jeudi, novembre 09, 2006

De l'extinction des droits ancestraux et de l'identité du peuple Métis. La lourde et coupable responsabilité de l'État canadien !

De l'extinction des droits ancestraux et de l'identité du peuple Métis, tôt ou tard, le Gouvernement Canadien devra bien admettre tout le mal qu'il a commis à l'encontre de cette portion d'humanité dont il avait pourtant l'entière responsabilité. Cela fait, il devra s'excuser de s'être si mal conduit envers Nous, il devra compenser ceux et celles qui ont souffert et qui en souffrent encore aujourd'hui, et il devra aider à la reconstruction de ce Peuple –sortie de sa ouache hivernale– sur qui repose l'identité et la prospérité de ce pays.

Ceux qui ont lu mon premier livre consacré à « La Communauté métisse de Chicoutimi - Fondements historiques et culturels »(2005), se souviendront certainement de ce chapitre où il est question des Recensements fédéraux de 1851 et de 1861, où le recenseur fédéral fait disparaître, de l'un à l'autre, toute référence à l'identité métisse, dans le sens de l'autochtonie canadienne. L'idée était bien simple : il s'agissait alors d'ignorer dans les registres officiels l'existence des Métis afin de provoquer leur mort en tant que société et entité ethno-culturelle et nationale « distinctive », pour les assimiler soit aux mouvements de colonisation qui avaient cours dans l'Ouest Canadien et dans les territoires du Domaine du Roi, soit vers les réserves.

Ainsi, écrivais-je donc en page 107 : Le chat sort enfin un bout d’oreille du sac ! Voilà donc la base du plan gouvernemental qui a conduit le peuple Métis —notamment celui de Chicoutimi— si près du gouffre de l’extinction. Un plan en trois temps trois mouvements qui consiste  : Primo, à briser le lien collectif en commençant par « faire cesser la possession en commun » des instruments qui servent à la vie du groupe ; secundo, de faire en sorte de ne « point perdre de vue […] l’extinction graduelle de l’organisation par tribu » ; et tertio, conduire celles, qui sont déjà insérées dans les périmètres urbains en expansion, à se fondre dans les « institutions municipales ». C’est écrit en toutes lettres dans le plan gouvernemental officiel rendu public dans les Documents de la Session de 1858. Et les Métis de Chicoutimi ont été les premiers du pays à faire les frais de ce projet gouvernemental ethnocidaire, alors que ceux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord étaient fondus ensemble dans les recensements officiels et en des lieux précis (les réserves indiennes), en attendant que la colonisation et l’industrialisation fassent le reste. Fin de la citation.

Pour les sceptiques et les adversaires de la lutte métisse, en voici une autre (citation) susceptibles de témoigner au tribunal de l'histoire et dans ceux que la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan ont levé et vont lever contre les deux paliers de gouvernements qui persistent à nous mépriser et à nous refouler jusqu'aux portes du cimetière des peuples oubliés. Ce que nous refusons, évidemment, avec toute l'énergie que confèrent les droits humains fondamentaux, dont ceux à l'honneur, au respect, à la dignité et à la mémoire. Ce texte est, encore une fois un texte officiel, donc incontournable pour toutes les institutions politiques de ce pays, les Cours de justice et les chercheurs qui se sont remis à suivre à la trace la piste des Métis de l'Amérique du Nord, les fils et les filles oubliés de cette Terre sacrée. Le document ci-bas cité, provient de la section III du « Rapport sur les Affaires des Sauvages en Canada, soumis à l'honorable Assemblée Législative pour son information ». 11 Victoria, Appendice (T.), session de 1847. Bonne lecture !

Considérant que :

« Bien que vos Commissaires pensent que le tems n'est pas encore venu où l'on puisse abolir le système actuel [des présents aux Sauvages du Haut-Canada], ils sont d'opinion que dans le but de protéger les intérêts des Sauvages eux-mêmes [sic !], et de prévenir les dangers qu'entraînera un changement soudain, à une époque future et peut-être même bien rapprochée, on devrait fixer une période suffisamment éloignée après laquelle cesserait la bienveillance de la Couronne, et les Sauvages maintenant établis dans la Province [du Haut-Canada] seraient censés au même rang [lire assimilés] que les autres sujets de Sa Majesté. »

En conséquence :

« 4. Qu'aucun Métis, ou descendant de Métis, où la différence est clairement marquée, ne reçoive des présens à moins qu'il ne soit adopté par la Tribu [indienne] avec laquelle il est en relation, et qu'il vive comme Sauvage parmi eux. – Cette règle s'appliquerait surtout aux Sauvages non civilisés du Haut—Canada, parmi lesquels il se fait souvent des mariages avec les Canadiens, et l'on peut aisément en faire la ligne de séparation. C'est conforme à l'ancienne pratique de l'Isle de Drummond subséquemment abandonnée à Manitoulin. Ceci est fortement recommandé par le Surintendant résidant en ce dernier lieu, qui l'a mis à exécution avec tant de succès lors de la dernière distribution. On a aussi agi ainsi dans le Bas-Canada, et le Surintendant Hugh, l'un des plus anciens officiers du Département des Sauvages dans cette partie de la Province en a recommandé la continuation. Le Gouverneur Général en a récemment sanctionné le principe en ordonnant qu'aucune femme Sauvage vivant mariée ou non mariée avec un blanc ne pourra avoir de présens. »

Et, dans le langage de l'époque, ne pas pouvoir « avoir de présens » signifiait... l'éclatement sinon la mort pour toute la famille...

Russel Bouchard
Le Métis

mercredi, novembre 08, 2006

La longue marche du Peuple oublié mérite à son auteur une autre mention d'honneur

FORUM FRANCOPHONE INTERNATIONAL
Section Québec
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Le Forum Francophone International, Section Québec félicite Monsieur Russel Bouchard de sa récente nomination comme historien officiel de l'Union Métisse Est-Ouest. Ses nombreux articles et son dernier livre (La longue marche du peuple oublié, Ethnogénèse et spectre culturel du peuple métisse de la Boréalie) font de lui une autorité incontestable sur tout ce qui concerne les Métisses du Québec et du Canada.

Gaston Laurion
Secrétaire général

pour

François Gauthier
Président

mardi, novembre 07, 2006

Russel Bouchard nommé «historien officiel» de l'Union Métisse Est-Ouest

http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=375

Dimanche 5 novembre 2006

Russel Bouchard nommé «historien officiel» de l'Union Métisse Est-Ouest


M. Russel Bouchard, «lien de mémoire» de la communauté du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM) présidée par M. Jean-René Tremblay1, vient d’être nommé historien officiel de l’Union métisse Est-Ouest. Les principaux Pères de l’Union ont tenu en effet à récompenser son dernier ouvrage, La longue marche du Peuple oublié... Ethnogenèse et Spectre culturel du Peuple Métis de la Boréalie2, qui s’inscrit en tous points dans «ce mouvement visant à relever et libérer la nation métisse d’un bout à l’autre du continent»3. «Russel Bouchard développe des arguments imparables pour faire reconnaître sa communauté en vertu de l’arrêt Powley de la Cour Suprême du Canada, a déclaré Ismène Toussaint, auteure et chroniqueure. Non seulement il a écrit un livre fondateur de son peuple mais refondateur de la nation métisse tout entière. Maintenant, personne ne pourra plus lancer à la cantonade que les Métis de l’Ouest forment “un autre peuple né sur un autre territoire”, comme nous ne l’avons que trop entendu lorsque nous avons scellé nos retrouvailles avec les Métis du Québec et de l’Est le 8 mai 2005. J’ajouterai que, de l’avis de plusieurs spécialistes, M. Bouchard s’affirme ici comme l’un des meilleurs stylistes du Québec et qu’à ses talents d’anthropologue, il joint ceux de conteur et de poète : dans la dernière partie de son livre, les descriptions de la vie de ses proches dans la nature rejoindront tous les Métis sans exception. L’homme de lettres a littéralement plongé sa plume en son cœur et au cœur même de l’âme métisse pour nous livrer ces petites pièces d’anthologie.»

Rappelons que le Fils de l’Étoile du matin – tel que cet écrivain lève-tôt aime à se définir –, ancien armurier et conservateur de musée, est l’auteur de très nombreux ouvrages sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la vie quotidienne de ses habitants4. Célèbre pour ses coups de gueule (pardon, de plume !) dans la presse locale et nationale, ce polémiste voltairien doublé d’un épistolier fécond est aussi l’animateur d’un site Internet qui nous éclaire quasi quotidiennement sur l’actualité métisse de son pays : Le Peuple métis de la Boréalie5. C’est avec une immense fierté que les Pères de l’Union métisse Est-Ouest lui remettront prochainement sa distinction.

Ismène Toussaint
Auteure et membre de l’UNMSJM fondée en 1884 par Louis Riel
Lien-fondateur de l’Union métisse Est-Ouest

NOTES
Voir le site Internet de la CMDRSM
Éditions Chik8timitch, Saguenay, 2006, 32 $ (frais de port inclus) – Contact : Russel Bouchard, 33 rue Saint-François, Chicoutimi, Québec, G7G 2Y5. Cet ouvrage couronne une trilogie débutée avec La Communauté métisse de Chicoutimi/Fondements historiques et culturels (2005) et poursuivie avec Le Peuple métis de la Boréalie/Un épiphénomène de civilisation (2006 ; même édition).
Déclaration de Raymond Cyr, leader de la communauté métisse de l’Estrie et fondateur de l’Union métisse Est-Ouest, le 9 avril 2005.
Voir « Russel Bouchard, historien et homme libre (1948-) : Biographie » suivi de « La liste des publications de Russel Bouchard », dans Les Classiques des sciences sociales : Collection « Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), site Internet pédagogique du sociologue Jean-Marie Tremblay
Voir Le peuple métis de la Boréalie, fondements historiques, droits et revendications; ainsi que le blogue de Russel Bouchard, Les Délires d’Akakia
Voir ci-dessous le recto et le verso du livre La longue marche du Peuple oublié...

Documents historiques / « Y a-t-il encore des Hurons à Québec ? »

Jean-François Racine
Le Journal de Québec
07/11/2006 05h47

L' historien Russel Bouchard de Chicoutimi est convaincu de l'authenticité des documents découverts, mais il se demande si le peuple Huron-Wendat du chef Max Gros-Louis existe toujours. « La question n'est plus de savoir si ces documents existent.»

« La preuve est faite. La question est de savoir s'il y a encore des Hurons dans la ville de Québec pour réclamer cette grosse part d'héritage. Il reste aux historiens de prouver, hors de tout doute raisonnable, que les gens de ce petit peuple sont bel et bien des Hurons. D'autres documents suggèrent fortement qu'ils n'y sont plus depuis deux siècles», dit M.Bouchard, qui se présente comme métis.

Selon les documents retracés, les Hurons seraient les légitimes propriétaires de la Seigneurie de Sillery, un vaste territoire de 100km carrés qui englobe les anciennes municipalités de Sainte-Foy, Sillery, Loretteville et Vanier.


Travail mal fait

D'après M.Bouchard, les historiens québécois ont mal fait leur travail, d'où l'importance de se remettre rapidement à l'ouvrage.

«Soit les historiens sont engagés par les Indiens, soit ils sont engagés par le gouvernement. Ils sortent uniquement les documents qui font leur affaire.

Il faut refaire l'histoire autochtone au Québec. Le chef Max Gros-Louis fait de la politique et moi, je fais de l'histoire. Il m'a traité d'abruti, mais mes documents sont solides. Il n'y a plus un Huron. C'est tout un combat», dit-il.

Ce dernier affirme que l'attitude actuelle de la mairesse Boucher s'avère la plus intelligente. Andrée Boucher a mentionné qu'il ne fallait pas céder aux réactions intempestives.

« C'est très lourd de conséquences, mais ça demeure fragmentaire. D'autres documents pourraient nuancer ceux-ci », conclut Russel Bouchard.

