lundi, novembre 03, 2008

Formation de « L’Assemblée des Communautés métisses historiques du Québec »



L’Assemblée des Communautés métisses historiques du Québec
(ACMHQ)
Les 1er et 2 novembre derniers, les représentants de dix communautés métisses se sont réunis à Louiseville pour mettre en place l’ACMHQ, regroupant les communautés suivantes :

• Communauté Métis autochtone de Maniwaki
• Communauté métisse de Gaspésie
• Communauté métisse Wikanis-Mamiwinick (La Sarre)
• Communauté métisse du Domaine du Roy et Seigneurie de Mingan (CMDRSM)
• Communauté métisse de l’Estrie
• Communauté métisse de Yamachiche
• Communauté métisse des Voyageurs (grande région de Montréal)
• Communauté Mesquakie du Canada (Renards)
• Communauté métisse de Clovasibi (Clova)
• Communauté métisse de Wabossipi (Mont-Laurier)

Les communautés formant cette nouvelle assemblée regroupent 12 000 Métis provenant de toutes les régions du Québec. Pour l’occasion, elles avaient l’honneur d’accueillir et de compter sur la collaboration et la reconnaissance de Gabriel Dufault de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, la plus vieille communauté métisse au Canada.

L’ACMHQ s’est donnée comme mission de promouvoir et défendre la culture et les droits des Métis en travaillant à la reconnaissance officielle des Communautés métisses du Québec.

Pour le chef Serge Paul de Maniwaki, « ce regroupement des forces métisses du Québec lance le message clair au gouvernement du Québec de mettre fin à sa politique d’ignorance de nos communautés métisses ».

Pour le président-chef de la CMDRSM, Jean-René Tremblay, « la création de l’ACMHQ est le signal que Québec doit arrêter de poursuivre et de harceler les Métis et débuter un véritable dialogue avec les communautés ».

Tous les participants à cette assemblée étaient unanimes à constater que le gouvernement du Québec accuse un retard immense dans le traitement de la composante métisse de sa population, par rapport aux autres provinces canadiennes. Ce retard prive tout le Québec et ses régions d’importantes sommes d’argent disponibles au gouvernement du Canada pour venir en aide aux communautés autochtones métisses ».


Pour plus d’information, contactez : René Tremblay, CMDRSM
Téléphone : 418.693.9147
Courriel : renetremblay@hotmail.com











samedi, septembre 20, 2008

Lancement prochain (25 septembre) du nouveau livre sur les textes fondateurs du Peuple Métis de la Boréalie

Il est important que les Métis y soient, pour encourager ceux et celles qui se battent pour retrouver leur dignité et pour faire reconnaître nos droits collectifs comme l'un des grands peuples fondateurs des trois Amériques. Les Métis du Québec sont un peuple en marche, et nous arrivons d'un pas certain à l'heure où nous ne ferons plus qu'un seul et même Peuple au sein de la grande famille des peuples autochtones d'Amérique.

Le lancement aura lieu, comme prévu, au Salon du Livre de Jonquière, à l'Hôtel Holliday Inn, jeudi le 25 septembre, de 19 à 21 heures. Cette rencontre se tiendra plus précisément au kiosque des éditions CORNAC, de Michel Brûlé.
Le livre sera disponible sur place au coût de 19,95$ et l'auteure y sera évidemment pour fraterniser.

J'ai besoin de vos encouragements. C'est la part qui vous incombe...

Russel Bouchard
auteure

SUR LA COUVERTURE : le Métis Louis Vallée, une personnification presque mythique de notre réalité ethno-culturelle. Pipe au bec, ceinture fléchée à la taille, pantalons en velours côtelé, pieds nus et communiant pieusement avec son canot d'écorce. Peut-on chanter mieux l'hymne à ces ancêtres qui nous ont donné la vie et ont fait pays ?...



vendredi, septembre 19, 2008

Après ville de Saguenay, la MRC de la Haute Côte-Nord reconnaît officiellement le Peuple Métis de la Boréalie

Reconnaissance de la Communauté Métisse par la MRC de la Haute Côte-Nord

Lors de sa réunion du 16 septembre 2008, le Conseil de la municipalité régionale de comté (MRC) Haute-Côte-Nord a reconnu l’existence de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM) sur l’immense territoire qu’elle administre.

Cette MRC est la porte d’entrée de la Côte-Nord et son territoire se déploie à partir du majestueux Fjord du Saguenay sur 160 kms de littoral sur le fleuve St-Laurent. Elle compte un peu plus de 12 000 habitants et rassemble huit municipalités et une réserve amérindienne, établies comme suit : d’ouest en est Tadoussac, Sacré-Cœur, Les Bergeronnes, Essipit, Les Escoumins, Longue-Rive, Portneuf-sur-Mer, Forestville et Colombier.

C’est à l’unanimité que les maires présents à la réunion ont accepté cette proposition de reconnaissance, qui fait de la MRC Haute-Côte-Nord la première MRC à reconnaître formellement la composante Métisse de sa population. Elle rejoint ainsi les Municipalités de Saguenay, Sacré-Cœur, Les Bergeronnes, Longue-Rive et Forestville, qui ont déjà reconnu la Communauté Métisse comme partie intégrante de leur population.

Le président et chef de la CMDRSM Jean-René Tremblay «accueille dans l’honneur et la joie cette autre reconnaissance de l’identité autochtone de son groupe et remercie les élus municipaux de leur ouverture d’esprit face aux préoccupations des Métis». Il ajoute «que la position du Gouvernement du Québec à l’effet de nier l’existence de Communautés Métisses au Québec est totalement déconnecter des réalités culturelles et historiques de nos régions. Le Québec est très en retard par rapport aux autres provinces Canadiennes en ce qui a trait à la question Métisse, et cela a comme conséquence de priver les Communautés Métisses historiques d'une aide Fédérale dont elles auraient grandement besoin, entre autre dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement économique. Les Communautés étant situées en région, on comprendra que ce sont ces dernières qui souffrent au premier chef de l'inaction du gouvernement Charest».

Le chef Métis conclue que «par ces gestes de reconnaissance des communautés Métisses sur leur territoire, les élus de nos municipalités lancent un message clair aux gouvernements supérieurs : il existe sur le territoire du Saguenay, Lac-St-Jean, Côte-Nord, deux groupes autochtones distincts dont il faut tenir compte, les Indiens et les Métis».

Pour plus d’information, contactez

René Tremblay, porte-parole CMDRSM
418.693.9147 ou 418.674.2472

jeudi, septembre 11, 2008

Nouveau livre sur les Métis, de Russel Bouchard. Ne manquez surtout pas !

Sans les Métis du Québec, les Métis de l'Ouest n'existeraient pas ; et sans les Métis du Québec et de l'Ouest, le Canada n'existerait pas. Ce pays et ce continent perdraient tout leur sens...

Russel Bouchard



Le nouveau livre de l'auteure métisse Russel Bouchard, consacré aux clans Métis des Terres-Rompues, est enfin disponible. Il compte exactement 162 pages, un solide texte d'interprétation qui lève le voile sur une communauté métisse tissée très serrée dans le Haut-Saguenay, soit celle des Terres-Rompues. Il compte également plusieurs témoignages d'anciens inédits, des arbres généalogiques et des photos inédites. De quoi remettre en question des pans entiers de l'histoire de l'Autochtonie canadienne, trafiquée par les gouvernements et les chercheurs institutionnels qui leurs sont inféodés, des chercheurs qui, pour une bonne part d'entre eux, ont troqué la vérité historique pour une sécurité d'emploi, des subventions, des médailles de mérite, des contrats de recherches...

Sur la base incontournable de plus de 75 arbres généalogiques en éventail, sur la foi de témoignages et de documents d'archives, Russel Bouchard réussit à démontrer dans ce livre que dans le Haut-Saguenay, dans un périmètre historique bien circonscrit, la collectivité métisse établie dans le triangle Chicoutimi–Sainte-Anne–Terres-Rompues s'est fortifiée au fil des ans au lieu de se diluer, comme les historiens et les anthropologues institutionnalisés l'ont erronément prétendu.

Si vous êtes en quête de votre reconnaissance identitaire, ce modèle d'analyse, qui est l'aboutissement d'une quête personnelle, professionnelle et ethno-culturelle de 37 ans, peut être récupéré par tout chercheur engagé dans ce défi ultime. La pertinence et la qualité de la démonstration a de quoi désarçonner l'argumentaire de tous les professionnels de l'histoire engagés par les gouvernements pour éliminer tous les Métis du Québec de la mémoire canadienne et de la surface de la Terre...

Ne manquez pas

Russel Bouchard
Métisse et Lien de Mémoire de la CMDRSM

Pour obtenir le livre,
il vous suffit d'envoyer un chèque ou un mandat poste de 24$ (ce qui comprend le coût du livre et du port)
et d'envoyer votre commande à :
Russel Bouchard,
33 St-François,
Chicoutimi, Qc.
G7G 2Y5
Tél. 418-543-0962
courriel :rbouchard9@videotron.ca

mardi, septembre 02, 2008

La lutte des Sioux pour la souveraineté, un modèle pour les Métis qui luttent pour leur dignité...


Pour ceux et celles qui rêvent de liberté et qui ont entrepris de retrouver la dignité des peuples autochtones libres, à lire absolument :« Les Sioux, trente-cinq ans de lutte pour la souveraineté » . Cette excellente chronique, est de Sylvie Brieu, et vient tout juste d'être publiée dans le National geographique version française, juillet 2008, pages 54-69. Partout à travers le monde ou les empires se sont montés sur le dos et le génocide des peuples autochtones qui les ont occupés originellement (et cela comprend tous les peuples Métis nés de ces rencontres), un vent de révolte, de reconnaissance et de responsabilité souffle dans les esprits qui se sont remis à vibrer et à espérer.

Dans son papier, Brieu parle de quatre Sioux Lakotas de la réserve de Pine Ridge, qui ont déclaré solennellement la création de la République des Lakotas. Bien peu pour aller de la coupe aux lèvres, diront plusieurs ? Pas tant que ça ! Puisque les membres de la délégation ont été entendus par l'ONU et ont renoncé à leur citoyenneté américaine ; ce qui, dans ce pays, est une impossibilité en vertu de la doctrine fédérale disant que toutes les nations indiennes font partie intégrante des États-Unis.

Affirmer qu'on est libre et proclamer son indépendance alors que tout l'interdit, c'est être déjà libre et indépendant en soi, puisque c'est refuser de légitimer ceux qui nous méprisent et nous assassinent par leurs lois. Le geste est grand et tout ce qu'il y a de plus honorable ! Il a valeur de symbole, le socle du droit des peuples en marche.

Si ces guerriers d'un nouvel âge ont réussi, sans violence et pacifiquement, à faire entendre leurs voix dans les plus grands bureaux de Washington, rien n'empêche à ce que cela se produise ici, au Canada, alors que les Métis sont reconnus comme des Autochtones à part entière dans l'article 35 de la Constitution qui est l'un des dix textes fondateurs de notre peuple (le premier remontant à 1652, et le dernier à Powley, 2003). Vous comprenez maintenant pourquoi les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont refusé de signer la fameuse déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en 2007.Ils craignent la sécession et font tout ce qui est en leur pouvoir pour nous rompre le cou.

