dire- que nous avons pour notre langue est inconditionnel. Par delà les idéaux politiques, économiques ou sociaux nous sommes et demeurons solidaires de la francophonie. Nous n’avons à ce titre que faire d’une « francophilie » frileuse, typiquement « montréaliste » et hyper tolérante qui semble être devenue l’apanage des partisans de la nation civique où la sommes de tous les droits individuels semble primer sur l’intérêt du plus grand nombre. Très peu pour nous encore monsieur ! Nous ne sommes pas flous, pas une machine à diviser mais une réponse, tout au moins une alternative entre le « Nous » québécois et le « Nous » distinctif.
Nous sommes un « peuple » distinctif. Nous sommes conscients, nous, que d’autres le sont aussi ! Nous souhaitons que d’autres le soient. Ce sera d’ailleurs de plus en plus dans le monde un objet de revendications dominant qui au contraire de ce que vous affirmez, nous distinguera tous autant que nous sommes pour le meilleur de l’humanité, dans la dignité, la fraternité et la liberté.
C’est du moins ce que je nous souhaite.
Respectueusement,
Richard Harvey, Métis
Monsieur Salon,
Je vous remercie de l’attention que vous nous portez. Aussi me permettrez-vous de soumettre ces éléments à votre attention en guise de réponse, bien incomplète j’en conviens, mais qui n’en constituent pas moins une tentative honnête pour clarifier un tant soit peu, notre "distinction".
Je ne suis pas de ceux qui banalisent les différences au point de les éteindre. Je ne suis pas ce « québécois » que vous semblez chercher en moi, ni ce Canadien ostracisé systématiquement par les différentes factions nationalistes qui se réclament de tous les métissages de la planète sauf de l’anglo-saxon « Canadian » bien sûr, qu’ils considèrent comme une tare, et qui se trouve dans la grande majorité des lignées généalogiques dites de « souche » au Québec et même ailleurs ; je suis simplement Métis. Métis dont les droits ancestraux et territoriaux sont garantis de protection, selon le sens de l’article 35 de la loi constitutionnelle canadienne confirmés par la jurisprudence du droit autochtone canadien. Je suis du même bord que Max Gros-Louis, chef de Wendake, que Gilbert Dominique, chef de Mashteuiash et que Ghislain Picard Grand Chef des premières Nations du Québec. Je ne suis ni québécois, ni canadien. Je suis Métis! Est-ce que ce sera pire parce que c’est moi qui l’affirme aujourd’hui ? Sans doute puisqu’on veut nous ( les Métis de la CMDRSM) faire porter l’odieux de l’échec de la mise à mort des peuples fondateurs de ce pays. Sans doute aussi parce que nous refusons de mourir pour que naisse l’Autre, cette utopique nation civique rêvée par les néo nationalistes québécois particulièrement depuis le dernier échec référendaire.
Elle est là la frontière entre un Métis et un non-Métis monsieur, pas ailleurs. Se proclamer Métis c’est prendre conscience que nous sommes un peuple avec une culture « distinctive » avec des droits que d’aucuns voudraient voir s’éteindre à tout prix. C’est refuser de s’en remettre encore une fois à ceux qui nous ont trahi deux fois plutôt qu’une, ces politiciens, ces clercs, ces idéologues institutionnalisés, ces élites médaillés de l’histoire sociale et tous ces « honoris causa » patentés qui sont entrés dans le vingt-et-unième siècle à reculons. Les Métis sont des gens pacifiques, conscients du caractère universel de la différence, qui respectent ce principe, qui entendent être respectés en vertu de ce même principe, et qui sont systématiquement pour l’égalité des chances pour tous, dans le respect de la différence de chacun. Quoi dire de plus ?
Que nous sommes francophones ? Bien sûr que nous le sommes. Et cet attachement – cet amour devrais-je dire- que nous avons pour notre langue est inconditionnel. Par delà les idéaux politiques, économiques ou sociaux nous sommes et demeurons solidaires de la francophonie. Nous n’avons à ce titre que faire d’une « francophilie » frileuse, typiquement « montréaliste » et hyper tolérante qui semble être devenue l’apanage des partisans de la nation civique où la sommes de tous les droits individuels semble primer sur l’intérêt du plus grand nombre. Très peu pour nous encore monsieur ! Nous ne sommes pas flous, pas une machine à diviser mais une réponse, tout au moins une alternative entre le « Nous » québécois et le « Nous » distinctif.
Nous sommes un « peuple » distinctif. Nous sommes conscients, nous, que d’autres le sont aussi ! Nous souhaitons que d’autres le soient. Ce sera d’ailleurs de plus en plus dans le monde un objet de revendications dominant qui au contraire de ce que vous affirmez, nous distinguera tous autant que nous sommes pour le meilleur de l’humanité, dans la dignité, la fraternité et la liberté.
C’est du moins ce que je nous souhaite.
Respectueusement,
Richard Harvey, Métis
lundi, novembre 13, 2006
L'affaire Mignot vs les Métis - Ou l'art de se mettre les pieds dans les assiettes des autres...