Quelques chiffres Les nations amérindiennes et inuite représentent 1% de la population du Québec. <> Il existe trois peuples autochtones au Canada: les Indiens, les Inuits et les métis. L'installation huronne à Québec date de 1650 à 1700. On trouve des Hurons en Ontario et aux États-Unis. Il y a environ 3 000 Hurons-Wendat au Québec (1 275 à Wendake). En 1990, la Cour suprême valide un traité de 1760 qui assure aux Hurons-Wendat le libre exercice de leur religion et de leurs coutumes sur leur territoire. (Source: Secrétariat aux Affaires autochtones du Québec et Affaires indiennes Canada)

lundi, novembre 06, 2006

Le chef de Mashteuiatsh déplore la sortie des Métis, mais se garde bien de parler des vraies choses / Le chef des Métis remet les pendules à l'heure

Il aura fallu utiliser nos prérogatives juridiques pour que les chefs Ilnutsh cessent enfin de nous mépriser et commencent à s'intéresser à nos requêtes. Gilbert Dominique n'est pas content. Il déplore notre démarche qui est pourtant celle de prédilection des Indiens : la Constitution et les Cours de Justice. Gilbert Dominique a beau déplorer et alléguer, il ne dit pas vrai. Si ce traité (L'Approche Commune) est signé sans nous les Métis, nous perdons notre titre aborigène et tous les droits ancestraux qui vont avec. La Cour suprême est formelle à ce sujet ; les traités et le titre aborigène sont exclusifs et tous les groupes autochtones concernés doivent être partie prenante d'un tel titre où n'existent tout simplement plus. C'est radical, mais c'est la vérité !

Russel Bouchard



Gilbert Dominique déplore la sortie des Métis
Par Daniel Migneault
L'Étoile du Lac, 5 novembre 2006

Le chef du Conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, ne croit pas que les négociations de l'Approche commune, qui concernent Mashteuiatsh, Essipit, Betsiamites et Natashquan, ont quoique ce soit à voir avec les revendications de la communauté métisse.

Lors de leur assemblée générale annuelle, les membres de Communauté métisse du Domaine-du-Roy et de la Seigneurie de Mingan ont décidé d'emprunter la voie des tribunaux pour obtenir une voix dans les négociations entre les Innus et les deux paliers de gouvernement. Ils craignent qu'une telle entente provoque l'extinction de leurs droits.

«On n'éteint pas les droits de personne, rétorque Gilbert Dominique. Les Métis doivent d'abord se faire reconnaître par le gouvernement fédéral. À ce moment-là, je crois qu'ils auront les éléments pour constituer leur propre table. Ils n'ont pas à interférer dans notre négociation. Par exemple, nous ne sommes pas aux mêmes tables que les Cris et les Atikameks, même s'il peut y avoir certains chevauchements. Je ne crois pas que l'intervention des Métis retardera l'avancement de nos négociations. Je suis un peu déçu de les voir s'attaquer à notre entente.»



RÉPONSE DE JEAN-RENÉ TREMBLAY,
Chef DES MÉTIS DE LA CMDRSM

M. Dominique (chef de la réserve de Mashteuiatsh) sait très bien que s'il réussit à signer ce traité, ce dernier (traité) sera à caractère exclusif et que, de par ce fait, les Métis perdront à jamais tous leurs droits. Nous ne nous sommes pas attaqués à cette négociation par choix, mais par obligation, étant tout à fait en accord avec un traité entre autochtones (Innu et Métis) et les gouvernements de ce pays.

Cachotteries, désinformation, manoeuvres de coulisse, mensonges, négation de l'histoire, voilà les armes d'attaque et de défense de nos opposants au traité de l'approche commune.

En réalité, il n'y a que nos conquérants (ceux qui nous ont pris nos terres) qui devraient être nos opposants. Nos frères innus/métis devraient comprendre cela. Malheureusement, quand ils seront devant le fait accompli, et que nous seront assis en face d'eux à la table de négociations, il sera trop tard. Ils aurons manqué une belle occasion d'alliance autochtone contre nos oppresseurs, les gouvernements.

Jean-rené Tremblay
Président/Chef de la CMDRSM

samedi, novembre 04, 2006

Québec, « terre huronne »... ou terre métisse !?!

« Québec, terre Huronne », voilà qui devrait donner de quoi réfléchir au conseil de ville de Québec, à ses citoyens et à ce Parlement qui n'ont jamais pris au sérieux les vives et tenaces inquiétudes soulevées au Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord par le très contesté projet de traité mis de l'avant par le gouvernement péquiste sous le titre trompeur de... « L'Approche commune ». Rappelez-vous seulement ! C'était la belle époque des Bouchard (le Lucide !), Landry, Chevrette, Brassard et Trudel, qui n'en finissaient plus de s'auto-flageller sur la place publique en faveur des prérogatives coercitives contenues dans l'article 35 de la Constitution canadienne. De fait, le seul article à avoir fait l'unanimité dans les deux Parlements malgré les avis de prudence émis par les Métis et les Canadiens français, eux-mêmes spoliés de leurs droits ancestraux .

Hier Bouchard (le Lucide !), aujourd'hui Charest, chaque gouvernement semble y trouver son compte et son intérêt dont on ne sait pas très bien encore où cela se trouve, à qui profite le crime, et quel en sera le prix réel à payer pour les Québécois, les Canadiens français et les Métis ?

Une fois sollicités, écrivais-je alors à de multiples occasions depuis le 14 juillet 2000, ces maîtres ressorts qui font se mouvoir les sociétés humaines quelles qu'elles soient, devront libérer leur énergie jusqu'à la fin de leur course, en faisant bouger tout le reste. Et c'est justement ce qui est en train de se produire ces jours-ci dans le périmètre même de la capitale nationale. Hier Saguenay ; aujourd'hui Québec ; demain Montréal. Ce sera selon, de Percé et Blanc-Sablon à Hull. C'est écrit dans la Constitution. Et si c'est écrit dans la Constitution c'est écrit dans le Ciel. Bonne chance le Québec...

Avec un tel lapin sorti d'un anonyme chapeau, la question n'est donc plus de savoir si ces documents lourds de conséquences existent, la preuve étant faite ; la question est désormais de savoir, y a-t-il encore des Hurons dans cette ville pour réclamer leurs titres et cette bien grosse part d'héritage ? Au Saguenay, pays Métis par excellence s'il en eut un, je vous rappelle que les Montagnais, disparus avant même que ne flotte sur la Citadelle française l'Union Jack, ont tenté d'éluder la question en se disant « Ilnutsh », qui veut dire les « Êtres humains », ce qui est une manière de proposer les choses. Et à Québec, il reste désormais aux historiens de prouver, hors de tout doute raisonnable, que les gens de ce petit peuple auquel appartient Max Gros-Louis, sont bel et bien des Hurons.

Pour ma part, permettez-moi de soulever le doute ou plutôt de poser la question sous un angle nouveau. Car d'autres documents, encore là méconnus des historiens, suggèrent fortement qu'ils (les Hurons) n'y sont plus depuis près de deux siècles. Voyez plutôt cet extrait tiré du « Rapport sur les Affaires des Sauvages en Canada, sections 1ère et 2ème. Mis devant l'Assemblée législative le 20 mars 1845 », et signé le 10 octobre 1842 à Kingston (alors la Capiale du Canada-Uni) par Charles Bagot, le Gouverneur en chef du Canada-Uni (référence : 8 Victoria, Appendice E.E.E., A. 1844-5).

***

« HURONS DE LA JEUNE LORETTE. Papiers Parlementaires 1839, p. 54. Ces Sauvages sont établis depuis longtemps à Lorette, qui n'est située qu'à neuf milles de Québec ; ils se disent descendants des Sauvages pour la conversion et l'instruction desquels la seigneurie de Sillery a été concédée aux Jésuites par la Couronnes de France, en l'année 1651. Ils sont maintenant au nombre de 189 : en 1836 leur nombre était de 219. Ils sont tous métis.

Les terres qu'ils possèdent actuellement, outre l'emplacement du village, consistent en quarante acres en superficie dans la Seigneurie de St. Gabriel qui est à environ deux milles du village. Excepté deux familles, ces Sauvages résident tous dans le village, qui comprend environ vingt acres, et contient trente-quatre maisons, (dont deux en pierre), et neuf granges et appentis. Leur nombre va diminuant à cause de la difficulté de se procurer des moyens de subsistances, ce qui les force d'abandonner le village graduellement. Les avantages que leur offre la proximité de pour y vendre le gibier, le poisson, et les divers objets travaillés par les Sauvagesses, sont plus que compensés et contrebalancés par les vices que ce voisinage a introduits parmi eux. Il n'y a pas longtemps encore, Lorette était le rendez-vous habituel de la jeunesse dissipée de Québec. Ce village devint le théâtre d'orgies nocturenes et des scènes des plus dégoutantes, à tel point qu'elles donnèrent l'éveil à la police de Québec, qui prit des mesures pour réprimer ces désordres... »


***

Conclusion. Puisqu'il faut sortir des documents de leur cimetière pour faire avancer les choses positivement dans cette contrée, alors tâchons de tous les sortir et de n'en point cacher. Car le contenu de cet extrait officiel est également lourd de conséquences pour ceux qui ont intérêt à contester ces faits : il dit, pour un, que les Indiens ont été remplacés par les Métis, ce qui est dans l'ordre naturel des choses et ce qui nous recale à d'autres devoirs impérieux ; pour deux, que le gouvernement reconnaît explicitement que les Métis sont des « Sauvages » dans le langage officiel de l'époque, ce qui, encore là, est lourd de conséquences ; et, pour, trois, que tous ces gens ont leurs propres coutumes, qui ne sont pas celles des Indiens des contacts, mais qui en conservent quelques traits mariés à ceux des Euro-canadiens, ce qui est à peu près la définition d'une culture « distinctive » telle que déterminée dans le jugement Powley.

Russel Bouchard
Historien et Métis
Auteur de « La communauté métisse de Chicoutimi », du « Peuple métis de la Boréalie », et de « La longue marche du Peuple oublié ».

vendredi, novembre 03, 2006

Le chef Métis, Archie Martin, en mission au Manitoba. Souhaitons-lui un bon vent en poupe...

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Montréal, le 3 novembre 2006

L’Union métisse Est-Ouest a le plaisir de vous informer que M. Archie Martin, président-chef intérimaire de la communauté Montréal-Hochelaga (Alliance Autochtone du Québec, AAQ) et chef de file des Métis du Nouveau-Brunswick, séjournera à Winnipeg du 6 au 10 novembre 2006. À cette occasion, il représentera M. Carl Dubé, Président Grand-Chef de l’AAQ, au colloque « Species at risk, Our Heritage, Our Responsability » (Les espèces en péril : notre patrimoine et notre responsabilité), qui se tiendra du 7 au 9 novembre dans le cadre du National Species at Risk Workshop for Aboriginal People (Atelier national pour les Autochtones sur les espèces en péril). M. Martin s’entretiendra également sur la situation des Métis du Nouveau-Brunswick avec quelques-uns de ses homologues, dont M. Gabriel Dufault, président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), fondée par Louis Riel.

Ismène Toussaint
Auteure et membre de l’UNMSJM


Tel A. Martin (dom) : (450) 451 4222
Tel Hôtel York, Winnipeg : 1-877 477 5817
Tel G. Dufault : (204) 255 8422

jeudi, novembre 02, 2006

Bouchard (Gérard !) se rétracte et permet désormais à la Cour suprême du Canada de se prononcer favorablement sur le fait Métis au Québec !

Les Métis de la Boréalie et du Québec tout entier pourront enfin dormir tranquilles. Après avoir exprimé ses lourds états d'âme à leur encontre mardi dernier au Cercle de Presse du Saguenay, voilà que le sociologue-romancier de l'UQAC, l'auteur de « Pikauba », remonte en chaire pour « préciser sa pensée concernant l'existence d'une communauté métisse historiquement reconnue au Saguenay–Lac-Saint-Jean ». De cet entrefilet perdu loin-loin dans le journal Le Quotidien de ce 2 novembre qui est justement le Jour des Morts de l'an 2006, Bouchard (Gérard !) revient sur ses déclarations de la veille pour préciser qu'il serait maintenant d'accord « qu'il puisse y en avoir quelques-unes, mais de petite taille ».

Nous voilà rassurés ! C'est la Cour suprême du Canada qui va être contente d'apprendre qu'elle a maintenant le feu vert de l'inventeur de la « nation civique franco-québécoise » et qu'elle peut dès lors accueillir la cause des Métis du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord pour procéder à leur reconnaissance officielle...

Russel Bouchard
Le Métis
2 novembre 2006

mercredi, novembre 01, 2006

Cachez ce Peuple que je ne saurais voir !

Gérard Bouchard et le « piège idéologique »
par Richard Harvey

Il aura donc fallu plus de six années au professeur Gérard Bouchard, de l’UQAC, pour comprendre enfin, dans la foulée du retentissant sommet des Premières Nations du Québec, le sens profond et intime des revendications autochtones énoncées clairement par le grand chef M. Ghislain Picard au soir de ce sommet historique. Six années donc au cours desquelles ce père de «l’histoire sociale» –celle qu’on invente en fonction des objectifs sociopolitiques et économiques poursuivis – a entretenu et alimenté de toutes ses lubies et errances un discours idéologique proprement erroné et fort mal documenté sur la question. Il se dit donc aujourd’hui, déçu de cette radicalisation (sic) du discours innu.