Pour l'heure, rien n'est encore gagné pour les sécessionnistes sioux dirigés par Russell Means. Mais la démarche porte à réfléchir dans le cadre de la lutte juridique que les Métis de CMDRSM ont entrepris de livrer pour leur reconnaissance officielle, le portique de notre dignité et de notre épanouissement. Pour répondre au mépris dont il est l'objet de la part du gouvernement américain, Means rappelle volontiers cette phrase pleine de sens lancée un jour par le Mahatma Gandhi : Tout d'abord, ils vous ignorent ; ensuite, ils se rient de vous ; puis ils vous combattent ; puis vous gagnez. »  

Ne l'oublions pas celle-là. Elle dit exactement où nous sommes rendus : ils nous ont ignoré ; ils se sont moqués de nous ; et maintenant ils nous combattent devant leurs tribunaux, avec toutes les armes dont ils disposent. La victoire est au bout. Nous sommes un seul et même peuple, et cela, aucune loi ne peut nous l'enlever tant que nous le croyons fermement et que nous combattrons pour y arriver...

Russel Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRSM

Légende de la photo : Russell Means, chef du gouvernement provisoire de la République des Lakotas, proclamée à la fin de 2007.

mardi, juillet 15, 2008

Rio Tinto Alcan et son Mépris des Métis

L'ancien chef innu du Lac-Saint-Jean, Clifford Moar, siégera au conseil d'administration du nouveau Fonds Rio Tinto Alcan Canada. Selon ce qu'en dit la Presse Canadienne, l'ex-grand chef devient ainsi l'un des sept membres de ce conseil d'administration présidé par le chef de la direction de Rio Tinto Alcan, Dick Evans, qui le présente comme « la seule personnalité de la région à faire partie de cette fondation ».

Vous, qui en avez vu d'autres, vous avez évidemment compris que la multinationale n'a pas commis ce geste d'accueil pour les qualités intellectuelles de M. Moar, mais bien pour le pouvoir d'interférence politique qu'il représente. La population régionale et la communauté Métisse de ce territoire devraient s'inquiéter de ne pas avoir été conviées à siéger au saint des saints de la multinationale. Si les élus municipaux, les représentants des MRC et les préfets n'ont pas compris qu'ils viennent de se faire fourrer, encore une fois, s'il n'ont pas compris que l'Approche commune est déjà en vigueur malgré l'absence d'un traité formellement signé ; s'ils n'ont pas compris cela, c'est qu'ils ne comprennent strictement rien à ces grands jeux d'alcôves dans lesquels ils ne sont que des figurants de carton (à moins qu'ils en soient, à quelque part, les complices muets et passifs, ce qui ne serait pas une première chez nous).

Si cette nouvelle, qui vient de tomber en plein milieu de l'été, réjouit à juste titre l'ensemble de la communauté ilnuth de Mashteuiatsh qui s'en trouve ainsi honorée (et monétairement gratifiée) ; si cette nouvelle passée dans la passivité estivale fait du bien à la fierté de M. Moar et aux chefs du conseil de bande, les Métis du Saguenay, pour leur part, devraient s'en inquiéter. Les chefs métis et les élus de ville de Saguenay ne doivent pas perdre de vue que les 35 kilomètres du lit de la rivière Saguenay sur lesquels reposent les plus grands pouvoirs électriques de l'Alcan au Québec, leur ont été ravis au début des années 1920 sans aucune compensation et qu'ils sont en droit de réclamer à la fois réparation et compensations.

Je crois que les Métis de la Boréalie québécoise doivent prendre note et fait de ce dernier déroulement où ils subissent le plus grand des mépris de la multinationale Rio Tinto Alcan. Ils doivent garder dans leur tête qu'ils sont toujours propriétaires de ces territoires que l'État québécois a bradés pour une bouchée de pain sans leur demander leur avis. Dans cette manoeuvre équivoque, le moins que Rio Tinto Alcan aurait pu faire, c'est d'inviter l'un des nôtres à cette table en signe de respect et de reconnaissance pour tout ce que nous avons fait pour eux. Un première offrande de tabac aurait été pour nous un moment historique...

Terres-Rompues, terres métisses


Cela dit, à l'automne, je lance un cinquième et un sixième livre sur les Métis de la Boréalie. Le premier, titré « Dans les langes métisses des Terres-Rompues », sera publié à compte d'auteur ; et le second, titré « Les dix textes fondateurs du Peuple Métis de la Boréalie », sera publié à Montréal aux éditions Michel Brûlé.

Dans le premier cas, les Métis du Québec tout entier pourront se réjouir d'y trouver la démonstration et la preuve —irréfutable— de l'existence d'une communauté métisse historique toujours vivante dans le triangle Chicoutimi – Shipshaw — Sainte-Anne. Une première appelée à ouvrir la porte de la reconnaissance de toutes les autres communautés métisses du Québec et de l'Est du Canada. Cette démonstration, qui court sur 162 pages bien documentées, s'appuie sur une multitude de documents historiques, un inventaire cadastral, des généalogies (75 en tout), plus de 40 photos et des témoignages d'anciens qui font remonter l'horloge du temps à la première moitié du XXe siècle, quand nous y vivions en paix, sans devoir rendre de comptes à personne, ni à l'Alcan, ni aux gouvernements, ni aux Ilnutsh.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce territoire, les Terres-Rompues sont à la tête de la marée du Saguenay. Elles forment cette portion régionale très accidentée où se rejoignent, dans le tumulte et l'impétuosité du Grand-Remous, les eaux du lac Saint-Jean, des rivières au Sable, Shipshaw et aux Vases, la plus formidable source énergétique du coeur du Québec. C'est à ce confluent qu'ont du reste été construits les grands barrages de l'Alcan au Saguenay (aujourd'hui Rio-Tinto-Alcan). Depuis des temps immémoriaux, cette terre est métisse, totalement métisse, essentiellement métisse, et toujours propriété des Métis puisque notre peuple n'a jamais cédé ces terres qu'on lui a carrément volées.

Russel Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRSM

Photo ci-jointe : le cap du Cran Serré, derrière lequel tournent les turbines des centrales hydroélectriques de Shipshaw et de la chute Wilson. Sur ce cap du Cran Serré, les McLeod, père et fils, y avaient construit une sorte de manoir par où est passé le premier mouvement de colonisation du Haut-Saguenay et du nord du Lac-Saint-Jean.

mercredi, juillet 09, 2008

Ethnicité et danger de dérapage idéologique. Une réflexion sympose pour tous les Autochtones du Canada !

Penser ethnique ou pas
LA CHRONIQUE DE FAVILLA
Les Échos.fr
[ 09/07/08 ] -

« La très sérieuse « Revue française de sociologie » consacre un dossier de son dernier numéro au thème des statistiques ethniques. Convient-il d'autoriser l'identification ethnique des personnes faisant l'objet d'enquêtes statistiques ? La question est, depuis peu, vivement débattue. Le mérite de ce dossier est de présenter sans polémique les arguments en présence.

Le principal argument en faveur de l'établissement de telles statistiques en France, où elles sont interdites, est le bilan positif de cette très ancienne pratique aux Etats-Unis. Les experts considèrent que la connaissance de la réalité des catégories ethniques de la population, objectivée par des indicateurs économiques, sociaux, culturels, est une composante essentielle de la lutte contre les inégalités subies par ces catégories. Plus qu'une composante, les statistiques ethniques seraient même la condition préalable à la mise en oeuvre d'une telle politique. L'argument est simple et percutant : si l'on ne connaît pas la réalité des faits tels que ces catégories de personnes les vivent, il est impossible de définir une politique capable de la corriger. Une société « color blind », aveugle aux différences ethniques, ne peut pas les combattre.

L'argument le plus fort en sens contraire est ce que les sociologues nomment le caractère performatif de l'outil en cause, c'est-à-dire un outil qui, du fait même de son existence, contribue à créer l'objet qu'il est censé décrire. Concrètement, cela signifie que, si l'on questionne des personnes en les classant au départ dans des catégories ethniques, elles vont développer une conscience d'appartenance à ces catégories. A l'issue de son enquête, le statisticien pourra ainsi conclure que « les Noirs ont telle opinion sur tel sujet » mais cette observation aura été influencée dès l'origine par la création de la catégorie « Noirs ». En l'absence de celle-ci, les personnes concernées auraient peut-être exprimé une opinion totalement déconnectée de la couleur de leur peau.

Le risque idéologique que recèle cette controversée statistique est donc sérieux. Il l'est d'autant plus que le modèle républicain français est à l'évidence au coeur du débat. Tout l'effort des Lumières et de la Révolution française a été de libérer les hommes de leurs appartenances sociales, corporatistes, religieuses, en tant que celles-ci constituaient une identité définitive. De cette libération est née le concept d'universel qui est reconnu comme le plus beau cadeau que la France ait jamais fait à l'humanité, sous réserve de la contribution de Kant. Faut-il jeter ce concept par dessus bord au prétexte que son efficacité à produire de l'égalité s'est affaiblie ? Ou bien doit-on conserver la catégorie universelle de « pauvres » en sachant que toute politique contre la pauvreté bénéficiera à beaucoup de « Noirs » mais sans que cette dernière catégorie soit explicitement visée ? Le débat reste ouvert mais l'on mesure mieux qu'il déborde largement les enjeux statistiques.»


Source : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4750232-penser-ethnique-ou-pas.htm

dimanche, juin 22, 2008

Les Métis du Canada, enfin réunis sous la même tente nationale, au Saguenay. Une première historique !

Ci-dessus, M. Gabriel Dufault, de L'Union Nationale Métisse Saint-Joseph du Manitoba
Le rappel de notre histoire par le Lien de Mémoire officiel de la Communauté (ci-bas, avec la plume de la parole) a été accompagné d'un rituel de fumigation et a été clôturé par le chant et le tam-tam de Claude Jean (ci-haut), un homme médecine de notre communauté.

Une présence remarquée

Les Métis du Québec et ceux de l'Ouest étaient présents, ce 21 juin 2008, et en grand nombre, au pays du Saguenay, pour souligner la fête annuelle des Autochtones du Canada, dont celle des Métis. Ce fut une première à maints égards. Une première d'abord parce qu'elle a marqué, officiellement, le rapprochement entre les Métis de l'Ouest, du Sud, de l'Est et du Nord du Canada et du Québec. Une première également dans la manière de rendre hommages aux mânes des ancêtres enterrés dans le cimetière du poste de traite de Chicoutimi (officiellement béni en 1676). Et une première, enfin, parce que, pour la première fois de notre histoire, les Métis qui s'y sont retrouvés nombreux, ont pu participer à la cérémonie du souvenir présidée par le Lien de Mémoire de la CMDRSM, sur la fosse commune du cimetière de Chicoutimi, là où furent déposés les restes de nos ancêtres « sauvages », exhumés en 1879 du vieux cimetière du poste de traite.