Mise en situation
Pour ceux et celles qui n'ont pas eu vent de cette bien désolante affaire où les Métis du Québec ont dû essuyer les attaques atrabilaires de M. Alfred Mignot qui nous a écrit « de son bureau à Paris » (!), il s'agit de savoir qu'elle s'est déroulée au cours de la dernière fin de semaine dans le contexte de la publication du livre « La longue marche du Peuple oublié » et des hommages qui ont été acheminés à son auteur après qu'il eut été honoré du titre d' « historien officiel » de l'Union Métisse Est-Ouest.
L'affaire ne pouvant plaire à tout le monde, M. Mignot, fondateur du magazine français Vox Latina qui est l'organe officiel du FFI (Forum de la Francophonie Internationale, qui a justement banni de sa tribune les Métis de la CMDRM), en prit ombrage. Il eut la mauvaise idée de tourner ses canons vers les défenseurs de la cause métisse du Québec pour se mêler d'un débat pan-canadien et pan-québécois où il n'est définitivement pas le bienvenu (pièce 1) et ce qu'il convient d'appeler de l'ingérence étrangère dans un pays souverain. Il y eut évidemment riposte de ma part (pièce 2) ; le qui proquo s'envenima au point où M. Albert Salon, président très respecté du FFI et homme de qualité que nous estimons pleinement, dut prendre le clavier dans l'espoir de retirer de la mare la ramée de boulets tirés par M. Mignot (pièce 3), et le tout fut finalement conclu par Richard Harvey, membre tout aussi respecté de la CMDRM et Répondant auprès du Conseil de la CMDRM qui est membre affilié au FFI-Québec (pièce 4).
Voilà pour l'essentiel. Ces pièces sont à mettre au dossier de la lutte des Métis de la Boréalie pour la reconnaissance de leurs droits et le rétablissement de leur mémoire.
Russel Bouchard
PIÈCE 1
« Les logorrhées verbales du métis graphomane ne me semblent guère servir la cause nationale du Québec. Et cette approche ethniciste de l’identité relève plus d’un tropisme anglo que de la culture que nous, Français de France et du Québec, avons de la Nation. Une Nation bien métissée par sa longue Histoire et les vagues successives de migrants, nous le savons bien. Pour autant, se revendiquer en tant que métis ne me paraît guère inclusif, mais une posture essentiellement inspirée par le ressentiment, plus prisonnière du passé que porteuse d’avenir.
Quant à se réjouir publiquement de cette misérable missive de félicitations venue de Ferney-Voltaire, quelle bêtise et quelle imposture ! En effet, il n’y eut guère d’auteurs plus anti-Français que Voltaire, plus anglophile, et plus méprisant pour nos colons défricheurs et inventeurs du Canada (cf. “les arpents de neige”).
Voilà qui est dit! J’ajoute que je sais déjà ce que nos courts messages vont provoquer comme bordée d’injures de la part du graphomane parano, qui m’a déjà insulté publiquement sur la toile, car ce monsieur ne supporte guère la contradiction et suspecte tout un chacun d’être un agent double... du fédéralisme ou du racisme anti-métis, je ne sais précisément, car sa pensée s’embrouille au fil de ses nombreuses missives...
Bien cordialement,
Alfred Mignot,
depuis Paris »
PIÈCE 2
Ne tirez pas sur le pianiste !
Pour ceux et celles qui n'ont pas suivi et qui ne peuvent disposer de toutes les pièces pour se comprendre dans ce chaos, reprenons l'histoire à ses débuts.
Voilà ! J'ai reçu des hommages de partout pour mon dernier ouvrage qui met en exergue la lutte des Métis de la Boréalie. J'en étais heureux et j'ai exposé ce bonheur sur mon blogue d'Akakia. Des gens associés au combat nationaliste du Québec et au FFI, en l'occurrence J.-L. Dion et Alfred Mignot (fondateur du FFI), s'en sont pris publiquement à cette reconnaissance que je n'ai pas cherchée mais qui me va droit au coeur. Ils m'ont fustigé de tous leurs feux et se sont même acharnés à en remettre dans les braises pour alimenter une campagne de salissage indigne qui a certainement d'autres buts que ma simple personne.
Je le répète : Je n'ai pas cherché cette querelle ! Elle m'a été imposée et est venue des sommets de la francophonie internationale. Mais en quoi, dites-moi, cela peut-il indisposer quelqu'un que mon travail d'historien soit enfin reconnu, après 35 ans d'efforts ? Curieusement, même si j'ai voué ma vie à la défense des droits des Canadiens français, des Métis et de la langue française, ces éloges sont venus du Canada anglais, des fédéralistes et des voltairiens de France, des gens qui méritent mon respect et mon amitié tout autant que les franco-québécois, ne vous en déplaise. On peut aimer son père et sa mère sans que cela ne soit un problème pour personne.
À voir l'acharnement que met M. Mignot, encore ce matin, à colporter ses plus vives injures à mon endroit, je comprends que je suis la cible d'un haut-lieu dont les ramifications m'échappent. Comprenez encore que tout ce que j'ai acquis en ce bas monde, y compris l'honneur et la notoriété, je ne l'ai pas volé. C'est le travail, la détermination et la lutte que je mène pour la liberté et la justice qui me valent mes lettres de noblesse. On me salue pour mes écrits et ma lutte, je lève mon chapeau et remercie ceux qui me saluent. On me tire dessus, je fais ce qu'il me semble juste et honnête de faire pour ne pas périr sous ces feux.