D’autre part, il fustige du même souffle les Métis en qualifiant leur démarche et leurs objectifs de nébuleux et sans fondement. Ce dernier devrait donc profiter de cette soudaine «lucidité» qui l’affecte pour comprendre, une bonne fois pour toute, que, premièrement, les objectifs, les motifs et les conséquences des démarches qui s’inscrivent dans la mouvance métisse actuelle sont les mêmes que celles des Innus et des Premières Nations; indubitablement les mêmes.

Deuxièmement, que cette mouvance des Métis s’inscrit essentiellement dans un cadre juridique qui échappe à tout discours idéologique ou politique et qu’en conséquence, lui et beaucoup d’autres devront en débattre seuls sur la place publique, ne leur en déplaise.

Troisièmement, ils devront lui et d’autres aussi, s’ajuster à la réalité constitutionnelle canadienne car ce ne sont ni eux, ces idéologues institutionnalisés, ces politiciens et lobbyistes ignorants et hypocrites ou encore ces pseudo-vedettes médiatiques qui règleront la question des droits des Métis, mais bien des juges qui baseront leurs décisions sur le droit jurisprudentiel canadien en matière autochtone. Quelle victoire pour la justice et la dignité!

Quatrièmement, si le professeur Bouchard reconnaît de lui-même que plus de la moitié de la population du Lac-St-Jean-Saguenay-Côte-Nord est métissée, il lui faut reconnaître à fortiori leurs prétentions. Imaginez donc pour finir, si tout ce beau monde joignait les rangs de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, la force que nous aurions pour réaliser enfin ce pays souhaité. Un pays autochtone certes; ensembles, Innus, Métis et Canadiens français nous réaliserions ce pays et réussirions, là où ces fossoyeurs de peuples ont lamentablement échoué.
C’est la grâce que je nous souhaite pour le mieux être de TOUS!

Richard Harvey, Métis
L’ascension de N.S
2006-11-01




MISE EN SITUATION :
Invité par le Conseil de Presse du Saguenay à se prononcer sur les actuelles revendications de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan eu égard à la chaise qu'ils revendiquent à la table des négociations sur l'Approche commune, le professeur Gérard Bouchard se demande comment cela pourrait se faire (?). « Qu'est ce qu'on entend par Métis ? Est-ce quelqu'un qui se trouve à un moment donné un ancêtre amérindien ou à la quatorzième génération ? » Selon la lecture qu'il donne au jugement Powley, il ne peut y avoir de communauté métisse historiquement reconnue au Saguenay–Lac-Saint-Jean, « sinon on pourrait quasiment dire que la moitié de la population est Métisse ».

Voilà qui devrait faire plaisir au ministre délégué aux Affaire autochtones du Québec, Geoffrey Kelley, au sénateur d'origine ilnut, Aurélien Gill, au chef Gilbert Dominique, à Rémy Kurtness, aux négociateurs gouvernementaux, aux avocats des Ilnutsh et au ministère de la Justice du Québec qui vient justement de verser 142 500 $ de bel argent neuf à des universitaires de haut calibre afin de pouvoir en juger sur la foi de l'histoire, de la géographie historique, de l'ethnologie et d'un art d'interprétation tout à fait nouveau chez nous, l'ethnogenèse (en espérant que ces derniers leur fournissent les moyens d'infirmer notre existence et notre présence).

Après avoir fait périr les Canadiens français dans sa fabuleuse « nation civique franco-québécoise » (VLB, 1999) ; après s'être attaqué jusqu'à ce mort s'ensuive à la « mémoire trop longue des Canadiens français » (Boréal, 1999 : 49) ; après avoir clairement notifié qu'« il y avait tout un travail de déconstruction à faire dans l'oeuvre » (Boréal, 1999 : 127) de nos poètes et historiens qui ont chanté haut l'esprit de la nation canadienne française ; et après avoir annoncé qu'il était en train de « réécrire l'histoire des Ilnutsh » (à ses yeux, ce sera donc la seule histoire valable !), voilà donc que le professeur Bouchard (Gérard !) tourne ses canons en direction des Métis de son propre Pays ! Si les explications de Bouchard (Gérard !) manquent de limpidité et de vision dans ce dossier de recherches où il vient tout juste de débarquer, cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille le laisser tirer sa révérence sans le saluer avec une salve mesurée.

Sur le fond de cette affaire, Bouchard (Gérard !) ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà, si ce n'est qu'il confirme du haut de sa chaire qu'il se trouve bel et bien, au Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord, tout près de 50% de Métis. Cinquante pour cent, c'est environ 180 000 personnes. Cela dépasse notre propre estimation ! Mais enfin ! Si l'affaire vient de Si-Haut et si le journal Le Quotidien prend le temps de le dire, c'est donc que ça doit être vrai à quelque part. 180 000 Métis ! S'il n'y a pas de quoi faire une Nation comme on dit au Canada, c'est plus qu'il n'en faut pour faire une seule communauté et il y a là certainement de quoi faire un peuple ou deux...

Russel Bouchard

dimanche, octobre 29, 2006

Lancement de « La longue marche du Peuple oublié... ».

Lancement de « La longue marche du Peuple oublié... ». Adresse de J.-R. Tremblay, chef de la CMDRSM

Bonjour à tous.
C’est la troisième fois que je préside au lancement d’un livre de Russel Bouchard consacré à notre peuple. J’ai lu cet ouvrage et c'est un bonheur renouvelé d’être ici pour le lancement de « La longue marche du Peuple Oublié... » . Dans ce livre, Russel écrit tout simplement nos vies de Métis. Il fait l'éloge de ce que nous sommes. Il explique à ceux qui nous cherchent, la manière de nous trouver, et il dit à ceux qui ne veulent pas nous trouver, que nous n'avons jamais été aussi vivants et qu'ils doivent déjà compter sur notre présence.

Je n’ai jamais parlé de ma vie, de mes états d’âme, de mes traditions familiales, de mes faits de jeunesse ou de mes croyances autochtones à Russel. Pourtant, sans savoir cela, il m’a décrit fidèlement dans ce livre. Dans certains passages, j’aurais cru être lui ou son frère. Même sa photo, en page sept, où je me reconnais (trente ans plus jeune et avec un peu d’imagination pour le visage) au lac du Portage, transportant fièrement la tête d’une belle femelle orignale. Ce livre est une photographie intérieure de ce que nous ressentons, de ce que nous sommes, nous du Peuple Métis de la Boralie, de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan.

Ainsi, écrit-il en conclusion : « L’Amérique tel que nous l’avons édifiée, ce n’est ni le Capitol, ni la Maison Blanche, ni le Pentagone, ni les parlements d’Ottawa et de Québec. L’Amérique c’est nous [et j’ajoute : c’est vous]. Ceux qui nourrissaient et qui nourrissent toujours des ambitions d’affaires sur nos ressources naturelles et qui croyaient que cette fibre identitaire était trop peu à leurs yeux pour qu’ils s’y attardent, devront se faire à l’idée. Ils doivent comprendre qu’il ne suffit pas de diviser pour régner et de nier l’existence d’un peuple qui tient mordicus à son identité, à ses coutumes et à son territoire, pour le faire disparaître. » Fin de la citation.

Les métis sont des gens humbles, ils ne se pareront pas de couleurs flamboyantes pour étaler leur culture. Le perroquet vêtu de ses plus beaux atours se retrouve malheureusement trop souvent en cage et la corneille humblement vêtue de son manteau de liberté (noir luisant), notre oiseau fétiche, reconnue comme l’un des oiseaux les plus intelligents de la planète.

Ce dernier livre de Russel n’est pas qu’un hommage à notre Peuple. Il est porteur de vérités pures qui aideront et guideront certainement les hommes et les femmes de bonnes volontés à nous trouver, à nous connaître et, si possible, à nous accompagner dans notre quête.

Le plus grand des MERCI à Russel. Son livre ne mérite pas trois étoiles, mais beaucoup plus... trois plumes de corneilles.

Jean-René Tremblay
Président/Chef de la CMDRSM

samedi, octobre 28, 2006

Je suis Métis, c'est déjà tout dire !

–Allocution prononcée à l'hôtel Le Montagnais, le 28 octobre 2006,
dans le cadre du lancement du livre « La longue marche du Peuple oublié... »–


Nous avons tous dû souffrir en silence, ces derniers jours, lors du Forum des Premières Nations, qui s'est tenu à Mashteuiatsh sous la coprésidence du Chef Ghislain Picard, du premier ministre du Québec et du ministre des Affaires autochtones du Canada. Être les grands oubliés de l'histoire est déjà une souffrance en soi ; être niée d'existence par les deux paliers de gouvernements supérieurs sensés pourtant nous protéger et par la communauté soeur avec qui nous partageons une histoire et des souffrances communes depuis cinq siècles, ajoutent le mépris et l'injure à ces insultes répétées que nous recevons par-dessus les plaies de nos pères et de nos mères. Je ne vous cacherai pas que cette autre brûlure, que j'ai ressentie, ce mercredi midi, lorsque le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec, M. Kelley, a affirmé, trois fois plutôt qu'une, sur les ondes radiophoniques... « qu'il n'y a pas de communauté métisse au Québec », a puisé dans mes réserves de patience et de retenue. Et je n'ai aucune peine à imaginer la frustration que vous avez alors ressentie.

Bien sûr, ce genre d'événement où nous sentons le poids de l'histoire s'acharner sur nous à coups redoublés, n'a rien de gratifiant. Cela dit, une fois que nous avons exprimé notre douleur et réitéré l'esprit de notre démarche, il nous reste un ultime devoir, celui de lutter dans la dignité puisque c'est là notre idéal commun, et de gagner la dernière manche, c'est-à-dire celle qui embrasse toutes les autres.

Certes, cela est frustrant, humiliant voir démoralisant à la longue, mais je suis d'un tempérament pacifique et je crois toujours aussi fermement que la lutte pour la justice est une juste lutte et que, dans un monde idéal, elle ne peut être soustraite aux lettres de la loi qui la soumettent. Ayant foi à la démocratie, je tâche aussi de ne pas oublier que nous écrivons l'histoire, ce qui est un geste éminemment collectif. Ce qui veut dire également construire quelque chose de nouveau et de positif, aller à contre-courant de la pensée dominante, gagner sur l'esprit d'un temps décadent.

Nous ne réclamons pas le bien et le droit au territoire de nos frères et soeurs indiens et inuits auxquels nous entendons rester solidaires malgré le vent de division que l'esprit du sud attise de tous ses feux pour pérenniser sa domination. Nous disons simplement aux uns et aux autres de considérer que nous sommes partie prenante de cette longue marche que nous entendons poursuivre dans la dignité, que nous avons également des besoins à considérer, que nous sommes nous aussi fils et filles de cette Terre-Mère, et que le rejet du mépris qu'on nous fait subir depuis si longtemps n'est plus une alternative mais un devoir de tous les instants.

S'inspirant de la fameuse phrase de Robert Bourassa, lancée aux lendemains de l'échec du Lac Meech, en ouvrant le Forum socio-économique des Premières Nations, le chef Ghislain Picard a pris bien soin de préciser son auditoire que : « quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, les cultures, les valeurs et les philosophies de nos peuples étaient et sont restées fondamentalement différentes de tout ce qui caractérise la société dominante québécoise. Soyons clairs, et disons les vraies affaires : je ne suis pas canadien, je ne suis pas québécois, je suis innu... »

Personnellement, en tant que Métis, je salue cette audace et y souscris... bien que je trouve cette énoncée encore bien incomplète. Dans mon esprit à moi, les besoins des uns ne sont pas une raison pour oublier les besoins des autres. Que tous ces gens, premiers ministres, ministres, délégués et grands chefs me comprennent bien à leur tour : tant que les Métis ne seront pas considérés pour ce qu'ils sont, eux aussi membres d'un peuple fondateur, avec ses propres besoins, sa fierté et ses droits, la fraternité à laquelle on nous demande de souscrire n'est que langage de politiciens et la justice qu'un projet. S'il faut parler vrai, alors je conclurai en essayant d'être tout aussi clair : je ne suis ni de l'esprit du conquérant ni de l'esprit du conquis, je suis Métis. Et tant que les Métis ne seront pas considérés pour ce qu'ils sont, des « gens libres » et différents, rien ne se fera. Je suis Métis, c'est déjà tout dire !

Merci aux nôtres de ne pas lâcher...

