lundi, mars 29, 2021

Wampum des Métis du Québec

Wampum de porcelaine créé spécialement pour marquer l'existence de la nation métisse du Québec. Les motifs représentés marquent symboliquement notre présence et notre existence sur cette terre d'Amérique. De chaque côté, deux chaînes de montagnes (au nord, les Monts Valin et au sud les Apalaches). Au centre, deux losanges qui marquent la rencontre des deux peuples fondateurs, Européens et Indiens, unis pour l'Éternité dans l'histoire des peuples. La branche de porcelaine représente la cabane commune que nous habitons et partageons. (Réalisation, Russel-Aurore Bouchard, Métis de la Boréalie québécoise
  

MISE EN CONTEXTE.


Chez les Indiens de l’Amérique du Nord, explique Joseph Lafitau, « Toute les affaires se traitent par des branches et des colliers de porcelaine, qui leur tiennent lieu de paroles, d’écritures et de contrats. » Ces porcelaines n’ont rien à voir avec la porcelaine de Chine ou de France. « Celle-ci est tirée de certains coquillages de mer, connus en général sous le nom de porcelaines, et distingués par différents noms particuliers que leur donnent les curieux, et qui sont déterminés par la diversité de leurs espèces, de leurs figures et par la variété de leurs couleurs. [...] Il y a des porcelaines de deux sortes ; l’une est blanche, et c’est la plus commune. On se sert de celle-là plus universellement, pour faire quantité d’ouvrages dont les hommes et les femmes ont coutume de s’orner. L’autre est d’un violet obscur, elle est beaucoup plus recherchée que la première ; et plus elle tire sur le noir, plus elle est estimée. »

La porcelaine qui sert pour les affaires d’État est toute travaillée en petits cylindres de la longueur d’un quart de pouce et gros à proportion. On les distribue en deux manières, en branches et en colliers. Les branches sont composées de cylindres, enfilés sans ordre, à la suite les uns uns des autres, comme des grains de chapelet ; la porcelaine en est ordinairement toute blanche, et on ne s’en sert que pour les affaires d’une légère conséquence, ou que comme d’une préparation à d’autres présents plus considérables. 

Les colliers sont de larges ceintures, où les petits cylindres blancs et pourpres sont disposés par rangs et assujettis par de petites bandelettes de cuir, dont on fait un tissu assez propre. Leur longueur, leur largeur et les grains de couleur se positionnent à l’importance de l’affaire. Les colliers communs et ordinaires sont de onze rangs de cent quatre-vingts grains chacun. »

 Source, Joseph Lafitau, Moeurs des Sauvages américains

mercredi, décembre 23, 2020

On est tous le Métis de quelqu’un !

 


Clifford Moar est déçu que le Québec ne reconnaisse pas le racisme systémique à l’égard de son peuple. 

Et lui, il fait quoi pour la reconnaissance des Metis au Québec ?! Comme tous les chefs des Premières nations du Québec, il ne voit que le tort que subit son peuple et ne voit pas celui qu’ils causent auprès des Metis en refusant de reconnaître leur existence et leurs droits. La reconnaissance, c’est du donnant donnant. Pour qu’il y ait une vraie réconciliation, ça prend de la bonne volonté et de l’ouverture des deux bords...

Russel-Aurore Bouchard 

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/place-publique/segments/entrevue/336883/racisme-autochtones-bilan-mashteuiatsh?fbclid=IwAR1Ww_f2YT_Xc5Ri4qOkFfmch8K87K-SOOc3JjLJ2iW3hAdj7weOcnglg_o

mardi, décembre 22, 2020

Autochtone ou pas ? Jusqu'où irons-nous dans cette stupidité absolue ?

 

Hommage à ma grand-mère maternelle, Marguerite Tremblay-Kessy, petite-fille en droite ligne d'Adélaïde Matshiragan, François Kakussigutik, Marie-Angélique Utshega, François Lavaltrie dit Tshishara, Marie-Jeanne Mirueritam, François Kakamikush, Jeanne Autatan, Joseph Maratchikatik, etc., etc., etc. Sans un seul de ces noms dans ma ligne de vie, je n’existerais pas...

AUTOCHTONE OU PAS ? Jusqu’où irons-nous dans ces années de stupidité absolue ? Et dans l’Est du pays, c’est encore pire qu’ailleurs partout au Canada quand il est question des Métis. Avant, c’étaient anglophones contre francophones et ça s’arrêtait là. Maintenant, avec le délire de la nouvelle religion woke dont Justin Trudeau est l’un des grands prêtres, ce sont Métis de l’Ouest contre Métis de l’Est, et dans les réserves de l’Est, comme celle de Mashteuitash, ceux qui s’affichent comme les seuls « vrais Indiens », répudient ceux et celles auxquels ils reprochent d’être des « faux Indiens » et des Métis. Du pur délire ! 

Pourtant, au XIXe siècle, avant que le gouvernement fédéral se mette à foutre la pagaille en lançant des pommes empoisonnées aux autochtones sous le couvert d’aide financière discrétionnaire, c’était si simple ! Nous étions tous unis bien simplement sous le terme « Sauvage », un ethnonyme qui n’avait alors rien de péjoratif et qui a été avili pour faciliter les fractures et les divisions au sein des groupes, des familles et des clans. Et au Québec (à l’époque le Bas-Canada), cette définition du « Sauvage » (entendons un Autochtone tel que reconnu dans l’Article 35 de la Constitution de 1982), qui allait de pair avec les droits ancestraux afférents, était fixée dans une loi déterminée dans un texte de loi votée en 1850 qui disait ceci. Pour être un « Sauvage » reconnu par la loi il fallait être : 1-soit un sauvage ou une sauvagesse ; 2- soit être un blanc marié à une sauvagesse ou une blanche mariée à un sauvage ; 3- soit être un enfant d’un tel mariage (ce qui est un Métis) ; et soit toute leur descendance jusqu’à la nuit des temps. 