S'il y a une autre alternative d'éviter ces indignes attaques, enseignez-les moi. J'aime mieux la paix que la guerre, mais moins la mort et le déshonneur que la guerre...
Russel Bouchard
Le Métis
PIÈCE 3
Chers amis du Québec et protagonistes de ce qui me paraît, comme au sage Antoine Courban, être une querelle bien vaine, parce que sans vrai fondement et destructrice
Je suis le président du FFI-France, et pense pouvoir, au nom de cette section française de ce qui veut être un trait d'union, un socle d'actions communes entre nos divers FFI, poser les questions suivantes :
1) Notre langue commune n'est-elle pas menacée autant au Québec qu'en France, en Wallonie, à Bruxelles, en Suisse, et ailleurs, non seulement par les facteurs internes - notamment d'éternelles divisions et "querelles gauloises" - de chacun de nos pays, mais encore par les mêmes pressions extérieures?
2) N'avons-nous pas tous - y compris les protagonistes de la récente querelle - voulu lutter ensemble pour cette langue, et compris qu'il fallait intensifier la lutte par tous les moyens, en commun?
3) N'avons-nous pas, en France, soutenu autant que possible les efforts des "gens du pays" de l"autre côté de la grande mare, de quelque "souche" qu'ils soient?
4) Peut-on pour autant sérieusement faire au FFI-France le reproche de vouloir disputer au Canada ce cher Québec, et l'Acadie avec?
5) Qu'est-ce qu'un métis, de sangs comme de cultures?
6) Ne sommes-nous pas tous des métis, non seulement de cultures, mais de sangs? La France n'a-t-elle pas eu elle aussi une longue histoire de métissage de sangs les plus divers? Nous le revendiquons parce que nous nous en sentons enrichis. La France n'est-elle- pas engagée actuellement dans un métissage de sangs encore plus divers? Ne voyez-vous pas dans nos rues tous ces couples et groupes très "mêlés" (au sens français de ce terme) parler, jouer, travailler, agir, aimer, ensemble?
7) L'histoire du Québec, du Canada, ne nous a-t-elle pas appris que le métissage entre Français et autochtones fut pendant les premiers siècles de la Nouvelle France, et est resté par la suite, un caractère qui a beaucoup distingué la présence française de celle des Anglais? Fallait-il peut-être préférer l'apartheid - et parfois le génocide - pratiqués par les Anglo-saxons?
8) Sans même proférer l'accusation de communautarisme, ne peut-on émettre de sérieux doutes sur la pertinence de la distinction. Il y aurait d'un côté des autochtones "de sang pur" mais déjà métis de Cris, de Montagnais, d'Attikameks, de Hurons. Il y aurait d'un autre côté des Français "purs", c'est-à-dire en fait de sangs "poitevino-normando-bretonno-basquo-champenoiso-parigot". Il y aurait enfin les vrais "métis", les vôtres en ... Boréalie, Abitibi, Acadie ou ailleurs?
Prenons un seul exemple, hors Québec actuel pour éviter de froisser quelque Québécois. Il s'agit de ce qui est actuellement le Maine aux Etats-Unis. C'était une partie de la Nouvelle France qui allait au sud jusqu'à la rivière Kennebec. Sous Louis XIV, le bastion-glacis de résistance française aux Colonies britanniques (fort peuplées) juste au sud. Vous vous souvenez de ces quelques familles de Français (dont la dynastie des Saint-Castin originaires de Pau) qui "tenaient" tout ce territoire parce qu'ils étaient en symbiose, et en métissage total, avec les Abénakis. Qui, là-bas, parmi les descendants de Français et d'Abénakis, est totalement sûr de n'avoir pas au moins un peu de "sang des autres" dans ses veines?
9) Que signifie cette distinction? Est-elle utile? Qui veut la faire? Pourquoi? Quelle que soit l'intention de ceux qui veulent "trier", qui profitera le plus du difficile tri?
10) Les actuels métis sont-ils défavorisés par rapport aux "purs" de l'un ou l'autre côtés? Comment le sont-ils? La séparation, le tri, sont-ils une condition de l'amélioration du sort de ceux qui s'estimeraient lésés?
11) Pour en revenir à notre cause, à la lutte des FFI, n'avons-nous pas besoin d'une Marie-Mance passionnée, bouillante de colère, à l'ardeur chercheuse, ainsi que d'un Russel Bouchard qui aime manier la langue, ainsi que des Richard Harvey, Jacques Bergeron, JL. Dion, et de tous les autres, de tous vous autres?
Alors pourquoi vous battre entre vous, et faire le jeu de nos adversaires trop contents de vous voir vous étriper?
Je ne connais que quelques-uns des protagonistes, je n'en jugerai donc aucun. Permettez-moi seulement d'attester qu'Alfred Mignot, Secrétaire Général du FFI-Monde et créateur de ce précieux supoport qu'est Voxlatina, n'est ni néo-libéral ni impérialiste. C'est un vrai soldat au service de la cause commune.
Donc : halte au feu! Serrez-vous la main et resserrez vos rangs! Marie-Mance, je fais appel à vous...
