Photo ci-dessus : Cérémonie d'offrande de tabac, 21 juin 2009, par les membres du Conseil des Femmes métisses de la Boréalie et leur Lien de Mémoire, sur le site du poste de traite de Chicoutimi, là où se sont faites les rencontres à compter de 1671, et où est né le Peuple métis de la Boréalie. Cette tradition a été établie le 21 juin 2005, lors de la cérémonie historique du réveil de l'ours. C'est notre manière de rendre hommage aux mânes de nos ancêtres Métis, Indiens et Euro-canadiens qui reposent dans la terre sacrée du poste de traite de Chicoutimi. Cela étant et cela dit, pour ceux et celles qui pourraient y voir là une hérésie, rassurez-vous personne n'y était en fonction de « porteur de pipe officiel » et nul ne s'est manifestée en ce sens lors de cet événement. C'est un rappel de nos traditions et un respect dû à nos ancêtres. Rien d'autre...Voir les autres photos, à la fin du texte.
Les Peuples fondateurs de l'Amérique sont en fêtes
Les Autohtones du Canada sont en fête. De fait, le 21 juin, date officiellement reconnue par les autorités et les groupes concernés, est la Journée nationale des Autochtones. Partout à travers le Canada, de l’Atlantique au Pacifique sans oublier l’Arctique, des manifestations culturelles et politiques importantes se sont déroulées au cours de cette fin de semaine, pour permettre à ces peuples fondateurs de première ligne de célébrer leur appartenance et signifier au reste du monde qu’ils sont là depuis le début, qu’ils ne sont pas morts ni disparus comme les colonisateurs l’ont prévu, espéré et prétendu avant l’heure, et qu’ils sont en mode reconstruction en dépit de tout ce que le Canada a fait pour les ethnocider depuis sa loi de 1851.
Pourtant, depuis 1982, en fait depuis le rapatriement de la Constitution canadienne par le gouvernement libéral de Pierre Elliot Trudeau, Article 35, le Parlement canadien a établi, dans la première Loi du Pays, qu’au Canada, pays de nos aïeux et des Canadiens errants, les Autochtones sont « notamment les Indiens, les Métis et les Inuit ». Ce qui laisse même une place aux… Canadiens français puisqu’ils étaient là avant que l’Empire britannique vienne écraser sa grosse botte crottée sur nos têtes et planifier notre extinction, et puisque c’est ce même Empire, par le biais du Parlement canadien, qui a permis à Michaël Jean de se mettre une couronne vice-royale canado-britannique sur la tête.
Les Métis, eux aussi, ont le droit à la dignité !
Dans l’édition du Progrès-Dimanche du 21 juin 2009, page 44, Christine Martel, journaliste cantonnée au Lac-Saint-Jean, souhaite bonne fête aux Autochtones de notre région et prétend que « Mashteuiatsh est la seule communauté autochtone du Saguenay–Lac-Saint-Jean ». Cette assertion est tout ce qu’il y a de plus faux ! En plus de dénaturer la réalité historique et perpétuer un mensonge social, culturel, ethnique et politique, elle crée un immense préjudice aux Métis de la Boréalie québécoise (dont le Saguenay, le Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord). Et comme cette sorte de mensonge plaît bien aux gouvernements fédéral et provincial, le Gouverneur Général du Canada, l’Haïtienne d’origine, Michael Jean qui aime bien s’envoyer de la petite fumée dans les narines et manger du phoque cru en jouant le rôle de la fée Marraine des Autochtones, s’est déplacée au Lac-Saint-Jean pour confirmer officiellement le mensonge et nous mépriser.