Cette loi ne faisait alors aucune discrimination pour les futures générations et la consanguinité (et je souligne), et elle ne prévoyait aucune génération de péremption. Car il faut bien accepter le fait incontournable que tous les Indiens vivant au Québec au XIXe siècle étaient déjà tous métissés depuis le début du XVIIIe, que des Indiens « pures » ça n’existe pas ni dans les rêves les plus fous ni dans la réalité, et que ce métissage, qui est le propre de tous les êtres vivants sans exception, n’a pu que s’accentuer avec le temps. Lisez la chronique de Guy Fournier publiée dans le Journal de Montréal de ce matin sous le titre « Avais-je une femme d’origine autochtone ? » vous allez pouvoir mesurer la profondeur du trou sans fond de la stupidité humaine sur la question identitaire autochtone au Canada ! Une stupidité à laquelle s’ajoutent l’extrême mauvaise foi de certains leaders autochtones qui en profitent à deux mains, et de ceux qui règnent par la division... 

 Je suis Métisse, cela est en moi dans mes gênes, dans ma culture et dans le plus profond de mon âme, et je ne laisse à personne le pouvoir de me dépouiller de mon histoire et de mon identité. 

Russel-Aurore Bouchard Historienne, auteure et Métisse 

Texte cité en attaché : https://www.journaldemontreal.com/2020/12/22/avais-je-une-femme-dorigine-autochtone?fbclid=IwAR2RxsLHvye485bz-wcvvM4nCPUxBy4Ec6Gl2vnuExZV0szHj4T5wlxgK-0/

samedi, avril 22, 2017

Mon nouveau livre / « La Piste des Larmes - Un Canadien français témoin du génocide des Indiens des Grandes Plaines »

Couvertures C1 et C4 du livre qui compte également deux rabats merveilleusement bien illustrés et commentés.
Je viens de terminer la rédaction et la mise en pages de mon prochain livre, « La Piste des Larmes / Un Canadien français témoin du génocide des Indiens des Grandes Plaines ».

Le livre compte 532 pages divisées en deux parties agrémentées de plusieurs illustrations, de cartes, de notes et de références multiples en bas de pages, de textes encadrés et même d'un index général. Dans la première partie, le lecteur pourra notamment découvrir la face cachée de la conquête de l'Ouest, celle admirablement écrite par les Français, les Canadiens français et les Métis avant l'arrivée brutale des Étatsuniens à l'ouest du Mississipi à compter de 1830. La seconde partie du livre compte près de 400 pages. Elle est consacrée, pour sa part, au témoignage poignant d'Eugène Roy, un Québécois pure laine qui, de 1847 à 1861, s'est enrôlé dans la cavalerie américaine pour vivre la plus folle des aventures. Dans ce récit inédit d'une rare éloquence, le lecteur est donc transporté comme par magie au coeur de l'un des chapitres les plus sanglants de l'histoire de l'humanité ; chapitre dans lequel il assiste, à la fois impuissant et déconcerté, au génocide des Indiens des Grandes Plaines de l'Ouest américain, à la disparition d'un écosystème vieux de dix millénaires et à la quasi extinction des troupeaux de bisons qui comptaient, jusqu'alors, entre 20 et 30 millions de têtes.

Ce livre défie les frontières géographiques et donne une lecture décloisonnée de l'histoire des Indiens de l'Amérique du Nord. Le parcours historique auquel il nous convie, est à la fois unique et inédit. Une histoire à ne pas manquer pour quiconque veut faire la part des choses entre la colonisation française et la colonisation anglo-saxonne en Amérique du Nord.

Vous connaissez  la formule. Pour être en mesure de passer à l'étape de l'édition, je procède par pré-vente. Le livre coûte 40$ (pour une expédition par la poste, il faut ajouter 15$). Je prévois le lancement au détour de septembre.

Russel-Aurore Bouchard
Historienne et auteure
33 rue Saint-François,
Chicoutimi, Qc.
G7G 2Y5
418-543-0962


mercredi, février 15, 2017

L'auteur de cette magnifique pensée est Tecumseh, un Grand chef de la tribu Shawnee, qui a profondément marqué l'histoire de l'Amérique du Nord au temps des guerres Canado-Étatsuniennes.
 Il est né vers 1768, dans l'actuel État de l'Ohio, et est décédé le 5 octobre 1813 à l’endroit où se trouve maintenant Thamesville, Ontario, pendant la bataille de Moraviantown.
 En plus d'être un grand guerrier qui a combattu pour les droits de son peuple qui ne vont pas sans ceux de tous les peuples autochtones d'Amérique, Tecumseh a su inspirer son siècle par des pensées et des paroles d'une grande sagesse. Le poème que je vous offre comme on lance une bouteille à la mer, devrait à la fois vous rassurer sur vous-mêmes et vous inspirer dans votre quête existentielle. En ce qui me concerne, c'est là où j'en suis rendue, au couchant de ma soixante-et-huitième année...
Russel-Aurore

« Alors vis ta vie de façon à ne jamais laisser entrer la peur de la mort dans ton cœur.  N’embête personne sur ses croyances, respecte le point de vue des autres et exige d’eux qu’ils respectent le tien. 

Aime ta vie, perfectionne ta vie, embellis toute chose de ta vie.  Cherche à rendre ta vie longue et mets la au service des autres.

Prépare une chanson noble pour le jour où tu dois partir de l’autre coté.  Marque toujours d’un mot ou d’un signe de salut le passage d’un ami ou d’un passant, même un étranger, lorsque que tu te trouves loin de chez toi.

Montre du respect envers tous et ne te prosterne devant personne.

Quand tu te lèves le matin, gracie pour la nourriture et pour la joie de vivre.  Si tu ne vois aucune raison de gracier, cherche la faute en toi seulement.

N’abuse de rien ni personne.  L’abus rends fou celui qui est sage et lui vole son esprit et ses visions.

Quand ton temps de mourir est arrivé, ne soit pas comme ceux qui ont la peur de la mort et quand leur temps est venu, ils pleurent et prient pour avoir un peu plus de temps à vivre et pouvoir faire les choses différemment. Chante ton hymne et meurt comme un héro rentrant chez lui.»