Bien cordialement. A. Salon.
PIÈCE 4
Monsieur Salon,
Pour répondre à toutes les questions que vous posez dans votre adresse aux protagonistes de « l’affaire Mignot », il faudrait beaucoup de temps et de tact pour ne pas nous laisser distraire ou entraîner dans des dédales polémiques ou encore dans les méandres et les contorsions de pseudos intellectuels dilettantes.
Nous avons bien tenté de répondre à votre questionnement par ailleurs très pertinent via ce « précieux support », Vox Latina que dirige M. Mignot. Résultat : nous avons été envahis par la faction extrême des néo nationalistes québécois, puis bannis. C’était écrit ! C’est toujours le même scénario. Des assauts, des injures, des grossièretés puis le bannissement. Voilà comment l’ont peut tenir dans la noirceur et réduire au silence une voix qui rompt avec le discours patenté, et qui dénonce le piège que l’ont a tendu à la nation canadienne-française, aux Métis et aux Indiens, a ces peuples fondateurs sans qui rien de ce que vous pouvez percevoir du pays « du Québec » n’aurait été possible. Et c’est à ces peuples fondateurs que l’on a trahis et qui ont entrepris de reprendre ou de garder leur place en Amérique que l’on demande aujourd’hui de serrer les rangs et de se laisser mourir comme l’ont accepté les néo nationalistes québécois, pour que naisse ce pays dédié à « L’Autre », cette utopie dont on ne sait rien et qui arrive de nulle part ?
Cela n’est pas sérieux Monsieur Salon ! Il est d'ores et déjà trop tard pour ce pays moribond que beaucoup trop de vos concitoyens français ont idéalisé. Il faudra nous prendre comme nous sommes : des ayants droits naturels, riches de l’expérience du pays réel, qui reprennent le contrôle de leur destinée. L’éveil de l’ours endormi, le rappel de la mémoire !
Mes respects, Monsieur Salon,
Richard Harvey, Métis
Répondant auprès du Conseil de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan comme membre du FFI-Québec
Pour ceux et celles qui n'ont pas eu vent de cette bien désolante affaire où les Métis du Québec ont dû essuyer les attaques atrabilaires de M. Alfred Mignot qui nous a écrit « de son bureau à Paris » (!), il s'agit de savoir qu'elle s'est déroulée au cours de la dernière fin de semaine dans le contexte de la publication du livre « La longue marche du Peuple oublié » et des hommages qui ont été acheminés à son auteur après qu'il eut été honoré du titre d' « historien officiel » de l'Union Métisse Est-Ouest.
L'affaire ne pouvant plaire à tout le monde, M. Mignot, fondateur du magazine français Vox Latina qui est l'organe officiel du FFI (Forum de la Francophonie Internationale, qui a justement banni de sa tribune les Métis de la CMDRM), en prit ombrage. Il eut la mauvaise idée de tourner ses canons vers les défenseurs de la cause métisse du Québec pour se mêler d'un débat pan-canadien et pan-québécois où il n'est définitivement pas le bienvenu (pièce 1) et ce qu'il convient d'appeler de l'ingérence étrangère dans un pays souverain. Il y eut évidemment riposte de ma part (pièce 2) ; le qui proquo s'envenima au point où M. Albert Salon, président très respecté du FFI et homme de qualité que nous estimons pleinement, dut prendre le clavier dans l'espoir de retirer de la mare la ramée de boulets tirés par M. Mignot (pièce 3), et le tout fut finalement conclu par Richard Harvey, membre tout aussi respecté de la CMDRM et Répondant auprès du Conseil de la CMDRM qui est membre affilié au FFI-Québec (pièce 4).
Voilà pour l'essentiel. Ces pièces sont à mettre au dossier de la lutte des Métis de la Boréalie pour la reconnaissance de leurs droits et le rétablissement de leur mémoire.
Russel Bouchard
PIÈCE 1
« Les logorrhées verbales du métis graphomane ne me semblent guère servir la cause nationale du Québec. Et cette approche ethniciste de l’identité relève plus d’un tropisme anglo que de la culture que nous, Français de France et du Québec, avons de la Nation. Une Nation bien métissée par sa longue Histoire et les vagues successives de migrants, nous le savons bien. Pour autant, se revendiquer en tant que métis ne me paraît guère inclusif, mais une posture essentiellement inspirée par le ressentiment, plus prisonnière du passé que porteuse d’avenir.
Quant à se réjouir publiquement de cette misérable missive de félicitations venue de Ferney-Voltaire, quelle bêtise et quelle imposture ! En effet, il n’y eut guère d’auteurs plus anti-Français que Voltaire, plus anglophile, et plus méprisant pour nos colons défricheurs et inventeurs du Canada (cf. “les arpents de neige”).
Voilà qui est dit! J’ajoute que je sais déjà ce que nos courts messages vont provoquer comme bordée d’injures de la part du graphomane parano, qui m’a déjà insulté publiquement sur la toile, car ce monsieur ne supporte guère la contradiction et suspecte tout un chacun d’être un agent double... du fédéralisme ou du racisme anti-métis, je ne sais précisément, car sa pensée s’embrouille au fil de ses nombreuses missives...