Russel Bouchard
Le Métis
28 octobre 2006

jeudi, octobre 26, 2006

Les Métis de la CMDRSM entament une troisième poursuite contre les gouvernements et les Ilnutsh

Le jeudi 26 octobre 2006

APPROCHE COMMUNE
Les Métis s'adresseront aux tribunaux
Roger Blackburn
Le Quotidien
Chicoutimi

Les Métis de la région ont l'intention de s'attaquer au processus de négociation de l'Approche commune, entre Québec et les nations autochtones.

"Le gouvernement refuse de reconnaître la communauté métisse et nous indique la voie des tribunaux pour faire valoir nos droits. C'est donc par cette voie que nous allons cibler l'Approche commune afin de prendre part à ces négociations. Les Métis ne peuvent pas être écartés de ces pourparlers qui les concernent directement", soutient René Tremblay, porte-parole de la communauté métisse du Domaine-du-Roy et de la Seigneurie de Mingan.

Les membres de ce rassemblement profiteront de leur assemblée générale annuelle, qui se tiendra samedi, à l'hôtel Le Montagnais de Chicoutimi, pour donner un mandat à leurs dirigeants. "Notre rencontre durera de 8 h à 16 h. Les membres métis auront donc toute la journée pour signer un document demandant aux dirigeants de notre organisation d'initier une démarche judiciaire ciblée directement sur ces négociations", informe le porte-parole.

La Communauté métisse du Domaine-du-Roy et de la Seigneurie de Mingan compte 3000 membres inscrits. "Ça fait à peine deux ans que nous avons assis les fondements notre organisation et les gens s'affichent comme Métis, une des conditions pour être reconnus", indique René Tremblay. "Les gens ont intérêt à devenir membres d'une communauté le plus rapidement possible, car après les jugements des tribunaux, il sera trop tard", prétend le vice-président de la communauté métisse de la région.

"Lors de l'assemblée annuelle, nous allons informer les membres sur les causes pendantes devant les tribunaux et sur la stratégie à adopter face à l'Approche commune", informe René Tremblay.

"Le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec,Geoffrey Kelley, a déclaré, mardi, à Myriam Ségal sur les ondes de CKRS-Radio que pour le gouvernement du Québec, il n'existe pas de communauté métisse.

Il faudra donc attendre les jugements des tribunaux pour prendre notre place à la table des discussions", conclut René Tremblay, invitant les membres à faire un détour à l'hôtel Le Montagnais, samedi, pour signer le document en rapport avec l'Approche commune.

© 2006 Le Quotidien. Tous droits réservés.

mercredi, octobre 25, 2006

Forum des Premières Nations. Le ministre Kelley a perdu une belle occasion de paraître plus grand que nature !

La presse du Québec en fait largement état depuis plus d'une semaine, la communauté indienne de Mashteuiatsh (environ 2 400 habitants) reçoit du grand monde, dans le cadre du Forum socio-économique des Premières Nations qui se déroule (du 25 au 27 octobre) à un jet de pierre de la ville de Roberval « on the Lake St John ! » Une première au pays !

Dans l'esprit du chef Ghislain Picard (APNQL) et des organisateurs, ce forum est jugé d'une importance capitale pour l'avenir des peuples « autochtones » du Québec (je dis bien « autochtone »), car il s'agit là de discuter, en primauté, de l'avenir socio-économique de ces gens qui, n'a-t-on de cesse de nous le répéter, étouffent dans leur petit monde de réserves qui déborde de tout bord tout côté vers la ville qui n'est décidément pas outillée pour les y accueillir. L'affaire est en tout cas prise très très au sérieux par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et par le ministre fédéral des Affaires indiennes, M. Jim Prentice, qui ont accepté de se déplacer ici pour coprésider l'événement avec M. Picard, alors que l'effondrement de l'industrie forestière n'a pu attirer le premier ministre dans nos murs, bien que le Saguenay–Lac-Saint-Jean contribue pour 25% de la matière ligneuse utilisée au Québec !

Appelé à répondre aux questions de l'animatrice Myriam Ségal sur les ondes de la radio locale de CKRS qui lui demandait (à 12h. 21, le 24 octobre) « pourquoi ne pas avoir associé les associations de Métis », le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec, M. Geoffrey Kelley, a sèchement répondu que, « pour le moment, la position du gouvernement du Québec, [est qu']il n'y a pas de communauté métisse. Et je souligne communauté métisse au Québec ». Pour être bien sûr qu'il allait être bien compris et bien cité, et pour répondre à l'animatrice qui lui demandait alors s'il se rendait bien compte « de la gifle » qu'il venait « de servir à pas mal de monde dans notre région », M. Kelley a renchérit en soutenant qu'il n'y avait pas de communauté métisse à Chicoutimi et que « les bâtisseurs de la communauté de Chicoutimi étaient avant tout les personnes qui arrivaient de Québec, de Montréal, et d'autres régions du Québec », et qu'il fallait s'en tenir à la jurisprudence du jugement Powley disant qu'une communauté métisse distincte doit avoir des « racines loin dans le passé, et [que] la position officielle du gouvernement du Québec, c'est pas nouveau, est de, toujours, que ces communautés métisses n'existent pas au Québec ».

C'est là l'essentiel du propos du Ministre Kelley, et je ne crois pas avoir contrevenu aux règles de l'art de la citation par la manière de le présenter. Il n'en fallait pas tant pour soulever l'ire des membres de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, qui se démènent depuis des mois et des mois, sans aide gouvernementale aucune, dans l'espoir de faire reconnaître, par les rouages de la démocratie, leur droits inaliénables à la vie, dont celui, fondamental, de la reconnaissance par ceux-là même qui sont constitutionnellement tenus de les protéger (entendons les gouvernements supérieurs). Un non sens, qui me porte à dire que M. le Ministre a perdu une bonne chance de paraître plus grand que nature, qu'il est totalement déconnecté de la réalité socio-politique et historique nous concernant, et qu'il est complètement dans le champ en ce qui concerne à la fois la jurisprudence de la Cour suprême du Canada et l'histoire de Chicoutimi, le berceau historique et culturel du Peuple Métis de la Boréalie québécoise.

Pour un ministre qui a déjà été membre de la Commission de la culture (1994-1998), historien et anglophone en sus, l'énormité de la chose est d'autant décuplée qu'il me faut prendre le temps de lui rappeler la lourdeur conséquente de son propos public et sa totale méconnaissance de l'histoire de Chicoutimi. Cela étant, je lui répondrai d'abord en vertu des charges qui lui sont conférées dans son mandat de haut-fonctionnaire rattaché aux dossiers des communautés culturelles qu'il a un impérieux devoir de retenue et de réserve quand il est question d'une minorité ethno-culturelle qui réclame du reste son aide et sa protection, d'autant plus qu'il est déjà tenu de représenter son propre ministère dans au moins deux causes judiciaires où il est pris à partie par notre communauté pour avoir bafoué nos droits et contrevenu aux jugements de la Cour suprême du Canada en vertu du jugement Haïda (pour ne nommer que celui-là).

Pour deux, M. l'historien qu'il dit être devrait alors savoir qu'en histoire il est une vérité de La Palisse de dire qu'on ne peut prouver l'inexistence d'une chose puisqu'elle est sensée ne point avoir existé. Avant de proférer des sottises à la radio locale, M. le Ministre aurait dû être également mis au courant par ses professionnels de tout ce qui s'est écrit sur le sujet depuis deux ans, à l'effet que la localité de Chicoutimi a été justement fondée par le père des Métis de la Boréalie, Nicolas Peltier qui est arrivé chez nous en 1671 et qui y est mort en 1729 après avoir essaimé et mis au monde les premières bases du peuple Métis ; que les Métis étaient là, en 1842, lorsque le Métis chicoutimien Peter McLeod est venu y ouvrir une scierie ; qu'ils étaient là en 1851, lors du premier Recensement fédéral, et qu'ils y sont encore aujourd'hui, plus vivants que jamais. Et il faut de suite le rétablir sur le chemin de la vérité en lui apprenant que les colons qui sont venus s'établir dans notre suite, à partir de 1842, ne viennent ni de Québec ni de Montréal comme il l'a erronément affirmé sur les ondes, mais de Baie-Saint-Paul, de La Malbaie, de Saint-Urbain et des environs de Charlevoix.

Pour trois (le jugement Powley et la Cour suprême), M. le Ministre aura l'occasion, à compter de samedi prochain, jour du lancement officiel du livre « La grande marche du Peuple oublié », de bien apprécier toutes ses errances à ce sujet. Il pourra apprendre que le jugement Powley ne dit pas ce qu'il dit y avoir lu, qu'il est une suite des jugements Van der Peet et Delgamuukw, que la Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones du Canada (1996) soutient le contraire de ses assertions, et qu'il devra lui-même, devant l'histoire et au regard du jugement Haïda (2004), reconnaître ce que nous sommes et s'excuser de nous avoir si inélégamment insulté sur la grande place publique.

Pour quatre, je comprends qu'à travers la voix du Ministre, c'est l'esprit d'un conquérant qui s'est exprimé, et cela il faut de suite lui dire que nous n'en sommes pas à une gifle près au visage qui nous est assénée par cette sorte de monde. Si M. le Ministre voulait semer une commotion et susciter le réveil chez Nous, son voeu est exaucé. Nous n'apprécions pas ! Mais alors là pas du tout...

Russel Bouchard
Historien et Métis
25 octobre 2006

jeudi, octobre 19, 2006

Rébellion en vue sur la Côte-Nord. Chaos droit devant !...

Il fallait s'y attendre ! Considérez que c'est là le début du chaos que je disais craindre, en juillet 2000, lorsque j'ai entrepris de dénoncer, avec quelques amis éclairés, le projet de traité (l'Approche commune) —exclusif— entre le gouvernement du Québec, Ottawa et les Ilnutsh. Tout ça au détriment des régionaux, des allochtones, des Canadiens français et des Métis. C'est là un premier geste, officiel et réel, de rébellion des régions ressources contre le Parlement de Québec.

Cela peut paraître anodin au commun des mortels, mais c'est très significatif sur ce qui s'en vient avec cet effondrement du Québec dont on ne voit que le bout de l'iceberg. Et le plus grave dans tout ça, c'est que les gouvernements et les Ilnutsh ne semblent pas comprendre de la précarité de ce temps.

Je suis inquiet...

Lisez plutôt cette nouvelle qui vient tout juste de paraître

Russel Bouchard
Le Métis

Coupe de bois
Un permis délivré sur un terrain revendiqué par les Innus


La MRC de la Haute-Côte-Nord a délivré un permis de coupe de bois sur un terrain revendiqué par les Innus d'Essipit. Elle va ainsi à l'encontre de toutes les recommandations du gouvernement du Québec.

Le Groupement agro-forestier et touristique de la Haute-Côte-Nord loue un terrain depuis 10 ans au ministère des Ressources naturelles. L'organisme veut réaménager sa bleuetière, mais Québec l'oblige à négocier avec les Innus d'Essipit parce que le terrain loué se trouve sur un territoire revendiqué par les autochtones. Toutefois, la MRC de la Haute-Côte-Nord, maintenant gestionnaire du terrain concerné, a écarté les recommandations de Québec pour délivrer le permis.

« Tant et aussi longtemps que le traité ne sera pas signé, on demande au premier ministre d'avoir la permission de faire comme on faisait avant. On ne peut pas bloquer le développement de la Haute-Côte-Nord dans le moment en pensant que dans quelques années ils vont l'avoir », fait valoir le préfet Jean-Marie Delaunay.

La MRC déplore que les ministères québécois aient mis le pied sur le frein depuis la signature d'un cadre de négociations avec les Innus en 2004.

De son côté, le Groupement agro-forestier et touristique se réjouit de la décision de la MRC. Il avoue même qu'il était prêt à défier la réglementation en l'absence d'un permis.

« Nous aussi nous étions insatisfaits du déroulement du dossier et on envisageait aussi de procéder sans permis de coupe », affirme le président du Groupement, Jean-Marie Bélisle.

La MRC de la Haute-Côte-Nord attend de pied ferme les représailles qui pourraient venir de Québec.

samedi, octobre 14, 2006

Négociations avec les Indiens, virage à 180 degrés pour le PQ !!!

Vous vouliez avoir la preuve que le PQ n'a jamais su où il allait avec le dossier de l'Approche commune, en voici une pas piquée des vers ! Alors qu'il s'est évertué, contre vents et marées pendant des années, à nous enfoncer dans la gorge le traité avec les Ilnutsh qu'il disait la seule manière de faire avec les Indiens (leur donner 45% du territoire québécois et tous les droits qui vont avec), sans tenir compte des droits inaliénables des Métis, des Canadiens français et des allochtones régionaux. Voilà que ces faiseux de pays s'insurgent contre le projet d'une pourvoirie mic maque en Gaspésie, alors qu'ailleurs leurs joyeux compagnons péquistanais plaident en faveur du contraire.