Tecumseh, Shawnee





vendredi, novembre 25, 2016

Rétablir la mémoire de Louis Riel à Saguenay / Lettre au maire Jean Tremblay


Monsieur le Maire
Vous venez d'entamer la dernière année de votre ultime mandat à la tête du conseil municipal de Saguenay qui, ne m'en portez pas grief je vous prie, restera toujours, dans mon coeur et dans la mémoire, la ville de Chicoutimi, la Reine du Nord. Par la présente, j'aimerais attirer votre attention sur un événement marquant de notre histoire nationale, provinciale et municipale, soit l'exécution du Métis Louis Riel, pendu haut et court au gibet de l'intolérance par le gouvernement criminel de Sir John A McDonald, le 16 novembre 1885.

Toute cette affaire avait débuté une quinzaine d'années plus tôt (en octobre 1869), alors qu'un groupe de Métis catholiques dirigé par Louis Riel, avait commencé à s'opposer par la force des armes à un groupe d'arpenteurs qui symbolisaient, à leurs yeux, le délestage de leurs terres au profit des compagnies et des nouveaux colons blancs qui déferlaient toujours de plus en plus nombreux vers l'Ouest. Dans l'échauffourée qui s'ensuivit, les rebelles poursuivirent leur action militaire et s'emparèrent derechef de Fort Garry, signifiant ainsi, avec force au gouvernement, leur vive opposition aux avancées de la colonisation dans la région de la rivière Rouge. Après une longue accalmie suivie d'un long exil qui le mena au Montana, en Nouvelle-Angleterre, au Québec et au Missouri, Riel avait plié sous les instances d'émissaires autochtones et il était revenu (en 1884) s'installer dans le sud de la Saskatchewan, afin de faire avancer, d'un nouveau cran, la cause des Métis et des Indiens comprimés toujours de plus en plus loin par l'avance du front pionnier. Dans la nuit du 18 au 19 mars 1885, lui et un groupe de Métis s'emparèrent de Batoche, formèrent un gouvernement provisoire théocratique et demandèrent la reddition de fort Carlton. Le 22 mars, le gouvernement canadien répliqua avec force à son tour, en détachant dans la région un contingent de 8 000 soldats placés sous le commandement du général Middleton. Le 15 mai, Riel se livrait finalement à la Police Montée du Nord-Ouest, passa en procès à Régina devant un jury composé exclusivement d'Anglais (du 20 juillet au 1er août), fut déclaré coupable de haute trahison, puis condamné à la peine capitale et pendu à Régina, le 16 novembre 1885.

À Chicoutimi, comme dans plusieurs localités du Québec, la population, formée presque exclusivement de Canadiens français et de Métis euro-amérindiens, n'avait vraiment pas apprécié. À sa manière, avec cette dignité qui fait l'éloge des grands peuples nourris de fierté et d'espérance, notre population  avait fortement protesté contre ce geste infâme. Si vous consultez le tome deux de mon livre consacré à  « La vie quotidienne à Chicoutimi au temps des fondateurs (1883–1887) », vous constaterez alors l'ampleur de la contestation menée par nos pères et nos mères, un fait inédit au sein de cette population reconnue pour sa docilité et sa résilience. Cette exécution odieuse de l'un des nôtres, pendue pour avoir défendu le droit à la terre et à la dignité des siens, en aura été une de trop ! Notre frère et compatriote Riel, une figure mythique de notre histoire, représentait l'espoir de tout un peuple, un peuple pauvre sur le plan matériel mais riche de son histoire et de son caractère identitaire, un peuple qui a construit ce pays à force de bras et de souffrances sans jamais demander son reste ; un peuple qui rompait son proverbial silence pour dire, haut et fort, qu'il n'acceptait pas qu'on s'en prenne de la sorte à son plus fidèle fils, un chef qui incarnait à la fois sa souffrance et son désir de liberté confortés par l'espoir de construire un monde meilleur.

Grâce au journal de Jean-Baptiste Petit, ce moment fort de notre histoire aurait passé totalement inaperçu du fait que notre région et notre ville encore naissantes, n'avaient pas encore de journaux pour en graver le fait. L'heure était émouvante, les esprits surchauffés ! Un rien aurait suffi pour embraser la région et lever des gibets pour laver l'ultime affront. Les gens ne le prenaient pas, mais alors pas du tout ! Les plus éclairés du conseil municipal, Vincent Médoc Martin, Ovide Tremblay, William Tremblay dit Beurliche et quelques autres avaient bien essayé de faire voter une avis de motion pour obliger leur député à exprimer leurs désaveux tant à Québec qu'à Ottawa, mais ils furent rapidement réduits au silence par les plus hautes instances du conseil et par le haut-clergé qui, sublime injure, refusa même à ses prêtres la permission de chanter des messes pour le repos de l'âme du martyr.

Monsieur le Maire,
L'histoire que nous continuons d'écrire a donc les yeux fixés sur nous. Elle nous demande instamment de nous acquitter de la lourde dette de mémoire que nos grands-parents n'ont pu honorer en leur temps parce qu'ils n'en avaient ni la force, ni la capacité, ni les moyens. Une dette d'honneur que je vous demande de reconnaître non seulement en tant que premier représentant élu de notre communauté, mais aussi en tant que fils de ce pays intérieur et en tant que Métis qui descend en droite ligne de Charles Tékouérimat, le grand-chef des Montagnais du Saguenay qui a présidé à la naissance de notre communauté dans cette portion de la Boréalie québécoise. Cette dette, Monsieur le Maire, nous ne l'avons pas seulement envers notre histoire qu'on a tenté et qu'on tente encore d'effacer dans nos Parlements ; cette dette, nous devons l'assumer en tant qu'héritiers et héritières de ce même espace identitaire métis que nous partageons. Nous en sommes redevables aux yeux de l'histoire et nous devons l'acquitter par un geste fort, au nom de nos pères et de nos mères qui ont construit ce pays, au nom de ceux et celles de notre génération qui assumons encore la relève pour un bien petit temps, au nom de nos enfants et petits-enfants qui attendent de nous un signe, un tout petit signe les invitant à s'emparer de leur histoire qui est la seule voie possible et souhaitable à leur épanouissement.

En conséquence, je vous demande de profiter de cette dernière année qui vous reste à l'hôtel de ville de Saguenay, pour initier une réflexion susceptible de rétablir la mémoire de Louis Riel en tant que héros national et martyr pour la liberté et, pourquoi pas, graver cette reconnaissance officielle sur un monument qui pourrait rehausser la valeur de la Place du Citoyen, là où les Chicoutimiens se sont réunis dans les jours suivant l'irréparable geste pour dénoncer l'exécution de notre frère patriote.