Bien cordialement,
Alfred Mignot,
depuis Paris »
PIÈCE 2
Ne tirez pas sur le pianiste !
Pour ceux et celles qui n'ont pas suivi et qui ne peuvent disposer de toutes les pièces pour se comprendre dans ce chaos, reprenons l'histoire à ses débuts.
Voilà ! J'ai reçu des hommages de partout pour mon dernier ouvrage qui met en exergue la lutte des Métis de la Boréalie. J'en étais heureux et j'ai exposé ce bonheur sur mon blogue d'Akakia. Des gens associés au combat nationaliste du Québec et au FFI, en l'occurrence J.-L. Dion et Alfred Mignot (fondateur du FFI), s'en sont pris publiquement à cette reconnaissance que je n'ai pas cherchée mais qui me va droit au coeur. Ils m'ont fustigé de tous leurs feux et se sont même acharnés à en remettre dans les braises pour alimenter une campagne de salissage indigne qui a certainement d'autres buts que ma simple personne.
Je le répète : Je n'ai pas cherché cette querelle ! Elle m'a été imposée et est venue des sommets de la francophonie internationale. Mais en quoi, dites-moi, cela peut-il indisposer quelqu'un que mon travail d'historien soit enfin reconnu, après 35 ans d'efforts ? Curieusement, même si j'ai voué ma vie à la défense des droits des Canadiens français, des Métis et de la langue française, ces éloges sont venus du Canada anglais, des fédéralistes et des voltairiens de France, des gens qui méritent mon respect et mon amitié tout autant que les franco-québécois, ne vous en déplaise. On peut aimer son père et sa mère sans que cela ne soit un problème pour personne.
À voir l'acharnement que met M. Mignot, encore ce matin, à colporter ses plus vives injures à mon endroit, je comprends que je suis la cible d'un haut-lieu dont les ramifications m'échappent. Comprenez encore que tout ce que j'ai acquis en ce bas monde, y compris l'honneur et la notoriété, je ne l'ai pas volé. C'est le travail, la détermination et la lutte que je mène pour la liberté et la justice qui me valent mes lettres de noblesse. On me salue pour mes écrits et ma lutte, je lève mon chapeau et remercie ceux qui me saluent. On me tire dessus, je fais ce qu'il me semble juste et honnête de faire pour ne pas périr sous ces feux.
S'il y a une autre alternative d'éviter ces indignes attaques, enseignez-les moi. J'aime mieux la paix que la guerre, mais moins la mort et le déshonneur que la guerre...
Russel Bouchard
Le Métis
PIÈCE 3
Chers amis du Québec et protagonistes de ce qui me paraît, comme au sage Antoine Courban, être une querelle bien vaine, parce que sans vrai fondement et destructrice
Je suis le président du FFI-France, et pense pouvoir, au nom de cette section française de ce qui veut être un trait d'union, un socle d'actions communes entre nos divers FFI, poser les questions suivantes :
1) Notre langue commune n'est-elle pas menacée autant au Québec qu'en France, en Wallonie, à Bruxelles, en Suisse, et ailleurs, non seulement par les facteurs internes - notamment d'éternelles divisions et "querelles gauloises" - de chacun de nos pays, mais encore par les mêmes pressions extérieures?
2) N'avons-nous pas tous - y compris les protagonistes de la récente querelle - voulu lutter ensemble pour cette langue, et compris qu'il fallait intensifier la lutte par tous les moyens, en commun?
3) N'avons-nous pas, en France, soutenu autant que possible les efforts des "gens du pays" de l"autre côté de la grande mare, de quelque "souche" qu'ils soient?
4) Peut-on pour autant sérieusement faire au FFI-France le reproche de vouloir disputer au Canada ce cher Québec, et l'Acadie avec?
5) Qu'est-ce qu'un métis, de sangs comme de cultures?
6) Ne sommes-nous pas tous des métis, non seulement de cultures, mais de sangs? La France n'a-t-elle pas eu elle aussi une longue histoire de métissage de sangs les plus divers? Nous le revendiquons parce que nous nous en sentons enrichis. La France n'est-elle- pas engagée actuellement dans un métissage de sangs encore plus divers? Ne voyez-vous pas dans nos rues tous ces couples et groupes très "mêlés" (au sens français de ce terme) parler, jouer, travailler, agir, aimer, ensemble?
7) L'histoire du Québec, du Canada, ne nous a-t-elle pas appris que le métissage entre Français et autochtones fut pendant les premiers siècles de la Nouvelle France, et est resté par la suite, un caractère qui a beaucoup distingué la présence française de celle des Anglais? Fallait-il peut-être préférer l'apartheid - et parfois le génocide - pratiqués par les Anglo-saxons?
8) Sans même proférer l'accusation de communautarisme, ne peut-on émettre de sérieux doutes sur la pertinence de la distinction. Il y aurait d'un côté des autochtones "de sang pur" mais déjà métis de Cris, de Montagnais, d'Attikameks, de Hurons. Il y aurait d'un autre côté des Français "purs", c'est-à-dire en fait de sangs "poitevino-normando-bretonno-basquo-champenoiso-parigot". Il y aurait enfin les vrais "métis", les vôtres en ... Boréalie, Abitibi, Acadie ou ailleurs?