Raisons évoquées par ces charmants assoiffés de pouvoir ? Illégitimité du projet du Parti libéral au pouvoir ; spoliation des droits ancestraux du peuple gaspésien ; absence d'une chaise des Gaspésiens à la table des négociations ; obscurantisme des négociateurs gouvernementaux ; négociations menées dans l'ombre et le secret... Bref, à peu de chose près, on croirait entendre tous les Russel Bouchard du Saguenay, les Richard Harvey du Lac-Saint-Jean et les André Forbes de la Basse Côte-Nord, qui ont dénoncé à gorges déployées, de 2000 à 2004, la duplicité du Parti québécois et la dérangeante complicité du Parti libéral (Québec et Canada) dans l'affaire tristement dégénérée de l'Approche commune.

Décidément, tous partis confondus, les politiciens de ce pays ne cesseront jamais de m'épater. La preuve est faite (en eut-il fallu d'une ?), que la bannière soit bleu, rouge ou verte, le pouvoir est monochrome, et l'appétit qu'il procure à ceux qui n'en n'ont pas (de pouvoir !) est le pire ennemi de la mémoire. À tous les coups, l'histoire est une répétition sans fin. Le bon peuple, qui rêve de jours meilleurs, reste invariablement la dupe de ce jeu d'initiés dans lequel on lui demande de miser, pour les quatre prochaines années, tous ses avoirs, son patrimoine et son avenir...

Russel Bouchard


Pourvoirie autochtone : le PQ demande l'arrêt des négociations
par Alain Lavoie

http://www.hebdosquebecor.com/eba/10152006/eba_10152006_A4.shtml

Le Parti Québécois de Bonaventure dénonce le projet actuellement négocié entre le Gouvernement du Québec et Gesgapegiag visant un territoire de plus de 500 km2 comprenant notamment le canton de Baldwin et le secteur du Lac Ste-Anne.

« Je trouve étrange que notre Gouvernement national négocie actuellement la gestion d'un territoire gaspésien sans que le processus ne soit davantage expliqué à la population, indique le président du PQ, Benoît Cayouette. La première question que nous devons poser est la suivante : De qui le Gouvernement du Québec a-t-il obtenu le mandat d'aller de l'avant avec une telle démarche ? De plus, toute démarche visant à restreindre l'accès des Gaspésiens à leur territoire devrait minimalement impliquer ceux-ci dans le processus de négociation. Or, la démarche actuelle entre le Gouvernement du Québec et le Conseil de Bande de Gesgapegiag ne satisfait aucunement cette condition minimale et il est conséquemment impossible pour nous d'en approuver les objectifs et les fondements. On ne peut que comprendre et partager l'inquiétude manifestée par plusieurs utilisateurs du territoire face à cet enjeu. Je déplore également le silence et l'attentisme de nos représentants élus sur cette question. Conséquemment, je demande au ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, de suspendre l'actuel processus de négociation », poursuit le président Cayouette.

Des pauvres dans des réserves
Le PQ de Bonaventure demeure préoccupé par la situation que vivent les autochtones dans les réserves. «L'explosion démographique, la pauvreté et les effets néfastes qui en découlent nous obligent à trouver des solutions. Cependant, je doute fort que le déroulement actuel des négociations favorise la compréhension et l'harmonie entre les communautés puisque l'une de celle-ci en est volontairement et malheureusement exclue », ajoute M. Cayouette.

lundi, octobre 09, 2006

Les Mic Macs ne sont pas les seuls autochtones en Gaspésie ! Qu'on se le dise !! Les Métis ont eux aussi le droit de vivre et celui au bonheur.

« REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE

Gaspésiens ou Métis? Mais les deux Madame !! Et nous sommes fiers de l’être.
Je comprends que pour beaucoup de gens la Gaspésie c’est le bout du monde…c’est le bout du monde à la côte Est du Canada, là où en grande partie le métissage a officiellement commencé en 1604 et là aussi où les traditions Métisses se sont consolidées jusqu’à ce jour.

Je ne suis pas généalogiste et ne prétend pas l’être, mais j’en connais au moins un personnellement qui est autorité en la matière et qui ne tient pas le même discours que je lis dans votre article et en qui j’ai une absolue confiance.
Donc je vais m’abstenir de débattre le pourcentage de sang amérindien dans les veines des Gaspésiens, je laisse ça aux experts et aux chercheurs.

Pour ce qui est des revendications territoriales de nos cousins Micmacs, voici ce que nous, Gaspésiens-Métis et autres en pensons. L’Histoire nous dit ceci : " La Gaspésie est un territoire qui n’a jamais été colonisé, ni céder à l’européen". Donc, j’en conclus qu’elle appartient à ses habitants , c’est à dire les Premières Nations, les autochtones (Indiens et Métis) , mais surtout aux derniers , les Métis qui ont développé, construit et façonné la Gaspésie à leur image à son état actuel.

La Communauté Métisse de la Gaspésie / Gaspé Peninsule Métis Community a débuté son recensement pour s’inscrire a ses registres, et les adhésions à ce jour sont au-delà de nos espérances.

Oui nous voulons nous faire reconnaître par le plus haut tribunal du pays et oui nous voulons ainsi faire connaître nos droits et nos traditions. Et oui, ce sera sûrement coûteux et long, mais combien nécessaire si nous voulons vivre en paix et en vérité dans le futur.

Je sais ce qu’implique la reconnaissance des droits autochtones et je sais que cela fait peur à bien des élus de nos gouvernements et aussi à certaines communautés autochtones (sur les réserves), mais c’est ainsi et on ne peut rien y changer.

Mais aussi je voulais dire ceci, comme me le dit souvent un de mes frères de chasse : "Quand t'as le doigt sur la détente, t’as le choix d’appuyer ou pas, mais tu restes toujours responsable". Là je parle de chasse et pas d’autre chose.

Maintenant, pour ce qui est du paragraphe "Les revendications des Métis ne font pas l’affaire de certaines communautés autochtones, notamment celles des Micmacs de la Gaspésie". Nous ne revendiquons pas ce territoire, il nous appartient déjà et cela depuis très très longtemps où nous pratiquons traditionnellement la chasse, la pêche et la cueillett. Et ce territoire que vous dites "non –organisé" , il l’est depuis plus de 100 ans par le Gaspésiens Métis. Des camps de plus de 70 ans s’y trouvent pour la chasse à l’orignal, du grand-père au père et au fils ainsi de suite…. Cela, a un nom … "tradition" !!! Et là, lorsque d’autres autochtones demandent ce territoire pour en faire une pourvoirie privée par tradition ancestrale d’une bande autochtone sur réserve, je suis estomaqué !!! Entre gens qui se disent civilisés et surtout par droits (ce qui est juste) , la loi autochtone , ça se dit pas et ça se passe pas !!!

Ce territoire de près de 500 kilomètre carré est exploité par plus de 400 chasseurs, pêcheurs à 80% autochtones venant de Nouvelle, à Pabos, et surtout Paspébiac. Et oui, Paspébiac, le berceau de tous les Métis de la Gaspésie comme il est si bien dit dans l’article.

J’ai 53 ans et j’ai passé toute ma vie à ce jour dans le bois de Bréboeuf à l’Ontario et surtout dans les montagnes des Chics Chocs. J’en ai fait ma vie comme guide de chasse et pêche et j’ai enseigné mon art sur les réserves et hors réserves. Et je peux vous dire ceci : Ma vie n’est ni un métier ni une profession mais une vocation et dans tout l’enseignement que j’ai fais, il y a eu beaucoup d’appelés mais peu d’élus!!

Comme le dis souvent ma compagne Métisse : "Lorsque la fièvre de la chasse arrive , t’es plus pareil, tu es un Sauvage –Animal". Et oui , c’est ça un Métis. Et je le dois à toute ma famille , Grand-Père Cyr, ma mère mon père, mes oncles ( surtout Ti-Mé, Aimé le père de Raymond ) et bien sûr Raymond , mon complice, mon frère celui avec qui complicité est vertu…. Et qui sera avec moi à la chasse en octobre!! Quel Honneur !! Et quel Bonheur !!

Tout ça pour vous dire que je suis triste de voir des cousins (Micmac) ne chasser que depuis 7-8 ans sans restrictions, depuis Marshall, sur nos territoires déjà organisés et profiter de leur semblables….c’est triste !!!

Pour ce qui est de M. John Martin qui se dit offusqué par une communauté Métisse suspecte, je lui dit ceci : "Si 1604 n’était pas arrivé , il ne serait pas de ce monde car il est Métis lui-même. Et du haut de son statut et de ses millions qui viennent du fédéral et grande partie pris par les impôts et les taxes des autochtones hors-réserves, il devrait se regarder dans un miroir et se reconnaître". Lorsqu’il parle des chasseurs qui veulent empêcher sa pourvoirie, il confond l’Association Sportive Chasse-Pêche de la Baie-des-Chaleurs à la Communauté Métisse dela Gaspésie et personne à ce jour dans la C.M.G est raciste envers sa communauté. C’est faux ! Il joue à la victime …(politique)

M. Martin demande toujours le respect mutuel entre gouvernements et le sien !!! Et les autres ? Mais quel respect a-t-il envers nous ?? Le respect ça se mérite et si on en a pour les autres on peut s’attendre à en recevoir….

Je pourrais élaborer sur M. Martin mais je garde cela pour plus tard.

Je vais terminer sur ceci, je vous reviendrai bientôt après la chasse….

Mais je peux vous dire ceci :
1-Pourvoirie privée pour aider les Micmacs – Oui.
Peut-être sur la réserve Dunière achetée par la Bow Water par le gouvernement du Québec au coût de $39 millions (avec nos taxes et impôts) à la condition que ce soit des gens de la réserve Micmac de Gesgapegiaq qui y travaillent vraiment.

2- Deux proverbes souvent entendu par mon père.
- Ne réveillez pas le lion qui dort !!
- Qui sème le vent , récolte la tempête!!

Sur ce, je ne parle pas Micmac mais je parle avec mon cœur.

Marc LeBlanc
Président C.M.G/G.P.M.C »

jeudi, octobre 05, 2006

« La longue marche du Peuple oublié », bonnes nouvelles ! Le livre est dans les caisses...

La première édition de mon livre, « La longue marche du Peuple oublié... / Ethnogenèse et spectre culturel du Peuple Métis de la Boréalie », est maintenant dans les caisses et n'attend plus que le lancement qui aura lieu, tel que prévu, le 28 octobre prochain, à l'hôtel Le Montagnais, Blv. Talbot, Chicoutimi, à 9 h. 30 AM. Il fera office de mot d'entrée de la deuxième réunion générale annuelle des membres de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan. Je suis particulièrement satisfait du produit fini ! Très satisfait même !! Par ce troisième ouvrage, notre communauté aura rempli pleinement les exigences de la Cour suprême en vue d'une reconnaissance officielle par le plus haut tribunal de ce pays vu que c'est par là qu'il faut amener les politiques du Canada et du Québec à respecter la loi qu'ils n'ont de cesse de bafouer malgré le prononcé du jugement Haïda, en 2004.

Bonne nouvelle également pour ceux qui entendent acquérir un exemplaire par Poste Canada. J'ai réussi à trouver une manière de diminuer les coûts d'expédition tout en respectant les gabarits du transporteur (l'emballage fait toute la différence). Prière de prendre note que le prix est ajusté à la baisse et en conséquence : 25$ pour le livre et 4$ pour les frais d'expédition (au lieu de 9$ requis), pour un total de 29$.

Voilà, j'ai fait mon travail. J'ai donné le meilleur de moi-même —bénévolement ! À vous de m'accorder votre soutien par l'achat d'au moins un exemplaire. C'est peut-être là la plus belle façon de soutenir notre lutte et de m'aider à remplir mes propres obligations. Par la connaissance et l'excellence. D'autant plus que le temps des fêtes approche à grand pas. Pourquoi pas en profiter pour en mettre un dans le bas de Noël de vos enfants, parents et amis ?!

Adressez votre chèque ou mandat poste à :
Russel Bouchard,
33 St-François,
Chicoutimi (Saguenay), Qc.
G7G 2Y5

P.-S. Pour ceux qui ont payé en fonction de l'ancien tarif de transport et qui désirent récupérer ce qu'ils ont versé en trop, envoyez-moi un e-mail, et je joindrai un chèque au montant approprié dans le livre qui vous sera expédié. À ceux-là, je dis déjà un gros merci !

lundi, septembre 18, 2006

« La longue marche du Peuple oublié » (sortie, le 28 octobre 2006)

Le 28 octobre prochain, je vais procéder au lancement de mon dernier livre « La longue marche du peuple oublié / Ethnogenèse et spectre culturel du Peuple Métis de la Boréalie », Chicoutimi, Saguenay, 216 pages, 6" X 9 ", (texte accompagné de plusieurs cartes et d'une vingtaine de photos).