Russel-Aurore Bouchard
Historienne et Métisse
Chicoutimi

dimanche, août 21, 2016

OTIPEMISIWAK : « Ils ont inventé l'Amérique »

Comme l'indique son sous-titre, ce dernier bouquin, signé Russel Bouchard, se veut d'abord et avant tout une... « RÉFLEXION » très approfondie sur la question métisse au Québec, au Canada et en Amérique du Nord...


mardi, août 02, 2016

Mes deux prochains livres s'en viennent, dont un ultime consacré aux Métis de la Boréalie québécoise

Bonjour à vous tous (toutes)
Depuis le lancement de mon dernier livre, voilà déjà deux ans, je n'ai vraiment pas chômé en terme d'écriture ! Je viens de terminer la rédaction et la mise en pages de mes deux prochain livres : le premier, « OTIPEMISIWAK », se veut une réflexion très approfondie sur les Métis de la Boréalie québécoise et une réponse aux derniers développements sur cette question de l'heure ; le second, le cinquième et dernier tome de « LA VIE QUOTIDIENNE À CHICOUTIMI AU TEMPS DES FONDATEURS (1895-1897) ».

Vous connaissez la formule. Pour être en mesure de passer à l'étape de l'édition, je vends en pré-vente. Ces deux livres seront édités à faible tirage et ne seront disponibles en librairie que s'il en reste au terme de ma pré-vente.

Le premier livre, celui sur les Métis de la Boréalie, compte 120 pages et est vendu 20$ (lancement prévu pour la dernière fin de semaine d'août)

Le deuxième livre, le tome cinq de « La vie Quotidienne à Chicoutimi au temps des fondateurs (1895-1897) », compte 608 pages et est vendu 40$ l'unité (lancement prévu pour le début octobre).

Pour une expédition par la poste, il faut ajouter 15$. Comme vous avez toujours appuyé mon oeuvre, je vous un rabais de 10$ pour les deux.

Si vous n'avez d'intérêt qu'un pour le livre sur les Métis, ce sera aussi très bien pour moi. À vous de me dire ce qui est à votre convenance.

Mes amitiés

Russel-Aurore Bouchard
Historienne et auteure
33 rue Saint-François,
Chicoutimi, Qc.
G7G 418-543-0962

jeudi, avril 14, 2016

Jugement de la Cour suprême du Canada / Les Métis enfin reconnus comme Autochtones au même titre que les Indiens !


Hommage à ma mère Solange, fille de Maggy Tremblay, avec mon frère aîné, grande pêcheuse devant l'Éternel(le), dans son petit paradis terrestre.
La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre en ce matin béni du 14 avril 2016 ! Dans un jugement historique, la Cour suprême du Canada vient de reconnaître les  Métis avec les mêmes droits que les Indiens, en vertu de l'article 35 de la Constitution canadienne.

Ma première impression est celle d'une délivrance, celle d'un accomplissement !!! Cela fait plus d'un quart de siècle que je m'évertue à dire que Nous, les Métis, appartenons aux peuples fondateurs non seulement du Québec, mais du Canada et des trois Amériques. Depuis 1851, depuis la loi qui empêchait, à nos mères, de nous transmettre notre caractère et notre fierté identitaire, nous voilà enfin de retour dans la grande maison. Le septième feu est allumé et nous allons définitivement prendre la place qui nous revient dans l'Histoire des peuples qui ont construit et participent dans l'humanité. C'est extraordinaire ! La lueur au bout de ce long tunnel...

Je dédie ces premiers mots à mes aïeules Adélaïde Matshiragan,
Madeleine Kukuminash, Alexandrienne McKenzie et Christine St-Onge,
Maggy Tremblay et toutes les autres
Soyez assurées, grands-mères, que nous ne vous oublierons pas...

Russel-Aurore Bouchard
Métisse et fière de l'être

vendredi, mars 04, 2016

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, une région née du métissage


Courtoisie, Société historique du Saguenay


Il faut se méfier des historiens comme des économistes. Leur érudition ne garantie en rien l’infaillibilité de leurs propos. Aucun économiste au monde n’avait prévu la crise boursière de 2008-2009. Aucun historien ne peut prétendre à la stricte exactitude des faits du passé.

Même les plus rigoureux, comme Mgr Victor Tremblay, fondateur de la Société historique du Saguenay, transmettent leur vision de l’histoire à travers le prisme de leurs convictions. Comme le dit sans détour, l’historienne et polémiste bien connue, Russel-Aurore Bouchard, « Mgr Victor, par exemple, nous présente une vision toute épiscopale de l’histoire régionale. »

Après des années  de recherches et de voyages dans le temps, l’historienne Russel Aurore Bouchard croit avoir suffisamment amassé de preuves pour avancer que la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean est encore composée aujourd’hui à 75% de descendance métis.  Dans l’une de la centaine de publications dont elle revendique la maternité, «Le dernier des Montagnais», elle démontre que le Montagnais de l’arrivée des premiers européens n’existe plus. Tout au plus, les descendants autochtones d’aujourd’hui sont, selon elle, issus de croisement entre les rescapés de différents clans : Algonquin,  Atikamek, Huron, Abénakis, Cri et autres, épargnés de la maladie et des guerres.

Dans son dernier livre, «Naissance d’une nouvelle humanité au cœur du Québec», la percutante  historienne revient de nouveau sur le sujet. Elle trace, avec rigueur et un souci de l’exactitude  sentie, la passionnante histoire de ces mariages à la mode du temps entre coureurs des bois,  Écossais, Irlandais et sauvagesses. Ces ancêtres, souvent polygames, constituent la fondation même de tout le peuplement du territoire du Saguenay-Lac-Saint-jean.

L’auteure évoque au départ le cas de Nicolas Pelletier, fondateur des postes et missions de Chicoutimi et Métabetchouan en 1670, marié trois fois à des sauvagesses. Elle ajoute que tout au long du XVIIIe siècle que le parcours matrimonial de ces hommes n’était plus une exception. Évoquant le passage des Bacon,  Hervieux, Cleary, McNicoll  et quelques autres, elle écrit : «à eux seuls ces 11 hommes ont connu 30 mariages dont 23 avec des sauvagesses et sept avec des blanches.»