Un invité de marque dont il faut plus particulièrement souligner la présence, M. Gabriel Dufault, président de L'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Un cousin et descendant de la nation de Louis Riel, qui a fait le grand voyage jusqu'ici pour attacher officiellement le lien de la fraternité qui unit tous les Métis du Canada en un seul et même Peuple. Il faut souligner également, une présence toute aussi appréciée, des clans de la Côte-Nord du Québec, et des autres venus en délégations de la Gaspésie, de Montréal, de Maniwaki, de la Mauricie, de l'Estrie, de Lasarre en Abitibi, des Hautes Laurentides et de Yamachiche.


Discours du président-chef

Dans son mot de bienvenue, le président-chef de la CMDRSM, Jean-René Tremblay, a souligné notamment l'importance de cette grande union et il a prestement demandé aux gouvernements provincial et fédéral « d'arrêter le harcèlement juridique à notre égard ». Il ne s'est pas privé pour dire que « cette pratique est indigne d'un gouvernement qui foule au pied l'honneur de la Couronne. » « Nous sommes un des peuples qui ont bâti ce pays, a-t-il réitéré, et, tôt ou tard, malgré votre obstination, ces gouvernements devront nous reconnaître et travailler avec nous à développer ces terres qui nous ont été volées. C'est une condition essentielle à notre coopération, à une paix sociale et à l'harmonie entre les nations Amérindiennes, Québécoise et Métisse. »

Toujours en pointant du doigt les deux paliers de gouvernements du sud, le président-chef a conclu son discours en réitérant « que nous, de la Nation Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, ne reconnaissons aucune de vos lois qui ont servi et servent toujours à nier notre existence et celle de nos enfants, à faire disparaître notre culture et à nous asimiler à votre manière de vivre et penser. »

Ce fut donc un grand discours, de bien belles présences, une grande et belle journée, et une promesse d'avenir qui ne demande plus qu'à être alimentée par le rappel de l'histoire, de notre culture et de la lutte qui marque ce temps de passage important avant notre reconnaissance officielle qui nous redonnera un souffle de dignité...

Russel Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRSM

jeudi, juin 19, 2008

Alors qu'il devrait les protéger, l'État du Québec déclare la guerre à outrance aux Métis de la Boréalie avec leur propre argent !

Imaginez l'ironie de cette histoire sordide qui ne peut se passer qu'au Québec. Une guerre à finir. Une guerre qui a commencé en 1851, lorsque le parlement du Bas-Canada a voté une loi pour dépouiller de leur titre toutes les femmes « sauvages » du Pays. Ce qui a permis d'éliminer d'un coup, tous les Métis et leur descendance, et de refouler dans des réserves indiennes ceux qu'il ne pouvait éliminer de ce premier coup.

Pendant qu'on donne des privilèges aux derniers arrivants en les reconnaissance de suite (des droits que les Métis n'ont pas !), les Métis du Québec subissent l'outrage ultime...

Russel Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRSM

Lisez plutôt le communiqué qui suit :

21 juin 2008, Fête des Autochtones

Le procès de Chicoutimi :
Québec s’engage et débloque plus d’un million $ pour contrer les Métis

Québec s’engage dans un important et historique procès contre les Métis du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (DRSM). Il s’agit d’une première judiciaire, où un groupe de Métis du Québec feront valoir des droits sur une partie du territoire de la Province. Les objets fondamentaux de ce procès qui se tiendra devant la Cour supérieure du district de Chicoutimi sont de deux ordres : Faire démolir 15 camps métis qui, aux dires du Procureur général, ont été bâtis sans la permission de l’État, sur les terres publiques;

Faire la démonstration qu’il n’y a pas de Métis au Québec selon les critères de l’arrêt Powley, rendu par la Cour suprême du Canada et, en conséquence, que les Métis n’ont aucun droit au sens de l’article 35 de la constitution Canadienne.

Le Procureur général du Québec a annoncé qu’il ferait intervenir 12 experts et déposerait 2000 documents pour démontrer la non-existence d’une communauté métisse dans le DRSM. À cet effet, il a demandé 70 jours d’audition pour faire sa preuve devant l’honorable juge Roger Banford de la Cour supérieure de Chicoutimi. Il s’agit donc d’un « méga-procès » ou l’État est prêt à dépenser plus d’un million de $ en utilisant les immenses moyens financiers dont il dispose, pour contrer une communauté métisse.

Quant aux métis poursuivis, leur cause fait l’objet d’un cas type, celui du métis Ghislain Corneau, que l’État cherche à déposséder de son camp depuis plus de 10 ans. Cette cause est soutenue par la Communauté métisse du DRSM. À l’évidence, cette dernière ne dispose pas des mêmes moyens financiers que le Gouvernement du Québec, qui a accès au grand réservoir des payeurs de taxes. Les droits ancestraux des Métis du Québec se retrouvent au centre d’un combat à armes inégales.

L’État du Québec, comme l’État Canadien, est fiduciaire des droits des autochtones et à ce titre, il doit s’assurer que leurs droits sont protégés. Il en va de l’honneur de la Couronne. Québec doit se comporter de manière honorable et rétablir la situation, en assistant les Métis dans leur démarche judiciaire. Il faut se rappeler que le procès des Powley (métis) en Ontario, a été payé par l’État. Ils ont eu droit à une défense pleine et entière. Ils ont ainsi fait la preuve, jusqu’en Cour suprême du Canada, qu’ils avaient des droits de chasse protégés par la Constitution canadienne.

Les Métis du Québec, comme ceux d’Ontario et d’ailleurs au Canada, ont les mêmes droits et devraient compter sur les mêmes moyens pour les faire valoir. Il ne faudrait pas se retrouver au Québec, devant une justice à deux vitesses dans le même pays !

Plus d’informations :
René Tremblay, porte-parole CMDRSM
Tél. 418-674-2472, ou 418-693-914

mercredi, juin 18, 2008

L'Approche commune : si vous croyez avoir tout vu, vous êtes dans l'erreur !

Voilà un commentaire, de l'un des habitués de ce blogue, que je trouve sufisamment pertinent et qui soulève assez d'inquiétudes pour être soumis à l'attention de nos lecteurs par cette fenêtre d'exception.

Si vous avec des impressions et des remarques. Ne vous gênez pas.

Russel Bouchard

Sylvain l'Artiste écrit :

« Je viens d'entendre une nouvelle à la radio, ce 18 juin, à l'effet que l'expérience pilote de la patrouille maritime conjointe à la frontière États-unis - Canada au Québec va se généraliser dans tout le Canada. Or, il paraît que les partis d'opposition sont inquiets, car ces négociations avec la GRC se passent dans le secret le plus total, ils ne sont même pas au courant des tenants et aboutissants de toute cette affaire, et ils voudraient avoir leur mot à dire là-dedans.

J'aimerais bien que ce soit la même chose pour l'Approche commune, qu'on peut aussi considérer comme une expérience pilote, avant que ça se généralise dans tout le Canada. Que savent-ils, les partis d'opposition, sur les négociations actuelles? et qu'en sera-t-il encore de leur information à la veille de la signature?

C'est grave. Imaginons simplement que les patrouilles maritimes conjointes américaines-canadiennes se concrétisent, d'une part, et que le principe de l'Approche commune réussisse à s'appliquer dans toutes les provinces, ou une grande partie, d'autre part, nous serons pris entre deux feux, entre les américains et les Indiens des réserves. Chacun pourra mettre son nez dans nos affaires, et il y aura sûrement collaboration, en plus, entre les américains et les fiefs amérindiens pour nous coincer encore davantage. Rappelons-nous de la carte du Nitassinan Innu soumis par le triumvirat Innu, leur frontière passe au milieu du fleuve ainsi qu'au milieu du Saguenay, ce qui implique que les Innus auraient, ou pourraient avoir, éventuellement, droit à leur patrouille des frontières maritimes. Ce n'est pas banal, inclure le fleuve St-Laurent et la rivière Saguenay dans leurs manoeuvres; la Garde Côtière pourrait avoir à partager des renseignements avec ces gens-là, en plus d'avec les gardes côtiers américains, d'autre part.

Notre souveraineté réduite à une peau de chagrin, il ne restera plus qu'à ... . Que nous restera-t-il, finalement? On n'aura plus grand pouvoir de négociation, d'un côté ou de l'autre.

Sylvain L'Artriste

mardi, juin 10, 2008

Rapport Bouchard & Taylor : les Métis doivent prendre note

Dans un texte fleuve qui n'a rien à envier aux discours lancinants et pénibles du chantre de la révolution cubaine, Gérard Bouchard, la première moitié de la plume qui a signé l'historique rapport d'une Commission sensée réunir en une seule coupe multiculturelle (pardon, « interculturelle » !) ; l'auteur du livre « La nation québécoise au futur et au passé », l'inventeur de la «nation civique québécoise », en remet sur l'enclume de ses contradictions. Tous les quotidiens du Québec en sont témoins, de même que les oiseaux de la rivière Mingan de Jos Monferrand jusqu'à la Bitte à Tibi.


La faute à Voltaire

Encore une fois, les « québécois de souche canadienne-française » (sic) n'ont rien compris. Et s'ils n'ont rien compris, c'est que la faute est imputable aux leaders nationalistes qui ont gommé son rapport. En référant aux Canadiens français qui refusent cette assimilation, il écrit donc : « on doit tout de même admettre que cette nouvelle identité [franco-québécoise] ne peut pas être imposée à qui que ce soit. Chaque citoyen a le droit, s'il le désire, de conserver une référence à ses racines et de cultiver une appartenance ou une identité particulière, parallèle à l'autre et en relation avec elle... »

En voilà déjà beaucoup. Je me demande réellement si l'auteur est conscient de ce qu'il a écrit dans son rapport. En le lisant, j'ai l'impression de vivre sur une autre planète ! D'abord, il est faux de dire que ce sont les leaders nationalistes qui ont produit ce résultat. Et c'est réduire à bien peu l'ampleur du tollé de contestation puisque les Indiens (relisez Max Gros Louis) se sont immédiatement inscrits en faux contre le rapport. Puisque les Métis dont on ne daigne même pas souligner les deux passages à la commission le dénoncent eux-aussi (relisez mes propres textes et ceux des autres leaders du Québec). Puisque des milliers de Canadiens français qui ne sont ni nationalistes ni séparatistes ont vertement dénoncé le fait d'avoir été réduits à l'état d'une sous-culture du Québec moderne, des reculés qui n'ont plus que la pipe de plâtre et la ceinture fléchée comme lieux communs.

Faut-il être bouché à ce point pour imaginer qu'il n'y a que les nationalistes québécois qui ont quelque chose à perdre dans ce rapport qui bafoue le premier fait fondateur du Québec ? À sçavoir les Canadiens français et les Métis qui représentent encore tout près de 70% de la population du Québec !

Less Métis devront prendre note

Dans sa furibonde sortie, le co-auteur du Rapport soutient donc formellement l'idée que « chaque citoyen a le droit, s'il le désire, de conserver une référence à ses racines... ». Celle-là, au nom de tous les Métis dont il a contesté lui-même l'existence dans les journaux du Saguenay, je la retiens au rôle du débat qui s'ensuit dans notre société. En tant qu'Autochtone (Métis), je suis entièrement d'accord sur ce point. Et je suggère justement aux Canadiens français et aux Métis qui se sentent gommés et rétrécis dans le sidérant Rapport, de ne pas perdre de vue cette citation. C'est justement là le fondement de la crise qu'il a portée à un niveau inégalée depuis le Rapport Durham. Je crois que le co-auteur Bouchard n'est pas tout à fait conscient que le feu d'herbe qu'il a allumé dans ses écrits de l'après-référendum est en train de devenir un feu de brousse où plus personne n'a le contrôle, et qu'il en faudra encore bien peu pour qu'il s'étende à la forêt toute entière.

