mardi, juillet 10, 2007

Une 5ème réunion des Amériques, féminine, féministe et pour le moins... castrante ! Est-ce vraiment la solution ?


Louise Leduc
La Presse
Le mardi 10 juillet 2007

Femmes autochtones: «il faut revenir au matriarcat»

À Kahnawake, il y a des maisons. Des voitures aussi. Isabel Ortega, fraîchement débarquée de Bolivie, en est très étonnée. «Je croyais que les gens vivaient dans des tentes et cultivaient le maïs. De quoi vivent les autochtones d'ici, s'ils n'ont pas de grandes terres à cultiver?»

Présidente du Parlement indigène des Amériques, Isabel Ortega est l'une des 200 participantes à la Cinquième rencontre continentale des femmes autochtones des Amériques, qui a commencé hier, à Kahnawake. Les participantes viennent pour beaucoup du Canada, mais aussi, donc, de Bolivie, du Pérou, du Panama, du Chili, du Nicaragua, du Venezuela et des États-Unis.

Leur but est de discuter et d'échanger des informations sur la situation des femmes autochtones qui, malgré les apparences, n'est pas si différente d'un continent à l'autre, a déclaré Ellen Gabriel, organisatrice du sommet. «Même si certaines d'entre nous viennent de pays nordiques, d'autres, du Sud, nous avons beaucoup de problèmes communs: violence conjugale, racisme, hauts taux de suicide chez nos jeunes, disparition des langues autochtones, réchauffement climatique..»

Ce constat fait, encore faut-il trouver des solutions. «Dans le temps, c'étaient les femmes qui choisissaient les chefs, et quand ils ne faisaient plus l'affaire, elles les renvoyaient, dit Dorris Peters, originaire de la Colombie-Britannique. Il faut revenir au matriarcat.»

«Si la rencontre ne réunit que des femmes, c'est parce qu'elles sont plus intéressantes, déclare sans détour Floriselda Peña. Les hommes ne sont pas intéressés par la sauvegarde des traditions. Ce sont les femmes qui maintiennent les coutumes vestimentaires, ce sont les femmes qui se battent pour la sauvegarde de notre identité.»

«Le machisme est encore très présent dans nos communautés, déplore dit Anik Sioui, de la communauté huronne-wendat. Il y a des raisons à cela. Comme le disait une aînée ojibwe, la femme doit commencer par se guérir elle-même. Ensuite seulement pourra-t-elle guérir sa famille, et ensuite, sa nation. Ça prend du temps, parce que ça passe par la transmission de nos valeurs.»

Entre ces discussions autour du matriarcat et de la nécessité de remettre la femme au coeur du leadership autochtone, les hommes ne faisaient pas très bonne figure, hier, à Kahnawake. John Cree, un ancien de Kanesatake, s'est quand même hasardé au micro, sans donner dans la rupture de ton. «Les femmes sont nos fondations, ce sont nos guides, ce sont elles qui nous apportent la discipline.»

Les femmes approuvaient, d'autant que dans la réalité, en dehors de cette conférence pro- femmes, les statistiques brossent un tableau autrement plus triste. Selon le Fonds de recherche sur la société et la culture du gouvernement du Québec, chaque année, quelque 100 000 femmes victimes de violence conjugale doivent fuir leur domicile pour habiter dans un refuge. Le taux d'homicide contre les femmes autochtones est huit fois plus élevé que chez les femmes non autochtones.

5 commentaires:

Richard Harvey, Métis a dit...

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Ces femmes ont raison et sont dans le ton de la tradition.

Je n'y vois pas de castration, mais plutôt un certain sens du réel qui nous échappe parfois.

Content de savoir qu'elles sont en marche. Ça fait différent du discours habituel. D'autres parlent beaucoup trop sans progrès réels.

J'espère qu'elles continueront encore et encore jusqu'à ce que nous ayons tous compris.

Ce sont les hommes qui labourent, mais ce sont les femmes qui savent où et quant! ( palabre d'origine inconnue)

Russel-A. Bouchard a dit...

Je suis personnellement d'avis que la civilisation des femmes est, de tout temps, en avance d'une civilisation sur celle des hommes. Il est vrai que ce sont elles qui accueillent, qui expriment la fraternité et qui retransmettent à priori les connaissances et les traditions (j'ai bien dit a priori).
Mais une société n'est pas fait que de cela. Pour qu'elle soit en marche, il faut également qu'elle puisse tirer profit de ses contradictions, qu'elle soit en mesure d'exclure puisqu'elle inclut, et qu'elle puisse coordonner ses actions et énergies contre un ennemi commun. Ce qui, d'ordinaire et par le fait de nature, relève plus particulièrement de la testostéronne.

Russel-A.

Richard Harvey, Métis a dit...

Ce que je trouve vraiment "castrant", c'est quand on veut me les couper, au cas où l'idée de m'en serveir me viendrait.

Comme une arme, un casque de vélo, une cigarette ou un cellulaire...ou mon cerveau stie!

Aseptisation...dégueulasse.

Marie Mance Vallée a dit...

Les femmes autochtones ont adopté le « modèle québécois » féministe des années 70 qui nous a conduit aux pires dérives et chaque jour nous en donne la preuve.

Je crains fort qu'elles soient sur la mauvaise voie.

Je n'ai jamais été féministe et ce n'est pas demain la veille parce que je suis « égale ».

Que chacun ou chacune s'assume!

Russel-Aurore a dit...

Entièrement d'accord avec Marie-Mance.
D'autant plus qu'elles entendent faie un tout à partir d'éléments décousus d'une lutte pour les droits humains. Ce qui est donc une lutte a priori fondamentale qui ne peut être diluée de quelque manière que ce soit dans celle d'un groupe, si désaventagée soit-il.

Quant moi. Il est hors de question que je quitte le sectarisme machiste des « Eux » qui ont lamentablement échoué dans la marche de l'humanité, pour épouser le sectarisme féministe des « Elles ». À ce compte là, je vais inscrire mon nom dans le registre d'État civil de la planète des Alliens, un monde où le mot genre et les malheurs qui vont avec seront bannis.

Russel-Aurore