Dans ce magistral éditorial qui prend davantage l’allure d’une  thèse doctorale que de livre d’histoire, Bouchard va même jusqu’à juger sévèrement les chercheurs d’histoire et les anthropologues «qui ont eu tort de mettre dans le même terreau de reconstruction les indiens de la diaspora algique et huronne».

Faisant fi des tabous, elle n’hésite pas à corriger l’anthropologue et célèbre écologiste américain, Peter Farb, en avançant que contrairement à ce dernier, l’endogamie et le mariage entre proches parents n’est plus un obstacle à l’union d’un homme et d’une femme.

Déjà à la création de la première réserve créée par le Canada uni en 1853, environ 38 familles étaient reconnues posséder les critères pour y habiter. Et Bouchard constate dans cette  ethnogenèse du peuple métis de la Boréalie que parmi ces familles se trouvent déjà plusieurs métis. Et toujours, selon cette prolifique auteure, ce sont ces familles, somme toute, qui ont présidé à l’ouverture du Lac-Saint-Jean à la colonisation.

Richard Banford
Chroniqueur 

Richard Banford, a exercé la profession de journaliste et éditorialiste à la Maison de la presse de Chicoutimi pour les journaux Le Quodien et Le Progrès Dimanche, de 1973 à 2005. En 2005, il prend sa retraite et occupe  la fonction d’attaché politique, principalement comme conseiller en communication auprès du maire de Ville de Saguenay. Dans ses temps libres, pour maintenir la forme et l’habitude de l’écriture, il livre ses réflexions sur divers sujets de l’épopée historique de faits divers, des us et coutumes de la région. Il a  été associé longtemps au spectacle de la « Fabuleuse histoire d’un Royaume »  à  titre de comédien.

samedi, août 15, 2015

Pétition pancanadienne pour la reconnaissance de tous les Métis du Canada


PÉTITION AUX DIRIGEANTS DES GOUVERNEMENTS FÉDÉRAL ET PROVINCIAUX DU CANADA : 
« RECONNAISSEZ TOUS LES MÉTIS DU CANADA ! »
PAR ELAINE ROBICHAUD (NEW TECUMSETH, ONTARIO)
(Traduction française, Ismène Toussaint)
Août 2015 - Il y a ceux qui sont dans le déni, au gouvernement fédéral ou provincial, même des groupes métis et des individus : ils proclament que les Métis n'ont pas plus existé historiquement qu'aujourd'hui s'ils ne se trouvaient pas entre les provinces de l'Ontario et de la Colombie-Britannique ! Louis Riel doit se retourner dans sa tombe en voyant ceux qui veulent détruire ce qu'il a fait tout son possible pour créer.
Cette attitude me fait penser à ceux qui prétendent avec véhémence que l'holocauste n'a jamais eu lieu.
Heureusement, l'holocauste a pris fin. Malheureusement, les Métis, eux, continuent à se battre aujourd'hui. Il faut qu'on leur rende les terres dont on les a expropriés à une époque aussi récente que les années 1970, au Nouveau-Brunswick.Les Métis, en Nouvelle-Écosse, se préparent à lutter pour que le gouvernement provincial reconnaisse leurs droits.
Il faut demander pourquoi les gouvernements provinciaux, ainsi que certains groupes comme le Ralliement National des Métis (Metis National Council), qui met l'accent sur le terme «national», veulent que le gouvernement fédéral refuse de reconnaître les Métis.
Il faut demander pourquoi le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne veut pas reconnaître comme étant Métisses les 2500 personnes qui furent déplacées de leurs maisons. Les terres de 8 villages furent expropriées afin qu'un parc national soit créé.
Il faut demander pourquoi le Premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a accepté la requête de plusieurs chefs Mi'kmaqs de Nouvelle-Écosse qui demandaient à la province de ne pas reconnaître ceux qui revendiquent leur héritage métis.
Nous avons tant de chance de vivre dans un pays où nous pouvons redresser des torts, parler haut et fort, et défendre ceux qui sont maltraités. C'est le DEVOIR de tous les Autochtones de s'engager !
De s'engager, si vous êtes Métis, en devenant membre de votre conseil local : plusieurs d'entre eux ont signé des ententes avec la Fédération Métisse du Canada (Metis Federation of Canada). Écrivez des lettres aux journaux, aux mairies, aux gouvernements fédéral et provinciaux. Votez pour ceux qui veulent que le Canada demeure un front uni et protège les droits des Autochtones. Signez la présente pétition, qui sera transmise au gouvernement fédéral.
Rappelons-nous que si nous n'avons pas la volonté de peiner dans le jardin de la vie, n'espérons pas récolter une moisson abondante ou ne nous 

https://www.change.org/p/federal-amp-provincial-government-leaders-recognize-all-metis-in-canada

dimanche, juin 21, 2015

Rencontre annuelle des Métis de la Boréalie sur le site du poste de traite de Chicoutimi