Notre homme se demande également : « pourquoi, suivant la même logique, serait-il condamnable de parler de Québécois d'origine canadienne-française, en particulier à l'intention de ceux qui tiennent à cette référence ? L'expression est parfaitement neutre, précise et équitable, et elle correspond à la réalité historique. » Je crois qu'il n'a pas compris que c'est justement là où le bât blesse. Les Canadiens français et les Métis n'en veulent tout simplement pas de ce rapetissement. Et c'est justement parce que cette notion les neutralise dans un miasme ethnoculturel sans âme dans lequel ils n'ont plus de références à leur histoire, à leur lutte, à leurs espoirs et à leur identité-propre qu'ils crient à l'imposture.

S'il y a débordement, comme il le dit craindre, le maître d'oeuvre de la « nation civique franco-québécoise » doit comprendre qu'il n'y est pas tout à fait pour rien. Et Jean Charest ne pourra s'en prendre qu'à lui d'avoir donné une baguette de sorcier à un apprentis qui n'est toujours pas foutu de comprendre qu'il a pris la baguette par le mauvais bout...

Akakia

samedi, juin 07, 2008

Les Métis, à l'honneur dans Le Devoir...

Le texte mérite le détour.
Les Métis, ce peuple méprisé par les gouvernements, par les Indiens et par les Canadiens. Les Métis, le peuple fondateur sans qui l'Amérique ne serait pas ce qu'elle est. Les Métis, ces « hommes libres » oubliés qui ont arpenté l'Amérique dans tous les sens depuis les premiers contacts. Les Métis, ceux-là qui sont à l'origine du mythe fondateur Américain et qui ont inspiré le slogan révolutionnaire de « liberté, égalité fraternité », trouvent enfin un premier écho dans la grande presse montréalaise qui nous salue dans un texte de Denis Lord.

À lire, pour vous donner le goût de poursuivre la lutte pour la Liberté, l'égalité, la fraternité, qui ne va pas sans le respect et la justice...

Russel Bouchard


« Les Métis de l'Est - Ils sont 291 000 sans territoire propre

Denis Lord
Édition du samedi 07 et du dimanche 08 juin 2008
Mots clés : Raymond Cyr, Les Métis de l'Est, Festival et fête, Autochtone, Québec (province)
« Être un Métis, c'est une culture, pas juste un p'tit mélange de sang rouge et blanc »

En avril dernier, des producteurs de la Beauce ont exigé d'être exclus du plan conjoint de mise en marché du sirop d'érable, sous prétexte de leurs origines. Le même mois, la Cour supérieure a rejeté la demande d'un groupe voulant participer aux négociations territoriales entre le gouvernement québécois et les Innus, concernant l'Entente commune au Saguenay. Le point commun entre ces revendications? Elles ont été émises par des Métis du Québec, qui réclament des droits analogues à ceux des autochtones. Un dossier embrouillé et brûlant.


Le terme de «Métis» évoque irrémédiablement Louis Riel et ses concitoyens de la rivière Rouge, amalgame de descendants de coureurs des bois canadiens-français et de Cris, Saulteux et Ojibwas. Mais la réalité est autrement plus complexe. Dans la plupart des provinces canadiennes, des communautés s'identifient elles aussi comme des regroupements de Métis. Quelque 291 000 personnes se sont réclamées de cette identité lors du recensement de 2001. Le gouvernement canadien reconnaît l'existence de 80 communautés métisses dans le pays sans pour autant leur accorder les mêmes droits qu'aux autochtones.

Origines mixtes, peuple singulier

«Être un Métis, c'est une culture, pas juste un p'tit mélange de sang rouge et blanc.» C'est Raymond Cyr qui s'exprime ainsi, aujourd'hui représentant des Métis de l'Estrie, après avoir grandi dans les monts Chic-Chocs, dans une communauté issue de «l'union des Euro-Canadiens avec des Montagnais, des Abénakis et des Malécites».

«On nous donnait différents noms, comme les hommes-capitaines. D'abord, parce qu'une partie de nos ancêtres étaient des Blancs qui avaient fui les bateaux. Ils étaient renommés poilus, méfiants et dangereux parce qu'ils avaient peur d'être repris.» Autre raison: chaque homme pouvait être un chef, l'un pour la chasse, un autre pour l'établissement d'un camp, par exemple. «Nous avons incorporé l'esprit rationnel des Blancs à nos valeurs spirituelles, dit Raymond Cyr. Nous sommes reconnus pour notre sens des affaires, mais aussi nous parlons aux bêtes que nous tuons. Nous croyons aux songes, à la prémonition.»

Dominique Côté, juriste et généalogiste, abonde dans le même sens. «Le concept de métis se vit très peu par le sang, dit-elle, même si on doit descendre d'une lignée autochtone. Ce sont les us et les coutumes qui importent.» Dominique Côté est d'origine française mais aussi abénakise, huronne, algonquine et micmac. Elle fait partie de la communauté des Antayas -- «celui qui a marié une sauvagesse» -- située en Beauce. Sa culture, dit-elle, se démarque par la spiritualité, les traditions, l'enseignement des aînés.

Rencontre historique

Le Québec abriterait plus de 15 000 Métis disséminés entre sept communautés historiques. Pour la première fois, les 20, 21 et 22, ceux de la Gaspésie, de la Beauce et de l'Estrie, de l'Abitibi aussi, d'ailleurs encore, se réuniront à Jonquière pour un pow-wow chez la communauté métisse du domaine du Roy et de la seigneurie de Mingan (CMDRSM), deux immenses territoires sur lesquels les Métis réclament des droits. «Chicoutimi, affirme Jean-René Tremblay, chef de la CMDRSM, était jadis un poste de traite métis privilégié, avec sa chapelle et son cimetière, qui ont été détruits par l'État moderne. Des Amérindiens ici, dès 1710, il n'y en avait plus.»

Nombre d'Amérindiens ne reconnaissent pas l'identité métisse. Il y a quelques années, un groupe de pression, l'Alliance autochtone du Québec, a refusé d'arborer le drapeau métis et de jouer l'hymne métis lors des réunions. En Gaspésie, Micmacs et Métis se sont opposés dans le dossier de la création de la pourvoirie Badwin. «Pourtant, affirme Raymond Cyr, les réserves se sont formées à partir du bassin de population des Métis. Les habitants des réserves de Maria, de Restigouche et de Gaspé sont aussi métis que nous. Sans nous, ils auraient perdu leurs traditions. Mon cousin a montré à trapper à ceux de Maria.»

Le même problème de reconnaissance se reproduit entre Métis de l'Ouest et Métis du Québec. Le Metis National Council, formé de représentants des organisations provinciales de l'Ouest, ne reconnaît pas l'existence des Métis de l'Est. La seule organisation à le faire est l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNM). Le président de la plus ancienne organisation du genre, Gabriel Dufault, sera d'ailleurs présent au pow-wow de Jonquière, une première. Encore une fois, Raymond Cyr s'insurge. «Les Métis de l'Ouest sont originaires de l'Est, sauf les Métis écossais.» «C'est une hypothèse qu'on examine», commente prudemment Fabien Tremblay, qui étudie l'ethnogenèse des communautés de la Gaspésie et de l'Abitibi pour la Chaire de recherche sur l'identité métisse.

Revendications

Jusqu'à aujourd'hui, les communautés métisses du Québec n'ont pas fait front commun dans leurs revendications. Celles-ci demeurent locales. On parle essentiellement de la reconnaissance de droits ancestraux, comme la chasse et la pêche, la consultation sur l'utilisation du territoire. «Nous aurions le droit à la cogestion, remarque Raymond Cyr, de dire non à la pêche abusive, à la coupe à blanc.» Le représentant des Métis de l'Estrie s'insurge contre la monoculture dans la reforestation des Chic-Chocs, qui appauvrit la faune.

La CMDRSM va beaucoup plus loin. Elle revendique le titre foncier d'un territoire allant, d'est en ouest, des Éboulements au Labrador, et, du sud au nord, du fleuve Saint-Laurent à la ligne de partage des eaux avec le bassin hydraulique de la baie James.

Toutes ces revendications se heurtent à un obstacle de taille: les Métis de l'Est n'ont pas d'existence juridique aux niveaux provincial et fédéral. «Lors du rapatriement de la Constitution en 1982, explique Fabien Tremblay, on a rajouté les Métis aux peuples inclus dans l'article 35, les Inuits et les autochtones, sans pour autant spécifier qui ils sont.»

«Nous reconnaissons des groupes représentant les intérêts des Métis, précise Fred Caron, sous-ministre adjoint au bureau de l'Interlocuteur auprès des Métis et des Indiens non inscrits, mais pas les Métis eux-mêmes, même s'ils ont droit à certaines subventions.» Aucun groupe représentant les intérêts des Métis du Québec n'est reconnu.

L'arrêt PowleyLa reconnaissance des Métis passe d'abord et avant tout par le ministère de la Justice, qui d'ailleurs a investi 24 millions de dollars en 2004 dans une enquête menée sur cette réalité. Cette enquête a fait suite au jugement Powley de la Cour suprême, qui a ouvert une brèche, sinon la boîte de Pandore, dans la jurisprudence canadienne. En 1993, Steve et Roddy Charles Powley, deux Métis de Sault Ste. Marie ont été accusés d'avoir violé la Lo

i sur la chasse et la pêche de l'Ontario pour avoir tué un orignal. Lors de leur défense, ils ont invoqué l'article 35 de la Loi constitutionnelle. Il a fallu dix ans avant qu'ils ne gagnent leur cause devant la Cour suprême. «Les Métis de Sault Ste. Marie sont les seuls Métis canadiens à bénéficier de droits autochtones au sens de la Loi sur les Indiens», explique Denis Gagnon, directeur de la Chaire de recherche sur l'identité métisse.

Mais l'arrêt Powley ne définit pas juridiquement, lui non plus, le terme de «Métis». Il se limite à des directives sur d'éventuelles revendications: l'appartenance à une communauté possédant un degré de continuité et de stabilité rattaché à un lieu précis; cette communauté doit avoir vu le jour avant que les institutions politiques européennes et l'influence des colons ne soient devenues prédominantes. Le mot «Métis» ne vise pas toutes les personnes d'ascendance mixte amérindienne et européenne.

«Le gouvernement canadien a judiciarisé le phénomène identitaire, objecte un intervenant, et il veut dissuader les Métis de tenter de faire reconnaître leurs droits en faisant traîner les causes d'une cour à l'autre.» N'empêche. Selon Fabien Tremblay, avec le précédent créé par le jugement Powley, la zone grise politique et juridique sera de plus en plus balisée. Powley a ouvert un espace juridique qui est devenu politique puis identitaire. Le mouvement d'affirmation métis a gagné tout le Québec.