Prenons un seul exemple, hors Québec actuel pour éviter de froisser quelque Québécois. Il s'agit de ce qui est actuellement le Maine aux Etats-Unis. C'était une partie de la Nouvelle France qui allait au sud jusqu'à la rivière Kennebec. Sous Louis XIV, le bastion-glacis de résistance française aux Colonies britanniques (fort peuplées) juste au sud. Vous vous souvenez de ces quelques familles de Français (dont la dynastie des Saint-Castin originaires de Pau) qui "tenaient" tout ce territoire parce qu'ils étaient en symbiose, et en métissage total, avec les Abénakis. Qui, là-bas, parmi les descendants de Français et d'Abénakis, est totalement sûr de n'avoir pas au moins un peu de "sang des autres" dans ses veines?
9) Que signifie cette distinction? Est-elle utile? Qui veut la faire? Pourquoi? Quelle que soit l'intention de ceux qui veulent "trier", qui profitera le plus du difficile tri?
10) Les actuels métis sont-ils défavorisés par rapport aux "purs" de l'un ou l'autre côtés? Comment le sont-ils? La séparation, le tri, sont-ils une condition de l'amélioration du sort de ceux qui s'estimeraient lésés?
11) Pour en revenir à notre cause, à la lutte des FFI, n'avons-nous pas besoin d'une Marie-Mance passionnée, bouillante de colère, à l'ardeur chercheuse, ainsi que d'un Russel Bouchard qui aime manier la langue, ainsi que des Richard Harvey, Jacques Bergeron, JL. Dion, et de tous les autres, de tous vous autres?
Alors pourquoi vous battre entre vous, et faire le jeu de nos adversaires trop contents de vous voir vous étriper?
Je ne connais que quelques-uns des protagonistes, je n'en jugerai donc aucun. Permettez-moi seulement d'attester qu'Alfred Mignot, Secrétaire Général du FFI-Monde et créateur de ce précieux supoport qu'est Voxlatina, n'est ni néo-libéral ni impérialiste. C'est un vrai soldat au service de la cause commune.
Donc : halte au feu! Serrez-vous la main et resserrez vos rangs! Marie-Mance, je fais appel à vous...
Bien cordialement. A. Salon.
PIÈCE 4
Monsieur Salon,
Pour répondre à toutes les questions que vous posez dans votre adresse aux protagonistes de « l’affaire Mignot », il faudrait beaucoup de temps et de tact pour ne pas nous laisser distraire ou entraîner dans des dédales polémiques ou encore dans les méandres et les contorsions de pseudos intellectuels dilettantes.
Nous avons bien tenté de répondre à votre questionnement par ailleurs très pertinent via ce « précieux support », Vox Latina que dirige M. Mignot. Résultat : nous avons été envahis par la faction extrême des néo nationalistes québécois, puis bannis. C’était écrit ! C’est toujours le même scénario. Des assauts, des injures, des grossièretés puis le bannissement. Voilà comment l’ont peut tenir dans la noirceur et réduire au silence une voix qui rompt avec le discours patenté, et qui dénonce le piège que l’ont a tendu à la nation canadienne-française, aux Métis et aux Indiens, a ces peuples fondateurs sans qui rien de ce que vous pouvez percevoir du pays « du Québec » n’aurait été possible. Et c’est à ces peuples fondateurs que l’on a trahis et qui ont entrepris de reprendre ou de garder leur place en Amérique que l’on demande aujourd’hui de serrer les rangs et de se laisser mourir comme l’ont accepté les néo nationalistes québécois, pour que naisse ce pays dédié à « L’Autre », cette utopie dont on ne sait rien et qui arrive de nulle part ?
Cela n’est pas sérieux Monsieur Salon ! Il est d'ores et déjà trop tard pour ce pays moribond que beaucoup trop de vos concitoyens français ont idéalisé. Il faudra nous prendre comme nous sommes : des ayants droits naturels, riches de l’expérience du pays réel, qui reprennent le contrôle de leur destinée. L’éveil de l’ours endormi, le rappel de la mémoire !
Mes respects, Monsieur Salon,
Richard Harvey, Métis
Répondant auprès du Conseil de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan comme membre du FFI-Québec
samedi, novembre 11, 2006
« Les anglophones préfèreraient accorder le statut aux Métis et aux Autochtones plutôt qu'aux Québécois »
La nation divise le pays!
Hélène Buzzetti
Édition du samedi 11 et du dimanche 12 novembre 2006
Mots clés : autochtones, nation, Québec (province), Canada (Pays)
Les anglophones préféreraient accorder le statut de nation aux Métis et aux autochtones plutôt qu'aux Québécois
Ottawa -- On s'en doutait, mais un vaste sondage pancanadien le confirme: la reconnaissance de la nation québécoise plaît aux francophones du pays mais agace profondément les anglophones. Ceux-ci sont même davantage prêts à accorder le statut tant convoité aux Métis et aux autochtones qu'aux Québécois.