Que les Indiens de Mashteuiatsh fêtent à leur façon la fête des Autochtones, cela est très bien et nous souhaitons bonne fête à cette communauté qui semble bien occuper à recevoir ses visiteurs de marque. Que les Indiens du Lac-Saint-Jean soient fiers d’appartenir à un peuple fondateur et qu’ils se qualifient eux-mêmes de Premières nations, nous comprenons leurs besoins de se reconstruire eux aussi et nous nous unissons à leur désir de se refaire une dignité et une prospérité sur les cendres de la colonisation française et britannique. Mais ce bonheur renouvelé qui leur est un juste dû ne les autorise pas pour autant à détourner l’Histoire des Amériques de son véritable sens, à perpétuer l’idée mensongère qu’ils sont les seuls en ce Pays à jouir d’un tel droit de se dire ainsi. Et cela ne les autorise pas plus à nous mépriser, nous les Métis, comme ils le font depuis que les gouvernements colonisateurs leur ont donné cette autorisation.
Une Constitution bafouée par ses gardiens et la vice-reine du Canada
Je l’ai déjà écrit : les Indiens sont un peu nous et nous sommes un peu eux. Si les Métis de la Boréalie québécoise n’existent pas, ce qui est un déni d’histoire et du négationniste à la sauce canado-indienne, c’est donc que le Nitassinan est un pays imaginaire et que les Ilnutsh n’existent pas eux non plus car, faut-il le répéter que cela leur plaise ou non, nous avons les mêmes ancêtres Indiens et Euro-canadiens qu'eux, nous nous souvenons d’eux et nous les honorons. Que les Ilnutsh de Mashteuiatsh se disent Indiens et fiers de l’être, qu’ils se passent la pipe sacrée entre eux et qu’ils la passent à leurs visiteurs étrangers venus d’Ottawa, cela ne nous pose pas de problème non plus et nous leur envoyons de la bonne fumée en leur direction pour cette journée mémorable qui leur appartient à eux aussi. Que le Grand Manitou des Métis les protège ! Mais qu’ils se réclament, avec la présence réconfortante de Michaël Jean, comme les seuls Autochtones de cette partie du Continent est une insulte à la vérité historique doublée d’une injure aux Métis qui ont eux aussi le droit à la vie, à la reconnaissance et à la dignité humaine.
Pour nous, du Peuple métis de la Boréalie, c’est une souffrance de plus, de constater que le gouvernement Canadien continue d’appuyer le déni de notre histoire. Il se tire lui-même dans le pied car il contrevient à sa propre Constitution, la Loi suprême qui lui confirme son droit de gérance sur le pays, son droit de le piller et de le dominer par la division et par Indiens interposés. Quand un tel fait se produit, le Pays n’existe plus et le Parlement perd toute sa légitimité…
Nous, les Métis de la Boréalie québécoise, nous dénonçons ce mépris, nous refusons cela et nous nous en souviendrons le 1er juillet…
Russel-A. Bouchard
La cérémonie sur le site de la chapelle, du presbytère et du cimetière du poste de traite de Chicoutimi, a été accompagnée d'une vibrante communication adressée par l'abbé Clermon Rainville (à droite), et par la bénédiction du site et des gens présents, un geste spirituel et historique. L'abbé Rainville a plaidé en faveur du sens qu'il faut donner à la vie et à la réconciliation. Ce qui devrait être communiqué aux deux gouvernements coloniaux d'Ottawa et de Québec qui n'ont toujours pas cessé de mépriser les Métis et qui les poursuivent à coups redoublés dans leurs Cours de Justice dans l'espoir de leur ravir le droit d'exister.
Le président-chef de la CMDRSM, Jean-René Tremblay, et une partie des Métis présents sur le site de Chicoutimi, le 20 juin 2009.
Symbolisant les quelque 250 ans d'occupation des lieux par les Métis canado-amérindiens et le lieu de passage que constituaient alors la rivière Chicoutimi, le lac Kénogami et la Belle-Rivière, avant d'arriver sur le Piekouagami. Le canot, comptant un rameur, un Métis et sa Fée des bois, figure l'arrivée traditionnelle sur la rive du lac Kénogami.