Selon Denis Gagnon, après un siècle de négation de leur existence, les Métis font aujourd'hui face au paradoxe de la définition de leur identité. «La reconnaissance de leur existence et de leurs droits est juridiquement reliée à sa définition et cette définition identitaire signifie l'extinction de leur statut à moyen terme, en raison des intermariages qu'ils contracteront d'ici les prochaines années. Les enfants des Métis qui se seront métissés au-delà d'une génération perdront leur statut, comme c'est le cas pour les Amérindiens. Cet enjeu, dont les Amérindiens sont bien conscients, n'est pas encore soulevé par les associations métisses et demeure un danger pour la survie de leur identité.»

***

Collaborateur du Devoir»

mercredi, mai 21, 2008

Approche commune : les chefs Ilnutsh déplorent la lenteur du ministre fédéral

Négociations territoriales innues
Un ministre inaccessible, déplore le grand chef Gilbert Dominique



Un reportage de Dominique Rivard
http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2008/05/07/003-innus-negos.asp


Les chefs de Mashteuiatsh, d'Essipit et de Nutashkuan cherchent depuis des mois à rencontrer le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl. Les chefs souhaitent faire avancer les négociations qui découlent de l'entente de principe d'ordre général sur l'autonomie gouvernementale des Innus, signée en 2004 par le gouvernement libéral.

Le processus piétine depuis la nomination de M. Strahl, l'automne dernier.

Le ministre Strahl vient cependant de décliner l'offre. « Il nous dit que pour le moment, il n'est pas en mesure de nous rencontrer, malgré notre insistance. On a besoin d'échanger avec le fédéral sur les grands enjeux derrière la négociation », dit le chef de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique.

Chuck Strahl dit manquer de temps, pour une rencontre qu'il ne considère pas comme nécessaire.

Gilbert Dominique affirme qu'il doutait de la volonté des conservateurs à conclure des ententes territoriales avec les autochtones lorsqu'ils ont été élus en 2006. Il se demande si le fait que les Innus aient signé pour la première fois au Canada une entente qui préserve les droits ancestraux d'une communauté autochtone ne freine pas l'ardeur du gouvernement.

Les Innus ont appelé en renfort le premier ministre Jean Charest, qui doit tenter de convaincre Stephen Harper de sortir les négociations de l'impasse.

jeudi, mai 15, 2008

Obama et les Métis - Clin d'oeil éditorial

Pour bien lire le texte, il suffit de cliquer sur l'image.

lundi, mai 12, 2008

Nouveau Forum Métis

Les Métis de l'Estrie viennent d'ouvrir un nouveau forum pour permettre aux gens d'échanger et faire ainsi progresser ce peuple en marche.

Je ne peux que féliciter et remercier les administrateurs de cette voix métisse nouvelle. À nous d'en faire le meilleur usage possible. Faites-nous grandir par le respect et l'excellence de vos points de vue.

Russel Bouchard

Voici l'adresse : http://www.metis-estrie.org/

mercredi, mai 07, 2008

Dans les ruines du manège militaire...

Le régiment des Voltigeurs a effectivement reçu, officiellement un drapeau de guerre de la part de la Société St-Jean le Baptiste « de l’époque ». ( La campagne de l'Ouest métis.

À l’occasion de leur départ pour servir sous les couleurs du Dominion de l’Empire, à la solde des anglais, contre les Métis de Riel, sous les ordres du général Midleton qui a « ravaudé » le long de la Rivière Rouge jusqu’à Batoche.

Pendant ce temps un bataillon de miliciens volontaires « Montréalais », le 65 ième, mettait le cap sur la rivière Saskatshewan et Battleford, pour les prendre à revers et par la même occasion effectuer des raids chez les Cris et les Sioux et Assiniboines.

Au Québec il y a donc eu un mouvement antipathique des québécois envers ces « sauvages » qui osaient défier l’Empire. Ce mouvement antipathique était moins prononcé dans l’arrière-pays. Il faut dire que la manipulation de l’opinion publique à l’époque procédait de façon très différente d’aujourd’hui !

À la fin du conflit, lors de la pendaison de Riel et suite à une meilleure connaissance des enjeux et des manifestations et déclarations patriotiques la population montréalaise avait viré de bord semble-t-il ! Le mal était fait et les Métis étaient honnis et ostracisés d’est en ouest pour 150 ans.

Triste épisode. C’est pour cette raison que je j’ai toujours un malaise quand je vois aujourd’hui les opportunistes de la SSJB se coller aux Métis comme s’ils avaient participé à leur misères et à leur malheurs.

Cependant puisqu’il faut passer l’éponge et que cette association existe aujourd’hui entre la SSJB et les Métis je me dis que toutes les incohérences sont possibles.

Ça m’amène à penser que la SSJB de Montréal devrait prendre officiellement parti pour les Métis du Québec dans leur marche vers la reconnaissance de leurs droits ancestraux et territoriaux contre les oppresseurs Canadiens et Québécois. Ca serait plutôt de mise si ça se trouve !

Les opportunistes Dorion et Cie devront cesser de tenter de récupérer la lutte traditionnelle des Métis pour la liberté et la confondre au mouvement québécois pour une francophilie timorée.

Richard Harvey, Métis

dimanche, mai 04, 2008

Les « Gens Libres » de la Shipshaw, premiers occupants de Falardeau *

Une famille métisse du Lac-Cair, au nord de Chicoutimi, vers 1950. Selon la Loi de 1850, dans le Bas-Canada et le Québec actuel les « Sauvages » comprennent les Indiens, les couples Métis qu'on appelle également « Bois brûlés » et « Gens libres », et toute leur descendance.


Depuis des temps immémoriaux, la rivière Shipshaw a été utilisée comme voie de pénétration permettant aux Indiens, aux missionnaires et aux coureurs des bois d’accéder au lac Onatchiway et à cet arrière-pays mystérieux. Au début des années 1880, deux ou trois familles montagnaises (les familles Xavier, Joseph et Charlish) viennent s’installer périodiquement non loin de la chute aux Galets. Ces gens, raconte l’ancêtre Jean-Baptiste Petit (R. Bouchard, 1996, 354-355), « sont campés sur un des plus beaux sites que l’on puisse imaginer. La rivière [Shipshaw est] très large et parsemée d’îles et d’îlots, les uns couverts de bois vert, et [les] autres [avec uniquement] de l’herbe et des rochers ». Ils campent là pendant l’été, alors qu’au cours de l’automne, ils remontent dans leur territoire de trappe, situé à la tête de la rivière Shipshaw, dans les secteurs des lacs Onatchiway et Pamouscachioui.

Au début des années 1930, lorsque arrivent les nouveaux colons dans le canton Falardeau, le gouvernement leur attribue des terres à la « Pointe des Indiens », le long de l’actuel réservoir du «lac» Saint-Sébastien. Au fil des ans, ces Métis montagnais vont se mêler aux colons qui épousent quelques « Indiennes », perpétuant ainsi la lignée des Xavier et donnant naissance à celle du Métis “Jules Tremblay”.

Lors d’une visité effectuée chez les Xavier, (Le Soleil, 22 juin 1961), Clément Dufour, un traiteur de fourrures bien connu à Chicoutimi, rapporte que cette famille l'a reçu sourire aux lèvres, le teint cuivré, la joie au coeur. Ces gens vivent là, tant bien que mal, tantôt sous la tente qu’ils semblent trouver plus confortable l’été, tantôt dans une modeste cabane construite par les citoyens de Falardeau. Pendant que les hommes se rendent à la chasse ou montent dans les chantiers forestiers de la Price Brothers & Co., « les femmes s’adonnent à la pêche dans le lac St-Sébastien qui, parait-il, regorge de brochets ». En 1998, des descendant de la famille Xavier habitent toujours sur la propriété ancestrale, sur les rives du lac Saint-Sébastien.

Russel Bouchard

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Référence : Ce texte a été tiré de la brochure titrée « Saint-David-de-Falardeau - de l'eau, de la terre et des hommes », textes de Russel Bouchard publiés en 1998 pour le compte de la municipalité de Saint-David-de-Falardeau.

* La municipalité de Falardeau est située à une vingtaine de kilomètres, au nord de Chicoutimi.

samedi, mai 03, 2008

En sa qualité d'avocat, Maître Nepton devrait savoir que les Indiens ne sont pas les seuls Autochtones dans ce pays...

Maître Carl Nepton, négociateur en chef des Ilnusth dans l'affaire de l'Approche commune


Les Ilnutsh ont la mémoire sélective ; ils aiment bien oublier qu'ils ne sont pas les seuls Autochtones dans ce pays

Monsieur Carl Nepton
Permettez que je réagisse à mon tour à votre diatribe publiée dans le journal Le Quotidien du 3 mai 2008, sous le titre « Les Autochtones négocient de bonne foi ». Dans votre lettre adressée à l'éditorialiste Carol Néron, vous parlez en tant que « Négociateur en chef des Premières Nations de Mashteuiatsh, Nutakuan et Essipit, Approche Commune ». Cette responsabilité aurait dû mieux vous inspirer. Au nom de tous les Ilnutsh, vous vous dites « perplexe » eu égard aux commentaires dans lesquels l'éditorialiste questionne la pertinence de l'Approche commune et les deux niveaux de langage que les chefs de ces communautés ont tenu depuis le 14 juillet 2000, selon qu'ils soient ou pas en leur faveur.

Vous reprochez à M. Néron de « mêler consciemment la négociation de l'Approche commune par les trois Premières nations Innus », « avec un incident [qui] implique des Cris et non des Innus ». Vous lui reprochez son « désir [sic] de torpiller le futur traité des Innus ». Vous n'appréciez pas quand il écrit que l'Autochtone parle « avec la langue fourchue ». Et vous lui rappelez que « ce n'est certainement pas en faisant porter sur le dos de l'Approche commune toutes les coches mal taillées par des Autochtones du pays [qu'il parviendra] à favoriser un climat sain et serein de discussion... »


Une mémoire sélective

Si vous ne parlez pas avec la « langue fourchue », comme vous nous l'assurez et comme je veux bien le croire, vous avez la mémoire sélective. Car je pourrais vous citer en référence au moins dix, vingt, trente textes où les éditoriaux, les chroniques et les nouvelles de la presse, tous médias confondus, vous ont fait la partie facile. Beaucoup trop facile compte tenu de la qualité de votre argumentaire qui s'empêtre dans les sentiments et qui s'ajuste mal à la critique quand elle vous est défavorable !

Voilà qui en dit déjà beaucoup sur vous et sur cette sorte de traité amphigourique que vous négociez dans le secret et sans vous soucier le moins du monde des autres depuis au moins seize ans. Curieuse lettre que la vôtre, vous dirai-je simplement Monsieur Nepton ! Vous questionnez la mauvaise foi de l'autre (et par lui, nécessairement tous ceux et celles qui ne sont pas pour le traité), mais vous ne vous privez pas de lui faire un procès d'intention dans la même lettre ouverte en l'accusant de vouloir « torpiller le traité ». Pour un avocat qui a une telle charge de responsabilité sur ses propres épaules, il y a de quoi rester dubitatif. Vous prenez soin de démêler les Innutsh des Cris en soutenant que tous les Autochtones ne sont pas Innu ou Cri. Ce qui est juste et vrai et ce que vous n'avez jamais pris le temps de corriger cependant puisque vous n'avez jamais cessé de vous présenter comme les seuls Autochtones du pays.