Un sondage Léger Marketing, effectué pour le compte de l'Association d'études canadiennes et dont Le Devoir a obtenu copie, montre qu'il existe une grande confusion dans la signification du terme «nation». Non seulement les divers groupes au Canada n'accordent pas à ce mot la même signification, mais à l'intérieur d'un même groupe on n'accorde pas au mot la même portée selon qu'on l'attribue à une catégorie d'individus plutôt qu'à une autre. Beau problème!
«Je n'ai pas l'impression que leur conception de la nation est la même que celle qu'on attribue aux Canadiens, explique Jack Jewab, le directeur exécutif de l'Association d'études canadiennes. La nation veut dire différentes choses pour différents groupes. Ça soulève un problème important sur le plan intellectuel parce qu'on a tendance à utiliser le concept sans préciser de quoi on parle. Ça laisse la population dans l'ambiguïté, et cette ambiguïté est fortement représentée dans le sondage.»
Son groupe a commandé le sondage en partie à cause du débat faisant rage au sein du Parti libéral du Canada sur l'opportunité de reconnaître le Québec comme une nation. M. Jewab en conclut que le PLC devrait expliquer ce qu'il entend par là avant de poursuivre le débat. «Au parti qui nous a fourni la Loi sur la clarté [référendaire], je dis que, s'il y a un débat où la clarté est nécessaire, c'est ce débat-là!»
On apprend dans ce sondage réalisé auprès de 1500 Canadiens entre le 2 et le 6 novembre dernier que 93 % des répondants reconnaissent l'existence d'une nation canadienne. Et sur ce point, il n'y a pas de différence significative selon que l'on soit francophone (91 %) ou anglophone (94 %). Par contre, quand vient le temps d'accorder ce statut aux Québécois (moyenne de 48 %), aux Métis (48 %), aux Acadiens (45 %), aux autochtones (65 %) et aux francophones canadiens (45 %), la ligne de fracture linguistique apparaît.
Ainsi, si 78 % des francophones du Canada reconnaissent que le Québec forme une nation, seulement 38 % de leurs compatriotes anglophones pensent de même. L'écart entre les deux groupes est également élevé en ce qui concerne la reconnaissance des Acadiens (37 %) et des francophones (30 %), mais moins pour les autochtones (18 %) ou les Métis (13 %). La marge d'erreur du sondage est de 2,6 %, 19 fois sur 20.
La Constitution au menu
La reconnaissance de la nation québécoise soulève les passions sur la scène politique fédérale. Non seulement les militants libéraux, qui devront se prononcer sur la question à la fin du mois, sont-ils déchirés, mais les conservateurs non plus ne sont pas tous du même avis. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn, n'a pas hésité à se prononcer en faveur de la nation québécoise, ce que le premier ministre Stephen Harper a refusé de faire jusqu'à présent.
«Quant à moi, il me semble que c'est évident que nous sommes une nation. Nous faisons partie des peuples fondateurs de ce pays, a déclaré M. Blackburn à la sortie de la Chambre des communes. Moi, je souhaite à un moment donné que ces négociations puissent revenir. Il va falloir en finir un jour pour pouvoir permettre au Québec, effectivement, de rejoindre la fédération canadienne. Quel sera le meilleur moment? Point interrogation.»
Les étoiles s'alignent pour que le Canada recommence à parler de la Constitution. Selon le Toronto Star, le gouvernement conservateur songerait à limiter, par un changement constitutionnel, le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétences des provinces. Il s'agit là d'une des cinq conditions à l'acceptation par le Québec de la Constitution canadienne.
Le gouvernement Harper aurait vérifié avec plusieurs provinces, dont le Québec et au moins une province des Prairies, leur appétit pour un tel changement. Ainsi, Ottawa se limiterait à des responsabilités telles que la défense nationale, les relations internationales ou encore l'assurance-emploi, alors que les provinces s'occuperaient de la santé, de l'éducation et d'autres programmes sociaux.
Toujours selon le quotidien torontois, l'idée aurait gagné en popularité dans les cercles conservateurs, qui craignent que le débat libéral sur la nation ne détrône le PC comme le parti fédéraliste au Québec au profit du PLC.
De passage à Kitchener où il annonçait une nouvelle mesure en matière de justice, le premier ministre Harper a confirmé que limiter le pouvoir fédéral de dépenser figurait à son ordre du jour.
«J'ai dit à plusieurs reprises, même après l'élection de ce nouveau gouvernement, que je m'oppose et que notre parti s'oppose au pouvoir de dépenser du fédéral dans les compétences des provinces. À mon avis, un tel pouvoir de dépenser dans des compétences exclusives des provinces contredit l'esprit même du fédéralisme. Notre gouvernement est clair sur l'idée que nous n'avons pas l'intention d'agir d'une telle façon.»
Plusieurs minutes plus tard, au cours de son point de presse, M. Harper a pris la peine de préciser qu'en ce qui concerne «des amendements constitutionnels», «notre gouvernement pourra agir seulement quand la terre sera fertile».
Hélène Buzzetti
Édition du samedi 11 et du dimanche 12 novembre 2006
Mots clés : autochtones, nation, Québec (province), Canada (Pays)
Les anglophones préféreraient accorder le statut de nation aux Métis et aux autochtones plutôt qu'aux Québécois
Ottawa -- On s'en doutait, mais un vaste sondage pancanadien le confirme: la reconnaissance de la nation québécoise plaît aux francophones du pays mais agace profondément les anglophones. Ceux-ci sont même davantage prêts à accorder le statut tant convoité aux Métis et aux autochtones qu'aux Québécois.