Troisième livre d'une série de trois consacrés à ce sujet par l'auteur, cette oeuvre littéraire ouvre de nouvelles pistes de compréhension de l'histoire des Métis canadiens et comble un vide important dans l'historiographie de l'autochtonie canadienne : notamment au chapitre de sa formation dans la vallée laurentienne et la Boréalie québécoise, entre 1670 et 1720 ; de leur lien avec les Métis de l'Ouest canadien ; de leur culture distinctive ; et de la lutte qu'ils doivent mener pour la reconnaissance de leurs droits ancestraux. Un incontournable pour tous ceux et celles qui s'intéressent à leurs racines et à cette tranche occultée de l'histoire et de la réalité tant canadienne que québécoise.

Information technique :
Pour commander ce livre, il suffit d'envoyer un chèque de 32$ (25$ pour le livre plus 7$ pour les frais d'expédition) et d'adresser votre commande à :
Russel Bouchard,
33 St-François,
Chicoutimi (Saguenay)
Qc., Canada.
G7G 2Y5

Eva d'Ottawa, un parfum printanier surgi du pré-automne des Attikamekw

Élection d'Eva Ottawa
Des lendemains émouvants

Près de 24 heures après sa victoire, les gens de la communauté attikamek félicitent encore Eva Ottawa. La femme de 35 ans, originaire de Manouane, dans la région de Lanaudière, est devenue jeudi la première femme à occuper le poste de grand chef et présidente du Conseil de la nation attikamek.

La mère de famille a créé ce précédent historique à La Tuque, en Haute-Mauricie, après avoir obtenu 75 % des votes au deuxième tour de scrutin. Son principal adversaire était Christian Flamand.

« Je me dis qu'il y a un message derrière tout ça. Les femmes veulent prendre leur place », a affirmé Mme Ottawa.

Même si certains ont des réserves qu'une femme a été élue, Mme Ottawa se dit confiante. « C'est sûr, il y a certains hommes qui ne sont pas prêts à ce que ce soit une femme qui prenne les commandes. Mais on va essayer de trouver une façon de travailler ensemble, avec nos leaders et les gens des communautés », a déclaré Eva Ottawa. Elle a aussi rappelé que son élection est l'aboutissement d'un courant amorcé il y a quelques années.

Jeudi, des femmes en pleurs ont salué la victoire de la jeune mère de famille, faisant de son arrivée à la présidence du Conseil le début d'une nouvelle ère pour leur nation. « Il y avait beaucoup d'émotions à l'annonce des résultats. C'est ce qui me donne le goût d'aller de l'avant. Il va vraiment avoir plein de monde derrière moi », a-t-elle ajouté.

Mme Eva a également reçu l'appui de sa famille, comme l'exprime sa mère, Mariette Niquay: « C'était très émouvant quand elle est entrée. Ils l'ont appelé, tout le monde criait: "Eva! Eva! Eva!" Ça [l'émotion] est rentré dans ma poitrine. J'étais fière. »

Mme Niquay se dit fière de sa fille, mais aussi du vent de changement que cette dernière apportera à la communauté pour les quatre prochaines années. « Les mamans ont beaucoup d'espoir et d'attentes. Les communautés ont beaucoup de difficultés: suicides, drogues, etc. Eva va travailler avec les femmes. Nous allons travailler ensemble », a ajouté Mme Niquay.

D'autres membres de sa famille saluent l'arrivée d'une femme au pouvoir. « Certains sont résistants au changement, mais , une femme à la tête du conseil, c'est une lueur d'espoir », a noté Thèrese Niquay, une tante d'Eva Ottawa.

« Avoir une femme au pouvoir de la nation attikamek, j'ai toujours espéré ça. Pourquoi? Pour le changement de vision », a renchéri Jean-Yves Ottawa, un oncle de la grand chef de la nation.

Au cours des prochaines semaines, la bachelière en sociologie et en droit entend prendre connaissance des dossiers qui touchent sa communauté. Elle veut s'attarder notamment aux problèmes qui touchent les jeunes. Environ 60 % de la population attikamek est âgée de moins de 25 ans.

Le taux de participation des membres de la communauté à cette élection a été de 50,9 %. L'un des éléments importants du programme de Mme Ottawa sera justement d'encourager la participation du peuple aux grandes décisions et orientations affectant les Attikameks.

La nation attikamek regroupe plus de 4500 membres appartenant à trois communautés: manouane, obedjiwan et weymontachie. Les Attikameks peuplent la partie supérieure de la vallée de la rivière Saint-Maurice, dans les régions de Lanaudière, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, entre les territoires innu, algonquin et cri.

Radio-Canada

vendredi, septembre 15, 2006

Une femme devient grand-chef de la nation Attikamek. Bonne chance et bon succès à Mme Eva ! L'avenir est en avant...

Attikameks
Une première grande chef

Pour la première fois, la nation attikamek a choisi de confier la fonction de grand chef à une femme.

Eva Ottawa a créé ce précédent historique, jeudi à La Tuque, en Haute-Mauricie, après avoir obtenu 75 % des votes au deuxième tour de scrutin. Son principal adversaire était Christian Flamand.

Après que sa seule élection eut bouleversé les traditions ancestrales, Mme Ottawa a annoncé qu'elle ferait un bilan de la situation actuelle dans la communauté attikamek avant de prendre toute décision importante.

« C'est sûr, il y a certains hommes qui ne sont pas prêts à ce que ce soit une femme qui prenne les commandes. Mais on va essayer de trouver une façon de travailler ensemble, avec nos leaders et les gens des communautés », a déclaré Eva Ottawa. Elle rappelle que son élection est l'aboutissement d'un courant amorcé il y a quelques années.

Des femmes en pleurs ont salué la victoire d'Eva Ottawa, faisant de son arrivée à la présidence du Conseil le début d'une nouvelle ère pour leur nation, installée au Québec.

Le taux de participation des membres de la communauté à cette élection a été de 50,9 %. L'un des éléments importants du programme de Mme Ottawa sera justement d'encourager la participation du peuple aux grandes décisions et orientations affectant les Attikameks.

Radio-Canada

vendredi, septembre 08, 2006

L'Ours Métis gaspésien sort de sa ouache...

Les Métis de la Gaspésie ont entrepris de faire sentir leur présence. Bienvenue chez Vous / Ne manque plus que les Métis de l'Acadie pour que le grande famille métisse de l'Est soit à nouveau réunie pour la suite de l'histoire...

Russel Bouchard

« Origine
Gaspésiens ou Métis ?

Dernières nouvelles

Les représentants de la communauté métisse de la Gaspésie avancent que 90 % des Gaspésiens ont du sang amérindien dans les veines.

Pour le généalogiste Réjean Martel, qui fouille le sujet depuis 25 ans, l'affirmation serait réaliste, mais pas dans l'ensemble du territoire.

Selon M. Martel, la très grande majorité des habitants entre Pasbébiac et Rivière-au-Renard ont un ancêtre amérindien. Ce n'est pas le cas en Haute-Gaspésie où l'occupation blanche du territoire est plus récente ni dans la baie des Chaleurs où seulement 30 % de la population pourrait revendiquer une origine autochtone.

D'après une étude sur le patrimoine génétique des Gaspésiens, réalisée par une équipe de chercheurs de l'Université du Québec à Chicoutimi, 10 % des Gaspésiennes portent des gènes amérindiens dans leur ADN. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elles sont les seules à être Métis, nuance la chercheuse, Hélène Vézina.

Elle ajoute que les participantes avec des ancêtres anglo-normands et canadiens-français étaient plus susceptibles que les autres d'avoir aussi un ancêtre autochtone. L'étude note que le pourcentage de femmes d'origine acadienne avec des ancêtres autochtones est par contre très faible.

Toutefois, aux yeux de la loi fédérale ni la généalogie ni la génétique ne suffisent pas à définir ce qu'est un Métis. Selon le généalogiste, Alexandre Alemann, qui a consacré 40 ans à l'histoire des autochtones, il faut appartenir à une communauté métisse reconnue au sens de la loi.

Il note que la coutume populaire qualifie les gens ou les populations susceptibles d'avoir des ancêtres autochtones de sauvages ou d'Indiens, mais rarement de Métis.


Revendications territoriales

En attendant, pour donner plus de poids à son action, la communauté métisse de la Gaspésie invite les personnes qui croient avoir des ancêtres amérindiens à s'inscrire à son registre. Le président de la communauté, Marc Leblanc, souhaite faire valoir les droits ancestraux des Métis sur le territoire gaspésien.

Le territoire appartient à ceux qui vivent hors réserves et qui font aussi partie des Premières nations, avance-t-il. Des milliers de Métis pourraient revendiquer des droits ancestraux sur la Gaspésie, selon M. Leblanc. Il se dit prêt à se rendre jusqu'en Cour suprême pour obtenir la reconnaissance des droits de sa communauté.

Il se pourrait effectivement que les démarches des Métis gaspésiens soient longues et coûteuses. Même si leur existence est reconnue par la Constitution canadienne, les Métis doivent se rendre devant le plus haut tribunal du pays pour obtenir une pleine reconnaissance.

Les revendications des Métis ne font pas l'affaire de certaines communautés autochtones, notamment celles des Micmacs de la Gaspésie.

Le projet de la communauté de Gesgapegiag de créer une pourvoirie sur les territoires non organisés de la MRC de la Haute-Gaspésie pourrait devenir l'enjeu d'une bataille sur les droits des uns et des autres. Dès que Québec autorisera les Micmacs à créer leur pourvoirie de chasse, les Métis pourraient demander une injonction.

John Martin, le chef de Gesgapegiag, ne porte pas le groupe de Métis en très haute estime. Pour le chef micmac, il s'agit d'un groupe de chasseurs qui cherchent simplement à empêcher son projet de pourvoirie de voir le jour. Cet engouement pour leurs origines amérindiennes lui paraît suspect et contraire au fait que beaucoup de Micmacs sont toujours victimes de racisme et d'ostracisme.


Ailleurs au Québec

Le cas de la Gaspésie n'est pas unique au Québec. Une autre communauté métisse, celle du domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, existe déjà.

L'association compte déjà 2500 membres sur la Côte-Nord et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces Métis revendiquent notamment le droit d'installer des camps en forêt afin d'y pratiquer la chasse la pêche et la cueillette.

La cause est devant la Cour supérieure. Le Québec ne reconnaît aucun droit aux Métis actuellement.

Nouvelles de Radio-Canada »

jeudi, septembre 07, 2006

Réplique aux propos racistes et outrageants du morning man Louis Arcand, CKYK-FM, 95,7, Chicoutimi

Si vous croyez que le racisme est mort au pays du Saguenay, vous en serez quittes pour une bonne déception après avoir lu ces deux lettres ouvertes dans lesquelles les auteurs dénoncent les propos outrageants du morning man Louis Arcand, de CKYK-FM, 95,7, à Chicoutimi. Pour bien saisir toute l'acuité de cette dénonciation, il n'est pas inutile de rappeler que M. Arcand (rien à voir avec Paul), après avoir été soulagé du micro qu'il tenait d'une station de Roberval (Lac-Saint-Jean), a migré à Chicoutimi (Saguenay) au cours de la présente année dans l'espoir de se refaire une vie. Manifestement, le défi auquel ce monsieur se confronte ces heures-ci avec un auditoire éclectique, s'avère plus difficile que prévu pour lui, et mine les chances de la station dont il est le messager et l'ambassadeur de se gagner quelques auditeurs de plus (comprenez qu'il est déjà difficile de syntoniser le 95,7 FM, même pour les gens du Saguenay qui ont le choix des ondes, pourra-t-on leur porter grief d'abandonner l'effort au premier échec !).

Défenseur inconditionnel de la cause des Ilnutsh de Mashteuiatsh et de l'Approche commune, M. Arcand n'a pas été en mesure de comprendre, malgré toutes ces années, la différence fondamentale qu'il y a entre l'autochtonie du Lac-Saint-Jean et celle du Saguenay, l'une a fortiori indienne l'autre métisse. Éduqué aux valeurs robervaloises et jeannoises, ce qui est une chose fort valable en soi, je crois également que M. Arcand aurait été bigrement bien inspiré de ne pas rapporter dans ses bagages le ressentiment séculaire que nourrit Roberval, capitale du Lac-Saint-Jean, à l'encontre de sa rivale et doyenne du Saguenay, Chicoutimi...