Photos, Gérald Truchon

Texte de Daniel Côté, Progrès-Dimanche, 21 juin 2015
Le Conseil des femmes métisses de la Boréalie aura deux raisons de célébrer aujourd'hui, à l'occasion d'une cérémonie tenue dans ce qui fut le berceau de Chicoutimi. Ses membres, qui invitent tous leurs concitoyens à se joindre à elles, souligneront la Journée des Autochtones, tout en prenant acte des travaux réalisés sur le site du poste de traite.
Respectant une coutume établie en 2005, elles donnent rendez-vous à la population au monument du Côteau-du-Portage, situé à l'angle des rues Price et Dréan. Des offrandes seront effectuées à 9h, prélude à une courte marche vers l'emplacement du poste de traite établi en 1676.
Le nouveau sentier qui descend jusque-là longe une bande rocheuse où se déroulera la deuxième étape de la cérémonie. Au cours d'une visite effectuée jeudi, aux fins de ce reportage, celle qui assume le rôle de lien de mémoire au sein du Conseil des femmes métisses de la Boréalie, l'historienne Russel-Aurore Bouchard, n'a pas fait mystère de son émotion.
«On sent la puissance de la roche et on aime imaginer qu'elle est habitée par l'esprit de nos ancêtres. Ce lieu est torturé, symbolique et inspirant. C'est ici que tout a commencé il y a 400 ans et on est chanceux que ça ait été préservé», mentionne-t-elle.
Un lieu sacré
Pour accéder au troisième et dernier endroit où s'arrêteront les participants, on chemine vers l'espace où sont réalisées des fouilles archéologiques. Là où le sol a été creusé, on remarque des pierres et des fragments de brique rouge, celle qui a servi à construire la troisième et dernière chapelle du poste de traite, ouverte en 1893 et démolie en 1930.
Ce n'est pas la principale destination, cependant. La cérémonie prendra tout son sens lorsque le groupe atteindra le site où, croit-on, se trouvait le cimetière. Certes, les restes des défunts ont été déplacés au cimetière Saint-François-Xavier, mais cette terre demeure sacrée aux yeux des Métis.
«Ici ont été enterrés des Métis, mais aussi des Français, des Indiens et même des protestants, ce qui montre que ce lieu est ouvert aux différences, affirme Russel-Aurore Bouchard. Il représente la dignité humaine et je suis contente que Saguenay l'ait soustrait aux fouilles archéologiques par respect pour nos ancêtres.»
L'une des femmes qui l'accompagnait, jeudi, a ressenti cette présence par-delà les siècles, se disant émue, hésitant à rejoindre les autres à l'endroit où sera plantée une croix de bois cet avant-midi. Fabriquée par Tomy Tomic, elle comporte des éléments symboliques tels des fleurs de lys, du tartan, de la fourrure d'ours, des plumes, de la sauge et du tabac.
«On espère que les gens prendront soin de cette croix qui évoque nos racines judéo-chrétiennes. En cette époque où le gouvernement veut faire adopter une loi bidon sur la laïcité, où le Québec est en perte d'identité, il importe que les peuples fondateurs s'affirment. Ça prend une ligne de conduite dictée par la mémoire», estime Russel-Aurore Bouchard.

Commission de vérité et de réconciliation : Sans les Métis du Québec, rien ne pourra être fait dans le bon sens



Au début du mois de juin, la « Commission de vérité et réconciliation du Canada » (CVR) a rendu public les 94 recommandations adressées aux gouvernements fédéral et provinciaux afin de « remédier aux séquelles laissées par les pensionnats et faire avancer le processus de réconciliation ». À juste titre, le rapport de la Commission établit que la réconciliation ne sera pas une mince affaire dans le contexte actuel. « Trop de Canadiens savent peu ou prou des profondes racines historiques de ces conflits », rapportent les commissaires qui en profitent pour rappeler que l’histoire des premiers peuples d’Amérique a été dénaturée et déviée de son sens.

Après avoir pris connaissance des conclusions et des recommandations du Rapport, les représentants de la communauté de Mashteuiatsh se sont dit soulagés et ils en ont profité pour qualifier les pensionnats autochtones, qui sont à la base de cette enquête, de « génocide culturel ». Parlant des souffrances qu’il a lui-même subies dans ces horribles pensionnats, l’ancien chef de la réserve, Clifford Moar, a demandé que « cette histoire-là soit enseignée chez nous [et] chez nos voisins », et il a rappelé, à juste titre, qu’il faut d’abord savoir ce qui s'est passé. 
Personnellement, je souscris aux souhaits de MM. Moar et Dominique et je compatise avec tous ceux et celles qui ont subi le mépris, connu l’humiliation et enduré les atrocités dans ces pensionnats. À ces égards, le silence n’est évidemment pas une option et je m’empresse de saluer les efforts menés par les commissaires qui en appellent à la réconciliation. De toute évidence, cette entreprise ne peut passer que par le chemin d’une mémoire autochtone dépoussiérée de ses vieux fantômes, libérée de ses silences et de ses oublis.
Comme Lien de Mémoire des Métis de ma région, j’ajoute ma voix à celles des chefs des Premières nations qui parlent au nom de leurs peuples. Je les appuies dans leurs demandes, mais je leur rappelle qu’ils n’ont pas l’exclusivité de ces injustices et qu’ils devront ajouter, dans la liste de ces oublis, les souffrances des Métis du Québec qui, depuis la fameuse loi de 1851, ont été à la fois soustraits des registres officiels de l’État et amenés à étudier une histoire dénaturée dans laquelle ils n’existaient plus.
Notre histoire est commune, notre mémoire appartient à celle d’une rencontre ; c’est celle d’un partage, d’une alliance, d’une vieille amitié et d’une mort à petit feu programmée de longue date dans les lois du pays. Nous ne voulons pas prendre la place de qui que ce soit ; nous voulons simplement prendre celle qui nous appartient et qui nous revient. Nous voulons être considérés avec justice et nous entendons être reconnus comme l’histoire nous le doit, comme étant celle de l’un des peuples fondateurs de ce continent et de notre région. L’histoire des Indiens du Canada ne peut donc s’expliquer et se raconter sans la nôtre, et ce serait mensonge que de vouloir la raconter autrement.
Les Métis, parce qu’ils ont pris une autre voie que celle des réserves où se sont retrouvés plusieurs autres Autochtones, n’y ont pas échappé eux aussi. Comme les Indiens, ils ont été broyés dans l’histoire officielle du pays. Comme eux, ils ont été amenés à s’écraser. Comme eux, ils ont été dépouillés de leurs droits ancestraux. Certes, nous avons pris une voie différente. Certes, nous nous sommes associés aux arrivants et aux entrepreneurs de la forêt dans laquelle nous étions toujours chez nous. Mais nous n’avons pas renoncé pour autant à notre identité, à nos droits et à notre histoire.
Russel Bouchard
Lien de Mémoire des Métis
21 juin 2015

jeudi, mars 12, 2015

Cause Corneau, les Métis vont en appel



Ghislain Corneau et d’autres Métis, toujours appuyés par la Communauté métisse du Domaine du Roy-Mingan (CMDRSM) s’adressent à la Cour d'appel du Québec, concernant le jugement de la Cour supérieure du district de Chicoutimi, rendu le 10 février dernier, qui ordonne aux intimés s'identifiant comme Métis de délaisser leur "campe" de chasse, de pêche et de cueillette.