Le lourd préjudice créé aux Métis

Cet abus de langage crée d'énormes préjudices aux Métis et aux Canadiens français.

Je vous rappellerai du reste à cet égard que la confusion des genres dont vous vous dites aujourd'hui victime en tant que peuple, est imputable au discours que vous tenez sans jamais défaillir, un discours qui est loin de refléter la réalité historique et sociale du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord. Je constate que vous, le négociateur en chef et les chefs Ilnutsh, n'avez de mémoire et d'arguments que ce qui sert bien votre propre cause. Contestez-moi si j'ai tort ! Depuis l'annonce du projet de l'Approche commune, voilà déjà huit ans, vous n'en n'avez pas perdu une pour vous présenter comme les seuls « Autochtones » des territoires que vous revendiquez dans le Nitassinan, et ce, sans égard aux Métis et aux Canadiens français qui ont peuplé ce pays de nos ancêtres communs et qui, ne vous en déplaise, ont permis au peuple Ilnusth de ne pas s'éteindre.

Monsieur Nepton, dans mon esprit à moi et dans celui de la vérité historique toute simple, votre discours prendra sa force et pourra être considéré quand vous, les chefs et les représentants Ilnutsh, reconnaîtrez officiellement, comme le veut du reste l'article 35 de la Constitution canadienne, que les Autochtones sont, notamment, les Indiens, les Inuits et les Métis. Prétendre, comme vous le faites sans relâche et à toutes les tribunes, que les Métis ne sont pas un peuple, c'est enlever à la Loi suprême tous ses considérants et précisions, c'est aller à contresens de l'histoire, et c'est carrément détruire la Loi sur laquelle repose le socle de vos propres revendications.

Russel Bouchard
Métis montagnais–canadien-français et
Lien de Mémoire de la CMDRSM

mercredi, avril 30, 2008

Quand les droits des uns sont assujettis aux droits des autres, il n'y a plus de droit...


Image de propagande tirée de : « Ils ont fait notre pays - Histoire du Canada ; 3e année ». C'est dans ce petit bouquin que j'avais dans ma troisième année qu'on m'a appris tous les préjugés et tous les mensonges perpétués dans les écoles des envahisseurs et des conquérants. C'est dans cette sorte de propagande insidieuse qu'on a réussi à me faire comprendre, moi le Métis, qu'il ne fallait pas dire dans ma classe que, comme bien d'autres avec moi, « nous avions du Sauvage » ! R.B. qui est aussi Le Fils de l'Étoile du Matin

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Quand les droits des uns sont assujettis aux droits des autres, il n'y a plus de droit...

Dans un texte paru dans le Progrès-Dimanche du 29 avril 2008, sous la plume du chroniqueur chasse et pêche Roger Blackburn (« Un couple dénonce l'intimidation »), l'auteur nous apprend que les propriétaires de la Pourvoirie Chibaugamau (M. et Mme Jean-Guy Thisdel et Nathalie Richard), ont été intimidés, séquestrés et pris en otages le jour d'avant, par... « huit autochtones » (sic !) du Nord du Québec. Les agresseurs, des membres du peuple Cri à ce qu'il paraît, ont pris prétexte de leur soi-disant droit de passage sur le territoire de la pourvoirie qui, selon eux, est un raccourci à prendre dans le cadre de leur « goose break » printanier (entendons une chasse collective à l'oie blanche).

Ceux qui, au nom de leur collectivité, ont commis ce crime qui a tout du « terrorisme » puisque ce geste a été produit dans ce sens et qu'il a réussi à atteindre son but (terroriser des personnes) ; ceux-là ne semblent pas s'inquiéter du tort qu'ils créent à la fois au couple agressé, à leur propre cause qui est le respect de leurs propres droits, et à tous les autochtones d'Amérique.

Dans un commentaire qui remet à l'ordre du jour le conflit perpétuel entre Blancs et Indiens, l'éditorialiste du journal Le Quotidien du 30 avril (« Invasion de domicile »), Carol Néron, en remet sur l'enclume. Il évoque, pour sa part et à juste titre, la mauvaise foi de ces « Autochtones » (re-sic !) qui ont pris en otage d'honnêtes citoyens dans leur propre foyer et qui entendent régner sur les terres communes par la terreur. « Cette démonstration de force sévèrement condamnable par la loi, écrit effectivement Néron, tend aussi à démontrer que les «« Autochtones »» sont de mauvaise foi » (les guillemets sont de moi). « L'Autochtone parlerait-il avec la longue fourchue ? » demande-t-il derechef dans sa conclusion.

Que la question soit posée ainsi se comprend fort bien quand on voit, jour après jour, le grand chef de l'APNQ, Ghislain Picard, répandre et soutenir erronément à toutes les tribunes que les Métis ne sont pas des Autochtones ; quand on entend le chef de Mahsteuiatsh, Gilbert Dominique, parler des Indiens qu'il représente comme les seuls Autochtones du Saguenay–Lac-Saint-Jean ; qu'un sénateur Indien, Aurélien Gill, ratiocine publiquement que seuls les Indiens sont des Autochtones et des ayants droits ; et que tous les chefs de l'APNQ, complètement déconnectés de la réalité qui nous unit les uns aux autres, votent à l'unanimité une motion voulant que « Les droits des Autochtones au Québec, notamment ceux protégés par la Constitution du Canada, sont uniquement ceux possédés par la nation inuite et les Premières Nations... » (Ghislain Picard, Kébec, Québec, 2008 : 172)

Et les Métis dans tout ça ?!

Personnellement, je ne me sens pas bien avec cette manière de dire. Car c'est mettre les « Métis » dans ce même lot, ce qui n'est pas juste puisque les Métis, dans leurs gestes et dans tous leurs discours répudient sans nuances ce genre de comportement hors-la-loi. Et c'est les placer dans un environnement historique et social qu'ils sont loin de mériter et partager puisqu'ils ne sont ni Indiens ni Cris, puisqu'ils se veulent bons citoyens et bonnes citoyennes, qu'ils sont respectueux(ses) des droits de tous et des lois qui policent la vie dans ce pays.

Si la répudiation d'un geste aussi condamnable que la séquestration d'individus est on ne peut mieux inspirée dans le contexte d'une société de droit, l'attribuer aux... « Autochtones » mérite cependant un trois petits points de suspension. C'est là, en effet, un réflexe sémantique qui se perpétue, hélas, dans tous les médias du Québec depuis des décennies. Un réflexe qu'il nous faut cependant corriger avec célérité car il n'est pas juste, il dénature l'histoire et la réalité présente, et il est préjudiciable à d'autres groupes. Comprenons bien : si, au Canada, tous les Indiens sont des... « Autochtones », tous les « Autochtones » du Canada ne sont pas nécessairement des Indiens.

Avant de signer le prochain traité avec un quelconque peuple autochtone, les gouvernements de ce pays auront intérêt à bien évaluer les considérants et les après possibles d'une histoire qui disposera alors des derniers prérequis pour déraper...

Russel Bouchard

mardi, avril 29, 2008

Le chef de l'APNQ (Ghislain Picard) et le mépris du peuple Métis du Québec



Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, affirme son impatience devant la lenteur des gouvernements à atténuer les effets néfastes de la pauvreté parmi les communautés qu'il représente. Pour faire bouger les choses dans le bon sens, il annonce sa présence à l'ONU, pour participer à une session de l'Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones. Dans une entrevue accordée à la Presse Canadienne, le grand-chef Picard s'y présente pour discuter des conditions de vie des autochtones au Canada.

Voilà pour le discours politique. Pour la réalité de ses propres engagements envers l'ensemble des peuples autochtones de la province de Québec, on repassera !

S'il est vrai que les communautés indiennes du pays en arrachent par les temps qui courent, il est cependant abusif de dire qu'il parle au nom de tous les « autochtones » du pays. Comme tous les autres chefs indiens du Québec, M. Picard aime bien confondre l'indianité dans l'autochtonie, et il prend bien soin de ne jamais évoquer ni la présence ni les souffrances du peuple Métis du Québec qui constitue, pourtant et ne lui en déplaise, l'un des peuples les plus méprisés et les plus pauvres du Québec.

Que Ghislain Picard parle au nom des Indiens qu'il représente est une chose bien noble en soi. Mais le faire au nom de... « tous les autochtones » du Québec, est à la fois inapproprié, abusif et démagogique. Quand il parle des souffrances des peuples Indiens, M. Picard, dit vrai et je l'appuie. Mais quand il évoque l'ostracisme dont est victime son peuple, je lui dits de revoir son propre discours car il parle des deux côtés de la bouche.

Pour l'acceptation du fait Métis par les Indiens, voici ce qu'écrit justement Ghislain Picard, le chef des Premières Nations du Québec, dans son livre « Kébec Québec », publié aux Intouchables le mois dernier (1er trimestre 2008 ), à la page 172 : « Le 14 juin 2007, en assemblée des chefs, l'APNQL a adopté une déclaration qui dénonce la Confédération des peuples autochtones et la multiplication des associations disant représenter les Métis. Dans cette déclaration, les chefs des Premières Nations du Québec affirment : « Les droits des Autochtones au Québec, notamment ceux protégés par la Constitution du Canada, sont uniquement ceux possédés par la nation inuite et les Premières Nations... »

Mettez-ça dans votre calumet et tirez-en vos propres conclusions !...

Russe Bouchard

samedi, avril 26, 2008

Nouvelle adresse e-mail de Russel Bouchard


Prière de prendre note de ma nouvelle adresse e-mail :

rbouchard9@videotron.ca

lundi, avril 21, 2008

Pour les Métis de la Boréalie qui cherchent leurs ancêtres, un nouvel outil mis à leur disposition


Jean-Daniel Dumas, un héros méconnu de la Nouvelle-France


19 avril 2008 - 21h33
Le Soleil
Didier Fessou
Québec

Jean-Daniel Dumas
Un livre pour les amateurs d’histoire. Une fois plongé dedans, on n’en sort pas. Un livre pour rendre hommage à un héros nommé Jean-Daniel Dumas. Né à Montauban en 1721, il s’est fait soldat en 1742 par dégoût de la profession d’avocat dans laquelle il avait pourtant obtenu quelques succès. Nommé lieutenant dans le régiment d’Agenais, il a été promu capitaine en 1747 et transféré dans les troupes de la marine après le démembrement de son régiment. Au printemps 1750, il s’embarque à Bordeaux pour l’Acadie. Ce livre raconte ses campagnes en terre d’Amérique, 10 années mouvementées qui le mèneront de Louisbourg à Fort Duquesne. Il a participé à la bataille des plaines d’Abraham avant d’être rapatrié en France en 1761.

RUSSEL BOUCHARD, Jean-Daniel Dumas, Michel Brûlé, 312 pages

jeudi, avril 17, 2008

Les Escoumins sous haute tension — NOUS VOUS L'AVIONS BIEN DIT !...