Russel Bouchard

Richard Harvey
À Louis Arcand
(CKYK-FM, 95,7, Chicoutimi)

L'Ascension, le 6 septembre 2006
Monsieur Arcand, 
 J’ai eu honte  pour vous et pour tous vos congénères régionaux en écoutant votre entrevue avec M. Russel Bouchard , entrevue qui devait porter sur son prochain livre qui traitera du spectre culturel et de l’héritage métis dans notre région et au-delà. Un livre que je ne saurais trop vous recommander à vous et vos confrères de travail qui traitez les métis, dont je suis, avec le mépris le plus abject. Il se trouve que Monsieur Bouchard n’est pas un «  pauvre gars » comme vous avez osé dire sur les ondes mais le « Lien de mémoire »  de notre communauté, qu’il en est digne et que nous en sommes fiers.  De plus Monsieur Bouchard est un homme respecté dans son milieu et avec raison et c’est une insulte aux gens du Saguenay et plus particulièrement aux métis de la région que de l’avoir traité de la sorte. Je me suis senti profondément choqué en tant que métis et membre du Conseil de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM) et j’éprouve beaucoup de ressentiment contre vos manières de faire. C’est une disgrâce. Vous avez commis un impair préjudiciable à l’ensemble des Métis de la région et de tout le Québec et l’organisation qui vous paie largement pour salir des réputations et « dévier le débat » devrait prendre des mesures pour éviter ce genre de choses.  Incidemment si vous vouliez aborder les questions politiques concernant les Métis vous auriez dû contacter les responsables politiques c'est-à-dire le Conseil ou son chef comme vous le faites pour les autres organisations régionales. Les choses n’en resteront pas là. Vous ne vous ferez pas beaucoup d’amis dans le coin de cette façon.
Vous devriez avoir honte et vous excuser publiquement. Rien de moins.
 
En terminant, Monsieur Arcand je vous trouve mal dégrossit, même hors de Roberval. Je ne connais pas vos desseins, je les devine cependant et je peux vous dire que pour un gars qui prêche l’union et le discours rassembleur ça fait dur votre affaire. Vous pouvez donc compter sur le meilleur de moi-même pour vous contrer, vous et ceux qui agissent et agiront comme vous...
 
Bien à vous
 
Richard Harvey,
Métis



Réponse de Russel Bouchard
À Richard Harvey

Lettre ouverte

Chicoutimi, le 6 septembre 2006
Cher ami,
Je vous remercie de votre appui et je comprends votre affliction. Bien que je sois personnellement chagriné pour notre communauté qui est toujours en quête de sa dignité, les libelles décochés via ma propre personne à l'encontre des Métis de la Boréalie par M. Louis Arcand, à son émission matinale (CKYK-FM, 95,7), ne sont toutefois pas sans avantages puisqu'ils témoignent, à eux-seuls, d'un état d'esprit sectaire qui mérite d'être prestement dénoncé. En effet, même si je suis le premier à déplorer le pathétique de l'entrevue dont il a été le maître d'oeuvre et le maître d'orchestre ce matin, ce dernier, par son parti pris radicalement anti-métis et par son évidente mauvaise foi, a témoigné de toute sa partialité dans des questions d'intérêts strictement publics où, pourtant, il aurait doublement gagné à disparaître derrière la voix de son invité. À cet égard, en acceptant de participer à cette entrevue où nous devions causer de mon prochain livre (« La longue marche du Peuple oublié... »), j'aurais dû me rappeler qu'un homme de bonne foi n'a rien à gagner à faire commerce avec un homme de mauvaise foi, car la seule préoccupation d'un homme de mauvaise foi est de duper tout son monde en abusant de la bonne foi de son vis-à-vis. 

Quelle est la pertinence d'une radio régionale à se nourrir de cette sorte de spectacle ? Où est le gain de notre communauté régionale, en terme d'harmonie, d'intelligence et d'élégance ? Pour des gens en quête de leur dignité, y-a-t-il seulement une manière de réagir à cette sorte d'agression sans se souiller ? À qui profite cette disgrâce ?

Insinuer par ce micro en quête d'une cote d'écoute que les Métis de notre région ne luttent que pour des avantages financiers, ne pouvait avoir à mon avis qu'un but et qu'un résultat ; celui d'induire tout un auditoire dans l'erreur et de discréditer la noblesse de notre cause que nous tentons pourtant de faire avancer dans le plus grand respect de nos lois et de la démocratie. S'il n'est jamais glorifiant d'être la dupe d'un tel scénario, en toute circonstance il nous faut faire contre mauvaise fortune bon coeur et tâcher de voir s'il n'y aurait pas moyen d'en dégager une ou deux leçons utiles. Pour un, ce dénigrement nous permet de comprendre que le racisme est loin d'être une figure de style chez nous, au Saguenay, et qu'il a des antennes très puissantes parmi une certaine intelligentsia régionale qui prend ses ordres à l'extérieur de nos murs. Pour deux, par son acharnement à vouloir nous faire collectivement porter le chapeau de la duplicité, M. Arcand, à qui j'avais accordé le bénéfice du doute, nous a néanmoins permis d'apprécier toute la haine et tout le mépris qu'il porte envers le Peuple Métis du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Pour trois, la méthode Arcand met en lumière toute la puissance de ce pouvoir colonisateur qui, depuis plus de cent cinquante ans, tente de nous faire disparaître corps et biens après nous avoir dépouillés de tous nos droits qui ne vont pas sans les prérogatives que nous avions sur nos ressources naturelles. Pour quatre, ces propos méprisants, diffamants et mensongers justifient le titre de mon dernier livre à paraître, « La grande marche du Peuple oublié...», et nous incitent à ne jamais baisser les yeux devant les fouets de la tyrannie.

Témoigner de ces souffrances imposées, faire en sorte que nous soit restituée la dignité à laquelle nous avons droit comme individus et comme groupe humain, n'est-ce pas là du reste tout le pourquoi de notre lutte ? N'est-ce pas là toute la noblesse de notre cause ? S'il n'est pas dans ma nature de laisser cette sorte d'agression sans réplique, il nous faut, en toute circonstance cher ami, tâcher de garder la tête froide et l'esprit en éveil. Il nous faut accueillir l'injure pour ce qu'elle est, une première victoire puisqu'elle ne sera jamais autrement que l'ultime et dernière arme des faibles.

Russel Bouchard
Lien de Mémoire
de la CMDRSM

mercredi, septembre 06, 2006

La seule manière de changer le cours de notre histoire est de s'y employer...

À ce correspondant —Métis— de la Côte-Nord, qui m'écrit :

« Abandons, trahison, mépris, fourberies, aliénation sont présents dans mon coeur alors que j'écris ces quelques mots. Abandonnés par ceux, qui sont censés être nos représentants ; trahis par ceux qui sont censés être nos protecteurs et nos employeurs car ils sont bel et bien ceux que nous payons ; méprisés d'un regard hautain. [...] Le cirque du droit nouveau comme nous l'avait si bien dit M. Louis Bernard lors d'une rencontre à huis clos à Sept-îles, ce grand maître du droit constitutionnel international selon la réputation que lui avaient promue ses petits compagnons, des bouffons du cirque politique. Je me demandais : s'il n'y avait plus d'exploiteurs, y auraient-ils des exploités ? »


—Je réponds :

Tout ça va changer. Tout ça est en train de changer. Tout ça va changer si nous faisons ce qu'il faut pour que ça change. Mais il y a trois règles à suivre . La première, être conscient et faire l'effort d'être bien conscient de la réalité nous concernant ; la deuxième, vouloir réellement que ça change, mais le vouloir au point du refus de l'inacceptable, ce qui a là aussi un prix ; la troisième, faire en sorte que cela change pour le mieux, ce qui veut dire faire son petit bout à soi. En ce sens, l'espoir ne doit pas être un vague abandon envers les forces qui nous soumettent, mais plutôt une victoire sur l'abandon par la force de notre travail et la somme de nos engagements...

La seule manière de changer le cours de notre histoire à notre avantage est de s'y employer...

Bien cordialement à vous.

Russel Bouchard

lundi, septembre 04, 2006

Mon livre, « La grande marche du Peuple oublié... », est rendu à l'imprimerie

Mon livre, « La grande marche du Peuple oublié... / Ethnogenèse et spectre culturel du peuple Métis de la Boréalie », est rendu à l'imprimerie. Il sera lancé le 21 octobre prochain, lors de la rencontre générale annuelle des membres de la Communauté métisse du Domaine du Roy / Mingan, à l'Hôtel Le Montagnais, Chicoutimi. Troisième titre d'une série de trois, ce livre fait plus précisément l'éloge de la culture des Métis de la Boréalie, une première en soi, et il lève le voile sur la question de l'ethnogenèse, des questions soulevées par la Cour suprême du Canada et dont il nous faut impérativement tenir compte. Si j'étais déjà satisfait des résultats des deux premiers livres (qui abordent les questions de l'histoire et de la continuité du peuple Métis de la Boréalie), considérons que je suis triplement satisfait par ce dernier. Ce fut à la fois l'épreuve la plus difficile et la plus enrichissante de ma vie d'historien. J'espère que vous saurez apprécier.

Ce dernier livre est de format 6" X 9" (donc plus grand que les deux précédents. Il compte 216 pages de texte bien tassé, une vingtaines de photos inédites, des cartes, et une annexe documentée de toutes les cités métisses de la Boréalie, 26 en tout). Il ouvre une fenêtre donnant sur un monde, le nôtre, que les conquérants, l'État Québécois et l'État canadien auraient bien voulu voir éteint. Ce qui est loin d'être le cas...

Réservez votre exemplaire dès maintenant. Il vous en coûte 25$ pour le livre plus 7$ pour les frais d'expédition, pour un total de 32$. Prière de faire votre chèque à l'ordre de Russel Bouchard, et de l'expédier à l'adresse suivante :
Russel Bouchard,
33 St-François, Chicoutimi (Saguenay)
G7G 2Y5

jeudi, août 31, 2006

Communiqué de la Communauté Métis du Domaine du Roy / Mingan

2006/08/14
Le 16 juillet dernier, M. Étienne Rivard de l’équipe de chercheurs de l’Université Laval nous a fait parvenir une lettre demandant notre collaboration pour une recherche portant sur les communautés métisses sur les territoires du Saguenay—Lac St-Jean et de l’Abitibi.

Nous sommes au courrant que le ministère de la Justice est un des principaux commanditaires de cette recherche. Vous savez que nous sommes devant les tribunaux (Corneau et Kruger) pour défendre nos droits et que les gouvernements du Québec et du Canada font tout pour contrer nos actions et tentent de prouver qu’il n’y a pas de Métis au Québec.

Le conseil d’administration a donc décidé de ne pas collaborer à cette étude même si nous ne mettons pas en doute l’intégrité des chercheurs. Nous demandons donc à tous les Métis de notre communauté de ne pas répondre aux questions et de ne pas collaborer d’aucune façon à cette recherche. Cela pourrait nous porter préjudice et nuire au déroulement positif de nos causes en justice.

[La Direction de la CMDRM]

mercredi, août 30, 2006

Raphaël Picard réélu chef des Innus de Betsiamites

La cause de l'île René-Levasseur peut donc suivre son cours.
Les Métis de la Boréalie sont ainsi donc toujours aux premières loges pour faire reconnaître la validé constitutionnelle de leurs droits collectifs, dont le titre « aborigène », qu'ils réclament en vertu de la même loi suprême de ce pays.

R.B.

Mercredi, le 30 août 2006
« Plein Jour, Haute-Côte-Nord »

Par Paul Pygeon
Raphaël Picard est réélu facilement à la tête du conseil de bande des Innus de Betsiamites.

Le chef sortant des Innus de Betsiamites a facilement remporté la victoire contre son adversaire René Simon. En effet, le chef Picard a été reporté dans sa fonction avec 885 votre contre 620 pour son opposant. De même, cinq des six conseillers sortants, favorables à Raphaël Picard ont repris leur siège au conseil. Il s'agit de Élizabeth Bacon (Pless), Adélard Benjamin, Pierre-Pitre Picard, Germaine Riverin et Marielle Vachon. Paul Vollant occupera le sixième siège en remplacement de Mathieu Paul.

Dans un communiqué émis au lendemain de l'élection, Raphaël Picard a déclaré: «Je suis très heureux de l'appui que les électeurs de Pessamit nous ont accordé, à mon équipe et à moi. Je peux vous assurer que nous continuerons à gérer la communauté avec la même rigueur que celle qui a permis à Pessamit de se placer depuis quatre ans sur la voie de la prospérité. C'est avec détermination que nous continuerons à défendre nos droits et à mettre en place les éléments et les infrasctructures nécessaires pour que Pessamit progresse tant du point de vue économique que social et culturel.»