On se rappellera que monsieur Corneau et les quinze intimés devaient satisfaire aux dix critères du «test de Powley» pour être reconnus Métis au Canada, au sens de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 pour maintenir des "campes" leur permettant de pratiquer leurs coutumes ancestrales de survie.

Avant de décider d'en appeler du jugement, il aura fallu, en moins de trente (30) jours, analyser la preuve historique que le Tribunal a retenue et la comparer à l'ensemble de la preuve rejetée ou oubliée.  Les jugements précédents en semblable matière au Canada et les règles d'interprétation en droit autochtone ont aussi été revus avec minutie.

Résultat : entre autres moyens d'appel, les appelants estiment que le juge du procès a interprété restrictivement les critères du test de Powley alors qu’en matière autochtone, il est nécessaire d’analyser la preuve historique avec ouverture et générosité.  Le juge a  erré en faits et en droit, de façon manifeste et déterminante, dans l'appréciation de cette preuve historique.  Il a sous-évalué la présence d’une communauté composée d’une centaine de personnes d'ascendance mixte, euro-canadienne et indienne, au Saguenay sur le territoire du Domaine du Roy-Mingan avant la mainmise par l’État moderne vers 1850.  Les Métis pratiquaient un mode de vie autochtone distinctif de celui des Indiens et des nouveaux arrivants européens.

Par conséquent, monsieur Corneau, d’autres Métis et le conseil de la Communauté ont décidé de porter en appel le jugement de première instance refusant de reconnaître leurs droits ancestraux.

Vous pouvez prendre connaissance de  la version intégrale de l'Inscription en appel sur le site de la Communauté, à l’adresse www.metisroymingan.ca.

Source :
René Tremblay,
Porte-parole CMDRSM
418-693-9147

mardi, mars 10, 2015

Jugement Banford – Les Métis iront en appel


Les Métis de la CMDRSM 
Iront en appel
du jugement Banford 

COMMUNIQUÉ le 10 Mars 2015 
Nos procureurs, le comité juridique de la CMDRSM et leurs conseillers ont procédé à l’analyse détaillée des 417 paragraphes du jugement Banford, rendu le 10 février dernier dans la cause Corneau. On se rappellera que la Cour Supérieure a rejeté les demandes de reconnaissance Autochtone des Métis concernés, ainsi que leur droit de maintenir leurs «campes» sans autorisation de l’État. 

Pour ce faire, il aura fallu vérifier le bien fondé de chacun des choix et des témoignages que la Cour a retenus et les critiquer à la lumière de ceux qu’elle a rejetés ou oubliés. Il était donc nécessaire de revisiter nos documents historiques, ceux déposés par les procureurs du Québec, la jurisprudence de la cour Suprême du Canada et les textes de loi. 

Le résultat final de cette analyse de plusieurs centaines de pages tend à démontrer clairement que la Cour a durci les critères Powley. Chemin faisant, le juge a erré en fait et en droit à de nombreuses reprises. Par conséquent le conseil d’administration de la Communauté a décidé à l’unanimité d’amener la cause Corneau devant la Cour d’appel du Québec. 

Notre procureur Me. Daniel Coté procédera à l’inscription en appel d’ici au 12 mars prochain. Nous aurons ensuite 120 jours pour préparer et déposer un mémoire qui détaillera nos arguments. Nous vous informerons de la date d’audition qui se tiendra au Palais de justice de la ville de Québec. 

Comme je vous ai déjà dit dans un précédent communiqué, l’application du jugement Banford sera suspendu jusqu’à la décision de la Cour d’appel. Entre temps, continuez à occuper vos «campes» et pratiquer vos activités de chasse, pêche et cueillette. Pour le moment, aucune assemblée générale spéciale n’est prévue pour expliquer plus à fond la teneur de cette décision. Surveillez et lisez sur notre site http://www.metisroymingan.ca/ le document ‘’inscription en appel’’ qui vous sera présenté intégralement d’ici quelques jours. 

Nous avons échappé une première bataille mais la guerre est loin d’être finie ! Nous savons qui nous sommes et il n’appartient pas aux gouvernements de nous imposer une fausse identité. 

Jean-René Tremblay 
Président/Chef de la CMDRSM 

jeudi, février 19, 2015

Jugement Banford dans la cause Corneau / Une jugement exsangue de compassion qui entache l'honneur de la Justice


Richard Harvey, un Métis qui a toujours su assumer fièrement son sentiment d'appartenance et sa liberté,
 devant le monument du Coteau du Portage, à Chicoutimi



Richard Harvey, 
L'Ascension-de-Notre-Seigneur, Lac-Saint-Jean


Dans son jugement du 10 février dernier, le juge Roger Banford de la Cour supérieure du Québec renvoie les 14 Métis rattachés à la cause dite Corneau (de la CMDRSM), à la case départ dans leur démarche pour une reconnaissance identitaire et le respects de leurs droits inhérents en vertu de l'article 35(1) de la constitution canadienne. Il semble pourtant que le métissage d'une grande partie des familles souches québécoises avec les autochtones des premiers contacts et leurs liens avec des formes de communautés historiques dans l'Est du pays soit un phénomène connu, documenté et reconnu par presque tous les spécialistes en histoire et en sociologie au Québec et au Canada sauf... dans la tête du juge Banford !

C'est du moins la conclusion que je tire de la lecture du texte du jugement dans lequel le juge s'applique à banaliser et démolir, point par point et avec insistance, la thèse des requérants basée sur les travaux et recherches de l'historienne avantageusement connue, Russel-A. Bouchard, à qui il a même refusé le statut de témoin « expert » dans cette cause après avoir basé son jugement sur une bonne partie de ses travaux consacrés à l’histoire des Métis de la Boréalie. Qui plus est, il a jetté un discrédit moral sur la crédibilité de l'historienne, très respectée par ses pairs et dans son milieu en l’occurrence, en évoquant préjudiciablement l’idée du conflit d'intérêt en raison de sa propre démarche identitaire (Métisse), et de ce qu’il conçoit péjorativement comme étant de « l’ambivalence » en raison de l’identité de genre qu’elle assume socialement depuis 2007. Ces épithètes préjudiciables et humiliantes n’aident en rien la Justice pour qu’elle suive son cours et entachent à la fois la bonne renommée de celle-ci et de tous ceux, témoins et intimés, sur lesquels il jette un discrédit.