C'était dans le journal « Le Quotidien » des 17 et 25 juillet 2000, pour la caricature et pour la nouvelle. Cela faisait huit ans que les gouvernements négociaient dans le dos du peuple, des Canadiens français et des Métis. Et nous n'en savions strictement rien !!! Cela fait donc 16 ans cette année que le gouvernement du Québec, le gouvernement d'Ottawa et les gouvernements Ilnutsh jouent dans le dos des régionaux et se moquent des droits ancestraux des Métis qui on démontré jusqu'ici une trop grande patience. Quand les jours chauds arriveront, il faudra que le peuple du Québec se souvienne...



Je recommence pour qu'on n'en perde pas le fil
Depuis le début du printemps, il ne se passe pas une journée sans que les journaux nous fassent un rappel du coup de chaleur qui se passe ces jours-ci sur la Côte-Nord, à propos du futur traité de l'Approche Commune. Ce matin, jeudi 16 avril 2008, le journal « Le Quotidien » et le « Journal de Québec », par une nouvelle de la Presse canadienne, nous informent que la MRC de la Haute Côte-Nord demande au premier ministre Jean Charest, d'intervenir dans le dossier de l'Approche commune. Les gens de cette municipalité viennent de comprendre qu'ils vont devoir abandonner une partie de leur territoire pour agrandir celui de la voisine réserve d'Essipit.

Voilà huit ans, le 15 juillet 2000, un groupe auquel je faisais partie (la Société du 14 juillet 2000) avertissait tout ce beau monde de ce qui s'en venait. On se rappellera que le ministre responsable Guy Chevrette avait taxé de « racistes » ceux qui, comme moi, osaient poser des questions. Loin d'écouter le gros bon sens et les dangers de dérapage dans ce projet d'initiés, le gouvernement du Québec continue de faire comme si de rien n'était. Comme ceux qui l'ont précédé, le premier ministre Jean Charest a de la cire dans les oreilles ; c'est leur façon, à eux, ces étrangers qui campent dans le Parlement de Québec, d'éliminer les populations régionales afin de s'emparer des ressources naturelles du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord au nom du droit autochtone... Et alors qu'ils refusent même de reconnaître les Métis, le Peuple sans qui l'Amérique, le Canada et le Québec n'existeraient tout simplement pas.

Parce que le peuple québécois et les Canadiens français ont la mémoire courte, parce que tous les gouvernements du Québec et du Canada (mais surtout ceux du Québec) qui se sont succédés dans cette affaire des plus ténébreuses profitent de cette amnésie collective pour n'en faire qu'à leur tête et aller contre les intérêts supérieurs du bien commun ; pour ceci et pour cela voici quelques coupures de journaux qui en disent long sur les débuts de ce conflit qui entre dans une autre phase de cette histoire de rapines étatiques qui s'écrit...

Russel Bouchard


Journal de Québec, 20 septembre 2000

Le Quotidien, 15 juillet 2000. Sur la photo on retrouve, de haut en bas : Mario Tremblay, Russel Bouchard, Charles Côté, Daniel Larouche et Charles-Julien Gauvin. Manquait, pour la prise, Richard Harvey, qui faisait alors partie du groupe.

lundi, avril 14, 2008

Le gouvernement de l'Ontario reconnaît officiellement ses Métis. Le Québec ne pourra y échapper...

L'amélioration de la qualité de vie des Métis est le but de pourparlers d'une portée historique

Le gouvernement McGuinty et les Métis collaborent à l'élaboration d'un nouvel accord-cadre
NOUVELLES

L'amélioration de la qualité de vie des Métis de l'Ontario est le but de pourparlers d'une portée historique annoncés aujourd'hui par le ministre des Affaires autochtones de l'Ontario, M. Michael Bryant, et le président de la Métis Nation of Ontario (association des Métis de l'Ontario), M. Tony Belcourt.

Le projet d'accord-cadre servira aussi à renforcer les relations entre la Métis Nation of Ontario et le gouvernement ontarien, et à rendre les dialogues plus fructueux.

Pour soutenir les pourparlers, le gouvernement de l'Ontario a annoncé de nouveaux fonds de 200 000 $ destinés à l'élaboration de l'accord-cadre.

CITATIONS

« C'est aujourd'hui un grand tournant dans l'histoire de la nation métisse et de l'Ontario, a déclaré le président de la Métis Nation of Ontario, M. Tony Belcourt. Cela marque le début d'une nouvelle ère dans laquelle nos relations reposeront désormais sur le respect de la nation des Métis, la reconnaissance des Métis conformément aux droits constitutionnels qu'ils ont déjà en tant que peuple autochtone du Canada, et les relations de travail convenables qui découleront de ce respect et de cette reconnaissance. »

« Améliorer la qualité de vie des Métis de l'Ontario est l'objet de cette voie historique sur laquelle nous nous engageons ensemble, a déclaré le ministre des Affaires autochtones, M. Michael Bryant. Cette prochaine étape de nos discussions témoigne du progrès social et politique des relations entre la Métis Nation of Ontario et le gouvernement ontarien. »

FAITS EN BREF

Les Métis sont parmi les « peuples autochtones » nommés dans la Constitution du Canada, la Loi constitutionnelle de 1982.

Le gouvernement provincial remet actuellement à la Métis Nation of Ontario plus de cinq millions de dollars par année pour des programmes et services.

POUR EN SAVOIR PLUS

ontario.ca/maa

www.metisnation.org/

Pour de plus amples renseignements, communiquer avec :

Greg Crone, bureau du ministre, 416 314-2529

Merike Nurming, Direction des communications, 416 326-4079

Katelin Peltier, MNO, directrice des communications, 613 859-7130

dimanche, avril 13, 2008

Les Ilnustsh de Pessamit n'ont plus de procureur... et le chef de Mashteuiatsh en appelle au Fédéral


Au début de la semaine dernière, le procureur des Métis de la CMDRSM a reçu de la part des procureurs des Indiens Pessamits (Joli-Coeur, Lacasse et associés) une requête pour cesser d'occuper... En langage plus clair : les Ilnutsh de Pessamit ne peuvent plus faire avancer leurs causes.

Depuis quelques mois notre procureur, maître Daniel Côté, avait remarqué que les Innutsh de Betsiamites appuyaient sur les freins. Cette décision et cette attitude suggèrent l'idée que la communauté n'est plus en mesure de payer ses avocats, compte tenu de ses nombreux recours engagés contre plusieurs grosses entreprises et les gouvernements devant les tribunaux à Montréal.

On se rappellera que les Ilnutsh de Pessamit avaient décidé de faire bande à part et qu'ils s'étaient retirés de la table des négociations de l'Approche commune. L'alternative qui leur reste, c'est finalement d'abandonner leurs procédures et de retourner, la queue entre les deux jambes et la tête basse, à la table de négociations de l'Approche commune, leur seule planche de salut.

Mais tout n'est pas gagné pour autant pour eux et pour lui puisque, de l'avis-même des chefs ilnutsh qui participent à l'hypothétique round finale, le partenaire fédéral se fait tirer l'oreille et ne se montre pas bien pressé d'en arriver à un dénouement final.

De fait, par l'entremise du journal Le Quotidien (édition du 5 avril 2008), le grand-chef de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, s'est dit inquiet à plusieurs titres. Inquiet d'abord de devoir affronter la colère des élus et des citoyens du village des Escoumins qui ne prisent pas du tout, mais alors là pas du tout, de se voir dépouiller d'une partie de leur municipalité par le futur traité au profit de leurs voisins ilnutsh d'Essipit, déjà bourrés comme des boudin$ à ce qu'on prétend dans ces chaumières. Inquiet, aussi, dit encore M. Dominique qui ne semble pas comprendre qu'on ne peut pas dépouiller indûment Jacques pour habiller Pierre et sans risquer de déplaire à Jacques !

Quel pays, s'il n'est déjà conquis dans son coeur et dans son âme, accepterait de transférer une part de sa souveraineté et de son territoire, sans y opposer toute la puissance de ses moyens ? Dans cette perspective, le champ des possibles n'est pas bien grand : soit que le pays en question est soumis par la partie adverse ; soit qu'il est carrément complice de cet acte d'abdication et que ceux qui la parrainent y trouvent leur propre profit ; soit qu'il est déjà conquis dans son coeur ? Vous pouvez cochez plus d'une case.

Encore une fois depuis que l'Approche commune est sur la sellette (le 14 juillet 2000), les grands-chefs indiens attribuent cette grogne populaire au... « problème de communication entre le gouvernement et la population ». Autrement dit : ceux qui se font voler leurs terres et leur patrimoine ont tort d'avoir raison, mais on n'a pas encore assez graissé le pieux de la désinformation pour qu'ils (les gens des Escoumins) ne le sentent plus rentrer ! Quand on ne veut pas être responsable de ses gestes et décisions, c'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on dit : on met la faute sur le dos de ses associés, on impute le tout à un manque d'informations... et on redemande le tonneau de vaséline !...

Russel Bouchard

jeudi, avril 10, 2008

Le juge Banford est formel : les droits ancestraux des Métis de la CMDRSM sont hors d'atteinte de l'Approche commune

Article 59 : « Les droits ancestraux bénéficient d'une protection constitutionnelle, en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Tels droits ne peuvent s'éteindre par la seule volonté de l'État [réf. 28 du jugement]. En outre, ces droits bénéficiants de la protection constitutionnelle, ne peuvent s'éteindre que dans des circonstances spéciales, telle la renonciation volontaire en faveur de la Couronne [réf. 29 du jugement] ou l'effet d'une loi, auquel cas cependant une justification particulière à l'atteinte aux droits ancestraux, doit être démontrée. [réf. 30 du jugement] »

Article 63 : « Le même principe s'applique en l'instance. La conclusion d'un traité en conformité avec l'EPOG [Entente de Principe... dite Approche commune], ne peut affecter des droits constitutionnels existants, reconnus ou pas à des tiers.

Juge J.-Roger Banford de la Cour supérieur du Québec,
District de Chicoutimi
7 avril 2008
No 150-17-0011258-075
»



Les Métis de la CMDRSM peuvent maintenant passer à l'étape suivante qui est la reconnaissance de leur titre « aborigène », le droit le plus important des droits ancestraux puisqu'il donne droit au territoire...

Russel Bouchard



COMMUNIQUÉ

Approche Commune
Les Métis sont désormais sans crainte !

Dans un jugement plein de sagesse qui satisfait les Métis, la Cour Supérieure du district de Chicoutimi a arrêté le 7 avril 2008 que la demande d’injonction interlocutoire instituée par la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM) à l’encontre de la signature du traité de l’Approche commune, n’était pas requise dans les circonstances. En même temps, le jugement garantit aux Métis que leurs droits ancestraux sont protégés au cas où l’Approche commune serait signée en leur absence.

Selon l’Honorable juge Roger Banford qui présidait la Cour Supérieure « les droits ancestraux bénéficient d’une protection constitutionnelle, en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 et de tels droits ne peuvent s’éteindre par la seule volonté de l’État.» Le même juge précise que la conclusion d’un traité, tel que celui de l’Approche commune, ne peut affecter les droits constitutionnels des tiers. La Cour confirme ainsi que les droits des Métis sont protégés advenant la signature du traité de l’Approche commune, en leur absence.