Un sondage Léger Marketing, effectué pour le compte de l'Association d'études canadiennes et dont Le Devoir a obtenu copie, montre qu'il existe une grande confusion dans la signification du terme «nation». Non seulement les divers groupes au Canada n'accordent pas à ce mot la même signification, mais à l'intérieur d'un même groupe on n'accorde pas au mot la même portée selon qu'on l'attribue à une catégorie d'individus plutôt qu'à une autre. Beau problème!
«Je n'ai pas l'impression que leur conception de la nation est la même que celle qu'on attribue aux Canadiens, explique Jack Jewab, le directeur exécutif de l'Association d'études canadiennes. La nation veut dire différentes choses pour différents groupes. Ça soulève un problème important sur le plan intellectuel parce qu'on a tendance à utiliser le concept sans préciser de quoi on parle. Ça laisse la population dans l'ambiguïté, et cette ambiguïté est fortement représentée dans le sondage.»
Son groupe a commandé le sondage en partie à cause du débat faisant rage au sein du Parti libéral du Canada sur l'opportunité de reconnaître le Québec comme une nation. M. Jewab en conclut que le PLC devrait expliquer ce qu'il entend par là avant de poursuivre le débat. «Au parti qui nous a fourni la Loi sur la clarté [référendaire], je dis que, s'il y a un débat où la clarté est nécessaire, c'est ce débat-là!»
On apprend dans ce sondage réalisé auprès de 1500 Canadiens entre le 2 et le 6 novembre dernier que 93 % des répondants reconnaissent l'existence d'une nation canadienne. Et sur ce point, il n'y a pas de différence significative selon que l'on soit francophone (91 %) ou anglophone (94 %). Par contre, quand vient le temps d'accorder ce statut aux Québécois (moyenne de 48 %), aux Métis (48 %), aux Acadiens (45 %), aux autochtones (65 %) et aux francophones canadiens (45 %), la ligne de fracture linguistique apparaît.
Ainsi, si 78 % des francophones du Canada reconnaissent que le Québec forme une nation, seulement 38 % de leurs compatriotes anglophones pensent de même. L'écart entre les deux groupes est également élevé en ce qui concerne la reconnaissance des Acadiens (37 %) et des francophones (30 %), mais moins pour les autochtones (18 %) ou les Métis (13 %). La marge d'erreur du sondage est de 2,6 %, 19 fois sur 20.
La Constitution au menu
La reconnaissance de la nation québécoise soulève les passions sur la scène politique fédérale. Non seulement les militants libéraux, qui devront se prononcer sur la question à la fin du mois, sont-ils déchirés, mais les conservateurs non plus ne sont pas tous du même avis. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn, n'a pas hésité à se prononcer en faveur de la nation québécoise, ce que le premier ministre Stephen Harper a refusé de faire jusqu'à présent.
«Quant à moi, il me semble que c'est évident que nous sommes une nation. Nous faisons partie des peuples fondateurs de ce pays, a déclaré M. Blackburn à la sortie de la Chambre des communes. Moi, je souhaite à un moment donné que ces négociations puissent revenir. Il va falloir en finir un jour pour pouvoir permettre au Québec, effectivement, de rejoindre la fédération canadienne. Quel sera le meilleur moment? Point interrogation.»
Les étoiles s'alignent pour que le Canada recommence à parler de la Constitution. Selon le Toronto Star, le gouvernement conservateur songerait à limiter, par un changement constitutionnel, le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétences des provinces. Il s'agit là d'une des cinq conditions à l'acceptation par le Québec de la Constitution canadienne.
Le gouvernement Harper aurait vérifié avec plusieurs provinces, dont le Québec et au moins une province des Prairies, leur appétit pour un tel changement. Ainsi, Ottawa se limiterait à des responsabilités telles que la défense nationale, les relations internationales ou encore l'assurance-emploi, alors que les provinces s'occuperaient de la santé, de l'éducation et d'autres programmes sociaux.
Toujours selon le quotidien torontois, l'idée aurait gagné en popularité dans les cercles conservateurs, qui craignent que le débat libéral sur la nation ne détrône le PC comme le parti fédéraliste au Québec au profit du PLC.
De passage à Kitchener où il annonçait une nouvelle mesure en matière de justice, le premier ministre Harper a confirmé que limiter le pouvoir fédéral de dépenser figurait à son ordre du jour.
«J'ai dit à plusieurs reprises, même après l'élection de ce nouveau gouvernement, que je m'oppose et que notre parti s'oppose au pouvoir de dépenser du fédéral dans les compétences des provinces. À mon avis, un tel pouvoir de dépenser dans des compétences exclusives des provinces contredit l'esprit même du fédéralisme. Notre gouvernement est clair sur l'idée que nous n'avons pas l'intention d'agir d'une telle façon.»
Plusieurs minutes plus tard, au cours de son point de presse, M. Harper a pris la peine de préciser qu'en ce qui concerne «des amendements constitutionnels», «notre gouvernement pourra agir seulement quand la terre sera fertile».
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