Si le juge n'a pas erré en droit - et cela reste à voir - et malgré tout le respect que j'ai pour la magistrature, il a manqué de retenu, manqué à l'éthique, et entaché l'honneur de la Couronne par son attitude vindicative et ses attaques personnelles. On se croirait en pleine vendetta tellement il y a excitation chez les tireurs de roches de la bourgade du bout du monde ! Il a carrément fait défaut au devoir d'empathie et de neutralité dans la démarche des requérants et n’a pas respecté les vœux de la Cour suprême du Canada qui recommande de la générosité et une attitude libérale dans son approche et dans son jugement (Van der Peet).

À sa décharge, on dira que la porte était toute grande ouverte à cette sorte de débordements puisque la grande faiblesse de la cause dite Corneau, outre le pâle témoignage de l'intimé lui-même, le caractère timide des témoins « experts », et la stratégie juridique pour le moins discutable des requérants, c'est la CMDRSM elle-même, intervenante dans le procès, qui porte flanc aux critiques les plus acerbes en agissant depuis toujours dans sa gestion coutumière, comme un syndicat de chasseurs sans plus.

Le juge n’y a pas été de mains mortes quand il a qualifié ces derniers d'« opportunistes ». Le terme est dur, trop dur et totalement inacceptable dans une cause où les droits collectifs en vertu de l’article 35(1) sont réclamés. Avait-il tort ? Ça reste à voir ! Mais utiliser ce prétexte dans une défense légitime des Métis contre un système réglementaire et un régime territorial exclusifs portant atteinte à leur identité, en les dépouillant de leur appartenance, en niant leurs traditions, leurs coutumes et leur héritage culturel, et en faisant d’eux des étrangers sur leur propre territoire ancestral, soulève des question sur les intérêts derrière un tel langage.

Sortis du spectre légal et juridique, les Métis représentaient et représentent toujours, malgré tout, le dernier rempart contre les abus des grands prédateurs économiques de la planète et des politiciens soucieux de s’accaparer les ressources naturelles sans tenir compte de leurs droits et de leurs besoins. Au delà des statuts, que cela plaise ou nom au juge Banford, les Métis font partie à jamais de l'ADN identitaire de la nation du Québec !

Richard Harvey
Métis

mercredi, février 18, 2015

Les lendemains du jugement Banford


Les lendemains du jugement Banford 

L’article 54 de la loi sur les terres du Domaine de l’état, interdit formellement d’occuper des emplacements sur les terres publiques, sans bail ou permis d’occupation. Toutefois cette loi stipule qu’elle ne s’applique pas aux autochtones (Indien, Métis et Inuit) dans le cadre de l’exercice d’un droit ancestral. 

M. Ghislain Corneau, Métis et membre de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, possède un camp de chasse au bas des Monts Valin dans le secteur Chicoutimi. Le ministère de la Justice du Québec a donc institué contre lui, en décembre 1999, une procédure en dépossession. 

Plus tard, le Procureur général du Québec a émis, dans le même district judiciaire, plusieurs autres requêtes en dépossession contre d’autres intimés Métis. Un jugement prononcé le 1 mai 2009 ordonnait la réunion de dix sept de ces dossiers pour fin d’audition commune. Peut-on se demander pourquoi le ministère n’a pas cru bon d’émettre des requêtes en dépossession à Chibougamau, sur la Côte Nord ou La Malbaie, qui sont aussi des territoires du Domaine du Roy où vivent nos Métis de même culture ? A-t’on voulu circonscrire le territoire métis aux seuls endroits où furent placardés quelques bâtiments métis? 

Le tribunal a décidé de régler les questions communes des 14 dossiers restants dans l’étude du dossier Corneau et de régler la situation personnelle des autres dans des jugements distincts. 

Comme tous le savent déjà, la décision du juge Banford fut déposée au greffe le 10 février 2015. Cette décision ne reconnait aucune communauté métisse historique sur le territoire avant 1850, aucune communauté contemporaine représentante des Métis et aucun droit ancestral aux intimés. Elle donne raison au Procureur général qui ordonne à ces derniers, la démolition de leurs camps. 

Quel est donc l’avenir de nos 6000 membres Métis, de leur communauté, de leurs droits constitutionnels, de leur mode de vie et de leur culture ? 

Depuis la sortie du jugement, le comité juridique de la CMDRSM et nos procureurs sont au travail pour analyser cette décision sous toutes ses coutures. Ils ont repris la preuve et crois que celle-ci appuie de façon raisonnable et prépondérante l’existance de notre communauté historique. Ils ont déjà répertorié plusieurs erreurs de droit et de faits commis par le juge Banford dans son jugement, ce qui nous porte à croire que la Cour d’appel du Québec peut honnêtement et justement invalider cette décision. 

Le Conseil d’administration de la communauté s’est réuni le 16 fevrier dernier et a écouté la première partie du rapport des procureurs et du comité juridique qui pour le moment penchent pour une inscription en appel. La décision définitive d’en appeler s’il y a lieu vous sera transmise vers le 12 mars prochain. Lors de cette rencontre, le comité juridique, notre procureur ainsi que notre sage et nos Chefs de Clans ont été invités. 

En attendant, l’application du jugement Banford est suspendue. Cela veut dire que tant que nous porterons notre cause devant les différentes Cours de notre pays, vous n’avez pas à enlever vos installations en forêt. Continuez à occuper vos camps, continuez à pratiquer vos activités de chasse, pêche, ceuillette dans la continuité, tel l’ont toujours fait nos ancêtres. La communauté continue ses activités comme avant. 

Un jugement de Cour peut nous donner l’absolution ou nous condamner, mais jamais il ne pourra nous enveler notre identité ou faire disparaitre un peuple. Avant le jugement, nous étions Métis et après, nous sommes toujours Métis. 

TENONS NOUS DEBOUT, CONTINUONS LE COMBAT ET SOYONS FIERS D’ÊTRE CE QUE NOUS SOMMES : MÉTIS 
Jean-René Tremblay Président/Chef de la CMDRSM