Il garde le cap

Le chef réélu soutient aussi que les électeurs de Pessamit ne se sont pas laissés influencer par plusieurs groupes de l'extérieur, une allusion directe à la campagne publicitaire du regroupement des travailleurs de la forêt. Le chef Picard considère également que sa réélection est une caution sans équivoque aux décmarches qu'il a entrepris pour faire reconnaître les droits des Innus sur les richesses naturelles du Nitassinan.

«Le message des électeurs est clair et c'est avec une fierté renouvelée que nous allons poursuivre le travail pour la reconnaissance de notre titre et de nos droits. L'appui que m'ont redonné aujourd'hui (17 août), les électeurs de Pessamit signifie que nous sommes sur la bonne voie, et qu'une nouvelle ère s'ouvre pour notre Première Nation», a conclu le chef innu.

jeudi, août 17, 2006

Les Métis de la Boréalie, tassés dans le coin par la CEPAQ — Comme front de beuh, difficile de faire mieux !!!

La présente fait suite à une lettre adressée par la Confédération des Peuples Autochtones du Québec (CEPAC), à Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada ; avec copies conformes à MM. Stephen Harper (Premier ministre du Canada), Jean- Charest (Premier ministre du Québec), Jim Prentice (Minsistre des Affaires autochtones et du Nord du Canada), Pierre Corbeil (Ministre des Ressources naturelles du Québec), et Jean Tremblay (Maire de Saguenay). Elle porte la signature de Guillaume Carle (Président, Grand Chef de la CEPAC), Solange Sansoucy (Président, Grand Chef de la CEPAQ) et Serge Lavoie (Président et Chef de la direction de la Coop Kitchisaga).

R.B.

SON CONTENU DIT EXPRESSÉMENT CECI :
« Madame la Gouverneur Générale,
Conformément à l'article 25 de la Constitution du Canada, nous vous informons par la présente de l'acquisition d'une importante propriété à vocation socio-communautaire autochtone, laquelle est située au coeur du territoire québécois soit dans la municipalité de Jonquière (ville de Saguenay) au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Nous décrétons conséquemment cette partie de notre territoire ancestral qu'on décrit comme étant le Québec, dûment acquise légalement, comme TEREEITOIRE AUTOCHTONE sur lequel S'APPLIQUENT NOTRE SOUVERAINETÉ ainsi que L'INTÉGRALITÉ DE NOS DROITS ET DE NOS PRIVILÈGES CONSTITUTIONNELS dont ceux prévus à l'article 35 de la constitution du Canada.

Vous trouverez ci-joints tous les documents de référence requis, tels le contreat d'achat vente notarié et le certificat de localisation de la dite propriété, pour vous gouverner adéquatement.

Veuillez accepter, madame la Gouverneure, nos meilleurs sentiments. »


LETTRE DE RUSSEL BOUCHARD
AU CONSEIL DE VILLE DE SAGUENAY

M. Fortin,
J'ai pris connaissance d'une requête de la CPAQ, adressée à Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada, le 11 août 2006. Comme lien de mémoire de la Communauté métisse de Saguenay, comme Métis de Chicoutimi et comme citoyen de Saguenay, je m'inscris en faux contre la requête de cette organisation dont on sait bien peu de chose du reste. Si ces gens sont des autochtones, comme ils le prétendent, grand bien leur fasse. Mais ils ne sont pas de notre « pays », le Domaine du Roi / Mingan, et, pour toutes ces raisons je recommande au conseil de ville de Saguenay de ne pas souscrire à cette requête d'exemptions de taxes ni autres demandes de quelque nature que ce soit les concernant.

J'aimerais également attirer l'attention des autorités municipales sur le fait que notre collectivité (CMDRM) se trouve présentement devant les tribunaux en vue d'obtenir une reconnaissance officielle du gouvernement du Québec, et que ce serait anticiper sur un jugement à venir que d'y souscrire. De ce fait, tant que nos propres droits ne seront pas reconnus par traité ou par un tribunal, je suis d'avis que rien ne peut être fait en ce sens, et qu'aucune communauté, si autochtone soit-elle, n'a le pouvoir légale de réclamer un territoire ancestral où elle a entrepris de s'afficher à sa manière.

D'autant plus que l'article 25 de la Loi Constitutionnelle de 1982 fait plus précisément partie de la Charte, ce qui ne saurait donner une reconnaissance officielle au groupe qui s'en réclame. Cet article, je vous le rappelle, est un principe et non une règle de Droit contenue dans la Loi suprême du Canada. Ce n'est pas parce qu'on a acquis légalement une ancienne église dans Saguenay qu'on est pape, et les citoyens de notre ville n'ont pas à supporter un tel fardeau...

En conséquence, je vous demande de déposer la présente officiellement auprès des autorités municipales concernées. Bien à vous,


Russel Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRM
et Citoyen de ville de Saguenay

mardi, août 15, 2006

Les Métis du Manitoba, en Cour pour leurs droits territoriaux (une histoire à suivre...)

Une contribution d'Ismène Toussaint,
Auteure des livres « Louis Riel / Le Bison de cristal », et « Louis Riel, Journaux de guerre et de prison (chronologie métisse 1604-2006) ».

La Presse québécoise, juin 2006 -

UNION METISSE EST-OUEST : LES METIS, UN PEUPLE SANS TERRE - OUVERTURE D'UN PROCES DE REVENDICATIONS TERRITORIALES HISTORIQUES AU MANITOBA

Le 3 avril 2006, soit 121 ans après le procès de Louis Riel, au cours duquel ce dernier ne s'était pas privé de redire qu'"un septième des terres avait été accordé aux Métis du Manitoba, qu'ils soient anglais ou français, protestants ou catholiques, sans distinction aucune", et 25 ans après la plainte déposée par la Manitoba Metis Federation (MMF) auprès des tribunaux, s'ouvrait à Winnipeg une première action en justice eue égard aux revendications territoriales de ce peuple. " Nous voulons que le gouvernement reconnaisse non seulement nos droits métis mais qu'il nous a maltraités", a déclaré M. David Chartrand, le président de la MMF. Depuis plus d'un siècle, on persiste à nier notre existence : il faut que cela change !"

Dès sept heures du matin, plusieurs centaines de Métis arborant leur drapeau national avec le signe de l'infini et celui de la MMF avec une roue de charette rouge - symbole des anciens véhicules de la colonie - entourant une tête de bison et une paire de rames croisées, s'étaient donnés rendez-vous au pied de la statue de Louis Riel, sise derrière le Parlement. " Sans terres, vous n'êtes pas un peuple, vous n'êtes pas une nation ! " leur a rappelé David Chartrand avant qu'ils ne se rendent en procession au Palais de Justice.

Se fondant sur plus de 750 articles de journaux, lettres et discours à la Chambre des Communes qui remontent à l'époque de Louis Riel, Me Thomas Bergen, avocat à Vancouver et spécialiste des Métis, doit démontrer que le gouvernement fédéral de 1870 a failli à sa promesse d'attribuer 560 000 hectares de terres aux enfants des Métis. " 85 % d'entre eux ne les ont jamais reçues, a affirmé le dirigeant de la MMF. Les autres ont été trompés sur leur qualité et leur rentabilité, alors qu'il avait été convenu qu'ils bénéficieraient des meilleures : ils ont dû les céder à des spéculateurs qui les ont revendues à la hausse aux colons. Les nôtres se sont alors installés près des réserves des Premières Nations mais celles-ci les ont chassés. Aujourd'hui encore, les gouvernements fédéral et provincial prétendent qu'ils ont honoré leur contrat et qu'ils ne nous doivent plus rien."

Incluant la totalité de la ville de Winnipeg et des lopins de 3,2 km le long des rivières Rouge et Assiniboine, le territoire (Rupert's Land ou Terre de Rupert) qui revient aux Métis est actuellement occupé par des résidences privées, des fermes, des commerces et des industries dont on ne peut évidemment expulser les propriétaires. Par conséquent, les demandeurs exigent une compensation financière assortie d'une terre où ils pourront établir leur système d'auto-gouvernance.

Me Thomas Bergen appuiera sa défense sur les articles 31 et 32 de l'Acte du Manitoba qui a fondé la province à la suite de négociations entre le gouvernement Macdonald et le gouvernement provisoire de Louis Riel. En effet, la première clause prévoyait qu'Ottawa réserverait des terres aux Métis ; la seconde, que celles des riverains ne leur seraient pas enlevées, même s'ils ne possédaient pas de titres de propriété collective.

De messages de soutien aux plaignants ont afflué d'un peu partout au pays, en particulier de la part des "pères" de l'union Est-Ouest, Raymond Cyr, Archie Martin et Danielle Robineau, représentant respectivement l'Estrie, les Maritimes et l'Abitibi. Sensible à une cause qui rejoint celle de sa propre communauté du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan à Jonquière (CDRSM, Saguenay-Lac-Saint-Jean), l'historien Russel Bouchard écrivait, quant à lui, dans son journal Le Peuple métis de la Boréalie : " Les Métis du Manitoba ouvrent la voie : souhaitons leur bonne chance ! La reconnaissance de nos droits n'est qu'une question de temps et de détermination. Si c'est écrit dans la Constitution, c'est écrit dans le Ciel."

Ismène Toussaint
Auteure et membre de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba fondée par Louis Riel en 1884

mardi, août 01, 2006

Des Métis du Nouveau-Brunswick, victimes de racisme au Pow Wow de Wendake !

L'affaire, incroyable, nous est racontée par les victimes qui ont subi la pire des humiliations à Wendake. Les Indiens du Québec n'aiment pas les Métis, cela est une évidence. On se rappellera les propos très méprisants et très humiliants, à notre égard, de l'ex-grand chef de Pointe-Bleue devenu Sénateur canadien, M. Aurélien Gill, l'année dernière. Et on se rappellera que les Ilnutsh refusent obstinément de tendre une chaise aux Métis du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord dans les négociations de l'Approche commune, sensées reprendre à l'automne.

Vous croyez que j'en mets trop ? Lisez plutôt la suite. Et dites-moi que c'est un mauvais rêve !...

Russel Bouchard

« Tristement vrai.

Inscrits comme danseurs traditionnels lors du Pow Wow de Wendake du 29 et 30 juillet 2006, nous fument, Gilles Roberge, Guilda et Guy Tremblay, mon épouse Pierrette et moi, chaleureusement accueillis autant par les résidents de cette magnifique communauté que par le comité organisateur.

Dans un petit parc enchanteur, longeant la rivière, un site de camping fut aménagé comprenant des douches, toilettes et un chapiteau avec chaises et tables servant d’aire de repos. La nuit des patrouilleurs déambulaient pour voir à la sécurité des campeurs.

Vêtus de nos regalias, nous nous sommes présentés au site pour la Grande Entrée et c’est à ce moment que le chef de la communauté nous interdit de danser, prétextant que nous n’étions des pas Indiens (autochtones).

En écoutant ces paroles, une colère sourde s’empara de nous, mais en discutant entre nous, vite nous avons compris qu’à ses yeux seulement les détenteurs de cartes distribuées par le gouvernement fédéral confèrent le statut d’Indien (autochtone).

Peut-être ignore-t-il ou n’a-t-il pas encore pris conscience que nos ancêtres autochtones et européens ont foulé cette belle terre d’Amérique. Nous portons en nous un grand respect pour le travail de ces deux races, nous aimons beaucoup la culture autochtone et nous désirons la faire vivre et connaître par le plus grand nombre de personnes.

Aussi peut-être ignore-t-il ou n’a-t-il pas encore pris conscience du travail qui se fait mondialement pour le rapprochement de toutes les races, peuples et religions afin que tout individu quelle que soit sa couleur, son pays d’origine ou sa religion, soit reconnu et accepté comme un être à part entière dans cette grande énergie de l’Amour.

Souhaitons qu’un jour cette grande Force Unifiante de l’Amour frappe à la porte de son cœur, ainsi il comprendra que nous sommes à l’époque de l’inclusion non de l’exclusion.

Nous avons bien compris qu’il y a beaucoup de travail à faire et entre-temps nous irons danser et fêter avec nos sœurs et frères de toutes races dans les différents Pow-Wow, tant dans la province de Québec qu’au Nouveau Brunswick, où ce vent de réconciliation et d’acceptation a prit racine.

Gilles Roberge, Guilda et Guy Tremblay, Archie et Pierrette Martin