On se rappellera que la CMDRSM, se référant aux propos émis par l’Honorable juge Lamer de la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Delgamuukw, craignait que la signature du traité sur l’Approche commune porte atteinte à ses droits constitutionnels (ancestraux), tout en lui faisant perdre de façon définitive toute possibilité de revendications ultérieures sur le même territoire que celui réclamé par les Innus de Masteuiatsh, Essipit et Nutashquan. La Cour supérieure a plutôt estimé que l’arrêt Delgamuukw ne crée ni règle de droit, ni obligation juridique envers la Couronne ou les peuples autochtones reconnus ou non.

Suite à ce jugement, les Métis de la CMDRSM ont la certitude que leurs droits ancestraux sont protégés par la Constitution canadienne advenant la signature du traité de l’Approche commune par les Innus et les Gouvernements. Maintenant, la question fondamentale de la reconnaissance des droits Métis qui a été posée à la Cour Supérieure, peut être débattue sans crainte. 

Pour de plus amples informations, contactez :
M. René Tremblay, porte-parole, CMDRSM, 418.693.9147
Me Daniel Côté, procureur CMDRSM, 418-543-0786
www.metisroymingan.ca

mardi, avril 08, 2008

Une tranche de l'histoire des Métis, part en fumée...



«Le régiment des Voltigeurs * et la campagne du Nord-Ouest **

J'ai été assez surprise, samedi dernier, d'entendre un militaire raconter que le régiment des Voltigeurs avait fait la campagne du Nord-Ouest. Je me suis demandée ce qu'était cette campagne. J'ai fait quelques recherches pour me rendre compte qu'il s'agissait d'une campagne dont l'objectif était de combattre la rébellion des Métis et de Louis Riel.

Le même jour, je lis dans le journal Le Soleil que

« Fort heureusement, plusieurs éléments d’importance ont pu être sauvés, comme le premier drapeau du régiment, qui a été donné aux Voltigeurs, en 1885, par la Société Saint-Jean-Baptiste, avant leur départ pour la campagne du Nord-Ouest.»

Je vais de stupéfaction en stupéfaction, c'est le moins qu'on puisse dire.

J'ai contacté l'hitorien Russel Bouchard qui a bien voulu me référer à un spécialiste du sujet, M. René Chartrand*** et qui a eu la bonté de me donner des références que je n'ai pas encore eu le temps de dépouiller entièrement.

Entretemps, je constate que la machine à propagande est toujours aussi bien huilée. Et je suis toujours dans le doute et l'angoisse. Les Canadiens français de la bonne ville de Québec en redemandent; la Société Saint-Jean-Baptiste se tait; les partis politiques regardent ailleurs... Ceux qui savent ou qui devraient savoir sont devenus muets. On ne peut tout de même pas dénoncer les Voltigeurs...

Qu'ont-ils à faire des Métis de l'Ouest et de Louis Riel qui, si on veut bien s'en souvenir, a été pendu haut et court pour avoir voulu défendre son peuple.

Et finalement, j'entends à l'émission de Homier-Roy à la première chaîne de la SRC (radio), l'historien Jacques Lacoursière affirmer que le régiment des Voltigeurs a bel et bien participé à la campagne du Nord-Ouest contre les Métis et Louis Riel.

Il n'y a plus de mots que je puisse utiliser pour décrire mon état d'âme, sauf ceux-ci : ignominie, forfaiture, trahison. Je réalise à quel point, les Canadiens français, les Québécois et les Métis ont été abusés et le sont encore. Et certains en redemandent.

Et merci à M. Bouchard et à M. Chartrand.


Marie Mance Vallée
Métisse»

dimanche, avril 06, 2008

Solidarité métisse au Québec

À Saguenay, solidarité des Métis...et reconnaissance sont à l’ordre du jour !

Vendredi dernier le 4 avril, la Communauté Métisse du domaine du Roy/Mingan ( CMDRSM) accueillait à Saguenay une délégation d’administrateurs et de conseillers des communautés métisses de la Gaspésie et de l’Estrie dans le cadre d’une rencontre qui se voulait informelle, fraternelle et symbolique. Cette rencontre qui se déroulait sous les hospices de ville Saguenay en la salle Rivière Du Moulin de l’Hôtel de Ville, se voulait plus un mini-sommet si l’on tient compte de la participation et de la pertinence des questions discutées.

En effet, une vingtaine de personnes ont constitué pour l’occasion un forum où plus de quinze points ont été discutés pour aboutir enfin sur des constats partagés et sur l’établissement d’une démarche collégiale en regard des stratégies que les communautés métisses de toutes les régions du Québec devraient mettre en place à partir de maintenant, afin d’atteindre leur objectif premier qui se veut la reconnaissance officielle des gouvernements envers le peuple Métis du Québec et envers ses communautés historiques comme ayants droits naturels en vertu de l’article 35 de la Constitution canadienne.

De l’avis de tous les participants dont M.M. Jean-René Tremblay et Marc Leblanc, respectivement président/chefs de la CMDRSM et de la Communauté de la Gaspésie, ainsi que de Monsieur Raymond Cyr, conseiller de la Communauté de l’Estrie, cette rencontre est le début d’une collaboration durable et fructueuse entre les Métis de partout au Québec. Elle constitue certes l’amorce d’un processus òu la priorité de tous et de chacun sera sans équivoque la solidarité des Métis les uns envers les autres. À suivre...

Richard Harvey
Clan Métis Lac St-Jean/Piékouagami
(CMDRSM)

mercredi, avril 02, 2008

L’Approche commune...pour ET contre !

Commentaire de Richard Harvey
L'Ascension de N.-S.,
Clan Métis Lac St-Jean/Piékouagami

L’Approche commune...pour ET contre !

« Dans les esprits, à jamais tu vivras...par les traces laissées sur ton passage. » ( anonyme)

L’Approche commune, même si elle possède à certains égards les qualités d’un essai valable quant à la cristallisation des droits fondamentaux des autochtones au Québec et au Canada, a néanmoins deux grands défauts qui grèvent dramatiquement sa portée et sa crédibilité.

Le premier, c’est d’être exclusive et « ségrégationniste » dans le sens où les notions de partage, de responsabilisation et de solidarité humaine sont absentes du concept. Et le deuxième, c’est qu’elle procède d’une vision erronée du développement et de l’accomplissement des communautés autochtones de ce pays. Une vision « intéressée » pourrions-nous dire. Une façon nouvelle et originale de protéger les intérêts des grandes corporations canadiennes et étrangères (surtout !) et des institutions économiques et politiques par l’établissement d’un partenariat exclusif avec les Innus . Les intérêts de l’ensemble n’étant plus protégés par la « masse critique » de la population soumise à la désintégration et à la déportation systématique, la porte est désormais grande ouverte à l’établissement d’un ordre économique de prédation de ressources et d’exportation de la richesse, ce que d’aucuns désignent comme une forme « hystérique » du capitalisme mondial. Une société expansionniste à outrance basée sur la croissance exponentielle, la surconsommation et le gaspillage.

Les Métis de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM) sont très certainement contre cette « Approche qui n’a de commun que le nom » justement pour ces raisons. C’est facile à comprendre. Dans la vraie vie, sur ces territoires tout n’est pas nécessairement rouge ou blanc. Nous nous opposons d’abord à ces négociations sur le fond parce qu’elles ne s’inscrivent pas dans une démarche plus large de partage, de protection et de responsabilisation par rapport à cette humanité menacée de s’appauvrir et de disparaître. Une démarche utilitaire élargie où les territoires seraient co-gérés par ceux qui l’occupent dans le respect des prérogatives de chacun. Une approche économique  « territoriale » où la productivité se mesurerait d’abord dans la capacité et l’habilité des populations qui habitent ces territoires, à satisfaire leurs besoins intérieurs pour ensuite, toujours en vertu de cette approche utilitaire optimale, satisfaire en tout ou en partie des besoins extérieurs éventuels par des échanges, des exportations et un commerce qui seraient bénéfiques et profitables pour l’ensemble des occupants du territoire. C’est au moins mille fois plus qu’un InnuAssi. C’est certainement plus complexe aussi !

En lieu et place les protagonistes nous proposent une approche « affairiste » mondialisante strictement « financiarisée » où l’économie territoriale, source d’enrichissement des collectivités locales est évacuée. Une approche où un petit segment de la population - environ 15000 Innus pour 45% du territoire du Québec - sera ultimement soumis aux pressions irrésistibles des grands marchés financiers mondiaux qui ont les yeux rivés sur les ressources incommensurables du territoire, et aux pressions politiques, légales et institutionnelles que les gouvernements envers qui les Innus seront redevables, ne manqueront ni ne cesseront d’imposer. Une approche qui donne lieu à un appauvrissement collectif, une « africanisation » progressive de l’économie de ces territoires au bénéfice du portefeuille des actionnaires, des dominants et au détriment des collectivités et des plus démunis.

Nous nous opposons aussi sur la forme que prennent ces négociations parce que ces dernières, proposées par le gouvernement du Québec et approuvées par le fédéral ont strictement pour but premier justement de renforcer ce « clivage », cette « ségrégation » entre les peuples pour donner plus de place aux États (Québec/Canada) devenus irresponsables et « aplaventris » devant les puissants oligopoles mondiaux - les compagnies minières, forestières, pétrolières, financières et autres.

L’exclusion des Métis et des autres peuples qui ont occupé, développé et protégé ces territoires depuis les premiers contacts est une disgrâce et une tache qui restera irrémédiablement incrustée dans la Mémoire collective de ces peuples, si rien ne change. C’est plus encore, un affaiblissement voire un effondrement des assises représentatives, politiques et démocratiques de l’ensemble des territoires de l’arrière-pays. Une tragédie en soi.

C’est plus qu’une négociation sur la définition d’énigmatiques droits ancestraux dont il est question ici. Plus que la réparation d’une injustice ou que la contrition. C’est plus encore que l’avenir de ce peuple – les Innus – dont il est question. C’est aussi l’avenir du peuple Métis, des Canadiens français et de tous ces autres sans qui ce pays n’existerait pas. C’est l’avenir du pays entier qui se joue présentement ; le sort de générations d’humains, Indiens, Métis, Canadiens français et autres. Cela incite plus à la réflexion qu’à la réaction spontanée il va sans dire !

Nous sommes contre cette façon de faire parce qu’on ne réplique pas au traître par la traîtrise, pas plus qu’on ne répare une injustice par l’injustice. Parce que les gouvernements doivent impérativement repenser ces négociations et refaire leurs devoirs envers tout le monde. Parce que nous devons collectivement repenser nos façons de faire et nos comportements. Parce que nous devons relever le défi de l’avenir en devenant plus responsables en regard de ce qui nous est commun : l’humanité et le territoire. Parce que nous devons mettre en commun notre expertise, notre connaissance du pays réel, celui que nous habitons, pour qu’il devienne ce qu’il devrait être. Le résultat tangible de la rencontre de deux Mondes. La démonstration d’un modèle de société et de collectivité autochtone indienne, métisse, canadienne française et autres adaptée aux grands espaces et maîtresse de son destin dans une humanité ouverte aux différences et égalitaire, dans le respect encore une fois des compétences et prérogatives de chacun.

C’est le sens à donner à la marche du peuple Métis du Québec. C’est sa mission. C’est le sens de sa prophétie. Il appartient à chacun d’entre nous d’être un maillon de la chaîne.